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Traité Taanit

29a

Étude de Taanit 29a

Étude de la Guémara 29a

Guémara
« Tu veux détruire le Temple — je t'ai prêté ma main. » C'est comme si une idole disait à l'autre : tu cherches à détruire le Temple, en amenant Israël à te prier ; moi aussi, je te prête main-forte pour t'y aider.
אַנְתְּ צְבֵית לְ[אַ]חְרוֹבֵי בֵּיתָא — יְדָךְ אַשְׁלֵימְתְּ לֵיהּ.
§ La Michna a enseigné : le Neuf Av, il fut décrété pour nos ancêtres qu'ils n'entreraient pas en Erets Israël. La Guemara demande : d'où le déduit-on ? Comme il est écrit : « Et il advint, au premier mois de la seconde année, le premier du mois, que le Tabernacle fut dressé » (Chemot 40, 17). Et le Maître a dit : la première année après la sortie d'Égypte, Moïse bâtit le Tabernacle ; au début de la seconde année, Moïse dressa le Tabernacle et envoya les explorateurs. Et il est écrit : « Et il advint, la seconde année, au second mois, le vingtième jour du mois, que la nuée s'éleva de dessus le Tabernacle du Témoignage » (Bamidbar 10, 11).
בְּתִשְׁעָה בְּאָב נִגְזַר עַל אֲבוֹתֵינוּ שֶׁלֹּא יִכָּנְסוּ לָאָרֶץ, מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וַיְהִי בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הוּקַם הַמִּשְׁכָּן״. וְאָמַר מָר: שָׁנָה רִאשׁוֹנָה עָשָׂה מֹשֶׁה אֶת הַמִּשְׁכָּן, שְׁנִיָּה הֵקִים מֹשֶׁה אֶת הַמִּשְׁכָּן, וְשָׁלַח מְרַגְּלִים. וּכְתִיב: ״וַיְהִי בַּשָּׁנָה הַשֵּׁנִית בַּחֹדֶשׁ הַשֵּׁנִי בְּעֶשְׂרִים בַּחֹדֶשׁ נַעֲלָה הֶעָנָן מֵעַל מִשְׁכָּן הָעֵדֻת״.
Et il est écrit en outre : « Et ils partirent de la montagne de l'Éternel, à trois journées de marche » (Bamidbar 10, 33). Rabbi 'Hama bar 'Hanina dit : ce jour-là même, ils se détournèrent de Dieu, en manifestant leur empressement à s'éloigner du mont Sinaï. Et il est écrit : « Et le ramassis qui était parmi eux fut saisi de convoitise, et les enfants d'Israël aussi se remirent à pleurer et dirent : Qui nous donnera de la viande à manger ? » (Bamidbar 11, 4). Et il est écrit qu'ils mangèrent de la viande « un mois entier » (Bamidbar 11, 20). Si l'on ajoute aux vingt premiers jours les trois journées de marche, cela fait vingt-trois jours ; par conséquent, le mois suivant de vingt-neuf jours, où ils mangèrent de la viande, s'acheva le vingt-deux de Sivan.
וּכְתִיב: ״וַיִּסְעוּ מֵהַר ה׳ דֶּרֶךְ שְׁלֹשֶׁת יָמִים״. אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם סָרוּ מֵאַחֲרֵי ה׳. וּכְתִיב: ״וְהָאסַפְסֻף אֲשֶׁר בְּקִרְבּוֹ הִתְאַוּוּ תַּאֲוָה וַיָּשֻׁבוּ וַיִּבְכּוּ גַּם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״עַד חֹדֶשׁ יָמִים וְגוֹ׳״ — דְּהָווּ לְהוּ עֶשְׂרִין וְתַרְתֵּין בְּסִיוָן,
Après cela, les Juifs voyagèrent vers 'Hatsérot, où Myriam fut frappée de lèpre, et il est écrit : « Et Myriam fut séquestrée hors du camp sept jours, et le peuple ne voyagea pas jusqu'à ce que Myriam fût ramenée » (Bamidbar 12, 15). En comptant ces sept jours, ils demeurèrent à 'Hatsérot jusqu'au vingt-neuf de Sivan, avant de voyager vers Paran ; et il est écrit immédiatement après : « Envoie-toi des hommes, qu'ils explorent le pays de Canaan » (Bamidbar 13, 2).
וּכְתִיב: ״וַתִּסָּגֵר מִרְיָם שִׁבְעַת יָמִים״ — דְּהָווּ לְהוּ עֶשְׂרִין וְתִשְׁעָה בְּסִיוָן, וּכְתִיב: ״שְׁלַח לְךָ אֲנָשִׁים״,
Et ce calcul est enseigné dans une baraïta : le vingt-neuf de Sivan, Moïse envoya les explorateurs. Et il est écrit : « Et ils revinrent d'explorer le pays au bout de quarante jours » (Bamidbar 13, 25) — ce qui signifie qu'ils revinrent le Neuf Av. La Guemara demande : cela fait quarante jours moins un. Les jours restants de Sivan, tout le mois de Tammouz, et huit jours d'Av font un total de trente-neuf jours, et non quarante !
וְתַנְיָא: בְּעֶשְׂרִים וְתִשְׁעָה בְּסִיוָן שָׁלַח מֹשֶׁה מְרַגְּלִים, וּכְתִיב: ״וַיָּשֻׁבוּ מִתּוּר הָאָרֶץ מִקֵּץ אַרְבָּעִים יוֹם״. הָנֵי אַרְבָּעִים יוֹם נְכֵי חַד הָווּ!
Abayé dit : le mois de Tammouz de cette année-là fut un mois plein (de trente jours). Par conséquent, il y a exactement quarante jours jusqu'au Neuf Av. Et cela est suggéré par le verset suivant, comme il est écrit : « Il a convoqué contre moi un temps fixé (moéd) pour briser mes jeunes gens » (Eikha 1, 15) — ce qui indique qu'un jour fixé supplémentaire (une néoménie) fut ajouté, afin que cette calamité tombât précisément le Neuf Av.
אָמַר אַבָּיֵי: תַּמּוּז דְּהַהִיא שַׁתָּא מַלּוֹיֵי מַלְּיוּהּ, דִּכְתִיב: ״קָרָא עָלַי מוֹעֵד לִשְׁבֹּר בַּחוּרָי״.
Et il est écrit en outre : « Et toute la communauté éleva la voix, et ils crièrent, et le peuple pleura cette nuit-là » (Bamidbar 14, 1). Rabba dit que Rabbi Yo'hanan dit : cette nuit-là était la nuit du Neuf Av. Le Saint, béni soit-Il, leur dit : vous avez pleuré sans raison cette nuit-là ; J'établirai donc pour vous une vraie tragédie, sur laquelle il y aura des pleurs pour les générations à venir.
וּכְתִיב: ״וַתִּשָּׂא כׇּל הָעֵדָה וַיִּתְּנוּ אֶת קוֹלָם וַיִּבְכּוּ הָעָם בַּלַּיְלָה הַהוּא״, אָמַר רַבָּה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹתוֹ לַיְלָה לֵיל תִּשְׁעָה בְּאָב הָיָה. אָמַר לָהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אַתֶּם בְּכִיתֶם בְּכִיָּה שֶׁל חִנָּם — וַאֲנִי קוֹבֵעַ לָכֶם בְּכִיָּה לְדוֹרוֹת.
§ La Michna a enseigné en outre que, le Neuf Av, le Temple fut détruit la première fois. La Guemara explique que c'est comme il est écrit : « Et au cinquième mois, le septième jour du mois — c'était la dix-neuvième année du roi Nabuchodonosor, roi de Babylone —, Nevouzaradan, chef des gardes, serviteur du roi de Babylone, vint à Jérusalem, et il brûla la maison de l'Éternel » (II Mélakhim 25, 8-9). Et il est aussi écrit : « Et au cinquième mois, le dixième jour du mois — c'était la dix-neuvième année du roi Nabuchodonosor, roi de Babylone —, Nevouzaradan, chef des gardes, qui servait le roi de Babylone, vint à Jérusalem, et il brûla la maison de l'Éternel » (Yirmeyahou 52, 12-13).
חָרַב הַבַּיִת בָּרִאשׁוֹנָה, דִּכְתִיב: ״וּבַחֹדֶשׁ הַחֲמִישִׁי בְּשִׁבְעָה לַחֹדֶשׁ הִיא שְׁנַת תְּשַׁע עֶשְׂרֵה שָׁנָה לַמֶּלֶךְ נְבֻכַדְנֶאצַּר מֶלֶךְ בָּבֶל בָּא נְבוּזַרְאֲדָן רַב טַבָּחִים עֶבֶד מֶלֶךְ בָּבֶל יְרוּשָׁלִָם וַיִּשְׂרֹף אֶת בֵּית ה׳ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וּבַחֹדֶשׁ הַחֲמִישִׁי בֶּעָשׂוֹר לַחֹדֶשׁ הִיא שְׁנַת תְּשַׁע עֶשְׂרֵה שָׁנָה לַמֶּלֶךְ נְבוּכַדְנֶאצַּר מֶלֶךְ בָּבֶל בָּא נְבוּזַרְאֲדָן רַב טַבָּחִים עָמַד לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּבֶל בִּירוּשָׁלִָם וְגוֹ׳״.
Et il est enseigné dans une baraïta : il est impossible de dire que le Temple fut brûlé le sept (d'Av), puisqu'il est déjà dit, dans Yirmeyahou, qu'il fut détruit le dix. Et il est de même impossible de dire qu'il fut brûlé le dix, puisqu'il est déjà dit qu'il fut détruit le sept (II Mélakhim). Comment cela ? Qu'arriva-t-il en fait ? Le sept d'Av, les non-Juifs entrèrent dans le Sanctuaire ; et le sept et le huit ils y mangèrent et le profanèrent, en s'y livrant à la débauche.
וְתַנְיָא: אִי אֶפְשָׁר לוֹמַר בְּשִׁבְעָה, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״בֶּעָשׂוֹר״. וְאִי אֶפְשָׁר לוֹמַר בֶּעָשׂוֹר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״בְּשִׁבְעָה״, הָא כֵּיצַד? בְּשִׁבְעָה נִכְנְסוּ נׇכְרִים לַהֵיכָל, וְאָכְלוּ וְקִלְקְלוּ בּוֹ שְׁבִיעִי שְׁמִינִי.
Et le neuvième, à l'approche de la tombée de la nuit, ils y mirent le feu, et il brûla sans interruption tout le jour (du dix), comme il est dit : « Malheur à nous, car le jour décline, car les ombres du soir s'allongent » (Yirmeyahou 6, 4) — verset interprété comme une prophétie sur le soir où le Temple fut brûlé. Et c'est ce que voulait dire Rabbi Yo'hanan : si j'avais vécu en cette génération, je n'aurais établi le jeûne que le dix d'Av, parce que la majeure partie du Sanctuaire fut brûlée ce jour-là. Et les Sages, qui établirent le jeûne le neuf, comment répondent-ils à cette remarque ? Ils tiennent qu'il est préférable de marquer le commencement de la tragédie.
וּתְשִׁיעִי סָמוּךְ לַחֲשֵׁיכָה הֵצִיתוּ בּוֹ אֶת הָאוּר, וְהָיָה דּוֹלֵק וְהוֹלֵךְ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אוֹי לָנוּ כִּי פָנָה הַיּוֹם כִּי יִנָּטוּ צִלְלֵי עָרֶב״. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אִלְמָלֵי הָיִיתִי בְּאוֹתוֹ הַדּוֹר לֹא קְבַעְתִּיו אֶלָּא בָּעֲשִׂירִי, מִפְּנֵי שֶׁרוּבּוֹ שֶׁל הֵיכָל בּוֹ נִשְׂרַף. וְרַבָּנַן — אַתְחַלְתָּא דְפוּרְעֲנוּתָא עֲדִיפָא.
Et la Michna a enseigné en outre que le Temple fut détruit, la seconde fois aussi, le Neuf Av. La Guemara demande : d'où déduit-on que le Second Temple fut détruit à cette date ? Il est enseigné dans une baraïta : on amène (du Ciel) une chose méritoire en un jour de mérite, et une chose funeste en un jour funeste — par exemple le Neuf Av, où plusieurs tragédies étaient déjà survenues.
וּבַשְּׁנִיָּה מְנָלַן, דְּתַנְיָא: מְגַלְגְּלִין זְכוּת לְיוֹם זַכַּאי, וְחוֹבָה לְיוֹם חַיָּיב.
Les Sages dirent : lorsque le Temple fut détruit la première fois, ce jour-là était le Neuf Av ; et c'était l'issue du Chabbat ; et c'était l'année qui suit une année sabbatique ; et c'était la semaine de la garde de Yehoyariv ; et les lévites chantaient le chant et se tenaient sur leur estrade. Et quel chant chantaient-ils ? Ils chantaient le verset : « Et Il fera retomber sur eux leur iniquité, et Il les anéantira dans leur méchanceté » (Téhilim 94, 23). Et ils n'eurent pas le temps de réciter la fin du verset, « l'Éternel notre Dieu les anéantira », avant que les non-Juifs ne vinssent et ne les soumissent. Et de même il en advint lorsque le Second Temple fut détruit.
אָמְרוּ: כְּשֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ בָּרִאשׁוֹנָה, אוֹתוֹ הַיּוֹם תִּשְׁעָה בְּאָב הָיָה, וּמוֹצָאֵי שַׁבָּת הָיָה, וּמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית הָיְתָה, וּמִשְׁמַרְתָּהּ שֶׁל יְהוֹיָרִיב הָיְתָה. וְהַלְּוִיִּם הָיוּ אוֹמְרִים שִׁירָה, וְעוֹמְדִין עַל דּוּכָנָם. וּמָה שִׁירָה הָיוּ אוֹמְרִים? ״וַיָּשֶׁב עֲלֵיהֶם אֶת אוֹנָם וּבְרָעָתָם יַצְמִיתֵם״, וְלֹא הִסְפִּיקוּ לוֹמַר ״יַצְמִיתֵם ה׳ אֱלֹהֵינוּ״, עַד שֶׁבָּאוּ נׇכְרִים וּכְבָשׁוּם. וְכֵן בַּשְּׁנִיָּה.
Taanit 29a
100%
תענית כ״ט אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית