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Traité Temurah

11b

Étude de Temurah 11b

Étude de la Guémara 11b

Guémara
Les Sages ont enseigné : on pourrait penser que si l'on dit : « La patte de cet animal est un holocauste », la sainteté devrait s'étendre à l'animal entier et que tout l'animal deviendra un holocauste. C'est pourquoi le verset dit : « Et si c'est un animal de ceux qu'on apporte en offrande à l'Éternel, tout ce qu'on en donnera à l'Éternel sera sacré » (Vayikra 27, 9). Le verset indique que la partie qu'on donne sera sacrée pour l'Éternel — et non pas tout l'animal.
תָּנוּ רַבָּנַן: יָכוֹל הָאוֹמֵר ״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״ תְּהֵא כּוּלָּהּ עוֹלָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳ יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״ — מִמֶּנּוּ לַה׳, וְלֹא כּוּלּוֹ לַה׳.
Si tel est le cas, on pourrait penser que le membre consacré peut être racheté et ainsi repasser au statut profane. C'est pourquoi le verset dit : « Sera sacré », enseignant que le membre reste consacré. Comment est-ce possible — que faire de l'animal ? L'animal doit être vendu pour les besoins d'holocaustes à une personne qui sacrifiera l'animal entier comme holocauste ; le paiement reçu pour l'animal sera profane, sauf le paiement reçu en échange du membre de l'animal qui avait été consacré. Tel est l'avis de Rabbi Meir et Rabbi Yehouda.
יָכוֹל תֵּצֵא לְחוּלִּין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״. הָא כֵּיצַד? תִּמָּכֵר לְצׇרְכֵי עוֹלוֹת, וְדָמֶיהָ חוּלִּין, חוּץ מִדְּמֵי אֵבֶר שֶׁבָּהּ — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה.
Mais Rabbi Yosse et Rabbi Shimon disent : d'où déduit-on que si l'on dit : « La patte de cet animal est un holocauste », tout l'animal devient un holocauste ? Puisqu'il est dit : « Tout ce qu'on donnera de tels [animaux] à l'Éternel sera sacré » (Vayikra 27, 9), on aurait pu penser que des membres individuels peuvent être consacrés. Lorsque le verset dit : « Sera sacré », cette expression sert à inclure tout l'animal — indiquant que tout devient sacré.
וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנַּיִן לָאוֹמֵר ״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״, שֶׁכּוּלָּהּ עוֹלָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳״, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״יִהְיֶה קֹדֶשׁ״ — לְרַבּוֹת אֶת כּוּלָּהּ.
La Guemara objecte : le Maître a dit que l'animal doit être vendu pour les besoins d'holocaustes. Mais c'est comme si l'acheteur apportait un animal auquel manque le membre que le propriétaire précédent avait consacré — sa part dans l'offrande ne consistant qu'en le reste de l'animal. Rava dit : la baraïta ne signifie pas que l'animal doit être vendu à quiconque est astreint à apporter un holocauste, mais spécifiquement à celui qui dit : « Il m'incombe d'apporter un holocauste avec tous les membres dont dépend sa vie. » Comme le membre consacré n'en fait pas partie, il ne diminue pas la validité du vœu de l'acheteur.
אָמַר מָר: תִּמָּכֵר לְצׇרְכֵי עוֹלוֹת, וְהָא קָמַיְיתֵי בְּהֵמָה מְחוּסֶּרֶת אֵבֶר? אָמַר רָבָא: בְּאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי עוֹלָה בְּחַיֶּיהָ״.
La Guemara cite une dispute entre amoraïm : Rav Hisda dit que Rabbi Yehouda et Rabbi Meir concèdent pour un membre dont l'ablation rendrait l'animal tréfa — si l'on a consacré un tel membre, la sainteté s'étend à tout l'animal. Rava dit : même dans ce cas, Rabbi Meir et Rabbi Yehouda maintiennent que la sainteté ne s'étend pas à l'animal entier ; ils concèdent toutefois pour un membre dont l'ablation le rendrait une carcasse — c'est-à-dire un membre sans lequel l'animal mourrait si rapidement qu'il prendrait le statut de carcasse. Et Rav Sheshet dit : ils ne concèdent que pour un membre dont l'ablation le ferait mourir immédiatement.
אָמַר רַב חִסְדָּא: מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵפָה. רָבָא אָמַר: בְּדָבָר שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ נְבֵילָה. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: בְּדָבָר שֶׁהִיא מֵתָה.
La Guemara explique : quelle différence y a-t-il entre l'avis de Rav Hisda et celui de Rava ? La différence porte sur la question de savoir si un tréfa peut survivre. Rav Hisda se range selon l'avis de celui qui dit qu'un tréfa ne peut pas survivre et mourra bientôt ; Rabbi Meir et Rabbi Yehouda concèdent donc que si l'on consacre un membre dont l'ablation rendrait l'animal tréfa, la sainteté s'applique à tout l'animal, puisqu'il s'agit d'un organe vital. Rava se range selon l'avis de celui qui dit qu'un tréfa peut survivre ; la consécration d'un tel membre ne s'étend donc pas à l'animal entier.
מַאי אִיכָּא בֵּין רַב חִסְדָּא לְרָבָא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ טְרֵפָה חַיָּה. רַב חִסְדָּא סָבַר לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר טְרֵפָה אֵינָהּ חַיָּה, וְרָבָא סָבַר לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר טְרֵפָה חַיָּה.
Et quelle différence y a-t-il entre l'avis de Rava et celui de Rav Sheshet ? La différence porte sur l'avis de Rabbi Elazar, car Rabbi Elazar a dit : si la cuisse — c'est-à-dire la patte arrière de l'animal — et sa cavité ont été enlevées, l'animal est considéré comme une carcasse et transmet l'impureté rituelle même de son vivant. Rava se range selon l'avis de Rabbi Elazar ; il maintient donc que selon Rabbi Meir et Rabbi Yehouda, si l'on consacre sa cuisse et sa cavité, la sainteté s'étend à tout l'animal, car il s'agit d'un membre vital. Mais Rav Sheshet ne se range pas selon l'avis de Rabbi Elazar — la sainteté ne s'étend donc pas à l'animal entier dans un tel cas.
וּמַאי אִיכָּא בֵּין רָבָא לְרַב שֵׁשֶׁת? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נִיטְּלָה יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ — נְבֵילָה. רָבָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר, רַב שֵׁשֶׁת לָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר.
La Guemara soulève une objection : Rabbi Yehouda haNassi a dit : dans la dispute entre Rabbi Yehouda et Rabbi Yosse, l'avis de Rabbi Yehouda — selon lequel la sainteté ne s'étend pas à tout l'animal — paraît correct pour un membre dont ne dépend pas la vie de l'animal ; et l'avis de Rabbi Yosse paraît correct pour un membre dont dépend la vie de l'animal. Ne doit-on pas conclure par inférence de la déclaration de Rabbi Yehouda haNassi que Rabbi Yosse conteste l'avis de Rabbi Yehouda même pour un membre vital — contrairement aux déclarations des amoraïm cités plus haut ?
מֵיתִיבִי: אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, וְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ. לָאו מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה?
Certes, le commentaire de Rabbi Yehouda haNassi — « l'avis de Rabbi Yehouda paraît correct pour un membre dont ne dépend pas la vie de l'animal » — ne pose pas de difficulté, car on n'en déduit que Rabbi Yehouda conteste Rabbi Yosse dans un tel cas. Mais lorsqu'il dit que l'avis de Rabbi Yosse paraît correct pour un membre dont dépend la vie de l'animal, ne doit-on pas conclure par inférence que Rabbi Yosse conteste aussi Rabbi Yehouda dans ce cas ? Et cela constituerait apparemment une réfutation concluante de tous les avis des amoraïm cités plus haut, qui maintiennent que Rabbi Yehouda concède pour les organes vitaux.
בִּשְׁלָמָא נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי. אֶלָּא נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ — לָאו מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה? וּתְיוּבְתָּא דְּכוּלְּהוּ!
La Guemara répond : Non. La baraïta citant la déclaration de Rabbi Yehouda haNassi est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne : l'avis de Rabbi Yosse paraît correct aux yeux de Rabbi Yehouda dans le cas d'un membre dont dépend la vie de l'animal — car Rabbi Yehouda n'a contesté Rabbi Yosse que pour un membre dont ne dépend pas la vie de l'animal ; mais pour un membre vital, Rabbi Yehouda lui concède que la sainteté s'étend à l'animal entier.
לָא, חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, שֶׁאַף רַבִּי יְהוּדָה לֹא נֶחְלַק עָלָיו אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, אֲבָל בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ מוֹדֵי לֵיהּ.
§ Selon Rabbi Yosse, si l'on consacre un membre d'un animal, la sainteté s'étend à l'animal entier. Rava soulève un dilemme : pour un oiseau apte au sacrifice, quelle est la halakha selon cet avis ? Comme cette halakha est dérivée, comme indiqué plus haut, du verset : « Et si c'est un animal de ceux qu'on apporte en offrande à l'Éternel… » (Vayikra 27, 9), on peut soutenir que le Miséricordieux dit « animal », et cet oiseau n'est pas considéré comme un animal. Ou peut-être faut-il insister sur le fait que le Miséricordieux dit « offrande », et cet oiseau est aussi considéré comme une offrande. La Guemara conclut : le dilemme reste non résolu [teïkou].
בָּעֵי רָבָא: בָּעוֹף מַהוּ? ״בְּהֵמָה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָא לָאו ״בְּהֵמָה״ הִיא, אוֹ דִלְמָא ״קׇרְבָּן״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי נָמֵי ״קׇרְבָּן״ הוּא? תֵּיקוּ.
Rava soulève un autre dilemme : selon Rabbi Yosse, si l'on a consacré un membre dans l'intention de le vendre et d'acheter une offrande avec le produit de la vente, quelle est la halakha quant à savoir si l'animal entier reçoit une sainteté inhérente ? Dit-on que puisqu'il reçoit la sainteté des valeurs, il reçoit aussi la sainteté inhérente — et de plus, du fait qu'il a consacré un membre, il a consacré l'animal entier ? Ou dit-on qu'on ne formule un raisonnement du type « puisque » qu'une seule fois, mais pas deux raisonnements « puisque » ensemble — c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire les deux extensions suggérées simultanément ?
בָּעֵי רָבָא: הִקְדִּישׁ אֵבֶר לְדָמָיו, מַהוּ דְּתֵיחוֹת לֵיהּ קְדוּשַּׁת הַגּוּף? מִי אָמַר: כֵּיוָן דְּנָחֲתָא לֵיהּ קְדוּשַּׁת דָּמִים — נָחֲתָא לֵיהּ נָמֵי קְדוּשַּׁת הַגּוּף, וּמִדְּאַקְדְּשֵׁיהּ לְחַד אֵבֶר — אַקְדְּשַׁיהּ לְכוּלַּהּ, אוֹ דִלְמָא חַד מִגּוֹ אָמַר, תְּרֵי מִגּוֹ לָא אָמַר?
Temurah 11b
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תמורה י״א במַסֶּכֶת תְּמוּרָה