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Traité Temurah

17a

Étude de Temurah 17a

Étude de la Mishna & Guémara 17a

en ce qui concerne la permission de tondre sa laine et de le faire travailler. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit qu'il y a une rigueur supplémentaire pour la substitution qui ne s'applique pas à la consécration : la Torah a rendu le statut de celui qui agit involontairement semblable à celui qui agit intentionnellement pour la substitution — dans les deux cas le substitut est consacré. Mais elle n'a pas rendu le statut de celui qui agit involontairement semblable à celui qui agit intentionnellement pour les objets consacrés, car une consécration involontaire est sans effet.
לִיגָּזֵז וְלֵיעָבֵד. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עָשָׂה שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד בַּתְּמוּרָה, וְלֹא עָשָׂה שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד בַּמּוּקְדָּשִׁין.
Rabbi Élazar dit : un animal croisé de races diverses [kilayim], un animal teref [mortellement blessé], un animal né par césarienne, un tumtoum [sexe indéterminé] et un androgine ne deviennent pas saints par consécration ; et s'ils étaient déjà saints — par exemple on a consacré un animal qui devint ensuite teref — ils ne sanctifient pas d'animaux profanes par substitution.
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הַכִּלְאַיִם, וְהַטְּרֵפָה, וְהַיּוֹצֵא דּוֹפֶן, וְטוּמְטוּם, וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — לֹא קְדוֹשִׁין, וְלֹא מַקְדִּישִׁין.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quelle est la raison de l'avis de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, selon lequel la substitution s'applique que l'on substitue involontairement ou intentionnellement ? La Guemara répond que le verset dit : « Il ne l'échangera point, ni le remplacera, le bon par le mauvais ou le mauvais par le bon ; et s'il remplace son animal par un animal, l'un et l'autre seront saints » (Vayikra 27, 10). Le terme apparemment superflu « seront » sert à inclure le cas de celui qui agit involontairement comme celui qui agit intentionnellement, en matière de substitution.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה? אָמַר קְרָא ״יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״, לְרַבּוֹת שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד.
La Guemara demande : dans quelles circonstances celui qui agit involontairement est-il considéré comme agissant intentionnellement pour la substitution ? Ḥizqiya dit : lorsqu'il pense qu'il est permis de substituer un animal à un autre. Pour un substitut, l'animal devient consacré et l'individu est passible de coups de lanière pour avoir transgressé l'interdiction toranique, malgré son action involontaire, grâce à l'inclusion de « seront ». Mais dans le cas équivalent, où l'on a involontairement consacré un animal impropre à l'offrande, il n'est pas passible de coups — car on n'est passible de coups que pour une action intentionnelle et après avertissement.
הֵיכִי דָמֵי שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד? אָמַר חִזְקִיָּה: כְּסָבוּר שֶׁהוּא מוּתָּר לְהָמִיר. גַּבֵּי תְּמוּרָה — לָקֵי, גַּבֵּי קָדָשִׁים — לָא לָקֵי.
La Guemara cite une version alternative de la déclaration de Ḥizqiya : pour un animal profane déclaré substitut, l'animal devient consacré malgré l'action involontaire. Mais pour les animaux sacrifiés, s'ils furent consacrés involontairement, ils ne le sont pas.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: גַּבֵּי תְּמוּרָה — קָדֵישׁ, גַּבֵּי קָדָשִׁים — לָא קָדֵישׁ.
Reish Lakish et Rabbi Yohanan énoncent tous deux un autre exemple de la règle discutée par Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda. Ils disent que le cas est celui de quelqu'un qui pense dire : cet animal sera substitut d'un holocauste que je possède, mais qui dit involontairement : cet animal sera substitut d'une offrande de paix que je possède. Dans un tel cas de substitution il est passible de coups ; mais s'il s'est trompé de la même manière en matière de consécration, il est dispensé de coups. Version alternative : pour le substitut d'une offrande de paix, s'il fut déclaré substitut involontairement, il est consacré ; pour les animaux sacrifiés, s'ils furent consacrés involontairement, ils ne le sont pas.
רֵישׁ לָקִישׁ וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמְרִי: כְּסָבוּר לוֹמַר ״תְּמוּרַת עוֹלָה״, וְאָמַר ״תְּמוּרַת שְׁלָמִים״. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: גַּבֵּי תְּמוּרַת שְׁלָמִים — קָדֵישׁ, גַּבֵּי קָדָשִׁים — לָא קָדֵישׁ.
La Guemara cite encore une version alternative de la différence entre substitution et consécration : le cas est celui de quelqu'un qui pense dire : le premier animal noir qui sortira de ma maison sera substitut, mais qui dit involontairement : le premier animal blanc qui sortira de ma maison sera substitut. Pour un substitut, l'animal blanc est consacré et l'individu est passible de coups malgré son action involontaire. À l'inverse, dans un cas semblable d'animaux sacrifiés — par exemple il voulait dire : le premier animal noir présentant un défaut qui sortira de ma maison sera consacré, mais dit involontairement : le premier animal blanc présentant un défaut sera consacré — si un animal blanc sortit, il n'est pas consacré et il n'est pas passible de coups.
לִישָּׁנָא אַחְרִינָא, כְּסָבוּר לוֹמַר ״שָׁחוֹר״ וְאָמַר ״לָבָן״ — גַּבֵּי תְּמוּרָה לָקֵי, גַּבֵּי קָדָשִׁים לָא לָקֵי.
Rabbi Yohanan dit un autre cas de substitution involontaire : il s'agit de quelqu'un qui dit : que cet animal sorte de sa sainteté et redevienne profane, et que cet autre entre à sa place et devienne consacré. Cette personne agit involontairement, car elle pensait à tort qu'ainsi l'animal consacré ne serait plus saint. Dans un cas semblable d'animaux sacrifiés — il a un animal sacré qui a développé un défaut et dit à tort : tout animal qui a développé un défaut peut être consommé sans rachat, puis mange l'animal sans l'avoir d'abord racheté — il n'est pas passible de coups. Mais pour un substitut, s'il agissait ainsi, il serait passible de coups, comme indiqué plus haut.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בְּאוֹמֵר ״תֵּצֵא זוֹ וְתִיכָּנֵס זוֹ״. גַּבֵּי קָדָשִׁים, בְּאוֹמֵר שֶׁנּוֹלַד בָּהֶם מוּם נֶאֱכָלִין בְּלֹא פִּדְיוֹן — לָא לָקֵי, גַּבֵּי תְּמוּרָה — לָקֵי.
Rav Sheshet dit encore un autre exemple de substitution accomplie involontairement : il s'agit de quelqu'un qui dit : j'entrerai dans cette maison et consacrerai un animal intentionnellement, ou : j'entrerai dans cette maison et substituerai un animal intentionnellement, et qui entre et substitue ou consacre involontairement — c'est-à-dire agit sans attention. Pour sa transgression en matière de substitution il est passible de coups ; pour sa transgression en matière d'animaux sacrifiés, il ne l'est pas.
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: בְּאוֹמֵר ״אֶכָּנֵס לַבַּיִת זֶה וְאַקְדִּישׁ״ וְאָמִיר מִדַּעְתִּי, וְנִכְנַס וְהֵמִיר וְהִקְדִּישׁ שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ — גַּבֵּי תְּמוּרָה לָקֵי, גַּבֵּי קָדָשִׁים לָא לָקֵי.
§ La michna enseignait que Rabbi Élazar dit : un animal croisé de races diverses, un teref, un animal né par césarienne, un tumtoum et un androgine ne sont ni saints par consécration ni ne sanctifient d'animaux profanes par substitution. Shmouel explique : ils ne sont pas sanctifiés par substitution — si l'on dit qu'un animal de l'une de ces catégories doit être substitut d'un animal sacré, il ne devient pas saint. Et la clause selon laquelle ils ne sanctifient pas d'animaux profanes signifie : si l'un de ces types d'animaux fut sanctifié et que l'on tenta de rendre un animal profane substitut à sa place, cet animal profane ne devient pas sanctifié.
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הַכִּלְאַיִם וְהַטְּרֵפָה וְכוּ׳. אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא קְדוֹשִׁין בִּתְמוּרָה, וְלֹא מַקְדִּישִׁין לַעֲשׂוֹת תְּמוּרָה.
Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Meir dit : mais puisqu'ils ne deviennent pas saints, comment pourrait-on même suggérer qu'ils pourraient sanctifier un autre animal profane ? Plutôt, on ne trouve la règle de Rabbi Élazar que lorsque l'on consacre un animal et qu'ensuite il devient teref, ou lorsque l'on consacre un fœtus et qu'il sort du ventre par césarienne. Mais pour un kilayim, un tumtoum et un androgine, on ne trouve ce cas que pour la progéniture d'animaux femelles déjà consacrés, qui ont la sainteté sans acte de consécration propre. Et c'est conforme à l'avis de Rabbi Yehouda, qui dit que la progéniture d'un animal consacré rend sacré l'animal profane échangé contre elle en substitut.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי מֵאִיר: וּמֵאַחַר שֶׁאֵין קְדוֹשִׁין, מֵהֵיכָן מַקְדִּישִׁין? אֶלָּא אִי אַתָּה מוֹצֵא אֶלָּא בְּמַקְדִּישׁ בְּהֵמָה וְאַחַר כָּךְ נִטְרְפָה, בְּמַקְדִּישׁ וָלָד וְיָצָא [דֶּרֶךְ] דּוֹפֶן. אֲבָל כִּלְאַיִם וְטוּמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס, אִי אַתָּה מוֹצֵא אֶלָּא בְּוַלְדֵי קָדָשִׁים, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: הַוָּלָד עוֹשֶׂה תְּמוּרָה.
Rav Pappa dit : quelle est la raison de l'avis de Rabbi Élazar ? Il tient que les halakhot de ces catégories d'animaux sont comme celles d'un animal domestique impur : de même qu'un animal impur n'est pas sacrifié en offrande et que la sainteté inhérente ne repose pas sur lui, de même ces animaux — teref, né par césarienne, tumtoum ou androgine — ne peuvent pas être sacrifiés en offrandes et la sainteté inhérente ne repose pas sur eux.
אָמַר רַב פָּפָּא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר? כִּבְהֵמָה טְמֵאָה — מָה בְּהֵמָה טְמֵאָה לָא קָרְבָה וְלָא נָחֲתָא לַהּ קְדוּשַּׁת הַגּוּף, אַף הָנָךְ לָא קָרְבִי וְלָא נָחֲתָא לְהוּ קְדוּשַּׁת הַגּוּף.
Temurah 17a
100%
תמורה י״ז אמַסֶּכֶת תְּמוּרָה