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Traité Taanit

3a

Étude de Taanit 3a

Étude de la Guémara 3a

Guémara
La Guemara objecte : si Rabbi Akiva tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda ben Betéra au sujet de cette déduction, qu'il dise donc, comme lui, que l'on commence à mentionner la pluie dès le deuxième jour de Souccot, et non le sixième jour ! La Guemara répond : Rabbi Akiva tient que, lorsque cette allusion surnuméraire à une libation est écrite dans le verset, c'est au sujet du sixième jour qu'elle est écrite. Autrement dit, c'est l'expression au pluriel « ses libations [ounsakhéha] » (Bamidbar 29, 31), qui figure au sixième jour, qui indique directement qu'on doit accomplir plus d'une libation ; tandis que les deux autres lettres surnuméraires servent seulement à enseigner que cette seconde libation doit être d'eau, et non de vin. C'est pourquoi la libation supplémentaire s'accomplit le sixième jour.
אִי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה — נֵימָא כְּווֹתֵיהּ! קָסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא: כִּי כְּתִיב נִיסּוּךְ יַתִּירָא — בְּשִׁשִּׁי הוּא דִּכְתִיב.
§ Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Natan dit : « Dans le Sanctuaire tu répandras une libation [hassékh nésekh] de boisson forte à l'Éternel » (Bamidbar 28, 7). La Torah énonce le terme de libation à deux reprises, ce qui indique que le verset parle de deux libations : l'une est la libation d'eau et l'autre la libation de vin. La Guemara demande : pourquoi ne pas dire que les deux libations sont de vin ? La Guemara répond : s'il en était ainsi, que le verset écrive soit hassékh hésekh, soit nassékh nésekh, avec le même préfixe chaque fois. Que vient nous apprendre la formulation variée « hassékh nésekh » ? Apprends-en que l'une des libations est d'eau et l'autre de vin.
תַּנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: ״בַּקֹּדֶשׁ הַסֵּךְ נֶסֶךְ שֵׁכָר לַה׳״, בִּשְׁנֵי נִיסּוּכִין הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אֶחָד נִיסּוּךְ הַמַּיִם וְאֶחָד נִיסּוּךְ הַיַּיִן. אֵימָא תַּרְוַיְיהוּ דְּחַמְרָא! אִם כֵּן, לִכְתּוֹב קְרָא אוֹ ״הַסֵּךְ הֶסֶךְ״, אוֹ ״נַסֵּךְ נֶסֶךְ״, מַאי ״הַסֵּךְ נֶסֶךְ״ — שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ: חַד דְּמַיָּא וְחַד דְּחַמְרָא.
La Guemara demande : mais alors, ce que nous avons appris dans une Michna (Soucca 42b) : « la libation d'eau se fait pendant les sept jours de Souccot » — de qui est cette Michna ? Si tu dis qu'elle est de Rabbi Yehochoua, on devrait dire qu'on ne l'accomplit qu'un seul jour, le huitième jour de clôture (Chemini Atséret). Si elle est de Rabbi Akiva, la Michna devrait énoncer deux jours, les sixième et septième jours de fête. Si elle est de Rabbi Yehouda ben Betéra, la Michna devrait dire que la libation d'eau se fait six jours, à partir du deuxième jour de Souccot.
אֶלָּא, הָא דִּתְנַן: נִיסּוּךְ הַמַּיִם כׇּל שִׁבְעָה, מַנִּי? אִי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — נֵימָא חַד יוֹמָא, אִי רַבִּי עֲקִיבָא — תְּרֵי יוֹמֵי, אִי רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה — שִׁיתָּא יוֹמֵי!
La Guemara répond : en réalité, la décision de la Michna est celle de Rabbi Yehouda ben Betéra, et il tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda, telle qu'énoncée dans une Michna. Comme nous avons appris (Soucca 48b) que Rabbi Yehouda dit : il versait avec un récipient contenant un log d'eau pendant les huit jours de Souccot — ce qui inclut le huitième jour de clôture. Et Rabbi Yehouda ben Betéra retranche de cette obligation le premier jour et y inclut le huitième, ce qui aboutit à sept jours de libations d'eau.
לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה הִיא, וּסְבִירָא לֵיהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּמַתְנִיתִין. דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּלּוֹג הָיָה מְנַסֵּךְ כׇּל שְׁמוֹנָה. וּמַפֵּיק רִאשׁוֹן וּמְעַיֵּיל שְׁמִינִי.
La Guemara demande : et qu'y a-t-il de différent au sujet du premier jour, pour que la libation d'eau ne s'y fasse pas, selon l'opinion de Rabbi Yehouda ben Betéra ? La raison est-elle que, lorsque la Torah fait allusion à l'eau, c'est au deuxième jour qu'elle y fait allusion ? Si tel est le raisonnement, on ne devrait pas non plus apporter la libation le huitième jour, car lorsque la Torah fait allusion à l'eau pour la dernière fois, c'est au septième jour qu'elle y fait allusion !
וּמַאי שְׁנָא רִאשׁוֹן דְּלָא, דְּכִי רְמִיזִי מַיִם — בְּשֵׁנִי הוּא דִּרְמִיזִי; שְׁמִינִי נָמֵי, כִּי רְמִיזִי מַיִם — בִּשְׁבִיעִי הוּא דִּרְמִיזִי!
La Guemara se rétracte alors de l'explication précédente au profit de l'affirmation que cette Michna est conforme à l'opinion de Rabbi Yehochoua. Et Rabbi Yehochoua soutient que la règle selon laquelle la libation d'eau se fait pendant les sept jours de Souccot est une halakha transmise à Moïse au Sinaï (halakha léMoché miSinaï), apprise par tradition. Autrement dit, cette obligation ne se fonde pas sur une source scripturaire.
אֶלָּא: רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא, וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם כׇּל שִׁבְעָה — הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ,
Comme l'a dit Rabbi Ami au nom de Rabbi Yo'hanan, au nom de Rabbi Ne'hounya de la vallée de Beit 'Hortan : la halakha des dix plants (si dix jeunes arbres réclamant de l'eau sont plantés sur une surface d'un beit séa — 2 500 coudées carrées —, il est permis de labourer tout le champ durant l'été qui précède l'année sabbatique, bien qu'il soit interdit de labourer les autres champs dès la fête de Chavouot précédente) ; l'usage de tourner autour de l'autel avec une branche de saule et d'en parer l'autel à Souccot, puis de la prendre le dernier jour de la fête ; et l'obligation de la libation d'eau — chacune de ces trois pratiques est une halakha transmise à Moïse au Sinaï.
דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי נְחוּנְיָא אִישׁ בִּקְעַת בֵּית חוֹרְתָן: עֶשֶׂר נְטִיעוֹת, עֲרָבָה, וְנִיסּוּךְ הַמַּיִם — הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
Il est énoncé dans la même baraïta citée plus haut que Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Yehochoua : au sujet de celui qui passe devant l'arche comme officiant le dernier jour de fête de Souccot, Chemini Atséret — le dernier officiant, qui dirige la prière supplémentaire, mentionne la pluie, tandis que le premier officiant, pour la prière du matin, ne la mentionne pas. À l'inverse, le premier jour de fête de Pessa'h, le premier officiant mentionne la pluie, tandis que le dernier officiant ne la mentionne pas.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה בְּיוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג — הָאַחֲרוֹן מַזְכִּיר, הָרִאשׁוֹן אֵינוֹ מַזְכִּיר. בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח — הָרִאשׁוֹן מַזְכִּיר, הָאַחֲרוֹן אֵינוֹ מַזְכִּיר.
La Guemara demande : à quel énoncé de Rabbi Yehochoua Rabbi Yehouda se réfère-t-il ? Si l'on dit qu'il se réfère à l'énoncé de Rabbi Yehochoua cité dans la Michna, ce ne peut être le cas, car Rabbi Yehochoua a dit dans notre Michna qu'on commence à mentionner la pluie le dernier jour de fête de Souccot, Chemini Atséret — ce qui indique qu'on commence dès le début du jour, c'est-à-dire à la prière du soir.
הֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ? אִילֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דְּמַתְנִיתִין, הָא אָמַר: בְּיוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג הוּא מַזְכִּיר.
Tu diras plutôt que Rabbi Yehouda se réfère à l'opinion de Rabbi Yehochoua citée dans la baraïta. Mais cela non plus n'est pas tenable : Rabbi Yehochoua n'a-t-il pas dit là qu'on commence à mentionner la pluie à partir du moment où l'on pose le loulav, c'est-à-dire à la fin du septième jour de Souccot ? Cet énoncé indique lui aussi qu'on commence à mentionner la pluie dès la prière du soir de Chemini Atséret.
אֶלָּא: רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דְּבָרַיְיתָא, הָאָמַר: מִשְּׁעַת הַנָּחָתוֹ.
La Guemara pose une autre question : en outre, ce qui est enseigné dans une baraïta — Rabbi Yehouda dit au nom de ben Betéra : au sujet de celui qui passe devant l'arche le dernier jour de fête de Souccot, Chemini Atséret, le dernier officiant mentionne la pluie — à laquelle des halakhot de ben Betéra Rabbi Yehouda se réfère-t-il ici ? Si l'on dit qu'il se réfère à la décision de Rabbi Yehouda ben Betéra, ce ne peut être le cas, car celui-ci a dit qu'on commence à mentionner la pluie dès le deuxième jour de Souccot !
וְתוּ, הָא דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם בֶּן בְּתִירָה: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה בְּיוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג — הָאַחֲרוֹן מַזְכִּיר, הֵי בֶּן בְּתִירָה? אִילֵימָא רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה — הָא אָמַר: בַּשֵּׁנִי בֶּחָג הוּא מַזְכִּיר!
Rav Na'hman bar Yits'hak dit : que le ben Betéra mentionné par Rabbi Yehouda dans la baraïta soit compris comme une référence à Rabbi Yehochoua ben Betéra — et cela résoudra toutes les difficultés précédentes. Parfois Rabbi Yehouda l'appelle par son propre nom, Rabbi Yehochoua (bien que ce nom désigne en général Rabbi Yehochoua ben 'Hanania) ; et parfois il l'appelle par le nom de son père, par exemple dans la seconde baraïta, où la décision est attribuée à « ben Betéra ». Et la Guemara explique la raison de ces noms différents : cette baraïta-ci, où il est appelé par le nom de son père, fut rédigée avant qu'il fût ordonné, et cette baraïta-là, où il est appelé simplement Rabbi Yehochoua, date d'après son ordination.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: תְּהֵא בְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן בְּתִירָה, זִמְנִין דְּקָרֵי לֵיהּ בִּשְׁמֵיהּ, וְזִימְנִין דְּקָרֵי לֵיהּ בִּשְׁמֵיהּ דְּאַבָּא. וְהָא מִקַּמֵּי דְּלִיסְמְכוּהוּ, וְהָא לְבָתַר דְּלִיסְמְכוּהוּ.
Taanit 3a
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תענית ג׳ אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית