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Traité Taanit

4b

Étude de Taanit 4b

Étude de la Guémara 4b

Guémara
…que notre Michna est conforme à l'opinion de Rabbi Yehochoua, qui a dit qu'on mentionne la pluie à partir du moment où l'on pose le loulav, c'est-à-dire à Chemini Atséret — et non conforme à l'opinion de Rabbi Eliézer. Rava dit : même si tu dis que la décision de la Michna est conforme à l'opinion de Rabbi Eliézer, on peut l'expliquer en distinguant les termes : demander (chééla) est une notion distincte, et mentionner (hazkara) en est une autre, même selon l'opinion de Rabbi Eliézer.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא, דְּאָמַר מִשְּׁעַת הַנָּחָתוֹ?! אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר — שְׁאֵלָה לְחוּד, וְהַזְכָּרָה לְחוּד.
§ La Michna a énoncé que Rabbi Yehouda dit : au sujet de celui qui passe devant l'arche comme officiant le dernier jour de fête de Souccot, Chemini Atséret — l'officiant de la prière supplémentaire mentionne la pluie, tandis que celui de la prière du matin ne la mentionne pas. C'est l'inverse à la fin de la période de mention de la pluie : l'officiant de la prière du matin mentionne la pluie, tandis que celui de la prière supplémentaire ne la mentionne pas.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה כּוּ׳.
Et la Guemara soulève une contradiction à partir d'une baraïta (5a) : jusqu'à quand demande-t-on la pluie ? Rabbi Yehouda dit : jusqu'à ce que Pessa'h soit passé. Rabbi Meïr dit : jusqu'à ce que le mois de Nissan soit passé. Selon la baraïta, Rabbi Yehouda tient qu'on prie pour la pluie jusqu'à la fin de Pessa'h, tandis que la Michna énonce que, pour Rabbi Yehouda, on ne prie pour la pluie que jusqu'au début de la fête.
וּרְמִינְהוּ: עַד מָתַי שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיַּעֲבוֹר הַפֶּסַח, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: עַד שֶׁיַּעֲבוֹר נִיסָן.
Rav 'Hisda dit : ce n'est pas difficile. La baraïta ici parle de la demande de pluie, qui se poursuit jusqu'à la fin de Pessa'h, tandis que la Michna là-bas statue qu'on ne mentionne la pluie que jusqu'au premier jour de fête. Autrement dit, Rabbi Yehouda tient qu'on continue de demander la pluie jusqu'à la fin de Pessa'h, mais que, pour ce qui est de la mention de la pluie, on cesse déjà de la faire dès le premier jour de la fête.
אָמַר רַב חִסְדָּא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן לִשְׁאוֹל, כָּאן לְהַזְכִּיר. מִישְׁאָל — שָׁאֵיל וְאָזֵיל, לְהַזְכִּיר — בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן פָּסֵיק.
La Guemara soulève une difficulté contre cette réponse. Oulla dit : ce qu'a dit Rav 'Hisda est aussi difficile à admettre que « le vinaigre pour les dents et la fumée pour les yeux » (Michlé 10, 26). Il développe : si, alors qu'on ne demande pas encore la pluie — au début de la saison des pluies —, on la mentionne pourtant ; alors, dans un cas où l'on demande la pluie, c'est-à-dire durant Pessa'h, selon cette explication, n'est-il pas juste qu'on doive aussi la mentionner ?
אָמַר עוּלָּא: הָא דְּרַב חִסְדָּא קַשְׁיָא כַּחֹמֶץ לַשִּׁנַּיִם וְכֶעָשָׁן לָעֵינָיִם. וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁאֵינוֹ שׁוֹאֵל — מַזְכִּיר, בִּמְקוֹם שֶׁשּׁוֹאֵל, אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּהֵא מַזְכִּיר?
Plutôt, Oulla proposa une autre résolution : en réalité, deux tannaïm ont exprimé des décisions différentes au nom de Rabbi Yehouda. Selon l'un des tannaïm, Rabbi Yehouda tient qu'on mentionne et qu'on demande la pluie durant Pessa'h ; tandis que, selon l'autre tanna, Rabbi Yehouda tient qu'on ne mentionne ni ne demande la pluie après la prière du matin du premier jour de Pessa'h.
אֶלָּא אָמַר עוּלָּא: תְּרֵי תַנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara cite une résolution supplémentaire de la contradiction apparente. Rav Yossef dit : que signifie l'expression « jusqu'à ce que Pessa'h soit passé [ya'avor] » ? Elle signifie : jusqu'à ce que le premier officiant qui descend pour prier soit passé devant l'arche pour la prière du matin du premier jour de fête de Pessa'h. Selon cette explication, la Michna et la baraïta fixent la même période pour la fin de la mention et de la demande de la pluie.
רַב יוֹסֵף אָמַר: מַאי ״עַד שֶׁיַּעֲבוֹר הַפֶּסַח״ — עַד שֶׁיַּעֲבוֹר שְׁלִיחַ צִבּוּר רִאשׁוֹן הַיּוֹרֵד בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח.
Abayé dit à Rav Yossef : y a-t-il une demande de pluie un jour de fête ? La demande de pluie est insérée dans la neuvième bénédiction de l'Amida, la bénédiction des années, qui n'est pas récitée le Chabbat ni les jours de fête. Si le mot « Pessa'h » dans la baraïta désigne toute la fête, cela inclut les jours intermédiaires (’hol hamoéd), durant lesquels la neuvième bénédiction est récitée. Mais selon ton interprétation, la baraïta ne vise que le premier jour de fête — et pourtant la demande de pluie n'est pas récitée ce jour-là !
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: שְׁאֵלָה בְּיוֹם טוֹב מִי אִיכָּא?
La Guemara cite la réponse : Rav Yossef dit à Abayé : oui, la baraïta parle du premier jour de Pessa'h ; mais elle ne vise pas la demande de pluie récitée dans l'Amida. Plutôt, le diffuseur-traducteur (métourguemane) de la section de la Torah récitait une demande de pluie après les prières de la fête. La Guemara demande : mais un métourguemane demanderait-il une chose dont la communauté n'a pas besoin ? Puisqu'on n'a pas besoin de pluie à Pessa'h, pourquoi le métourguemane en réciterait-il la demande ? Plutôt, il est clair, comme l'a expliqué Oulla, qu'il y a deux versions tannaïtiques de l'opinion de Rabbi Yehouda.
אֲמַר לֵיהּ: אִין שׁוֹאֵל מְתוּרְגְּמָן. וְכִי מְתוּרְגְּמָן שׁוֹאֵל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ לַצִּבּוּר? אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא, כִּדְעוּלָּא.
Rabba donna une autre explication : que signifie « jusqu'à ce que Pessa'h soit passé » ? Cela signifie : jusqu'à ce que soit passé le temps de l'abattage de l'agneau pascal — l'après-midi du quatorze Nissan —, c'est-à-dire jusqu'au début de Pessa'h. Et, selon cette opinion, la pratique au commencement du temps de la prière pour la pluie est comme celle de la fin : de même qu'au commencement on mentionne la pluie bien qu'on ne la demande pas, de même à la fin — le premier jour de Pessa'h — on mentionne la pluie bien qu'on ne la demande pas. La demande de pluie cesse la veille de Pessa'h, tandis que la mention se poursuit jusqu'à la prière du matin du lendemain.
רַבָּה אָמַר: מַאי ״עַד שֶׁיַּעֲבוֹר הַפֶּסַח״ — עַד שֶׁיַּעֲבוֹר זְמַן שְׁחִיטַת הַפֶּסַח. וְכִתְחִילָּתוֹ כֵּן סוֹפוֹ: מָה תְּחִילָּתוֹ — מַזְכִּיר אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ שׁוֹאֵל, אַף סוֹפוֹ — מַזְכִּיר אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ שׁוֹאֵל.
Abayé dit à Rabba : soit, au commencement on mentionne la pluie avant de la demander, car la mention de la pluie est aussi un apaisement envers Dieu en vue de la demande à venir. Mais à la fin de la saison, quel apaisement en vue d'une demande y aurait-il, qui rendrait nécessaire de mentionner la pluie après qu'on a cessé de la demander ? La Guemara conclut de nouveau : plutôt, il est clair que c'est comme l'a expliqué Oulla.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא תְּחִילָּתוֹ מַזְכִּיר — הַזְכָּרָה נָמֵי רִיצּוּי שְׁאֵלָה הִיא, אֶלָּא סוֹפוֹ, מַאי רִיצּוּי שְׁאֵלָה אִיכָּא? אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְעוּלָּא.
Rabbi Assi dit au nom de Rabbi Yo'hanan : la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Zéra dit à Rabbi Assi : et Rabbi Yo'hanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais n'avons-nous pas appris dans une Michna (6a) : le trois de Mar’hechvan on commence à demander la pluie ; Rabban Gamliel dit : le sept de ce mois. Et au sujet de cette Michna, Rabbi Eléazar — l'élève prééminent de Rabbi Yo'hanan — a dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabban Gamliel !
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַבִּי אַסִּי: וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָתְנַן: בִּשְׁלֹשָׁה בְּמַרְחֶשְׁווֹן שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה בּוֹ. וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל!
Taanit 4b
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תענית ד׳ במַסֶּכֶת תַּעֲנִית