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Traité Taanit

23b

Étude de Taanit 23b

Étude de la Guémara 23b

Guémara
…mais il ne leur rendit pas leur salut. Vers le soir, comme il ramassait du bois de chauffage, il plaça le bois et la houe sur une épaule, et son manteau sur l'autre. Tout au long du chemin, il ne portait pas ses chaussures, mais lorsqu'il arrivait à de l'eau, il les chaussait. Lorsqu'il arrivait à un endroit rempli de broussailles et d'épines, il relevait ses vêtements. Lorsqu'il atteignit la ville, sa femme sortit à sa rencontre, parée de ses atours. Lorsqu'il atteignit sa maison, sa femme entra la première, lui ensuite, et ensuite les deux Sages. Il s'assit et mangea du pain, mais ne dit pas aux Sages « venez et mangez », comme il était d'usage et poli. Il partagea le pain entre ses enfants : à l'aîné il donna un morceau, et au plus jeune il en donna deux.
וְלָא אַסְבַּר לְהוּ אַפֵּיהּ. בְּפַנְיָא, כִּי הֲוָה מְנַקֵּט צִיבֵי, דְּרָא צִיבֵי וּמָרָא בְּחַד כַּתְפָּא, וּגְלִימָא בְּחַד כַּתְפָּא. כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מְסָאנֵי, כִּי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ. כִּי מְטָא לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ. כִּי מְטָא לְמָתָא, נָפְקָה דְּבֵיתְהוּ לְאַפֵּיהּ כִּי מִיקַּשְּׁטָא. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, עַלַּת דְּבֵיתְהוּ בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל אִיהוּ, וַהֲדַר עָיְילִי רַבָּנַן. יְתֵיב וּכְרֵיךְ רִיפְתָּא וְלָא אֲמַר לְהוּ לְרַבָּנַן תּוּ כְּרוּכוּ. פְּלַג רִיפְתָּא לְיָנוֹקֵי, לְקַשִּׁישָׁא — חֲדָא, וּלְזוּטְרָא — תְּרֵי.
Abba 'Hilkiya dit à sa femme : je sais que ces Sages sont venus à cause de la pluie. Montons sur le toit et prions pour la miséricorde ; peut-être le Saint, béni soit-Il, sera-t-Il apaisé, et il pleuvra, sans que nous nous attribuions nous-mêmes le mérite de la pluie. Ils montèrent sur le toit. Il se tint dans un coin, et elle dans l'autre coin. Des nuages commencèrent à se former du côté où se tenait sa femme. Quand il redescendit, il dit aux Sages : pourquoi les Sages sont-ils venus ? Ils lui dirent : les autres Sages nous ont envoyés vers le Maître, afin que tu pries pour la miséricorde, pour la pluie. Il leur dit : béni soit Dieu, qui n'a pas eu besoin que vous sollicitiez Abba 'Hilkiya — car le ciel s'est rempli de nuages, et la pluie est assurément en chemin.
אֲמַר לַהּ לִדְבֵיתְהוּ: יָדַעְנָא דְּרַבָּנַן מִשּׁוּם מִיטְרָא קָא אָתוּ, נִיסַּק לְאִיגָּרָא וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִרַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְיֵיתֵי מִיטְרָא וְלָא נַחְזֵיק טֵיבוּתָא לְנַפְשִׁין. סַקוּ לְאִיגָּרָא, קָם אִיהוּ בַּחֲדָא זָוִיתָא, וְאִיהִי בַּחֲדָא זָוִיתָא, קְדוּם סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דִּדְבֵיתְהוּ. כִּי נָחֵית אֲמַר לְהוּ: אַמַּאי אֲתוֹ רַבָּנַן? אֲמַרוּ לֵיהּ: שַׁדַּרוּ לַן רַבָּנַן לְגַבֵּי דְּמָר לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי אַמִּיטְרָא. אֲמַר לְהוּ: בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁלֹּא הִצְרִיךְ אֶתְכֶם לְאַבָּא חִלְקִיָּה.
Ils lui dirent : nous savons que la pluie est venue grâce au Maître ; mais que le Maître veuille bien nous expliquer ces aspects de sa conduite qui nous laissent perplexes. Pour quelle raison, lorsque nous avons salué le Maître, le Maître n'a-t-il pas rendu notre salut ? Il leur dit : je suis un journalier, loué à la journée, et je me suis dit que je ne pouvais pas interrompre mon travail pour vous répondre. Ils s'enquirent encore : et pour quelle raison le Maître a-t-il porté le bois sur une épaule et son manteau sur l'autre ? Il leur dit : c'était une robe d'emprunt ; je l'avais empruntée pour cet usage-ci (la porter), et non pour cet usage-là (y poser du bois).
אֲמַרוּ לֵיהּ: יָדְעִינַן דְּמִיטְרָא מֵחֲמַת מָר הוּא דַּאֲתָא, אֶלָּא לֵימָא לַן מָר הָנֵי מִילֵּי דִּתְמִיהָא לַן: מַאי טַעְמָא כִּי יָהֵיבְנָא לְמָר שְׁלָמָא לָא אַסְבַּר לַן מָר אַפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: שְׂכִיר יוֹם הֲוַאי, וְאָמֵינָא: לָא אֶיפַּגַּר. וּמַאי טַעְמָא דְּרָא מָר צִיבֵי אַחַד כַּתְפֵּיהּ וּגְלִימָא אַחַד כַּתְפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: טַלִּית שְׁאוּלָה הָיְתָה. לְהָכִי שְׁאַלִי, וּלְהָכִי לָא שְׁאַלִי.
Les Sages continuèrent d'interroger Abba 'Hilkiya sur sa conduite inhabituelle. Pour quelle raison, tout au long du chemin, le Maître n'a-t-il pas porté ses chaussures, mais les a-t-il chaussées lorsqu'il est arrivé à l'eau ? Il leur dit : tout au long du chemin, je puis voir et prendre garde où je marche, et il n'est donc pas besoin que j'use mes chaussures ; mais dans l'eau, je ne puis voir. C'est pourquoi je chausse mes chaussures, pour ne pas me blesser. Ils demandèrent : pour quelle raison, lorsque le Maître est arrivé aux broussailles et aux épines, a-t-il relevé ses vêtements ? Il leur dit : cette chair-ci guérira si elle est égratignée par les épines, mais ce vêtement-là ne guérira pas s'il est déchiré.
מַאי טַעְמָא כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מָר מְסָאנֵיהּ וְכִי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: כּוּלַּהּ אוֹרְחָא חָזֵינָא, בְּמַיָּא לָא קָא חָזֵינָא. מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: זֶה מַעֲלֶה אֲרוּכָה, וְזֶה אֵינוֹ מַעֲלֶה אֲרוּכָה.
Ils s'enquirent encore : pour quelle raison, lorsque le Maître est arrivé à la ville, la femme du Maître est-elle sortie parée de ses atours ? Il leur dit : elle se vêt ainsi afin que, lorsque je traverse la ville, je ne pose pas mes yeux sur une autre femme. Ils demandèrent : pour quelle raison est-elle entrée la première, puis le Maître ensuite, et nous seulement après ? Il leur dit : parce que vous n'avez pas été éprouvés par moi — je ne pouvais savoir comment vous vous comporteriez, et je n'ai donc pas voulu que vous fussiez seuls avec ma femme.
מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְמָתָא נָפְקָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר כִּי מִיקַּשְּׁטָא? אֲמַר לְהוּ: כְּדֵי שֶׁלֹּא אֶתֵּן עֵינַי בְּאִשָּׁה אַחֶרֶת. מַאי טַעְמָא עָיְילָא הִיא בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל מָר אַבָּתְרַהּ, וַהֲדַר עָיְילִינַן אֲנַן? אֲמַר לְהוּ מִשּׁוּם דְּלָא בְּדִיקִיתוּ לִי.
Les Sages n'en avaient pas fini avec leurs questions. Pour quelle raison, lorsque le Maître a mangé du pain, ne nous as-tu pas dit « venez et mangez » ? Il répondit : parce qu'il n'y avait pas assez de pain pour des hôtes, et je me suis dit que je ne devais pas m'attirer le mérite des Sages pour rien, en vous offrant une nourriture que je ne pouvais vous servir. Ils demandèrent : pour quelle raison le Maître a-t-il donné à l'aîné un morceau de pain, et au plus jeune deux ? Il leur dit : cet aîné reste à la maison, et s'il a faim il peut manger à tout moment ; mais ce plus jeune siège et étudie à la synagogue, et il a donc plus faim.
מַאי טַעְמָא כִּי כָּרֵיךְ מָר רִיפְתָּא לָא אֲמַר לַן ״אֵיתוֹ כְּרוּכוּ״? מִשּׁוּם דְּלָא נְפִישָׁא רִיפְתָּא, וְאָמֵינָא: לָא אַחְזֵיק בְּהוּ בְּרַבָּנַן טֵיבוּתָא בְּחִנָּם. מַאי טַעְמָא יְהֵיב מָר לְיָנוֹקָא קַשִּׁישָׁא חֲדָא רִיפְתָּא וּלְזוּטְרָא תְּרֵי? אֲמַר לְהוּ: הַאי — קָאֵי בְּבֵיתָא, וְהַאי — יָתֵיב בְּבֵי כְנִישְׁתָּא.
Les deux Sages avaient une dernière série de questions pour Abba 'Hilkiya. Et pour quelle raison les nuages ont-ils commencé à se former du côté où se tenait la femme du Maître, avant ton propre côté ? Il expliqua : parce que ma femme est fréquemment à la maison, et qu'elle donne du pain aux pauvres ; le bienfait qu'elle procure aux nécessiteux est donc immédiat (peu après la pluie, elle peut leur fournir de quoi vivre), et ses prières sont exaucées sans délai. Moi, en revanche, je donne de l'argent aux pauvres, et le bienfait de mon don n'est pas immédiat. Ou bien encore : ses prières furent peut-être exaucées les premières parce que, lorsque des voyous [biryonei] habitaient notre voisinage, je priai pour qu'ils mourussent, mais elle pria pour qu'ils se repentissent — et en effet, ils se repentirent.
וּמַאי טַעְמָא קְדֻים סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דַּהֲווֹת קָיְימָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר לַעֲנָנָא דִידֵיהּ? מִשּׁוּם דְּאִיתְּתָא שְׁכִיחָא בְּבֵיתָא, וְיָהֲבָא רִיפְתָּא לַעֲנִיֵּי, וּמְקָרְבָא הֲנָיָיתַהּ. וַאֲנָא יָהֵיבְנָא זוּזָא, וְלָא מְקָרְבָא הֲנָיָיתֵיהּ. אִי נָמֵי: הָנְהוּ בִּירְיוֹנֵי דְּהָווּ בְּשִׁיבָבוּתַן, אֲנָא בָּעֵי רַחֲמֵי דְּלֵימוּתוּ, וְהִיא בָּעֲיָא רַחֲמֵי דְּלִיהְדְּרוּ בִּתְיוּבְתָּא [וַהֲדַרוּ].
§ La Guemara rapporte un autre récit sur un descendant de 'Honi HaMéaguel. 'Hanan haNe'hba était le fils de la fille de 'Honi HaMéaguel. Lorsque le monde avait besoin de pluie, les Sages lui envoyaient des écoliers, qui le saisissaient par le pan de son manteau et lui disaient : Abba, Abba (père, père), donne-nous de la pluie. Il disait devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, agis en faveur de ces enfants, qui ne savent pas distinguer entre leur Père du Ciel, qui peut donner la pluie, et le père qui ne peut donner la pluie. La Guemara demande : et pourquoi l'appelait-on 'Hanan haNe'hba (le caché) ? Parce qu'il se cachait [ma'hbi] dans les latrines, afin que les gens ne lui rendissent pas d'honneur.
חָנָן הַנֶּחְבָּא בַּר בְּרַתֵּיה דְּחוֹנִי הַמְעַגֵּל הֲוָה, כִּי מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲווֹ מְשַׁדְּרִי רַבָּנַן יָנוֹקֵי דְּבֵי רַב לְגַבֵּיהּ וְנָקְטִי לֵיהּ בְּשִׁיפּוּלֵי גְלִימֵיהּ, וַאֲמַרוּ לֵיהּ: אַבָּא, אַבָּא, הַב לַן מִיטְרָא! אָמַר לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל אֵלּוּ, שֶׁאֵין מַכִּירִין בֵּין אַבָּא דְּיָהֵיב מִיטְרָא, לְאַבָּא דְּלָא יָהֵיב מִיטְרָא. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חָנָן הַנֶּחְבָּא״ — מִפְּנֵי שֶׁהָיָה מַחְבִּיא עַצְמוֹ בְּבֵית הַכִּסֵּא.
La Guemara rapporte un autre récit sur des justes priant pour la pluie. Rabbi Zerika dit à Rav Safra : viens et vois la différence entre les puissants d'Erets Israël et les pieux de Babylonie. (Cette comparaison souligne la droiture des grands d'Erets Israël.) Par les « pieux de Babylonie », j'entends Rav Houna et Rav 'Hisda. Lorsque le monde a besoin de pluie, ces Sages disent : assemblons-nous et prions pour la miséricorde ; peut-être le Saint, béni soit-Il, sera-t-Il apaisé et fera-t-Il tomber la pluie. (Ainsi les pieux de Babylonie rendaient publiques leurs prières pour la pluie.)
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זְרִיקָא לְרַב סָפְרָא: תָּא חֲזִי מָה בֵּין תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל לַחֲסִידֵי דְבָבֶל. חֲסִידֵי דְבָבֶל רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא אָמְרִי: נִיכַּנֵּיף הֲדָדֵי וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִירַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא דְּיֵיתֵי מִיטְרָא.
En revanche, les puissants d'Erets Israël, tel Rabbi Yona, le père de Rabbi Mani, agissaient autrement. Lorsque le monde avait besoin de pluie, il entrait dans sa maison et disait aux siens : donnez-moi mon sac [guevalki], et j'irai m'acheter pour un dinar de grain. Lorsqu'il sortait, il allait se tenir en un lieu bas, comme il est écrit : « Des profondeurs je T'ai appelé, ô Éternel » (Téhilim 130, 1) ; et il se tenait en un lieu retiré, se couvrait d'un sac, priait pour la miséricorde, et la pluie venait. Lorsqu'il rentrait chez lui, on lui disait : le Maître a-t-il apporté du grain ? Il disait : je me suis dit, puisque la pluie est maintenant venue, il y aura un soulagement dans le monde et les prix baisseront bientôt. (Ainsi il cachait sa grandeur même aux siens.)
תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל כְּגוֹן רַבִּי יוֹנָה אֲבוּהּ דְּרַבִּי מָנִי, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲוָה עָיֵיל לְבֵיתֵיהּ וַאֲמַר לְהוּ: הַבוּ לִי גּוּאַלְקִי, וְאֵיזִיל וְאַיְיתֵי לִי בְּזוּזָא עִיבוּרָא. כִּי הֲוָה נָפֵיק לְבָרָא, אָזֵיל וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא עַמִּיקְתָּא, דִּכְתִיב: ״מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה׳״, וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא צְנִיעָא, וּמִכַּסֵּי בְּשַׂקָּא, וּבָעֵי רַחֲמֵי, וְאָתֵי מִיטְרָא. כִּי הֲוָה אָתֵי לְבֵיתֵיהּ, אָמְרִי לֵיהּ: אַיְיתִי מָר עִיבוּרָא? אֲמַר לְהוּ: אָמֵינָא, הוֹאִיל וַאֲתָא מִיטְרָא, הַשְׁתָּא רָוַוח עָלְמָא.
Et en outre, la Guemara rapporte que Rabbi Mani, le fils de Rabbi Yona, était persécuté par les membres de la maison du Nassi. Il se prosterna sur la tombe de son père et lui dit : père, père, ces hommes me persécutent. Un jour, ces hommes passaient là, près de la tombe, et les jambes de leurs chevaux s'enfoncèrent dans le sol jusqu'à ce qu'ils prissent sur eux de ne plus persécuter Rabbi Mani.
וְתוּ, רַבִּי מָנִי בְּרֵיהּ הֲווֹ קָא מְצַעֲרִי לֵיהּ דְּבֵי נְשִׂיאָה. אִישְׁתַּטַּח עַל קִבְרָא דַאֲבוּהּ, אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא אַבָּא! הָנֵי מְצַעֲרוּ לִי. יוֹמָא חַד הֲווֹ קָא חָלְפִי הָתָם, אִינְּקוּט כַּרְעָא דְסוּסָווֹתַיְיהוּ עַד דְּקַבִּילוּ עֲלַיְיהוּ דְּלָא קָא מְצַעֲרוּ לֵיהּ.
Et en outre, la Guemara rapporte que Rabbi Mani fréquentait Rabbi Yits'hak ben Eliachiv, un faiseur de miracles renommé. Une fois, Rabbi Mani lui dit : les riches membres de la maison de mon beau-père me persécutent. Rabbi Yits'hak dit : qu'ils s'appauvrissent, afin qu'ils ne te dominent plus. Et en effet, ils s'appauvrirent. Quelque temps après, Rabbi Mani lui dit : maintenant qu'ils sont pauvres, ils me pressent pour un soutien financier. Rabbi Yits'hak dit : qu'ils redeviennent riches. Et en effet, ils redevinrent riches.
וְתוּ: רַבִּי מָנִי הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב, אֲמַר לֵיהּ: עַתִּירֵי דְּבֵי חָמִי קָא מְצַעֲרוּ לִי. אֲמַר: לִיעֲנוֹ, וְאִיעֲנוֹ. אֲמַר: קָא דָחֲקוּ לִי. אֲמַר: לִיעַתְּרוּ, וְאִיעַתַּרוּ.
Taanit 23b
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תענית כ״ג במַסֶּכֶת תַּעֲנִית
גְּמָרָא וְלָא אַסְבַּר לְהוּ אַפֵּיהּ. בְּפַנְיָא, כִּי הֲוָה מְנַקֵּט צִיבֵי, דְּרָא צִיבֵי וּמָרָא בְּחַד כַּתְפָּא, וּגְלִימָא בְּחַד כַּתְפָּא. כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מְסָאנֵי, כִּי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ. כִּי מְטָא לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ. כִּי מְטָא לְמָתָא, נָפְקָה דְּבֵיתְהוּ לְאַפֵּיהּ כִּי מִיקַּשְּׁטָא. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, עַלַּת דְּבֵיתְהוּ בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל אִיהוּ, וַהֲדַר עָיְילִי רַבָּנַן. יְתֵיב וּכְרֵיךְ רִיפְתָּא וְלָא אֲמַר לְהוּ לְרַבָּנַן תּוּ כְּרוּכוּ. פְּלַג רִיפְתָּא לְיָנוֹקֵי, לְקַשִּׁישָׁא — חֲדָא, וּלְזוּטְרָא — תְּרֵי. אֲמַר לַהּ לִדְבֵיתְהוּ: יָדַעְנָא דְּרַבָּנַן מִשּׁוּם מִיטְרָא קָא אָתוּ, נִיסַּק לְאִיגָּרָא וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִרַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְיֵיתֵי מִיטְרָא וְלָא נַחְזֵיק טֵיבוּתָא לְנַפְשִׁין. סַקוּ לְאִיגָּרָא, קָם אִיהוּ בַּחֲדָא זָוִיתָא, וְאִיהִי בַּחֲדָא זָוִיתָא, קְדוּם סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דִּדְבֵיתְהוּ. כִּי נָחֵית אֲמַר לְהוּ: אַמַּאי אֲתוֹ רַבָּנַן? אֲמַרוּ לֵיהּ: שַׁדַּרוּ לַן רַבָּנַן לְגַבֵּי דְּמָר לְמִיבְעֵי רַחֲמֵי אַמִּיטְרָא. אֲמַר לְהוּ: בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁלֹּא הִצְרִיךְ אֶתְכֶם לְאַבָּא חִלְקִיָּה. אֲמַרוּ לֵיהּ: יָדְעִינַן דְּמִיטְרָא מֵחֲמַת מָר הוּא דַּאֲתָא, אֶלָּא לֵימָא לַן מָר הָנֵי מִילֵּי דִּתְמִיהָא לַן: מַאי טַעְמָא כִּי יָהֵיבְנָא לְמָר שְׁלָמָא לָא אַסְבַּר לַן מָר אַפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: שְׂכִיר יוֹם הֲוַאי, וְאָמֵינָא: לָא אֶיפַּגַּר. וּמַאי טַעְמָא דְּרָא מָר צִיבֵי אַחַד כַּתְפֵּיהּ וּגְלִימָא אַחַד כַּתְפֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: טַלִּית שְׁאוּלָה הָיְתָה. לְהָכִי שְׁאַלִי, וּלְהָכִי לָא שְׁאַלִי. מַאי טַעְמָא כּוּלַּהּ אוֹרְחָא לָא סָיֵים מָר מְסָאנֵיהּ וְכִי מָטֵי לְמַיָּא סָיֵים מְסָאנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: כּוּלַּהּ אוֹרְחָא חָזֵינָא, בְּמַיָּא לָא קָא חָזֵינָא. מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְהִיזְמֵי וְהִיגֵי דַּלִּינְהוּ לְמָנֵיהּ? אֲמַר לְהוּ: זֶה מַעֲלֶה אֲרוּכָה, וְזֶה אֵינוֹ מַעֲלֶה אֲרוּכָה. מַאי טַעְמָא כִּי מְטָא מָר לְמָתָא נָפְקָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר כִּי מִיקַּשְּׁטָא? אֲמַר לְהוּ: כְּדֵי שֶׁלֹּא אֶתֵּן עֵינַי בְּאִשָּׁה אַחֶרֶת. מַאי טַעְמָא עָיְילָא הִיא בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר עָיֵיל מָר אַבָּתְרַהּ, וַהֲדַר עָיְילִינַן אֲנַן? אֲמַר לְהוּ מִשּׁוּם דְּלָא בְּדִיקִיתוּ לִי. מַאי טַעְמָא כִּי כָּרֵיךְ מָר רִיפְתָּא לָא אֲמַר לַן ״אֵיתוֹ כְּרוּכוּ״? מִשּׁוּם דְּלָא נְפִישָׁא רִיפְתָּא, וְאָמֵינָא: לָא אַחְזֵיק בְּהוּ בְּרַבָּנַן טֵיבוּתָא בְּחִנָּם. מַאי טַעְמָא יְהֵיב מָר לְיָנוֹקָא קַשִּׁישָׁא חֲדָא רִיפְתָּא וּלְזוּטְרָא תְּרֵי? אֲמַר לְהוּ: הַאי — קָאֵי בְּבֵיתָא, וְהַאי — יָתֵיב בְּבֵי כְנִישְׁתָּא. וּמַאי טַעְמָא קְדֻים סְלוּק עֲנָנֵי מֵהָךְ זָוִיתָא דַּהֲווֹת קָיְימָא דְּבֵיתְהוּ דְּמָר לַעֲנָנָא דִידֵיהּ? מִשּׁוּם דְּאִיתְּתָא שְׁכִיחָא בְּבֵיתָא, וְיָהֲבָא רִיפְתָּא לַעֲנִיֵּי, וּמְקָרְבָא הֲנָיָיתַהּ. וַאֲנָא יָהֵיבְנָא זוּזָא, וְלָא מְקָרְבָא הֲנָיָיתֵיהּ. אִי נָמֵי: הָנְהוּ בִּירְיוֹנֵי דְּהָווּ בְּשִׁיבָבוּתַן, אֲנָא בָּעֵי רַחֲמֵי דְּלֵימוּתוּ, וְהִיא בָּעֲיָא רַחֲמֵי דְּלִיהְדְּרוּ בִּתְיוּבְתָּא [וַהֲדַרוּ]. חָנָן הַנֶּחְבָּא בַּר בְּרַתֵּיה דְּחוֹנִי הַמְעַגֵּל הֲוָה, כִּי מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲווֹ מְשַׁדְּרִי רַבָּנַן יָנוֹקֵי דְּבֵי רַב לְגַבֵּיהּ וְנָקְטִי לֵיהּ בְּשִׁיפּוּלֵי גְלִימֵיהּ, וַאֲמַרוּ לֵיהּ: אַבָּא, אַבָּא, הַב לַן מִיטְרָא! אָמַר לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל אֵלּוּ, שֶׁאֵין מַכִּירִין בֵּין אַבָּא דְּיָהֵיב מִיטְרָא, לְאַבָּא דְּלָא יָהֵיב מִיטְרָא. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חָנָן הַנֶּחְבָּא״ — מִפְּנֵי שֶׁהָיָה מַחְבִּיא עַצְמוֹ בְּבֵית הַכִּסֵּא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זְרִיקָא לְרַב סָפְרָא: תָּא חֲזִי מָה בֵּין תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל לַחֲסִידֵי דְבָבֶל. חֲסִידֵי דְבָבֶל רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא אָמְרִי: נִיכַּנֵּיף הֲדָדֵי וְנִיבְעֵי רַחֲמֵי, אֶפְשָׁר דְּמִירַצֵּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא דְּיֵיתֵי מִיטְרָא. תַּקִּיפֵי דְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל כְּגוֹן רַבִּי יוֹנָה אֲבוּהּ דְּרַבִּי מָנִי, כִּי הֲוָה מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִיטְרָא, הֲוָה עָיֵיל לְבֵיתֵיהּ וַאֲמַר לְהוּ: הַבוּ לִי גּוּאַלְקִי, וְאֵיזִיל וְאַיְיתֵי לִי בְּזוּזָא עִיבוּרָא. כִּי הֲוָה נָפֵיק לְבָרָא, אָזֵיל וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא עַמִּיקְתָּא, דִּכְתִיב: ״מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה׳״, וְקָאֵי בְּדוּכְתָּא צְנִיעָא, וּמִכַּסֵּי בְּשַׂקָּא, וּבָעֵי רַחֲמֵי, וְאָתֵי מִיטְרָא. כִּי הֲוָה אָתֵי לְבֵיתֵיהּ, אָמְרִי לֵיהּ: אַיְיתִי מָר עִיבוּרָא? אֲמַר לְהוּ: אָמֵינָא, הוֹאִיל וַאֲתָא מִיטְרָא, הַשְׁתָּא רָוַוח עָלְמָא. וְתוּ, רַבִּי מָנִי בְּרֵיהּ הֲווֹ קָא מְצַעֲרִי לֵיהּ דְּבֵי נְשִׂיאָה. אִישְׁתַּטַּח עַל קִבְרָא דַאֲבוּהּ, אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא אַבָּא! הָנֵי מְצַעֲרוּ לִי. יוֹמָא חַד הֲווֹ קָא חָלְפִי הָתָם, אִינְּקוּט כַּרְעָא דְסוּסָווֹתַיְיהוּ עַד דְּקַבִּילוּ עֲלַיְיהוּ דְּלָא קָא מְצַעֲרוּ לֵיהּ. וְתוּ: רַבִּי מָנִי הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב, אֲמַר לֵיהּ: עַתִּירֵי דְּבֵי חָמִי קָא מְצַעֲרוּ לִי. אֲמַר: לִיעֲנוֹ, וְאִיעֲנוֹ. אֲמַר: קָא דָחֲקוּ לִי. אֲמַר: לִיעַתְּרוּ, וְאִיעַתַּרוּ. אֲמַר: לָא מִיקַּבְּלִי עֲלַי אִינָשֵׁי בֵּיתִי. אֲמַר לֵיהּ: מָה שְׁמַהּ? חַנָּה. תִּתְיַיפִּי חַנָּה. וְנִתְיַיפֵּת. אֲמַר לֵיהּ: קָא מִגַּנְדְּרָא עֲלַי. אֲמַר לֵיהּ: אִי הָכִי תַּחְזוֹר חַנָּה לְשַׁחְרוּרִיתָהּ, וְחָזְרָה חַנָּה לְשַׁחְרוּרִיתָהּ. הָנְהוּ תְּרֵי תַלְמִידֵי דַּהֲווֹ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְיָשִׁיב, אֲמַרוּ לֵיהּ: נִיבְעֵי מָר רַחֲמֵי עֲלַן דְּנִיחֲכֵים טוּבָא. אֲמַר לְהוּ: עִמִּי הָיְתָה, וּשְׁלַחְתִּיהָ. רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין הֲוָה שְׁכִיחַ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי דְּמִן יוֹקֶרֶת. שִׁבְקֵיהּ, וַאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי.