AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Taanit

24a

Étude de Taanit 24a

Étude de la Guémara 24a

Guémara
Un jour, Rabbi Yossi bar Avin entendit Rav Achi étudier et réciter l'énoncé suivant. Chmouel a dit : celui qui retire un poisson de la mer le Chabbat, lorsqu'une surface de la peau du poisson grande comme une pièce de séla a séché, est passible pour avoir transgressé l'interdiction d'abattre un animal le Chabbat — un poisson en cet état ne pouvant survivre, celui qui l'a retiré de l'eau est tenu pour responsable de sa mort. Rabbi Yossi bar Avin dit à Rav Achi : et que le Maître précise que c'est à condition que la peau qui a séché soit entre ses nageoires. Rav Achi lui dit : et le Maître ne tient-il pas que c'est Rabbi Yossi ben Rabbi Avin qui a énoncé cette règle ? Pourquoi ne l'as-tu pas dite en son nom ? Rabbi Yossi bar Avin lui dit : c'est moi.
יוֹמָא חַד שַׁמְעֵיהּ דְּקָא גָרֵיס, אָמַר שְׁמוּאֵל: הַשּׁוֹלֶה דָּג מִן הַיָּם בְּשַׁבָּת, כֵּיוָן שֶׁיָּבַשׁ בּוֹ כְּסֶלַע — חַיָּיב. אֲמַר לֵיהּ: וְלֵימָא מָר וּבֵין סְנַפִּירָיו! אֲמַר לֵיהּ: וְלָא סָבַר לַהּ מָר דְּהָהִיא רַבִּי יוֹסֵי בֶּן רַבִּי אָבִין אַמְרַהּ? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא נִיהוּ.
Rav Achi lui dit : et le Maître n'a-t-il pas siégé et fréquenté la maison d'étude de Rabbi Yossi de Yokérèt ? Rabbi Yossi bar Avin lui dit : oui. Rav Achi lui dit : et pour quelle raison le Maître l'a-t-il quitté pour venir ici ? Rabbi Yossi bar Avin lui dit : je me suis inquiété et je suis parti, car il est si sévère et implacable. C'est un homme qui n'a eu de pitié ni pour son propre fils ni pour sa fille — comment, dès lors, aurait-il eu pitié de moi ?
אֲמַר לֵיהּ: וְלָאו קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי דְּמִן יוֹקֶרֶת הֲוָה שְׁכִיחַ מָר? אֲמַר לֵיהּ: הִין. אֲמַר לֵיהּ: וּמַאי טַעְמָא שַׁבְקֵיהּ מָר וַאֲתָא הָכָא? אֲמַר לֵיהּ: גַּבְרָא דְּעַל בְּרֵיהּ וְעַל בְּרַתֵּיה לָא חָס, עֲלַי דִּידִי הֵיכִי חָיֵיס?!
La Guemara demande : quel est l'épisode concernant son fils ? Un jour, Rabbi Yossi de Yokérèt loua des journaliers pour travailler son champ. Il se fit tard et il ne leur apporta pas de nourriture. Les ouvriers dirent au fils de Rabbi Yossi de Yokérèt : nous mourons de faim. Ils étaient assis sous un figuier, et le fils dit : figuier, figuier, produis tes fruits, afin que les ouvriers de mon père puissent manger. Le figuier produisit du fruit, et ils mangèrent.
בְּרֵיהּ מַאי הִיא? יוֹמָא חַד הֲווֹ אֲגִרִי לֵיהּ אֲגִירֵי בְּדַבְרָא, נְגַהּ לְהוּ וְלָא אַיְיתִי לְהוּ רִיפְתָּא, אֲמַרוּ לֵיהּ לִבְרֵיהּ: כָּפֵינַן! הֲווֹ יָתְבִי תּוּתֵי תְּאֵינְתָּא, אֲמַר: תְּאֵנָה, תְּאֵנָה! הוֹצִיאִי פֵּירוֹתַיִךְ, וְיֹאכְלוּ פּוֹעֲלֵי אַבָּא. אַפִּיקָא וַאֲכַלוּ.
Sur ces entrefaites, son père arriva et leur dit : ne soyez pas fâchés contre moi de mon retard, car j'étais occupé à une mitsva, et jusqu'à l'instant même je voyageais à cette fin, sans pouvoir arriver plus tôt. Ils lui dirent : que le Miséricordieux te rassasie comme ton fils nous a rassasiés et nous a donné à manger. Il leur dit : d'où a-t-il trouvé de quoi vous donner ? Ils dirent : tel et tel fait est arrivé. Rabbi Yossi de Yokérèt dit à son fils : mon fils, tu as importuné ton Créateur pour faire produire au figuier son fruit hors de sa saison ; aussi mourras-tu jeune. Et en effet, son fils mourut avant son temps.
אַדְּהָכִי וְהָכִי אֲתָא אֲבוּהּ אֲמַר לְהוּ: לָא תִּינַּקְטוּ בְּדַעְתַּיְיכוּ, דְּהַאי דִּנְגַהְנָא, אַמִּצְוָה טָרַחְנָא, וְעַד הַשְׁתָּא הוּא דְּסַגַּאי. אֲמַרוּ לֵיהּ: רַחֲמָנָא לַישְׂבְּעָךְ כִּי הֵיכִי דְּאַשְׂבְּעַן בְּרָךְ. אֲמַר לְהוּ: מֵהֵיכָא? אֲמַרוּ: הָכִי וְהָכִי הֲוָה מַעֲשֶׂה. אָמַר לוֹ: בְּנִי, אַתָּה הִטְרַחְתָּ אֶת קוֹנְךָ לְהוֹצִיא תְּאֵנָה פֵּירוֹתֶיהָ שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ — יֵאָסֵף שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ.
La Guemara demande : quel est l'épisode concernant sa fille ? Il avait une fille d'une grande beauté. Un jour, Rabbi Yossi de Yokérèt vit un certain homme percer un trou dans la haie qui entourait sa propriété pour regarder sa fille. Rabbi Yossi lui dit : qu'est-ce que cela ? L'homme lui dit : mon maître, si je n'ai pas mérité de la prendre en mariage, ne mériterai-je pas au moins de la regarder ? Rabbi Yossi dit à sa fille : ma fille, tu causes de la peine aux gens. Retourne à ta poussière, et que les gens ne trébuchent plus dans le péché à cause de toi.
בְּרַתֵּיה מַאי הִיא? הַוְיָא לֵיהּ בְּרַתָּא בַּעֲלַת יוֹפִי, יוֹמָא חַד חַזְיֵאּ לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה כָּרֵיא בְּהוּצָא וְקָא חָזֵי לַהּ. אָמַר לוֹ: מַאי הַאי? אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, אִם לְלוֹקְחָהּ לֹא זָכִיתִי — לִרְאוֹתָהּ לֹא אֶזְכֶּה? אֲמַר לַהּ: בִּתִּי, קָא מְצַעֲרַתְּ לְהוּ לִבְרִיָּיתָא, שׁוּבִי לְעַפְרִיךְ וְאַל יִכָּשְׁלוּ בִּיךְ בְּנֵי אָדָם.
§ La Guemara rapporte un autre récit touchant Rabbi Yossi de Yokérèt. Il avait un certain âne que les gens louaient chaque jour pour le travail. Le soir, ils le renvoyaient avec l'argent de sa location sur le dos, et l'animal allait à la maison de son propriétaire. Mais s'ils ajoutaient ou retranchaient à la somme convenue, l'âne ne bougeait pas. Un jour, quelqu'un oublia une paire de sandales sur l'âne, et il ne bougea pas jusqu'à ce qu'on les retirât de son dos ; après quoi il s'en alla.
הַוְיָא לֵיהּ הָהוּא חֲמָרָא, כְּדַהֲווֹ אָגְרִי לַהּ כׇּל יוֹמָא, לְאוּרְתָּא הֲווֹ מְשַׁדְּרִי לֵהּ אַגְרַהּ אַגַּבַּהּ, וְאָתְיָא לְבֵי מָרַהּ, וְאִי טָפוּ לַהּ אוֹ בָּצְרִי לַהּ — לָא אָתְיָא. יוֹמָא חַד אִינְּשׁוֹ זוּגָא דְסַנְדָּלֵי עֲלַהּ, וְלָא אֲזַלָה עַד דְּשַׁקְלוּנְהוּ מִינַּהּ, וַהֲדַר אֲזַלָה.
La Guemara cite d'autres récits de miracles advenus à des justes. Chaque fois que les collecteurs de charité voyaient Eléazar du village de Birta, ils se cachaient de lui — car tout l'argent qu'Eléazar avait sur lui, il le leur donnait, et ils ne voulaient pas prendre tout son bien. Un jour, Eléazar alla au marché pour acheter ce dont il avait besoin pour la dot de sa fille. Les collecteurs de charité le virent et se cachèrent de lui.
אֶלְעָזָר אִישׁ בִּירְתָּא, כַּד הֲווֹ חָזוּ לֵיהּ גַּבָּאֵי צְדָקָה הֲווֹ טָשׁוּ מִינֵּיהּ, דְּכׇל מַאי דַּהֲוָה גַּבֵּיהּ יָהֵיב לְהוּ. יוֹמָא חַד הֲוָה סָלֵיק לְשׁוּקָא לְמִיזְבַּן נְדוּנְיָא לִבְרַתֵּיהּ, חַזְיוּהּ גַּבָּאֵי צְדָקָה, טְשׁוֹ מִינֵּיהּ.
Il alla courir après eux et leur dit : je vous adjure, dites-moi à quelle mitsva vous vous employez. Ils lui dirent : nous collectons de l'argent pour le mariage d'un orphelin et d'une orpheline. Il leur dit : je jure par le service du Temple qu'ils ont préséance sur ma fille. Il prit tout ce qu'il avait sur lui et le leur donna. Il lui resta un seul dinar, dont il s'acheta du blé ; puis il monta chez lui et le jeta dans le grenier.
אֲזַל וּרְהַט בָּתְרַיְיהוּ, אֲמַר לְהוּ: אַשְׁבַּעְתִּיכוּ בְּמַאי עָסְקִיתוּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: בְּיָתוֹם וִיתוֹמָה. אָמַר לָהֶן: הָעֲבוֹדָה שֶׁהֵן קוֹדְמִין לְבִתִּי. שְׁקַל כֹּל דַּהֲוָה בַּהֲדֵיהּ וִיהַב לְהוּ. פָּשׁ לֵיהּ חַד זוּזָא, זְבַן לֵיהּ חִיטֵּי, וְאַסֵּיק שַׁדְיֵיהּ בַּאֲכַלְבָּא.
La femme d'Eléazar vint dire à sa fille : qu'a apporté ton père ? Elle dit à sa mère : tout ce qu'il a apporté, il l'a jeté dans le grenier. Elle alla ouvrir la porte du grenier, et vit qu'il était plein de blé, au point qu'il sortait par la poignée de la porte, et que la porte ne s'ouvrait pas à cause du blé. Le grenier avait été miraculeusement entièrement rempli. La fille d'Eléazar alla à la maison d'étude et dit à son père : viens voir ce que t'a fait Celui qui t'aime (le Tout-Puissant). Il lui dit : je jure par le service du Temple que, en ce qui te concerne, ce blé est bien consacré, et que tu n'y as de part qu'en tant que l'une des pauvres d'Israël — car il ne voulait pas tirer profit d'un miracle.
אֲתַאי דְּבֵיתְהוּ אֲמַרָה לַהּ לִבְרַתֵּיהּ: מַאי אַיְיתִי אֲבוּךְ? אֲמַרָה לָהּ: כׇּל מָה דְּאַיְיתִי, בַּאֲכַלְבָּא שְׁדִיתֵיהּ. אָתְיָא לְמִיפְתַּח בָּבָא דַאֲכַלְבָּא, חֲזָת אֲכַלְבָּא דְּמַלְיָא חִיטֵּי וְקָא נָפְקָא בְּצִינּוֹרָא דְּדַשָּׁא, וְלָא מִיפְּתַח בָּבָא מֵחִיטֵּי. אֲזַלָא בְּרַתֵּיה לְבֵי מִדְרְשָׁא, אֲמַרָה לֵיהּ: בֹּא וּרְאֵה מָה עָשָׂה לְךָ אוֹהַבְךָ! אֲמַר לַהּ: הָעֲבוֹדָה, הֲרֵי הֵן הֶקְדֵּשׁ עָלַיִךְ, וְאֵין לָךְ בָּהֶן אֶלָּא כְּאֶחָד מֵעֲנִיֵּי יִשְׂרָאֵל.
La Guemara revient au sujet du jeûne pour la pluie. Rabbi Yehouda Nessia décréta un jeûne et pria pour la miséricorde, mais la pluie ne vint pas. Il dit, en se lamentant : combien grande est la différence entre le prophète Chmouel de Rama — pour qui la pluie tomba même lorsqu'il pria en été — et moi-même, Yehouda ben Gamliel ! Malheur à la génération échue à pareille direction ; malheur à celui aux jours de qui cela est arrivé. Il s'attrista, et la pluie vint.
רַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה גְּזַר תַּעֲנִיתָא, בְּעָא רַחֲמֵי וְלָא אֲתָא מִיטְרָא. אָמַר: כַּמָּה אִיכָּא מִשְּׁמוּאֵל הָרָמָתִי לִיהוּדָה בֶּן גַּמְלִיאֵל! אוֹי לוֹ לַדּוֹר שֶׁכֵּן נִתְקַע, אוֹי לוֹ לְמִי שֶׁעָלְתָה בְּיָמָיו כָּךְ! חֲלַשׁ דַּעְתֵּיהּ וַאֲתָא מִיטְרָא.
La Guemara rapporte un autre récit touchant un décret de jeûne du Nassi. Dans la maison du Nassi, un jeûne fut décrété, mais on n'en informa pas Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich la veille ; on les en informa au matin. Rech Lakich dit à Rabbi Yo'hanan : qu'allons-nous faire ? Nous n'avons pas pris ce jeûne sur nous la veille au soir, or un jeûne doit être accepté à la prière de l'après-midi du jour qui le précède. Rabbi Yo'hanan lui dit : nous sommes entraînés à la suite de la communauté — lorsque le Nassi décrète un jeûne public, il n'est pas besoin pour un individu de l'accepter la veille.
דְּבֵי נְשִׂיאָה גְּזַר תַּעֲנִיתָא, וְלָא אוֹדְעִינְהוּ לְרַבִּי יוֹחָנָן וּלְרֵישׁ לָקִישׁ. לְצַפְרָא אוֹדְעִינְהוּ. אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: הָא לָא קַבֵּילְנָא עֲלַן מֵאוּרְתָּא! אָמַר לֵיהּ: אֲנַן בָּתְרַיְיהוּ גְּרִרִינַן.
La Guemara énonce en outre qu'en une autre occasion, un jeûne fut décrété dans la maison du Nassi, mais la pluie ne vint pas. Ochaya, le plus jeune du groupe des Sages, leur enseigna une baraïta. Il est écrit : « Et si c'est par erreur que la communauté a péché, la chose étant cachée à leurs yeux » (Bamidbar 15, 24). Ce verset indique que les dirigeants sont tenus pour les yeux de la communauté.
דְּבֵי נְשִׂיאָה גְּזַר תַּעֲנִיתָא וְלָא אֲתָא מִיטְרָא. תְּנָא לְהוּ אוֹשַׁעְיָא זְעֵירָא דְּמִן חַבְרַיָּיא: ״וְהָיָה אִם מֵעֵינֵי הָעֵדָה נֶעֶשְׂתָה לִשְׁגָגָה״.
Taanit 24a
100%
תענית כ״ד אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית