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Traité Taanit

25a

Étude de Taanit 25a

Étude de la Guémara 25a

Guémara
…par embarras, pour faire croire qu'elle cuisait, alors qu'il n'y avait pas de pain dans sa maison. Elle avait une certaine voisine méchante qui se dit : or je sais qu'ils n'ont rien ; qu'est-ce donc que toute cette fumée ? Elle alla frapper à la porte pour savoir ce qu'il y avait dans le four. La femme de Rabbi 'Hanina ben Dossa eut honte et monta dans une pièce intérieure [inderona].
מִשּׁוּם כִּיסּוּפָא. הֲוָה לַהּ הָךְ שִׁיבָבְתָא בִּישְׁתָּא, אֲמַרָה: מִכְּדֵי יָדַעְנָא דְּלֵית לְהוּ וְלָא מִידֵּי, מַאי כּוּלֵּי הַאי? אֲזַלָא וּטְרַפָא אַבָּבָא, אִיכַּסְפָא וַעֲיַילָא לְאִינְדְּרוֹנָא,
Un miracle fut accompli pour la femme de Rabbi 'Hanina ben Dossa : la voisine vit le four rempli de pain et le pétrin rempli de pâte. Elle dit à la femme de Rabbi 'Hanina, l'appelant par son nom : une telle, une telle, apporte une pelle, car ton pain brûle. Elle dit à sa voisine : moi aussi, je suis entrée pour cela même. Un tanna a enseigné : elle aussi était entrée dans la pièce intérieure pour chercher une pelle, car elle était accoutumée aux miracles et s'attendait qu'il s'en produisît un pour lui épargner la honte.
אִיתְעֲבִיד לַהּ נִסָּא דְּחָזְיָא לְתַנּוּרָא מְלֵא לַחְמָא וְאַגָּנָא מְלֵא לֵישָׁא, אֲמַרָה לַהּ: פְּלָנִיתָא, פְּלָנִיתָא! אַיְיתַי מָסָא, דְּקָא חֲרִיךְ לַחְמִיךְ. אֲמַרָה לָהּ: אַף אֲנָא לְהָכִי עֲיַילִי. תָּנָא: אַף הִיא לְהָבִיא מַרְדֶּה נִכְנְסָה, מִפְּנֵי שֶׁמְּלוּמֶּדֶת בְּנִסִּים.
La Guemara rapporte en outre : la femme de Rabbi 'Hanina lui dit : jusqu'à quand continuerons-nous à souffrir cette pauvreté ? Il lui dit : que pouvons-nous faire ? Elle répondit : prie pour la miséricorde, que quelque chose te soit donné du Ciel. Il pria pour la miséricorde, et quelque chose comme la paume d'une main parut et lui donna un pied d'une table d'or. Cette nuit-là, sa femme vit en rêve que, dans l'avenir (au Monde à venir), les justes mangeraient à une table d'or à trois pieds, mais qu'elle, elle mangerait à une table à deux pieds.
אֲמַרָה לֵיהּ דְּבֵיתְהוּ: עַד אֵימַת נֵיזִיל וְנִצְטַעַר כּוּלֵּי הַאי? אֲמַר לַהּ: מַאי נַעֲבֵיד? בְּעִי רַחֲמֵי דְּנִיתְּבוּ לָךְ מִידֵּי. בְּעָא רַחֲמֵי, יָצְתָה כְּמִין פִּיסַּת יָד וִיהַבוּ לֵיהּ חַד כַּרְעָא דְּפָתוּרָא דְּדַהֲבָא. חָזְיָא בְּחֶלְמָא, עֲתִידִי צַדִּיקֵי דְּאָכְלִי אַפָּתוּרָא דְּדַהֲבָא דְּאִית לֵיהּ תְּלָת כַּרְעֵי, וְאִיהוּ — אַפָּתוּרָא דִּתְרֵי כַּרְעֵי.
Lorsqu'elle raconta ce rêve à son mari, il lui dit : te plaît-il que tout le monde mange à une table complète, et que nous mangions à une table défectueuse ? Elle lui dit : mais que pouvons-nous faire ? Prie pour la miséricorde, que le pied de la table d'or te soit repris. Il pria pour la miséricorde, et il lui fut repris. Un tanna a enseigné dans une baraïta : le dernier miracle fut plus grand que le premier, car on a reçu par tradition que le Ciel donne mais ne reprend pas.
אֲמַר לַהּ: נִיחָא לָךְ דְּמֵיכָל אָכְלִי כּוּלֵּי עָלְמָא אַפָּתוּרָא דְּמַשְׁלַם וַאֲנַן אַפָּתוּרָא דִּמְחַסַּר. אֲמַרָה לֵיהּ: וּמַאי נַעֲבֵיד? בְּעִי רַחֲמֵי דְּנִשְׁקְלִינְהוּ מִינָּךְ. בָּעֵי רַחֲמֵי וְשַׁקְלוּהוּ. תָּנָא: גָּדוֹל הָיָה נֵס אַחֲרוֹן יוֹתֵר מִן הָרִאשׁוֹן. דִּגְמִירִי, דְּמֵיהָב יָהֲבִי מִישְׁקָל לָא שָׁקְלִי.
La Guemara rapporte qu'un soir de Chabbat, Rabbi 'Hanina ben Dossa vit que sa fille était triste. Il lui dit : ma fille, pourquoi es-tu triste ? Elle lui dit : j'ai confondu un récipient de vinaigre avec un récipient d'huile, et j'ai allumé la lampe de Chabbat avec du vinaigre. Bientôt la lampe s'éteindra et nous resterons dans l'obscurité. Il lui dit : ma fille, de quoi t'inquiètes-tu ? Celui qui a dit à l'huile de brûler peut dire au vinaigre de brûler. Un tanna a enseigné : cette lampe brûla sans interruption tout le jour, jusqu'à ce qu'on en tirât de la lumière pour la havdala.
חַד בֵּי שִׁמְשֵׁי חַזְיַיהּ לְבַרְתֵּיהּ דַּהֲווֹת עֲצִיבָא, אֲמַר לַהּ: בִּתִּי אַמַּאי עֲצִיבַתְּ? אֲמַרָה לֵיהּ: כְּלִי שֶׁל חוֹמֶץ נִתְחַלֵּף לִי בִּכְלִי שֶׁל שֶׁמֶן וְהִדְלַקְתִּי מִמֶּנּוּ אוּר לְשַׁבָּת. אֲמַר לַהּ: בִּתִּי, מַאי אִכְפַּת לִךְ? מִי שֶׁאָמַר לַשֶּׁמֶן וְיִדְלוֹק, הוּא יֹאמַר לַחוֹמֶץ וְיִדְלוֹק. תָּנָא: הָיָה דּוֹלֵק וְהוֹלֵךְ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, עַד שֶׁהֵבִיאוּ מִמֶּנּוּ אוּר לְהַבְדָּלָה.
Rabbi 'Hanina ben Dossa avait quelques chèvres. Ses voisins lui dirent : elles nous causent du dommage, en mangeant dans nos champs. Il leur dit : si elles causent du dommage, qu'elles soient dévorées par des ours ; mais si elles ne mangent pas votre bien, que chacune, ce soir, rapporte un ours empalé entre ses cornes. Ce soir-là, chacune rapporta un ours empalé entre ses cornes.
רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא הֲווֹ לֵיהּ הָנָךְ עִיזֵּי, אֲמַרוּ לֵיהּ: קָא מַפְסְדָן. אֲמַר: אִי קָא מַפְסְדָן — נֵיכְלִינְהוּ דּוּבֵּי, וְאִי לָא — כֹּל חֲדָא וַחֲדָא תַּיְתֵי לְאוּרְתָּא דּוּבָּא בְּקַרְנַיְיהוּ. לְאוּרְתָּא אַיְיתַי כֹּל חֲדָא וַחֲדָא דּוּבָּא בְּקַרְנַיְיהוּ.
Rabbi 'Hanina ben Dossa avait une certaine voisine qui bâtissait une maison, mais dont les poutres du plafond n'étaient pas assez longues pour aller d'un mur à l'autre. Elle vint devant Rabbi 'Hanina ben Dossa et lui dit : j'ai bâti ma maison, mais mes poutres n'atteignent pas les murs. Il lui dit : quel est ton nom ? Elle lui dit : mon nom est Ikkou. Il dit : s'il en est ainsi [ikkou], que tes poutres atteignent tes murs.
הֲוָה לֵיהּ הָהִיא שִׁיבָבְתָא דְּקָא בָנְיָא בֵּיתָא וְלָא מְטוֹ כְּשׁוּרֵי. אָתְיָא לְקַמֵּיהּ, אֲמַרָה לֵיהּ: בְּנֵיתִי בֵּיתִי וְלָא קָמָטוּ כְּשׁוּרַאי. אֲמַר לַהּ: מָה שְׁמִךְ? אֲמַרָה לֵיהּ: אֵיכוּ. אָמַר: אֵיכוּ נִימְטוֹ כְּשׁוּרִיךְ.
Un tanna a enseigné : les poutres s'allongèrent au point que, non contentes d'atteindre les murs, elles dépassèrent d'une coudée d'un côté et d'une coudée de l'autre. Et d'aucuns disent : elles s'étendirent par des rallonges [snifin], de nouveaux murs étant ajoutés aux deux extrémités des poutres. Il est enseigné dans une baraïta que le Sage Palaïmo dit : j'ai vu cette maison, et ses poutres dépassaient d'une coudée de ce côté et d'une coudée de l'autre. Et l'on me dit : c'est la maison que Rabbi 'Hanina ben Dossa a couverte d'un toit au moyen de sa prière.
תָּנָא: הִגִּיעוּ עַד שֶׁיָּצְאוּ אַמָּה לְכָאן וְאַמָּה לְכָאן. וְיֵשׁ אוֹמְרִין: סְנִיפִין עֲשָׂאוּם. תַּנְיָא, פְּלֵימוֹ אוֹמֵר: אֲנִי רָאִיתִי אוֹתוֹ הַבַּיִת, וְהָיוּ קוֹרוֹתָיו יוֹצְאוֹת אַמָּה לְכָאן וְאַמָּה לְכָאן, וְאָמְרוּ לִי: בַּיִת זֶה שֶׁקֵּירָה רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא בִּתְפִלָּתוֹ.
La Guemara pose une question sur l'un des détails de ce récit : et Rabbi 'Hanina ben Dossa, d'où avait-il des chèvres ? N'était-il pas pauvre, comme dit plus haut ? Et de plus, les Sages ont dit : on n'élève pas de menu bétail domestique en Erets Israël, car il détruit les champs et le bien d'autrui. Comment, dès lors, Rabbi 'Hanina ben Dossa pouvait-il élever des chèvres ? Rav Pin'has dit : voici comment cela advint. Il arriva qu'un certain homme passât devant l'entrée de la maison de Rabbi 'Hanina et y laissât des poules. Et la femme de Rabbi 'Hanina ben Dossa les trouva et en prit soin.
וְרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא מֵהֵיכָן הֲווֹ לֵיהּ עִזִּים? וְהָא עָנִי הֲוֵי! וְעוֹד, אָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין מְגַדְּלִין בְּהֵמָה דַּקָּה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל? אָמַר רַב פִּנְחָס: מַעֲשֶׂה וְעָבַר אָדָם אֶחָד עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ וְהִנִּיחַ שָׁם תַּרְנְגוֹלִין, וּמְצָאָתַן אִשְׁתּוֹ שֶׁל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא,
Et Rabbi 'Hanina lui dit : ne mange pas de leurs œufs, car ils ne sont pas à nous. Et les poules pondirent beaucoup d'œufs, et des poussins en éclorent. Et comme le bruit et la saleté des poules les importunaient, ils les vendirent et achetèrent des chèvres avec le produit de la vente. Une fois, ce même homme qui avait perdu les poules passa et dit à son compagnon : c'est ici que j'ai laissé mes poules. Rabbi 'Hanina l'entendit et lui dit : as-tu un signe pour les identifier ? Il lui dit : oui. Il donna le signe et emporta les chèvres. La Guemara conclut : et ce sont là les chèvres mêmes qui rapportèrent des ours empalés entre leurs cornes.
וְאָמַר לָהּ: אַל תֹּאכְלִי מִבֵּיצֵיהֶן. וְהִרְבּוּ בֵּיצִים וְתַרְנְגוֹלִין וְהָיוּ מְצַעֲרִין אוֹתָם, וּמְכָרָן וְקָנָה בִּדְמֵיהֶן עִזִּים. פַּעַם אַחַת עָבַר אוֹתוֹ אָדָם שֶׁאָבְדוּ מִמֶּנּוּ הַתַּרְנְגוֹלִין וְאָמַר לַחֲבֵירוֹ: בְּכָאן הִנַּחְתִּי הַתַּרְנְגוֹלִין שֶׁלִּי. שָׁמַע רַבִּי חֲנִינָא, אָמַר לוֹ: יֵשׁ לְךָ בָּהֶן סִימָן? אָמַר לוֹ: הֵן. נָתַן לוֹ סִימָן וְנָטַל אֶת הָעִיזִּין, וְהֵן הֵן עִיזֵּי דְּאַיְיתוֹ דּוּבֵּי בְּקַרְנַיְיהוּ.
§ La Guemara rapporte d'autres récits de justes désespérément pauvres. Rabbi Eléazar ben Pedat était fort à court d'argent. Une fois, on lui pratiqua une saignée, mais il n'eut rien à goûter ensuite. Il prit une gousse d'ail et la mit dans sa bouche. Son cœur faiblit et il s'endormit. Les Sages vinrent prendre de ses nouvelles. Ils le virent qui pleurait et riait, et un rayon de lumière brillait de son front.
רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פְּדָת דְּחִיקָא לֵיהּ מִילְּתָא טוּבָא. עֲבַד מִלְּתָא וְלָא הֲוָה לֵיהּ מִידֵּי לְמִטְעַם, שְׁקַל בְּרָא דְתוּמָא וְשַׁדְיֵיהּ בְּפוּמֵּיהּ, חֲלַשׁ לִבֵּיהּ וְנִים. אֲזוּל רַבָּנַן לְשַׁיּוֹלֵי בֵּיהּ, חַזְיוּהּ דְּקָא בָכֵי וְחָיֵיךְ, וּנְפַק צוּצִיתָא דְנוּרָא מֵאַפּוּתֵיהּ.
Lorsqu'il s'éveilla, ils lui dirent : pour quelle raison pleurais-tu et riais-tu ? Il leur dit : parce que, dans mon rêve, le Saint, béni soit-Il, était assis avec moi, et je Lui dis : jusqu'à quand souffrirai-je une telle pauvreté en ce monde ? Et Il me dit : Eléazar, Mon fils, te serait-il plus commode que Je ramène le monde à son tout commencement ? Peut-être naîtrais-tu en une heure de subsistance, et ne serais-tu pas pauvre.
כִּי אִתְּעַר, אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי טַעְמָא קָבָכֵית וְחָיְיכַתְּ? אֲמַר לְהוּ: דַּהֲוָה יָתֵיב עִמִּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, וַאֲמַרִי לֵיהּ: עַד מָתַי אֶצְטַעַר בְּהַאי עָלְמָא? וַאֲמַר לִי: אֶלְעָזָר בְּנִי, נִיחָא לָךְ דְּאֵפְכֵיהּ לְעָלְמָא מֵרֵישָׁא, אֶפְשָׁר דְּמִתְיַלְּדַתְּ בְּשַׁעְתָּא דִמְזוֹנֵי.
Taanit 25a
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תענית כ״ה אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית