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Traité Taanit

6a

Étude de Taanit 6a

Étude de la Guémara 6a

Guémara
…soient comme toi. Ainsi en est-il de toi : par quoi te bénirai-je ? Si c'est par la Torah — voici, tu as déjà la Torah ; si c'est par la richesse — voici, tu as déjà la richesse ; si c'est par des enfants — voici, tu as déjà des enfants. Plutôt : que telle soit la volonté divine, que les rejetons de tes entrailles soient comme toi.
יִהְיוּ כְּמוֹתְךָ. אַף אַתָּה, בַּמָּה אֲבָרֶכְךָ? אִם בְּתוֹרָה — הֲרֵי תּוֹרָה, אִם בְּעוֹשֶׁר — הֲרֵי עוֹשֶׁר, אִם בְּבָנִים — הֲרֵי בָּנִים, אֶלָּא: יְהִי רָצוֹן שֶׁיִּהְיוּ צֶאֱצָאֵי מֵעֶיךָ כְּמוֹתְךָ.
§ La Guemara revient au thème de la pluie. Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : la pluie précoce [yoré] est ainsi nommée parce qu'elle instruit [moré] les gens de crépir leurs toits, de rentrer leurs récoltes des champs vers leurs maisons et de pourvoir à tous leurs besoins au champ avant que d'autres pluies ne tombent. Autre explication : yoré renvoie au fait qu'elle abreuve [marvé] la terre et l'arrose jusqu'à l'abîme, comme il est dit : « Abreuvant [ravvé] ses sillons, aplanissant ses mottes, Tu l'amollis par des ondées, Tu bénis sa végétation » (Téhilim 65, 11). Autre explication : yoré signifie qu'elle descend avec douceur et ne descend pas avec violence.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״יוֹרֶה״ — שֶׁמּוֹרֶה אֶת הַבְּרִיּוֹת לְהָטִיחַ גַּגּוֹתֵיהֶן, וּלְהַכְנִיס אֶת פֵּירוֹתֵיהֶן, וְלַעֲשׂוֹת כׇּל צׇרְכֵיהֶן. דָּבָר אַחֵר: שֶׁמַּרְוֶה אֶת הָאָרֶץ וּמַשְׁקָהּ עַד תְּהוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תְּלָמֶיהָ רַוֵּה נַחֵת גְּדוּדֶיהָ בִּרְבִיבִים תְּמֹגְגֶנָּה צִמְחָהּ תְּבָרֵךְ״. דָּבָר אַחֵר: ״יוֹרֶה״ — שֶׁיּוֹרֵד בְּנַחַת וְאֵינוֹ יוֹרֵד בְּזַעַף.
Ou bien n'en est-il pas ainsi ? Peut-être yoré signifie-t-il que la pluie fait tomber les fruits des arbres, emporte les semences et emporte les arbres, de manière destructrice — yoré étant alors rattaché à yériya, « le tir ». C'est pourquoi le verset énonce « pluie tardive [malkoch] » (Devarim 11, 14) : de même que malkoch désigne spécifiquement des pluies de bénédiction, de même yoré désigne des pluies de bénédiction. Ou bien n'en est-il pas ainsi ? Peut-être malkoch signifie-t-il que la pluie tombe si dure [kaché] et si violemment qu'elle abat les maisons, brise les arbres et fait monter les sauterelles ? C'est pourquoi le verset énonce « yoré » : de là on peut inférer que, de même que yoré est pour la bénédiction, de même malkoch est pour la bénédiction.
אוֹ אֵינוֹ ״יוֹרֶה״, אֶלָּא שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַפֵּירוֹת, וּמַשְׁטִיף אֶת הַזְּרָעִים, וּמַשְׁטִיף אֶת הָאִילָנוֹת — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מַלְקוֹשׁ״, מָה מַלְקוֹשׁ לִבְרָכָה — אַף יוֹרֶה לִבְרָכָה. אוֹ אֵינוֹ ״מַלְקוֹשׁ״, אֶלָּא שֶׁמַּפִּיל אֶת הַבָּתִּים, וּמְשַׁבֵּר אֶת הָאִילָנוֹת, וּמַעֲלֶה אֶת הַסַּקָּאִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״יוֹרֶה״, מָה יוֹרֶה לִבְרָכָה — אַף מַלְקוֹשׁ לִבְרָכָה.
Et au sujet de yoré lui-même, d'où déduit-on qu'il s'agit d'une pluie qui tombe pour la bénédiction ? Comme il est écrit : « Et vous, enfants de Sion, soyez dans l'allégresse et réjouissez-vous en l'Éternel votre Dieu, car Il vous a donné la pluie précoce [moré] dans Sa bienveillance, et Il a fait descendre pour vous la pluie, la pluie précoce [moré] et la pluie tardive [malkoch], au premier mois » (Yoël 2, 23). Ce verset énonce clairement que yoré — aussi appelé moré — tombe par la bienveillance de Dieu, pour la bénédiction.
וְיוֹרֶה גּוּפֵיהּ מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וּבְנֵי צִיּוֹן גִּילוּ וְשִׂמְחוּ בַּה׳ אֱלֹהֵיכֶם כִּי נָתַן לָכֶם אֶת הַמּוֹרֶה לִצְדָקָה וַיּוֹרֶד לָכֶם גֶּשֶׁם מוֹרֶה וּמַלְקוֹשׁ בָּרִאשׁוֹן״.
La Guemara cite une autre baraïta sur le même sujet. Nos maîtres ont enseigné : la pluie précoce tombe à Mar’hechvan et la pluie tardive à Nissan. Dis-tu que la pluie précoce est à Mar’hechvan et la tardive à Nissan, ou bien n'est-ce pas plutôt que la précoce tombe à Tichri et la tardive à Iyar ? C'est pourquoi le verset énonce : « Je donnerai la pluie de votre terre en son temps » (Devarim 11, 14) — son temps étant Mar’hechvan, quand la pluie est nécessaire pour que les récoltes germent, et Nissan, pour parachever la croissance des récoltes.
תָּנוּ רַבָּנַן: יוֹרֶה בִּמְרַחְשְׁוָן, וּמַלְקוֹשׁ בְּנִיסָן. אַתָּה אוֹמֵר: יוֹרֶה בִּמְרַחְשְׁוָן וּמַלְקוֹשׁ בְּנִיסָן, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא יוֹרֶה בְּתִשְׁרִי וּמַלְקוֹשׁ בְּאִיָּיר? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּעִתּוֹ״.
La Guemara précise le sens du mot qui désigne la pluie tardive [malkoch]. Rav Néhilaï bar Idi dit au nom de Chmouel : c'est une chose qui circoncit [mal] la dureté [kachyouteihen] d'Israël — c'est-à-dire qu'elle pénètre les cœurs du peuple juif, car lorsque la pluie ne tombe pas en son temps, ils se tournent vers Dieu dans le repentir. L'école de Rabbi Yichmaël enseigna : la pluie tardive est appelée malkoch parce qu'elle remplit [memallé] la récolte dans ses tiges [bekacheha] — bien que les tiges existent déjà depuis le début de l'année, c'est cette pluie qui fait gonfler le grain qui y est et les remplit. Il fut enseigné dans une baraïta : malkoch est une chose qui descend sur les épis [melilot] et sur les tiges [kachin].
״מַלְקוֹשׁ״ — אָמַר רַב נְהִילַאי בַּר אִידֵּי אָמַר שְׁמוּאֵל: דָּבָר שֶׁמָּל קַשְׁיוּתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: דָּבָר שֶׁמְּמַלֵּא תְּבוּאָה בְּקַשֶּׁיהָ. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: דָּבָר שֶׁיּוֹרֵד עַל הַמְּלִילוֹת וְעַל הַקַּשִּׁין.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : la pluie précoce tombe à Mar’hechvan et la pluie tardive à Nissan. Dis-tu que la pluie précoce est à Mar’hechvan, ou bien n'est-ce pas plutôt au mois de Kislev ? Le verset énonce : « Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, la pluie précoce et la pluie tardive » (Devarim 11, 14) — de même que la pluie tardive tombe en son temps, de même la pluie précoce tombe en son temps. Et, comme on l'a dit, une fois Nissan achevé, si les pluies tombent ensuite, ce n'est pas un signe de bénédiction, mais de malédiction. De même, Mar’hechvan est le meilleur temps pour que tombent les premières pluies.
תָּנוּ רַבָּנַן: יוֹרֶה בִּמְרַחְשְׁוָן, וּמַלְקוֹשׁ בְּנִיסָן. אַתָּה אוֹמֵר יוֹרֶה בִּמְרַחְשְׁוָן, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּחֹדֶשׁ כִּסְלֵיו? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּעִתּוֹ יוֹרֶה וּמַלְקוֹשׁ״, מָה מַלְקוֹשׁ בְּעִתּוֹ — אַף יוֹרֶה בְּעִתּוֹ, כֵּיוָן שֶׁיָּצָא נִיסָן וְיָרְדוּ גְּשָׁמִים אֵינוֹ סִימַן בְּרָכָה.
Il est enseigné dans une autre baraïta : la pluie précoce est à Mar’hechvan et la pluie tardive à Nissan — paroles de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : le temps de la pluie précoce est à Kislev.
תַּנְיָא אִידַּךְ: יוֹרֶה בִּמְרַחְשְׁוָן וּמַלְקוֹשׁ בְּנִיסָן, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יוֹרֶה בְּכִסְלֵיו.
La Guemara demande : qui sont les Sages cités ici ? Rav 'Hisda dit : c'est l'opinion de Rabbi Yossef, comme il est enseigné dans une baraïta : quand est la première pluie (révia richona) ? Chaque opinion citée fournit une fourchette de dates. La date la plus précoce où la première pluie peut survenir est le trois de Mar’hechvan, la date intermédiaire le sept du mois, et la plus tardive le dix-sept — paroles de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : la plus précoce est le sept de Mar’hechvan, l'intermédiaire le dix-sept, et la plus tardive le vingt-trois.
מַאן חֲכָמִים? אָמַר רַב חִסְדָּא: רַבִּי יוֹסֵי הִיא, דְּתַנְיָא: אֵיזוֹ הִיא רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה? הַבְּכִירָה — בִּשְׁלֹשָׁה בִּמְרַחְשְׁוָן, בֵּינוֹנִית — בְּשִׁבְעָה בּוֹ, אֲפִילָה — בְּשִׁבְעָה עָשָׂר בּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה, וּבְשִׁבְעָה עָשָׂר, וּבְעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה.
Rabbi Yossef dit : le temps le plus précoce de la première pluie est le dix-sept de Mar’hechvan, la date intermédiaire le vingt-trois, et la plus tardive la néoménie de Kislev (Roch 'Hodech Kislev). Et de même Rabbi Yossef disait : les individus pieux — qui commencent à jeûner pour la pluie plus tôt que le reste de la communauté — ne commencent pas à jeûner pour cause de sécheresse avant qu'arrive la néoménie de Kislev. Jusqu'à cette date, on ne tient pas qu'il y a sécheresse, car la première pluie pourrait encore tomber en son temps voulu.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה עָשָׂר, וּבְעֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה, וּבְרֹאשׁ חֹדֶשׁ כִּסְלֵיו. וְכֵן הָיָה רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין הַיְּחִידִים מִתְעַנִּין עַד שֶׁיַּגִּיעַ רֹאשׁ חֹדֶשׁ כִּסְלֵיו.
Rav 'Hisda dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yossef. Améimar enseignait cette décision de Rav 'Hisda dans cette langue-ci : le trois de Mar’hechvan on commence à demander la pluie ; Rabban Gamliel dit : le sept. Au sujet de cet énoncé, Rav 'Hisda dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabban Gamliel.
אָמַר רַב חִסְדָּא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי. אַמֵּימָר מַתְנֵי לְהָא דְּרַב חִסְדָּא בְּהָא לִישָּׁנָא: בִּשְׁלֹשָׁה בִּמְרַחְשְׁוָן שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה בּוֹ, אָמַר רַב חִסְדָּא: הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל.
La Guemara demande : selon quelle opinion va ce qui est enseigné dans une baraïta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet de pluies qui tombèrent sept jours consécutifs, tu les comptes pour deux pluies distinctes — soit comme première et deuxième pluies ensemble, soit comme deuxième et troisième ensemble. Selon quelle opinion ? Selon l'opinion de Rabbi Yossef, lui seul fixant un intervalle de sept jours entre chacune des pluies. Rav 'Hisda dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yossef.
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ שִׁבְעָה יָמִים זֶה אַחַר זֶה אַתָּה מוֹנֶה בָּהֶן רְבִיעָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּשְׁלִישִׁית, כְּמַאן — כְּרַבִּי יוֹסֵי. אָמַר רַב חִסְדָּא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.
Taanit 6a
100%
תענית ו׳ אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית