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Traité Taanit

30b

Étude de Taanit 30b

Étude de la Guémara 30b

Guémara
…entre le four et le fourneau — ce qui était tenu pour l'endroit le moins honorable de la maison. Et il mangeait son pain, buvait avec lui un cruchon [kiton] d'eau, et, ce faisant, ressemblait à celui dont le défunt repose, non enseveli, devant lui.
בֵּין תַּנּוּר לְכִירַיִים וְאוֹכֵל, וְשׁוֹתֶה עָלֶיהָ קִיתוֹן שֶׁל מַיִם, וְדוֹמֶה כְּמִי שֶׁמֵּתוֹ מוּטָּל לְפָנָיו.
§ Nous avons appris là-bas, dans une MISHNA : en un lieu où l'on est accoutumé à faire un travail le Neuf Av, on en fait ; en un lieu où l'on est accoutumé à ne pas en faire, on n'en fait pas. Et en tout lieu, les érudits de la Torah sont oisifs et ne font pas de travail le Neuf Av. Rabban Chimon ben Gamliel dit : au sujet du Neuf Av, une personne devrait toujours se conduire comme un érudit de la Torah et s'abstenir de travailler. Cela est aussi enseigné dans une baraïta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : une personne devrait toujours se conduire comme un érudit de la Torah, afin de ressentir la rigueur du jeûne.
תְּנַן הָתָם: מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בְּתִשְׁעָה בְּאָב — עוֹשִׂין, מָקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת — אֵין עוֹשִׂין. וּבְכׇל מָקוֹם, תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּטֵלִים. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לְעוֹלָם יַעֲשֶׂה כָּל אָדָם עַצְמוֹ כְּתַלְמִיד חָכָם. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לְעוֹלָם יַעֲשֶׂה אָדָם עַצְמוֹ כְּתַלְמִיד חָכָם, כְּדֵי שֶׁיִּתְעַנֶּה.
Il est enseigné dans une autre baraïta que Rabban Chimon ben Gamliel dit : quiconque mange et boit le Neuf Av — bien que l'interdiction ait été instituée par les Prophètes — c'est comme s'il mangeait et buvait à Yom Kippour. Rabbi Akiva dit : quiconque travaille le Neuf Av ne voit jamais de signe de bénédiction de ce travail.
תַּנְיָא אִידַּךְ, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה בְּתִשְׁעָה בְּאָב — כְּאִילּוּ אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: כׇּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּתִשְׁעָה בְּאָב — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם.
Et les Sages disent : quiconque travaille le Neuf Av et ne porte pas le deuil de Jérusalem ne verra pas sa joie future, comme il est dit : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à son sujet, vous tous qui l'aimez ; tressaillez de joie avec elle, vous tous qui portez son deuil » (Yéchayahou 66, 10). De là on a dit : quiconque porte le deuil de Jérusalem méritera de voir sa joie future, et quiconque ne porte pas son deuil ne verra pas sa joie future. Cela est aussi enseigné dans une baraïta : quiconque mange de la viande ou boit du vin lors du repas qui précède le Neuf Av, à son sujet le verset dit : « et leurs iniquités sont sur leurs ossements, car la terreur des puissants régnait sur la terre des vivants » (Yé'hezkel 32, 27).
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כׇּל הָעוֹשֶׂה מְלָאכָה בְּתִשְׁעָה בְּאָב וְאֵינוֹ מִתְאַבֵּל עַל יְרוּשָׁלַיִם — אֵינוֹ רוֹאֶה בְּשִׂמְחָתָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂמְחוּ אֶת יְרוּשָׁלִַים וְגִילוּ בָהּ כׇּל אֹהֲבֶיהָ שִׂישׂוּ אִתָּהּ מָשׂוֹשׂ כׇּל הַמִּתְאַבְּלִים עָלֶיהָ״, מִכָּאן אָמְרוּ: כׇּל הַמִּתְאַבֵּל עַל יְרוּשָׁלַיִם — זוֹכֶה וְרוֹאֶה בְּשִׂמְחָתָהּ, וְשֶׁאֵינוֹ מִתְאַבֵּל עַל יְרוּשָׁלַיִם — אֵינוֹ רוֹאֶה בְּשִׂמְחָתָהּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: כׇּל הָאוֹכֵל בָּשָׂר וְשׁוֹתֶה יַיִן בְּתִשְׁעָה בְּאָב — עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וַתְּהִי עֲוֹנוֹתָם עַל עַצְמוֹתָם״.
§ La Michna a enseigné : Rabbi Yehouda oblige à renverser le lit, mais les Sages ne furent pas d'accord avec lui. Il est enseigné dans une baraïta que les Sages dirent à Rabbi Yehouda : selon ton énoncé, les femmes enceintes et celles qui allaitent, qui ne peuvent dormir à même le sol, qu'en sera-t-il d'elles ? Rabbi Yehouda leur dit : moi aussi, je n'ai parlé qu'au sujet de celles qui le peuvent.
רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב בִּכְפִיַּית הַמִּטָּה, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים. תַּנְיָא, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי יְהוּדָה: לִדְבָרֶיךָ, עוּבָּרוֹת וּמְנִיקוֹת מָה תְּהֵא עֲלֵיהֶן? אָמַר לָהֶם: אַף אֲנִי לֹא אָמַרְתִּי אֶלָּא בְּיָכוֹל.
Cela est aussi enseigné dans une autre baraïta : Rabbi Yehouda concède aux Sages au sujet de celui qui ne peut dormir à même le sol, et les Sages concèdent à Rabbi Yehouda au sujet de celui qui le peut. La Guemara demande : si tel est le cas, quelle est la différence pratique entre eux ? La Guemara explique : la différence pratique entre eux concerne les autres lits.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה לַחֲכָמִים בְּשֶׁאֵינוֹ יָכוֹל, וּמוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי יְהוּדָה בְּיָכוֹל. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ שְׁאָר מִטּוֹת.
Comme il est enseigné dans une baraïta : lorsque les Sages dirent qu'un endeuillé est tenu de renverser son lit, ils voulaient dire qu'il renverse non seulement son propre lit, mais qu'il doit renverser tous les lits de la maison. Rabbi Yehouda soutient qu'on doit de même renverser tous les lits de sa maison le Neuf Av. Rava dit : la halakha est conforme à l'opinion du tanna de notre Michna, et les Sages ne concédèrent rien du tout à Rabbi Yehouda, même au sujet de celui qui le peut. Il n'y a donc pas d'obligation de renverser son lit le Neuf Av.
כִּדְתַנְיָא: כְּשֶׁאָמְרוּ לִכְפּוֹת הַמִּטָּה, לֹא מִטָּתוֹ בִּלְבַד הוּא כּוֹפֶה, אֶלָּא כׇּל הַמִּטּוֹת כּוּלָּן הוּא כּוֹפֶה. אָמַר רָבָא: הִלְכְתָא כְּתַנָּא דִּידַן, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים כׇּל עִיקָּר.
§ La Michna a enseigné que Rabban Chimon ben Gamliel dit : il n'y eut pas pour Israël de jours aussi joyeux que le quinze d'Av et que Yom Kippour. La Guemara demande : soit, Yom Kippour est un jour de joie parce qu'il comporte les éléments du pardon et de l'absolution, et de plus, c'est le jour où furent données les dernières Tables.
אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לֹא הָיוּ יָמִים טוֹבִים לְיִשְׂרָאֵל כַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאָב וּכְיוֹם הַכִּפּוּרִים. בִּשְׁלָמָא יוֹם הַכִּפּוּרִים — מִשּׁוּם דְּאִית בֵּיהּ סְלִיחָה וּמְחִילָה, יוֹם שֶׁנִּיתְּנוּ בּוֹ לוּחוֹת הָאַחֲרוֹנוֹת.
Mais le quinze d'Av, quelle est sa joie particulière ? Rav Yehouda dit que Chmouel dit : ce fut le jour où il fut permis aux membres des différentes tribus d'entrer l'un dans l'autre, par les mariages mixtes. Il était initialement interdit de se marier entre tribus, afin de garder chaque parcelle de terre dans la part de la tribu qui en avait hérité à l'origine. Cette halakha fut instituée par la Torah à la suite d'une plainte des proches des filles de Tselof'had, qui craignaient que, si ces femmes épousaient des hommes d'autres tribus, l'héritage de Tselof'had ne fût perdu pour sa tribu (cf. Bamidbar 36, 1-12).
אֶלָּא חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאָב מַאי הִיא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: יוֹם שֶׁהוּתְּרוּ שְׁבָטִים לָבוֹא זֶה בָּזֶה.
Qu'expliquèrent-ils, à l'appui de leur conclusion que cette halakha n'était plus en vigueur ? Le verset dit : « Voici la chose que l'Éternel a commandée au sujet des filles de Tselof'had, en disant : Qu'elles se marient à qui bon leur semblera, mais qu'elles se marient seulement dans la famille de la tribu de leur père » (Bamidbar 36, 6). Ils déduisirent du verset que cette chose ne serait pratiquée qu'en cette génération-là (quand Erets Israël fut partagée entre les tribus) ; mais qu'ensuite, il fut permis aux membres de différentes tribus de se marier. Le jour où cette barrière séparant les tribus fut levée, les Sages établirent un jour permanent de réjouissance.
מַאי דְּרוּשׁ? ״זֶה הַדָּבָר אֲשֶׁר צִוָּה ה׳ לִבְנוֹת צְלׇפְחָד וְגוֹ׳״ — דָּבָר זֶה לֹא יְהֵא נוֹהֵג אֶלָּא בְּדוֹר זֶה.
Rav Yossef dit que Rav Na'hman dit : le quinze d'Av fut le jour où il fut permis à la tribu de Binyamin d'entrer dans l'assemblée du peuple juif. Après le tragique épisode de Guivea, dont la tribu de Binyamin fut tenue pour responsable, les autres tribus la mirent au ban ; elles firent serment de s'interdire d'épouser un membre de la tribu de Binyamin, comme il est dit : « Et les hommes d'Israël avaient juré à Mitspa, disant : Nul d'entre nous ne donnera sa fille pour femme à Binyamin » (Choftim 21, 1). La Guemara demande : qu'expliquèrent-ils qui leur permît de dissoudre ce serment ? Rav dit : ils comprirent le verset à la lettre — il dit « nul d'entre nous », et non « nul de nos enfants » : le serment ne valait que pour la génération qui l'avait prononcé, non pour ses descendants.
אָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב נַחְמָן: יוֹם שֶׁהוּתַּר שֵׁבֶט בִּנְיָמִין לָבוֹא בַּקָּהָל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִישׁ יִשְׂרָאֵל נִשְׁבַּע בַּמִּצְפָּה לֵאמֹר אִישׁ מִמֶּנּוּ לֹא יִתֵּן בִּתּוֹ לְבִנְיָמִן לְאִשָּׁה״. מַאי דְּרוּשׁ? אָמַר רַב: ״מִמֶּנּוּ״, וְלֹא מִבָּנֵינוּ.
Rabba bar bar 'Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit : le quinze d'Av fut le jour où cessèrent les morts (de la génération) du désert. Toute la génération sortie d'Égypte avait disparu, car le Maître a dit : après la faute des explorateurs — à cause de laquelle les Juifs de cette génération furent condamnés à mourir au désert —, tant que les morts du désert n'avaient pas cessé, la parole de Dieu ne venait pas à Moïse, comme il est dit : « Et il advint, quand tous les hommes de guerre eurent été consumés et furent morts du milieu du peuple, que l'Éternel me parla, en disant » (Devarim 2, 16-17). Cela indique que c'est seulement alors, après la mort du dernier membre de cette génération, que la parole de Dieu me fut adressée — à moi, Moïse —, et non auparavant. Lorsque les Juifs comprirent que le décret (selon lequel Dieu ne parlerait pas à Moïse) avait été levé, ils établirent ce jour comme un jour permanent de réjouissance.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יוֹם שֶׁכָּלוּ בּוֹ מֵתֵי מִדְבָּר. דְּאָמַר מָר: עַד שֶׁלֹּא כָּלוּ מֵתֵי מִדְבָּר לֹא הָיָה דִּבּוּר עִם מֹשֶׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר תַּמּוּ כׇּל אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה לָמוּת. וַיְדַבֵּר ה׳ אֵלַי״. אֵלַי הָיָה הַדִּבּוּר.
Taanit 30b
100%
תענית ל׳ במַסֶּכֶת תַּעֲנִית