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Traité Taanit

7a

Étude de Taanit 7a

Étude de la Guémara 7a

Guémara
…nous réciterons les deux : « Dieu des actions de grâce » (El haHodaot) et « les abondantes actions de grâce » (rov haHodaot).
נֵימְרִינְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ: ״אֵל הַהוֹדָאוֹת״ וְ״רוֹב הַהוֹדָאוֹת״.
§ La Guemara cite des énoncés à la louange de la pluie. Rabbi Abbahou dit : le jour de la pluie est plus grand que la résurrection des morts ; car, tandis que la résurrection des morts ne profite qu'aux justes, la pluie profite aux justes comme aux méchants. La Guemara remarque : et cet énoncé diverge de l'opinion de Rav Yossef, car Rav Yossef a dit : puisque la pluie est équivalente à la résurrection des morts, les Sages en ont fixé la mention dans la deuxième bénédiction de l'Amida, la bénédiction de la résurrection des morts. Selon Rav Yossef, la pluie est équivalente à la résurrection des morts, mais non supérieure à elle.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים מִתְּחִיַּית הַמֵּתִים, דְּאִילּוּ תְּחִיַּית הַמֵּתִים — לַצַּדִּיקִים, וְאִילּוּ גְּשָׁמִים — בֵּין לַצַּדִּיקִים בֵּין לָרְשָׁעִים. וּפְלִיגָא דְּרַב יוֹסֵף, דְּאָמַר רַב יוֹסֵף: מִתּוֹךְ שֶׁהִיא שְׁקוּלָה כִּתְחִיַּית הַמֵּתִים — קְבָעוּהָ בִּתְחִיַּית הַמֵּתִים.
De même, Rav Yehouda dit : le jour des pluies est aussi grand que le jour où la Torah fut donnée, comme il est dit : « Que mon enseignement [likhi] s'épanche comme la pluie » (Devarim 32, 2), et lékah ne signifie rien d'autre que la Torah, comme il est dit : « Car Je vous donne un bon enseignement [lékah] ; n'abandonnez pas Ma Torah » (Michlé 4, 2). Rava dit : la pluie est même plus grande que le jour où la Torah fut donnée, comme il est dit : « Que mon enseignement s'épanche comme la pluie » — or, lorsqu'on fait une comparaison, lequel est rendu dépendant de l'autre ? Tu dois dire que c'est l'objet moindre qui dépend du plus grand. Si la Torah est comparée à la pluie, il s'ensuit que la pluie est plus grande que la Torah.
אָמַר רַב יְהוּדָה: גָּדוֹל יוֹם הַגְּשָׁמִים כְּיוֹם שֶׁנִּיתְּנָה בּוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי״, וְאֵין ״לֶקַח״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם תּוֹרָתִי אַל תַּעֲזֹבוּ״. רָבָא אָמַר: יוֹתֵר מִיּוֹם שֶׁנִּיתְּנָה בּוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי״, מִי נִתְלֶה בְּמִי? הֱוֵי אוֹמֵר: קָטָן נִתְלֶה בַּגָּדוֹל.
La Guemara cite une autre interprétation du verset du Devarim. Rava souleva une contradiction : au début du verset il est écrit « que mon enseignement s'épanche [ya'arof] comme la pluie », d'une manière rude, et pourtant plus loin dans le verset il est écrit « que ma parole distille comme la rosée », sur un ton doux. Il résout cette contradiction apparente ainsi : s'il est un érudit de la Torah digne, la Torah coule en lui comme la rosée ; mais s'il n'est pas digne, elle lui brise la nuque [orféhou] comme la pluie violente.
רָבָא רָמֵי, כְּתִיב: ״יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי״, וּכְתִיב: ״תִּזַּל כַּטַּל אִמְרָתִי״! אִם תַּלְמִיד חָכָם הָגוּן הוּא — כַּטַּל, וְאִם לָאו — עוֹרְפֵהוּ כַּמָּטָר.
Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Bénaa disait : quiconque s'adonne à la Torah pour elle-même (lichmah) — sa Torah devient pour lui un élixir de vie, comme il est dit : « C'est un arbre de vie pour ceux qui s'y attachent » (Michlé 3, 18), et il est dit : « Ce sera une guérison pour ton nombril » (Michlé 3, 8), et il est dit : « Car qui me trouve a trouvé la vie » (Michlé 8, 35). Et quiconque s'adonne à la Torah non pour elle-même — par exemple pour sa propre gloire — elle devient pour lui un élixir de mort, comme il est dit : « Que mon enseignement s'épanche [ya'arof] comme la pluie », et arifa ne signifie rien d'autre que tuer, comme il est dit : « Et ils briseront là la nuque [arfou] de la génisse dans le torrent » (Devarim 21, 4).
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי בְּנָאָה אוֹמֵר: כׇּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה לִשְׁמָהּ — תּוֹרָתוֹ נַעֲשֵׂית לוֹ סַם חַיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ״, וְאוֹמֵר: ״רִפְאוּת תְּהִי לְשָׁרֶּךָ״, וְאוֹמֵר: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״. וְכׇל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ — נַעֲשֵׂית לוֹ סַם הַמָּוֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי״, וְאֵין עֲרִיפָה אֶלָּא הֲרִיגָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָרְפוּ שָׁם אֶת הָעֶגְלָה בַּנָּחַל״.
Rabbi Yirmeya dit un jour à Rabbi Zéra : que le Maître vienne et enseigne un développement halakhique. Rabbi Zéra lui dit : mon cœur est faible et je ne puis me forcer à un développement halakhique. — Que le Maître nous dise alors quelque chose d'aggada, qui ne demande pas autant d'effort. Rabbi Zéra lui dit que Rabbi Yo'hanan a dit ainsi : que signifie ce qui est écrit : « Car l'homme est un arbre des champs » (Devarim 20, 19) ? L'homme est-il donc réellement un arbre des champs ?
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: לֵיתֵי מָר לִיתְנֵי. אֲמַר לֵיהּ: חֲלַשׁ לִבַּאי וְלָא יָכֵילְנָא. לֵימָא מָר מִילְּתָא דְּאַגַּדְתָּא, אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן — מַאי דִּכְתִיב: ״כִּי הָאָדָם עֵץ הַשָּׂדֶה״, וְכִי אָדָם עֵץ שָׂדֶה הוּא?
Plutôt, c'est parce qu'il est écrit plus haut dans le même verset : « Tu en mangeras, et tu ne le couperas pas », et qu'il est écrit dans le verset suivant : « lui, tu le détruiras et le couperas » (Devarim 20, 20). Cela indique qu'il est des arbres qu'on peut couper, et d'autres qu'on ne doit pas détruire. Comment cela ? Si c'est un érudit de la Torah digne — « tu en mangeras et tu ne le couperas pas » ; et s'il n'est pas digne — « lui, tu le détruiras et le couperas ».
אֶלָּא, מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״כִּי מִמֶּנּוּ תֹאכֵל וְאֹתוֹ לֹא תִכְרֹת״, וּכְתִיב: ״אֹתוֹ תַשְׁחִית וְכָרָתָּ״. הָא כֵּיצַד? אִם תַּלְמִיד חָכָם הָגוּן הוּא — ״מִמֶּנּוּ תֹאכֵל וְאֹתוֹ לֹא תִכְרֹת״, וְאִם לָאו — ״אֹתוֹ תַשְׁחִית וְכָרָתָּ״.
Rabbi 'Hama, fils de Rabbi 'Hanina, dit : que signifie ce qui est écrit : « Le fer aiguise le fer, et l'homme aiguise le visage de son compagnon » (Michlé 27, 17) ? Ce verset vient te dire : de même que, pour ces outils de fer, l'un aiguise l'autre lorsqu'on les frotte l'un contre l'autre, de même deux érudits de la Torah qui étudient ensemble s'aiguisent l'un l'autre dans la halakha.
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא, מַאי דִּכְתִיב: ״בַּרְזֶל בְּבַרְזֶל יָחַד״, לוֹמַר לָךְ: מָה בַּרְזֶל זֶה — אֶחָד מְחַדֵּד אֶת חֲבֵירוֹ, אַף שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים — מְחַדְּדִין זֶה אֶת זֶה בַּהֲלָכָה.
Rabba bar bar 'Hana dit : pourquoi les paroles de Torah sont-elles comparées au feu, comme il est dit : « Ma parole n'est-elle pas comme le feu, dit l'Éternel ? » (Yirmeyahou 23, 29) ? Pour te dire : de même que le feu ne s'allume pas dans une bûche solitaire, mais dans un tas de bois, de même les paroles de Torah ne se conservent ni ne se comprennent correctement chez un érudit solitaire qui étudie seul, mais chez un groupe de Sages.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה כָּאֵשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא כֹה דְבָרִי כָּאֵשׁ נְאֻם ה׳״, לוֹמַר לָךְ: מָה אֵשׁ אֵינוֹ דּוֹלֵק יְחִידִי, אַף דִּבְרֵי תוֹרָה אֵין מִתְקַיְּימִין בִּיחִידִי.
Et c'est là ce que dit Rabbi Yossef bar 'Hanina : que signifie ce qui est écrit : « Une épée contre les vantards [habaddim], et ils deviendront fous [noalou] » (Yirmeyahou 50, 36) ? Ce verset peut s'interpréter par homilétique : il y a une épée contre les ennemis des érudits de la Torah — euphémisme pour les érudits eux-mêmes — qui siègent seuls [bad bevad] et étudient la Torah. Et non seulement cela, mais ceux qui étudient seuls deviennent sots, comme il est dit : « et ils deviendront fous ».
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא, מַאי דִּכְתִיב: ״חֶרֶב אֶל הַבַּדִּים וְנֹאָלוּ״, חֶרֶב עַל שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁעוֹסְקִין בַּד בְּבַד בַּתּוֹרָה. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמִּטַּפְּשִׁין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנֹאָלוּ״.
Et non seulement cela, mais ils pèchent, comme il est écrit ici « et ils deviendront fous [noalou] », et il est écrit là : « nous avons agi follement [noalnou] et nous avons péché » (Bamidbar 12, 11). Et si tu veux, dis plutôt qu'on le déduit d'ici : « Les princes de Tsoan sont devenus fous [noalou]… ils ont égaré l'Égypte » (Yéchayahou 19, 13).
וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁחוֹטְאִין. כְּתִיב הָכָא: ״וְנֹאָלוּ״, וּכְתִיב הָתָם: ״אֲשֶׁר נוֹאַלְנוּ וַאֲשֶׁר חָטָאנוּ״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא — מֵהָכָא: ״נוֹאֲלוּ שָׂרֵי צֹעַן [וְגוֹ׳] הִתְעוּ אֶת מִצְרַיִם״.
Rav Na'hman bar Yits'hak dit : pourquoi les paroles de Torah sont-elles comparées à un arbre, comme il est dit : « C'est un arbre de vie pour ceux qui s'y attachent » (Michlé 3, 18) ? Ce verset vient te dire : de même qu'un petit morceau de bois peut enflammer un grand, de même les petits érudits de la Torah aiguisent les grands et leur permettent de progresser dans leur étude. Et c'est là ce que dit Rabbi 'Hanina : j'ai beaucoup appris de mes maîtres, et de mes compagnons plus que de mes maîtres, et de mes élèves plus que de tous.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה כְּעֵץ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עֵץ חַיִּים הִיא לַמַּחֲזִיקִים בָּהּ״, לוֹמַר לָךְ: מָה עֵץ קָטָן מַדְלִיק אֶת הַגָּדוֹל, אַף תַּלְמִידֵי חֲכָמִים קְטַנִּים מְחַדְּדִים אֶת הַגְּדוֹלִים. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: הַרְבֵּה לָמַדְתִּי מֵרַבּוֹתַי, וּמֵחֲבֵירַי יוֹתֵר מֵרַבּוֹתַי, וּמִתַּלְמִידַי יוֹתֵר מִכּוּלָּן.
Taanit 7a
100%
תענית ז׳ אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית