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Traité Taanit

8b

Étude de Taanit 8b

Étude de la Guémara 8b

Guémara
Rech Lakich développe : la « fermeture » est employée au sujet d'une femme qui ne peut enfanter, comme il est dit : « car l'Éternel avait fermé toute matrice » (Béréchit 20, 18) ; et la « fermeture » est employée au sujet des pluies, comme il est écrit : « et Il fermera les cieux » (Devarim 11, 17).
נֶאֶמְרָה עֲצִירָה בְּאִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי עָצֹר עָצַר ה׳ בְּעַד כׇּל רֶחֶם״, וְנֶאֶמְרָה עֲצִירָה בִּגְשָׁמִים, דִּכְתִיב: ״וְעָצַר אֶת הַשָּׁמַיִם״.
De même, l'expression d'« enfantement » est employée au sujet d'une femme, et l'expression d'« enfantement » est de même employée au sujet de la pluie. L'enfantement est employé au sujet d'une femme, comme il est écrit, dans le cas de Ra'hel lorsque Dieu eut pitié d'elle : « Et elle conçut et enfanta un fils » (Béréchit 30, 23). Et l'enfantement est employé au sujet de la pluie, comme il est écrit : « Car, comme descend la pluie et la neige des cieux, et n'y retourne pas, mais abreuve la terre, la fait enfanter et germer » (Yéchayahou 55, 10).
נֶאֱמַר לֵידָה בְּאִשָּׁה וְנֶאֱמַר לֵידָה בִּגְשָׁמִים, נֶאֱמַר לֵידָה בְּאִשָּׁה, דִּכְתִיב: ״וַתַּהַר וַתֵּלֶד בֵּן״, וְנֶאֱמַר לֵידָה בִּגְשָׁמִים, דִּכְתִיב: ״וְהוֹלִידָהּ וְהִצְמִיחָהּ״.
Enfin, l'expression de « souvenir » est employée au sujet d'une femme, et l'expression de « souvenir » est de même employée au sujet de la pluie. Le souvenir est employé au sujet d'une femme, comme il est écrit : « Et l'Éternel se souvint de Sara » (Béréchit 21, 1) ; et le souvenir est employé au sujet de la pluie, comme il est écrit : « Tu te souviens de la terre et l'abreuves, Tu l'enrichis abondamment ; le canal de Dieu est plein d'eau » (Téhilim 65, 10).
נֶאֱמַר פְּקִידָה בְּאִשָּׁה, וְנֶאֱמַר פְּקִידָה בִּגְשָׁמִים. נֶאֱמַר פְּקִידָה בְּאִשָּׁה, דִּכְתִיב: ״וַה׳ פָּקַד אֶת שָׂרָה״, וְנֶאֱמַר פְּקִידָה בִּגְשָׁמִים, דִּכְתִיב: ״פָּקַדְתָּ הָאָרֶץ וַתְּשֹׁקְקֶהָ רַבַּת תַּעְשְׁרֶנָּה פֶּלֶג אֱלֹהִים מָלֵא מָיִם״.
La Guemara pose une question sur ce verset. Que signifie l'expression « le canal de Dieu est plein d'eau » ? La Guemara répond qu'il fut enseigné dans une baraïta : il y a une sorte de voûte [kouba] dans le firmament, d'où sortent les pluies.
מַאי ״פֶּלֶג אֱלֹהִים מָלֵא מַיִם״? תָּנָא: כְּמִין קוּבָּה יֵשׁ בָּרָקִיעַ, שֶׁמִּמֶּנָּה גְּשָׁמִים יוֹצְאִין.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit : que signifie ce qui est écrit : « Que ce soit pour le châtiment, ou pour Sa terre, ou pour la bonté, Il le fait advenir » (Iyov 37, 12-13) ? L'expression « que ce soit pour le châtiment » signifie que, si les gens sont jugés défavorablement, la pluie tombera sur les montagnes et sur les collines. L'expression « ou pour la bonté, pour Sa terre » indique que, s'ils ont été jugés « pour la bonté », Il la fera advenir « pour Sa terre », sur les champs et sur les vignes.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, מַאי דִּכְתִיב: ״אִם לְשֵׁבֶט אִם לְאַרְצוֹ אִם לְחֶסֶד יַמְצִאֵהוּ״. ״אִם לְשֵׁבֶט״ — בְּהָרִים וּבִגְבָעוֹת, ״אִם לְחֶסֶד יַמְצִאֵהוּ לְאַרְצוֹ״ — בְּשָׂדוֹת וּבִכְרָמִים.
Autre interprétation : l'expression « que ce soit pour le châtiment » signifie que la pluie ne profitera qu'aux arbres ; « ou pour Sa terre » indique que la pluie ne tombera que pour le profit des semences ; et « ou pour la bonté, Il le fait advenir » signifie que la pluie remplira les citernes, les fossés et les grottes d'assez d'eau pour durer toute la saison sèche.
״אִם לְשֵׁבֶט״ — לְאִילָנוֹת, ״אִם לְאַרְצוֹ״ — לִזְרָעִים, ״אִם לְחֶסֶד יַמְצִאֵהוּ״ — בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת.
§ La Guemara rapporte : aux jours de Rabbi Chmouel bar Na'hmani, il y eut une famine et une peste. Les Sages dirent : que faire ? Implorer la miséricorde pour deux fléaux — la famine et la peste — n'est pas possible, car il est inconvenant de prier pour la suppression de deux afflictions à la fois. Plutôt, implorons la miséricorde pour la peste, et la famine, nous la supporterons. Rabbi Chmouel bar Na'hmani leur dit : au contraire, implorons la miséricorde pour la famine, car lorsque le Miséricordieux donne l'abondance, Il la donne pour le bien des vivants — autrement dit, s'Il exauce cette prière, Il mettra assurément fin à la peste aussi —, comme il est écrit : « Tu ouvres Ta main et rassasies tout vivant selon Ta faveur » (Téhilim 145, 16).
בִּימֵי רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי הֲוָה כַּפְנָא וּמוֹתָנָא, אָמְרִי: הֵיכִי נַעֲבֵיד? נִיבְעֵי רַחֲמֵי אַתַּרְתֵּי — לָא אֶפְשָׁר. אֶלָּא לִיבְעֵי רַחֲמֵי אַמּוֹתָנָא, וְכַפְנָא נִיסְבּוֹל. אֲמַר לְהוּ רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: נִיבְעֵי רַחֲמֵי אַכַּפְנָא, דְּכִי יָהֵיב רַחֲמָנָא שׂוּבְעָא — לְחַיֵּי הוּא דְּיָהֵיב, דִּכְתִיב: ״פּוֹתֵחַ אֶת יָדֶךָ וּמַשְׂבִּיעַ לְכׇל חַי רָצוֹן״.
La Guemara explique : et d'où déduit-on qu'on ne prie pas pour deux fléaux simultanément ? Comme il est écrit : « Et nous avons jeûné et imploré notre Dieu à ce sujet » (Ezra 8, 23) — du fait que le verset dit « à ce sujet », on infère qu'il y avait un autre fléau au sujet duquel le peuple ne pria pas. En Occident (Erets Israël), on dit au nom de Rabbi 'Haggaï que cette idée vient d'ici : « afin d'implorer la miséricorde du Dieu des cieux au sujet de ce secret » (Daniel 2, 18) — du fait que le verset dit « ce secret », on infère qu'il y avait un autre sujet au sujet duquel ils ne prièrent pas.
וּמְנָלַן דְּלָא מְצַלִּינַן אַתַּרְתֵּי — דִּכְתִיב: ״וַנָּצוּמָה וַנְּבַקְשָׁה מֵאֱלֹהֵינוּ עַל זֹאת״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא אַחֲרִיתִי. בְּמַעְרְבָא אָמְרִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי חַגַּי מֵהָכָא: ״וְרַחֲמִין לְמִבְעֵא מִן קֳדָם אֱלָהּ שְׁמַיָּא עַל רָזָא דְּנָה״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא אַחֲרִיתִי.
Dans le même esprit, la Guemara rapporte : aux jours de Rabbi Zéra, un décret de persécution religieuse fut décrété contre les Juifs ; et comme le décret interdisait de jeûner, les Juifs ne pouvaient assurément pas jeûner et prier pour l'annulation du décret lui-même. Rabbi Zéra dit aux gens : prenons sur nous un jeûne — bien qu'en pratique nous ne puissions l'observer —, et lorsque le décret de persécution sera annulé, nous l'observerons.
בִּימֵי רַבִּי זֵירָא גְּזוּר שְׁמָדָא, וּגְזוּר דְּלָא לְמֵיתַב בְּתַעֲנִיתָא. אֲמַר לְהוּ רַבִּי זֵירָא: נְקַבְּלֵיהּ עִילָּוַון, וּלְכִי בָּטֵיל שְׁמָדָא לֵיתְבֵיהּ.
Ils lui dirent : d'où sais-tu cela — qu'on peut prendre sur soi un jeûne qu'on ne peut observer ? Rabbi Zéra leur dit que la raison en est qu'il est écrit : « Et il me dit : Ne crains pas, Daniel, car dès le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t'humilier par le jeûne devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues » (Daniel 10, 12). Ce verset indique que, dès l'instant où l'on tourne son cœur vers le jeûne, ses prières sont entendues.
אָמְרִי לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לְהוּ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֵלַי אַל תִּירָא דָנִיֵּאל כִּי מִן הַיּוֹם הָרִאשׁוֹן אֲשֶׁר נָתַתָּ אֶת לִבְּךָ לְהָבִין וּלְהִתְעַנּוֹת לִפְנֵי אֱלֹהֶיךָ נִשְׁמְעוּ דְבָרֶיךָ״.
La Guemara revient au sujet de la pluie. Rabbi Yits'hak dit : même en des années semblables aux années d'Élie — où Dieu décréta qu'aucune pluie ne tomberait —, si la pluie tombe les veilles de Chabbat, ce n'est rien d'autre qu'un signe de malédiction, car la pluie entrave les préparatifs du Chabbat. C'est là ce que dit Rabba bar Chila : un jour de pluie est aussi pénible qu'un jour de jugement. Améimar dit même : n'était que la pluie est nécessaire aux gens, nous implorerions la miséricorde pour qu'elle soit annulée, à cause des désagréments qu'elle cause.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֲפִילּוּ שָׁנִים כִּשְׁנֵי אֵלִיָּהוּ, וְיָרְדוּ גְּשָׁמִים בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת — אֵינָן אֶלָּא סִימַן קְלָלָה. הַיְינוּ דְּאָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: קָשֶׁה יוֹמָא דְמִיטְרָא כְּיוֹמָא דְּדִינָא. אָמַר אַמֵּימָר: אִי לָא דִּצְרִיךְ לִבְרִיָּיתָא, בָּעֵינַן רַחֲמֵי וּמְבַטְּלִינַן לֵיהּ.
Et Rabbi Yits'hak dit : le soleil le Chabbat est une charité pour les pauvres, qui peuvent alors jouir du dehors sans souffrir du froid, comme il est dit : « Mais pour vous qui craignez Mon Nom se lèvera le soleil de justice, avec la guérison sous ses ailes » (Malakhi 3, 20). Et Rabbi Yits'hak dit encore : le jour des pluies est grand, car même la pérouta (la piécette) dans la bourse y est bénie, comme il est dit : « pour donner la pluie de ta terre en son temps, et pour bénir toute l'œuvre de ta main » (Devarim 28, 12).
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: שֶׁמֶשׁ בְּשַׁבָּת — צְדָקָה לַעֲנִיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזָרְחָה לָכֶם יִרְאֵי שְׁמִי שֶׁמֶשׁ צְדָקָה וּמַרְפֵּא״. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים, שֶׁאֲפִילּוּ פְּרוּטָה שֶׁבַּכִּיס מִתְבָּרֶכֶת בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָתֵת מְטַר אַרְצְךָ בְּעִתּוֹ וּלְבָרֵךְ אֵת כׇּל מַעֲשֵׂה יָדֶךָ״.
Taanit 8b
100%
תענית ח׳ במַסֶּכֶת תַּעֲנִית