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Traité Taanit

28b

Étude de Taanit 28b

Étude de la Guémara 28b

Guémara
Qu'y a-t-il de différent au sujet du Hallel, qui supplante sa propre garde (celle de l'office du matin, où le Hallel est récité) ; et qu'y a-t-il de différent au sujet de l'offrande supplémentaire, qui ne supplante pas sa propre garde (celle de l'office du matin), mais qui supplante la garde de l'office de l'après-midi et de la prière de clôture ?
מַאי שְׁנָא הַלֵּל דְּדָחֵי דִּידֵיהּ, וּמַאי שְׁנָא מוּסָף דְּלָא דָּחֵי דִּידֵיהּ?
Rav Achi lui dit : maintenant que l'offrande supplémentaire supplante la garde de l'après-midi (qui n'est pas la sienne), ne devrait-elle pas, à plus forte raison, l'emporter sur sa propre garde ? Rav 'Hisda dit à Rav Achi : je voulais dire l'inverse — voici ce que je te dis : elle ne devrait pas l'emporter sur une autre garde (celle de la prière de clôture) ; qu'elle ne supplante plutôt que sa propre garde, celle accomplie à l'office supplémentaire.
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי: הַשְׁתָּא דְּלָאו דִּידֵיהּ דָּחֵי — דִּידֵיהּ לָא כׇּל שֶׁכֵּן? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי קָאָמֵינָא לָךְ: לָא לִידְחֵי אֶלָּא דִּידֵיהּ!
Rav Achi lui dit : il y a Rabbi Yossi qui tient comme toi, comme il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Yossi dit : tout jour où il y a une offrande supplémentaire, il y a une garde non sacerdotale. La Guemara clarifie : à quelle garde se réfère-t-il ? Si l'on dit qu'il vise la garde de l'office du matin — mais le premier tanna l'a dit aussi. Plutôt, Rabbi Yossi doit viser la garde de l'office supplémentaire. Mais cela aussi est problématique : se peut-il que l'offrande supplémentaire ne supplante même pas sa propre garde, durant l'office supplémentaire lui-même ?
אֲמַר לֵיהּ: אִיכָּא רַבִּי יוֹסֵי דְּקָאֵי כְּווֹתָךְ. דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּסָף יֵשׁ בּוֹ מַעֲמָד. מַעֲמָד דְּמַאי? אִילֵימָא מַעֲמָד דְּשַׁחֲרִית, הָא תַּנָּא קַמָּא נָמֵי הָכִי קָאָמַר! אֶלָּא מַעֲמָד דְּמוּסָף — דִּידֵיהּ נָמֵי לָא דָּחֵי?!
Plutôt, Rabbi Yossi doit viser la garde de l'office de l'après-midi. Mais cela aussi est déroutant : car si l'offrande de bois supplante la garde de l'après-midi, l'offrande supplémentaire devrait certainement l'emporter sur elle. Plutôt, n'est-ce pas que Rabbi Yossi parle de la garde de la prière de clôture (néïla) ? On peut en apprendre que l'offrande supplémentaire supplante sa propre garde, mais ne supplante pas une garde qui n'est pas la sienne. La Guemara conclut : en effet, apprends-en qu'il en est ainsi.
אֶלָּא דְּמִנְחָה — קׇרְבַּן עֵצִים דָּחֵי! אֶלָּא לָאו, דִּנְעִילָה. שְׁמַע מִינַּהּ: דִּידֵיהּ דָּחֵי, דְּלָאו דִּידֵיהּ — לָא דָּחֵי. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara demande : et que la Michna enseigne aussi : le premier de Nissan il n'y avait pas de garde non sacerdotale, parce que c'est un jour où l'on récite le Hallel, que c'est la néoménie (où une offrande supplémentaire est sacrifiée), et qu'il y avait aussi une offrande de bois ! Rava dit : c'est dire que le Hallel récité à la néoménie n'est pas requis par la loi de la Torah, mais est une coutume.
וְלִיתְנֵי נָמֵי: בְּאֶחָד בְּנִיסָן לֹא הָיָה בּוֹ מַעֲמָד מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל וְקׇרְבַּן מוּסַף וְקׇרְבַּן עֵצִים! אָמַר רָבָא: זֹאת אוֹמֶרֶת הַלֵּילָא דִּבְרֵישׁ יַרְחָא לָאו דְּאוֹרָיְיתָא.
Comme Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotsadak : en dix-huit jours de l'année, l'individu récite le Hallel complet. Et ce sont : les huit jours de la fête de Souccot (y compris Chemini Atséret) ; les huit jours de 'Hanoucca ; le premier jour de fête de Pessa'h ; et le jour de fête de l'Assemblée (Chavouot). Et en diaspora, où l'on ajoute un second jour à chaque fête à cause de l'incertitude sur la date exacte, il y a vingt et un jours : les neuf jours de la fête de Souccot (y compris le dernier jour, dit Sim'hat Torah), les huit jours de 'Hanoucca, les deux premiers jours de Pessa'h, et les deux jours de fête de l'Assemblée.
דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: שְׁמוֹנָה עָשָׂר יוֹם בַּשָּׁנָה יָחִיד גּוֹמֵר בָּהֶן אֶת הַהַלֵּל, וְאֵלּוּ הֵן: שְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג, וּשְׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה, וְיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח, וְיוֹם טוֹב שֶׁל עֲצֶרֶת. וּבַגּוֹלָה, עֶשְׂרִים וְאֶחָד יוֹם, וְאֵלּוּ הֵן: תִּשְׁעַת יְמֵי הַחַג, וּשְׁמוֹנַת יְמֵי חֲנוּכָּה, וּשְׁנֵי יָמִים הָרִאשׁוֹנִים שֶׁל פֶּסַח, וּשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל עֲצֶרֶת.
À ce sujet, la Guemara rapporte : Rav se trouva venir en Babylonie, où il vit qu'on récitait le Hallel à une néoménie. Peu familier de cette pratique, il songea à les arrêter, présumant qu'ils récitaient le Hallel inutilement. Une fois qu'il vit qu'ils en omettaient des portions, il dit : j'en apprends qu'ils maintiennent la coutume de leurs pères — c'est-à-dire qu'ils savent que c'est une coutume, et non une obligation. Il est enseigné dans une baraïta : un individu ne doit pas commencer à réciter le Hallel à une néoménie, mais s'il a commencé, il l'achève.
רַב אִיקְּלַע לְבָבֶל, חֲזָנְהוּ דְּקָא קָרוּ הַלֵּילָא בְּרֵישׁ יַרְחָא, סְבַר לְאַפְסוֹקִינְהוּ. כֵּיוָן דַּחֲזָא דְּקָא מְדַלְּגִי דַּלּוֹגֵי, אֲמַר: שְׁמַע מִינַּהּ מִנְהַג אֲבוֹתֵיהֶם בִּידֵיהֶם. תָּנָא: יָחִיד לֹא יַתְחִיל, וְאִם הִתְחִיל גּוֹמֵר.
§ La Michna a enseigné : cinq choses calamiteuses survinrent à nos ancêtres le dix-sept de Tammouz, l'une étant le bris des Tables. La Guemara demande : d'où déduit-on que les Tables furent brisées ce jour-là ? Comme il est enseigné dans une baraïta : le six du mois de Sivan, les Dix Paroles furent données au peuple juif. Rabbi Yossi dit : ce fut le sept de ce mois. La Guemara remarque : selon celui qui dit qu'elles furent données le six de Sivan, elles furent données le six, et le sept Moïse monta au mont Sinaï.
חֲמִשָּׁה דְּבָרִים אֵירְעוּ אֶת אֲבוֹתֵינוּ בְּשִׁבְעָה עָשָׂר בְּתַמּוּז וְכוּ׳. נִשְׁתַּבְּרוּ הַלּוּחוֹת, מְנָלַן? דְּתַנְיָא: בְּשִׁשָּׁה לַחֹדֶשׁ נִיתְּנוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת לְיִשְׂרָאֵל, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּשִׁבְעָה בּוֹ. מַאן דְּאָמַר בְּשִׁשָּׁה נִיתְּנוּ — בְּשִׁשָּׁה נִיתְּנוּ, וּבְשִׁבְעָה עָלָה מֹשֶׁה.
Selon celui qui dit que les Dix Paroles furent données le sept de Sivan, elles furent données le sept, et le sept Moïse monta au mont Sinaï, comme il est écrit : « Et Il appela Moïse le septième jour, du milieu de la nuée » (Chemot 24, 16), et il est écrit : « Et Moïse entra au milieu de la nuée et monta sur la montagne ; et Moïse fut sur la montagne quarante jours et quarante nuits » (Chemot 24, 18). Le calcul est le suivant : il restait vingt-quatre jours de Sivan, plus les seize premiers jours de Tammouz, ce qui fait quarante jours.
מַאן דְּאָמַר בְּשִׁבְעָה — בְּשִׁבְעָה נִיתְּנוּ, וּבְשִׁבְעָה עָלָה מֹשֶׁה, דִּכְתִיב: ״וַיִּקְרָא אֶל מֹשֶׁה בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי״, וּכְתִיב: ״וַיָּבֹא מֹשֶׁה בְּתוֹךְ הֶעָנָן וַיַּעַל אֶל הָהָר וַיְהִי מֹשֶׁה בָּהָר אַרְבָּעִים יוֹם וְאַרְבָּעִים לָיְלָה״. עֶשְׂרִים וְאַרְבְּעָה דְּסִיוָן, וְשִׁיתְּסַר דְּתַמּוּז, מְלוֹ לְהוּ אַרְבְּעִין.
Le dix-sept de Tammouz, Moïse descendit, vint, observa le peuple adorant le veau d'or, et brisa les Tables. Et il est écrit : « Et il advint, comme il approchait du camp, qu'il vit le veau et les danses, et la colère de Moïse s'enflamma, et il jeta les Tables de ses mains et les brisa au pied de la montagne » (Chemot 32, 19). Cela montre que les Tables furent brisées le dix-sept de Tammouz.
בְּשִׁיבְסַר בְּתַמּוּז נְחֵית, אֲתָא וְתַבְרִינְהוּ לְלוּחוֹת, וּכְתִיב: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר קָרַב אֶל הַמַּחֲנֶה וַיַּרְא אֶת הָעֵגֶל וַיַּשְׁלֵךְ מִיָּדָיו אֶת הַלֻּחוֹת וַיְשַׁבֵּר אֹתָם תַּחַת הָהָר״.
§ La Michna a enseigné que, le dix-sept de Tammouz, l'offrande quotidienne fut abolie. La Guemara explique : c'est une tradition que cela survint à cette date.
בָּטַל הַתָּמִיד — גְּמָרָא.
La Michna a enseigné en outre que, le dix-sept de Tammouz, les murailles de Jérusalem furent percées d'une brèche. La Guemara demande : cette tragédie survint-elle bien le dix-sept de Tammouz ? Mais n'est-il pas écrit : « Au quatrième mois, le neuf du mois, la famine était sévère dans la ville » (Yirmeyahou 52, 6), et il est écrit immédiatement après : « Alors une brèche fut faite dans la ville » (Yirmeyahou 52, 7) — ce qui indique clairement que la ville fut percée le neuf ?
הוּבְקְעָה הָעִיר. בְּשִׁבְעָה עָשָׂר? וְהָכְתִיב: ״בַּחֹדֶשׁ הָרְבִיעִי בְּתִשְׁעָה לַחֹדֶשׁ וַיֶּחֱזַק הָרָעָב בָּעִיר״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וַתִּבָּקַע הָעִיר וְגוֹ׳״!
Taanit 28b
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