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Traité Taanit

28a

Étude de Taanit 28a

Étude de la Guémara 28a

Guémara
…car le second lecteur a de la marge — c'est-à-dire qu'il a la possibilité de lire dans le paragraphe qui suit.
דְּאִית לֵיהּ רַוְוחָא.
§ La Michna a enseigné : une longue section est lue par deux personnes, et on la lit dans la Torah à la prière du matin et à la prière supplémentaire ; et à la prière de l'après-midi, on lit la portion du jour par cœur, comme on récite le Chéma. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : de quel cas le tanna parle-t-il ? Veut-il dire qu'à la prière du matin et à la prière supplémentaire on lit la portion d'un rouleau de la Torah, mais qu'à la prière de l'après-midi chacun lit par cœur, comme on récite le Chéma ? Ou peut-être enseigne-t-il ceci : à la prière du matin on lit d'un rouleau, mais à la prière supplémentaire et à la prière de l'après-midi on lit par cœur, comme on récite le Chéma ?
פָּרָשָׁה גְּדוֹלָה קוֹרִין אוֹתָהּ בִּשְׁנַיִם בַּשַּׁחֲרִית וּבַמּוּסָף. וּבַמִּנְחָה קוֹרִין עַל פִּיהֶן כּוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֵיכִי קָאָמַר? בַּשַּׁחֲרִית וּבַמּוּסָף קוֹרִין אוֹתָהּ בַּסֵּפֶר, וּבַמִּנְחָה קוֹרִין אוֹתָהּ עַל פֶּה כְּקוֹרִין אֶת שְׁמַע, אוֹ דִלְמָא הָכִי קָתָנֵי: בַּשַּׁחֲרִית קוֹרִין אוֹתָהּ בַּסֵּפֶר, וּבַמּוּסָף וּבַמִּנְחָה קוֹרִין אוֹתָהּ עַל פֶּה כְּקוֹרִין אֶת שְׁמַע?
La Guemara suggère : viens et entends, comme il est enseigné dans une baraïta : à la prière du matin et à la prière supplémentaire, ils entraient à la synagogue et lisaient dans la Torah de la manière dont on lit toute l'année ; mais à la prière de l'après-midi, un seul individu lisait la portion de ce jour par cœur. Rabbi Yossi dit : mais un individu peut-il lire des paroles de Torah par cœur en présence de la communauté ? Plutôt, ils entrent tous et lisent ensemble la portion de ce jour, comme on récite le Chéma. Cette baraïta indique clairement qu'ils ne lisaient par cœur qu'à l'office de l'après-midi.
תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: בַּשַּׁחֲרִית וּבַמּוּסָף נִכְנָסִין לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְקוֹרִין כְּדֶרֶךְ שֶׁקּוֹרִין כׇּל הַשָּׁנָה, וּבַמִּנְחָה יָחִיד קוֹרֵא אוֹתָהּ עַל פֶּה. אֲמַר רַבִּי יוֹסֵי: וְכִי יָחִיד יָכוֹל לִקְרוֹת דִּבְרֵי תוֹרָה עַל פֶּה בְּצִיבּוּר? אֶלָּא כּוּלָּן נִכְנָסִין וְקוֹרִין אוֹתָהּ עַל פֶּה כְּקוֹרִין אֶת שְׁמַע.
La Michna a enseigné : tout jour où il y a récitation du Hallel mais où l'offrande supplémentaire ne fut pas sacrifiée, il n'y a pas de lecture de la garde non sacerdotale à l'office du matin. Les jours où il y a à la fois Hallel et offrande supplémentaire, il n'y avait pas de lecture à la prière de l'après-midi. Lorsqu'on apportait une offrande de bois, il n'y avait pas de lecture à la prière de clôture. La Guemara demande : quelle différence entre ceci et cela — un jour où l'on sacrifie une offrande supplémentaire et un jour où l'on apporte une offrande de bois ? La Guemara explique : ces jours-ci (offrande supplémentaire) relèvent de la loi de la Torah, mais ces jours-là (offrande de bois) relèvent de la loi rabbinique — c'est pourquoi cela ne supplante que la prière de clôture (néïla).
כׇּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הַלֵּל אֵין בּוֹ מַעֲמָד כּוּ׳. מָה הֶפְרֵשׁ בֵּין זֶה לָזֶה? הַלָּלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה, וְהַלָּלוּ דִּבְרֵי סוֹפְרִים.
La Michna poursuit avec une liste des temps de l'offrande de bois des prêtres et du peuple. Nos maîtres ont enseigné : pourquoi fallut-il énoncer les temps de l'offrande de bois des prêtres et du peuple ? Voici ce qui arriva : lorsque les exilés montèrent à Jérusalem au début de la période du Second Temple, ils ne trouvèrent pas assez de bois dans la chambre du Temple pour les besoins de l'autel ; et ces familles se levèrent et firent don de leur propre bois au Temple.
זְמַן עֲצֵי כֹהֲנִים וְהָעָם כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: לָמָּה הוּצְרְכוּ לוֹמַר זְמַן עֲצֵי כֹהֲנִים וְהָעָם? אָמְרוּ: כְּשֶׁעָלוּ בְּנֵי הַגּוֹלָה לֹא מָצְאוּ עֵצִים בַּלִּשְׁכָּה, וְעָמְדוּ אֵלּוּ וְהִתְנַדְּבוּ מִשֶּׁלָּהֶם.
Et les prophètes qui se trouvaient parmi eux stipulèrent ceci : même si toute la chambre était pleine de bois, les descendants de ces familles donneraient du bois de leur propre bien ces jours précis, comme il est dit : « Et nous tirâmes au sort — les prêtres, les lévites et le peuple — pour l'offrande de bois, afin de l'apporter à la maison de notre Dieu, selon nos maisons paternelles, à des temps fixés, année par année, pour la brûler sur l'autel de l'Éternel notre Dieu, comme il est écrit dans la Torah » (Né'hémia 10, 35).
וְכָךְ הִתְנוּ נְבִיאִים שֶׁבֵּינֵיהֶן: שֶׁאֲפִילּוּ לִשְׁכָּה מְלֵאָה עֵצִים יִהְיוּ אֵלּוּ מִתְנַדְּבִין מִשֶּׁלָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַגּוֹרָלוֹת הִפַּלְנוּ עַל קֻרְבַּן הָעֵצִים הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם וְהָעָם לְהָבִיא לְבֵית אֱלֹהֵינוּ לְבֵית אֲבוֹתֵינוּ לְעִתִּים מְזֻמָּנִים שָׁנָה בְשָׁנָה לְבַעֵר עַל מִזְבַּח ה׳ אֱלֹהֵינוּ כַּכָּתוּב בַּתּוֹרָה״.
La Michna a enseigné en outre que, le quinze d'Av, le bois était apporté par les descendants de Zattou ben Yehouda, et avec ce groupe étaient d'autres prêtres, des lévites, quiconque s'était trompé au sujet de sa tribu, les descendants de ceux qui avaient trompé les autorités au moyen d'un pilon, et les descendants de ceux qui emballaient les figues sèches. Nos maîtres ont enseigné : qui étaient les descendants de ceux qui avaient trompé les autorités au moyen d'un pilon et les descendants de ceux qui emballaient les figues sèches ?
וְעִמָּהֶם כֹּהֲנִים וּלְוִיִּם וְכׇל מִי כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: מָה הָיוּ בְּנֵי גּוֹנְבֵי עֱלִי וּבְנֵי קוֹצְעֵי קְצִיעוֹת?
Ils dirent en explication : une fois, l'empire impie de Grèce édicta un décret d'apostasie contre les Juifs, leur interdisant d'apporter du bois pour l'arrangement de l'autel et d'apporter les prémices (bikourim) à Jérusalem. Et ils placèrent des gardes [prozdaot] sur les routes, à la manière dont Yarovam (Jéroboam), fils de Nevat, avait placé des gardes, afin que les Juifs ne pussent monter pour la fête de pèlerinage.
אָמְרוּ: פַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה שְׁמָד עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא יָבִיאוּ עֵצִים לַמַּעֲרָכָה, וְשֶׁלֹּא יָבִיאוּ בִּכּוּרִים לִירוּשָׁלַיִם, וְהוֹשִׁיבוּ פְּרוֹזְדָאוֹת עַל הַדְּרָכִים כְּדֶרֶךְ שֶׁהוֹשִׁיב יָרׇבְעָם בֶּן נְבָט, שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל לָרֶגֶל.
Que firent les hommes dignes et craignant le péché de cette génération ? Ils apportèrent des paniers de prémices, les recouvrirent de figues sèches, et les portèrent, un pilon sur l'épaule. Et lorsqu'ils atteignirent les gardes, ceux-ci leur dirent : où allez-vous ? Ils leur dirent : nous allons préparer deux gâteaux ronds de figues pressées, avec le mortier qui est plus bas sur la route devant nous et avec le pilon que nous portons sur l'épaule. Dès qu'ils eurent passé les gardes, ils décorèrent les paniers de prémices et les apportèrent à Jérusalem.
מָה עָשׂוּ כְּשֵׁרִין וְיִרְאֵי חֵטְא שֶׁבְּאוֹתוֹ הַדּוֹר? הֵבִיאוּ סַלֵּי בִכּוּרִים וְחִיפּוּם בִּקְצִיעוֹת וּנְטָלוּם, וֶעֱלִי עַל כִּתְפֵיהֶן. וְכֵיוָן שֶׁהִגִּיעוּ אֵצֶל פְּרוֹזְדָאוֹת, אָמְרוּ לָהֶם: לְהֵיכָן אַתֶּם הוֹלְכִין? אוֹמְרִין לָהֶם: לַעֲשׂוֹת שְׁנֵי עִגּוּלֵי דְבֵילָה בַּמַּכְתֶּשֶׁת שֶׁלְּפָנֵינוּ, וּבָעֱלִי שֶׁעַל כְּתֵפֵינוּ. כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ מֵהֶן — עִיטְּרוּם בְּסַלִּים, וֶהֱבִיאוּם לִירוּשָׁלַיִם.
Un Sage a enseigné : c'est là quelque chose qui fut accompli de manière semblable par les descendants de Salmaï de Netophat. La Guemara l'explique par une baraïta. Nos maîtres ont enseigné : qui étaient les descendants de Salmaï de Netophat ? Ils dirent en explication : une fois, l'empire impie de Grèce édicta un décret d'apostasie contre les Juifs, leur interdisant d'apporter du bois pour l'arrangement de l'autel. Et ils placèrent des gardes sur les routes, à la manière de Yarovam fils de Nevat, afin que les Juifs ne pussent monter pour la fête de pèlerinage.
תָּנָא: הֵן הֵן בְּנֵי סַלְמַאי הַנְּתוֹפָתִי. תָּנוּ רַבָּנַן: מָה הֵן בְּנֵי סַלְמַאי הַנְּתוֹפָתִי? אָמְרוּ: פַּעַם אַחַת גָּזְרָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה שְׁמָד עַל יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא יָבִיאוּ עֵצִים לַמַּעֲרָכָה, וְהוֹשִׁיבוּ פְּרוֹזְדָאוֹת עַל הַדְּרָכִים כְּדֶרֶךְ שֶׁהוֹשִׁיב יָרׇבְעָם בֶּן נְבָט עַל הַדְּרָכִים, שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל לָרֶגֶל.
Que firent les hommes craignant le péché de cette génération ? Ils apportèrent leurs bûches et en firent des échelles [soulamot], qu'ils placèrent sur leurs épaules et s'en allèrent vers Jérusalem. Lorsqu'ils atteignirent les gardes, ceux-ci leur dirent : où allez-vous ? Ils leur dirent : nous allons faire descendre des colombes du colombier qui est plus bas sur la route devant nous, avec ces échelles qui sont sur nos épaules. Dès qu'ils eurent passé les gardes, ils démontèrent les échelles et les montèrent à Jérusalem. Le nom Salmaï fait allusion au mot hébreu pour « échelle », soulam.
מָה עָשׂוּ יִרְאֵי חֵטְא שֶׁבְּאוֹתוֹ הַדּוֹר? הֵבִיאוּ גְּזִירֵיהֶן וְעָשׂוּ סוּלָּמוֹת, וְהִנִּיחוּ עַל כִּתְפֵיהֶם וְהָלְכוּ לָהֶם. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעוּ אֶצְלָן, אָמְרוּ לָהֶם: לְהֵיכָן אַתֶּם הוֹלְכִין? אָמְרוּ לָהֶם: לְהָבִיא גּוֹזָלוֹת מִשּׁוֹבָךְ שֶׁלְּפָנֵינוּ וּבַסּוּלָּמוֹת שֶׁעַל כְּתֵפֵינוּ. כֵּיוָן שֶׁעָבְרוּ מֵהֶן פֵּירְקוּם וֶהֱבִיאוּם וְהֶעֱלוּם לִירוּשָׁלַיִם.
Et au sujet de ces familles qui firent ces dons, et d'autres semblables, le verset dit : « La mémoire du juste est en bénédiction » (Michlé 10, 7) — car on les rappelle en bien à travers les générations. Et au sujet de Yarovam fils de Nevat et de ses pareils, il est dit : « mais le nom des méchants pourrira » (Michlé 10, 7).
וַעֲלֵיהֶם וְעַל כַּיּוֹצֵא בָּהֶם הוּא אוֹמֵר: ״זֵכֶר צַדִּיק לִבְרָכָה״, וְעַל יָרׇבְעָם בֶּן נְבָט וַחֲבֵרָיו נֶאֱמַר: ״וְשֵׁם רְשָׁעִים יִרְקָב״.
Taanit 28a
100%
תענית כ״ח אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית