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Traité Temurah

14b

Étude de Temurah 14b

Étude de la Guémara 14b

Guémara
et à la lumière de cet avis, il ne supprimera pas l'expression « offrande de farine accompagnant les libations » de la baraïta. Et la contradiction apparente entre les baraïtot peut s'expliquer ainsi : ce n'est pas difficile — ici, la baraïta qui dit que les offrandes de farine accompagnant les libations ne sont sacrifiées que le jour parle des libations apportées avec une offrande animale ; là, la baraïta qui permet de sacrifier une offrande de farine accompagnant les libations la nuit parle des libations apportées pour être sacrifiées à elles seules — c'est-à-dire qui n'accompagnent pas le sacrifice d'une offrande animale.
וְלָא תִּיסְמֵי ״מִנְחַת נְסָכִים״ מִמַּתְנִיתָא. וְלָא קַשְׁיָא — כָּאן בִּנְסָכִים הַבָּאִין עִם הַזֶּבַח, כָּאן בִּנְסָכִים הַבָּאִין בִּפְנֵי עַצְמָן.
La Guemara soulève une difficulté quant à la proposition de Rav Dimi d'écrire cet avis dans une lettre. Et même s'il avait quelqu'un pour écrire une lettre, aurait-il été possible de l'envoyer ? Mais Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiyya bar Abba, n'a-t-il pas dit que Rabbi Yohanan a dit : ceux qui écrivent des halakhot sont considérés comme ceux qui brûlent la Torah, et celui qui apprend à partir d'halakhot écrites ne reçoit pas la récompense de l'étude de la Torah ? Il est donc manifestement interdit d'envoyer des halakhot par lettre.
וְאִי הֲוָה לֵיהּ אִיגַּרְתָּא, מִי אֶפְשָׁר לְמִישְׁלְחַהּ? וְהָא אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כּוֹתְבֵי הֲלָכוֹת (כְּשׂוֹרֵף) [כְּשׂוֹרְפֵי] תוֹרָה, וְהַלָּמֵד מֵהֶן אֵינוֹ נוֹטֵל שָׂכָר.
Avant de résoudre cette difficulté, la Guemara discute davantage de l'interdiction d'écrire la Torah : Rabbi Yehouda bar Nahmani, l'interprète de Reish Lakish, a exposé ainsi : un verset dit « Écris pour toi ces paroles », et un verset dit, plus loin dans ce même verset : « Car sur la bouche de ces paroles » (Chemot 34, 27). Ces expressions servent à te dire : les paroles enseignées oralement, tu n'as pas le droit de les réciter par écrit ; et les paroles écrites, tu n'as pas le droit de les réciter oralement — c'est-à-dire de mémoire.
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בַּר נַחְמָנִי מְתוּרְגְּמָנֵיהּ דְּרֵישׁ לָקִישׁ: כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר ״כְּתׇב לְךָ אֶת הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר ״כִּי עַל פִּי הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״ — לוֹמַר לָךְ: דְּבָרִים שֶׁעַל פֶּה אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְאוֹמְרָן בִּכְתָב, וְשֶׁבִּכְתָב אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְאוֹמְרָן עַל פֶּה.
Et de plus, l'école de Rabbi Yishmaël a enseigné : le mot « ces » dans le commandement « Écris pour toi ces paroles » sert à souligner que ces paroles — celles enregistrées dans la Loi écrite — tu peux les écrire ; mais tu ne peux pas écrire les halakhot — c'est-à-dire les michnayot et le reste de la Loi orale.
וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״כְּתׇב לְךָ אֶת הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״ — אֵלֶּה אַתָּה כּוֹתֵב, אֲבָל אֵין אַתָּה כּוֹתֵב הֲלָכוֹת!
Ils répondirent à la question de savoir comment Rav Dimi pouvait proposer d'écrire la halakha dans une lettre : peut-être qu'en ce qui concerne une matière nouvelle, c'est différent — c'est-à-dire qu'il pourrait être permis d'écrire du matériel nouveau pour qu'il ne soit pas oublié. Une preuve de cette suggestion : Rabbi Yohanan et Reish Lakish lisaient un rouleau d'aggada, contenant les paroles des Sages, le Chabbat. Et ils le faisaient parce qu'ils enseignaient ainsi : puisqu'on ne peut pas se souvenir de la Loi orale sans l'écrire, il est permis de transgresser la halakha, comme on le déduit du verset : « Il est temps d'agir pour l'Éternel ; ils ont annulé Ta Torah » (Tehilim 119, 126). Ils disaient : il vaut mieux supprimer une seule halakha de la Torah — c'est-à-dire l'interdiction d'écrire la Torah orale — et ainsi s'assurer que la Torah ne soit pas oubliée du peuple juif tout entier.
אָמְרִי: דִּלְמָא מִילְּתָא חַדְתָּא שָׁאנֵי, דְּהָא רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ מְעַיְּינִי בְּסִיפְרָא דְּאַגַּדְתָּא בְּשַׁבְּתָא, וְדָרְשִׁי הָכִי: ״עֵת לַעֲשׂוֹת לַה׳ הֵפֵרוּ תּוֹרָתֶךָ״, אָמְרִי: מוּטָב תֵּיעָקֵר תּוֹרָה, וְאַל תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל.
§ Au sujet de la distinction de Rav Dimi entre les libations apportées avec une offrande animale et celles sacrifiées à elles seules, Rav Pappa dit : maintenant que tu as dit que les libations apportées à elles seules sont sacrifiées même la nuit, si des libations de ce type se sont trouvées disponibles la nuit, on peut les consacrer en les plaçant dans un ustensile de service la nuit, et on peut les sacrifier la nuit.
אָמַר רַב פָּפָּא: הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ נְסָכִים הַבָּאִין בִּפְנֵי עַצְמָן קְרֵיבִין אֲפִילּוּ בַּלַּיְלָה, נִזְדַּמְּנוּ נְסָכִים בַּלַּיְלָה — מַקְדִּישִׁין בַּלַּיְלָה וּמַקְרִיבִין.
Rav Yosef, fils de Rav Shemaya, dit à Rav Pappa : une baraïta est enseignée à l'appui de ton avis : « Voici le principe : toute offrande sacrifiée le jour n'est consacrée en étant placée dans un ustensile de service que le jour ; mais toute offrande sacrifiée la nuit est consacrée à la fois le jour et la nuit. »
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמַעְיָה לְרַב פָּפָּא: תַּנְיָא דִּמְסַיַּיע לָךְ, ״זֶה הַכְּלָל: כׇּל הַקָּרֵב בַּיּוֹם — אֵינוֹ קָדוֹשׁ אֶלָּא בַּיּוֹם, וְכׇל הַקָּרֵב בַּלַּיְלָה — קָדוֹשׁ בֵּין בַּיּוֹם בֵּין בַּלַּיְלָה״.
Au sujet des libations sacrifiées à elles seules, Rav Adda bar Ahava dit : et l'aube du jour les invalide, comme la halakha des membres d'offrandes dont le sang a été aspergé pendant le jour. De tels membres restent sur l'autel pour brûler toute la nuit, mais à l'aube ils sont invalidés et ne peuvent plus être placés sur l'autel.
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: וַעֲלוֹת הַשַּׁחַר פּוֹסֶלֶת בָּהֶן, כְּאֵבָרִין.
§ La Guemara revient discuter du verset : « Vous offrirez ceci à l'Éternel en vos temps fixés, outre vos vœux, vos offrandes volontaires, vos holocaustes, vos offrandes de farine, vos libations et vos offrandes de paix » (Bamidbar 29, 39). Lorsque Rav Dimi vint de Terre d'Israël en Babylone, il dit que Rabbi Yohanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yehotsadak : « Vous offrirez ceci à l'Éternel en vos temps fixés » — ce sont les offrandes obligatoires qui viennent être sacrifiées comme offrandes obligatoires lors de la Fête de pèlerinage — par exemple les holocaustes de présence, les offrandes de Fête et les offrandes supplémentaires.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַה׳ בְּמוֹעֲדֵיכֶם״ — אֵלּוּ חוֹבוֹת הַבָּאוֹת חוֹבָה בָּרֶגֶל.
Le verset poursuit : « Outre vos vœux et vos offrandes volontaires ». Cela enseigne à l'égard des vœux et des offrandes volontaires qu'ils sont sacrifiés pendant les jours intermédiaires [ḥol hamoed] d'une Fête.
״לְבַד מִנִּדְרֵיכֶם וְנִדְבוֹתֵיכֶם״ — לִימֵּד עַל נְדָרִים וּנְדָבוֹת שֶׁקְּרֵבִין בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
Le verset dit encore : « Et vos holocaustes ». La Guemara demande : de quel cas le verset parle-t-il ? S'il s'agit d'un holocauste accompli par vœu, le verset a déjà dit « Vos vœux ». Et s'il s'agit d'un holocauste volontaire, le verset a déjà dit « Vos offrandes volontaires ». Il ne parle donc que de l'holocauste d'une femme ayant accouché — l'agneau qu'elle sacrifie le quarante-et-unième jour après la naissance d'un fils ou le quatre-vingt-et-unième jour après la naissance d'une fille — et de l'holocauste d'un lépreux purifié, qui est l'agneau sacrifié après la purification d'un lépreux. Le verset enseigne que ces offrandes obligatoires peuvent être sacrifiées pendant les jours intermédiaires d'une Fête.
״וּלְעוֹלוֹתֵיכֶם״ — בְּמָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? אִי בְּעוֹלַת נֶדֶר — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר ״נִדְרֵיכֶם״, וְאִי בְּעוֹלַת נְדָבָה — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר ״וְנִדְבוֹתֵיכֶם״! הָא אֵינוֹ מְדַבֵּר אֶלָּא בְּעוֹלַת יוֹלֶדֶת וְעוֹלַת מְצוֹרָע.
Le verset poursuit : « Et vos offrandes de farine ». La Guemara demande encore : de quel cas le verset parle-t-il ? S'il s'agit d'une offrande de farine apportée en accomplissement d'un vœu, le verset l'a déjà dit. S'il s'agit d'une offrande de farine volontaire, le verset l'a déjà dit. Il ne parle donc que de l'offrande de farine d'une sota, c'est-à-dire l'offrande de jalousie.
״וּלְמִנְחוֹתֵיכֶם״ — בְּמָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? אִי בְּמִנְחַת נֶדֶר — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר, אִי בְּמִנְחַת נְדָבָה — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר! הָא אֵינוֹ מְדַבֵּר אֶלָּא בְּמִנְחַת סוֹטָה וּבְמִנְחַת קְנָאוֹת.
Temurah 14b
100%
תמורה י״ד במַסֶּכֶת תְּמוּרָה