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Traité Taanit

22b

Étude de Taanit 22b

Étude de la Guémara 22b

Guémara
« Mais il lui envoya des messagers pour dire : Qu'ai-je à faire avec toi, roi de Juda ? Ce n'est pas contre toi que je viens aujourd'hui, mais contre la maison avec laquelle je suis en guerre ; et Dieu m'a ordonné de me hâter. Garde-toi de t'opposer à Dieu, qui est avec moi, de peur qu'Il ne te détruise » (II Divrei haYamim / Chroniques 35, 21). Cela montre clairement que le Pharaon Nékho n'avait nulle intention d'engager le combat avec Yochiyahou.
״וַיִּשְׁלַח אֵלָיו מַלְאָכִים לֵאמֹר מַה לִּי וָלָךְ מֶלֶךְ יְהוּדָה לֹא עָלֶיךָ אַתָּה הַיּוֹם כִּי אֶל בֵּית מִלְחַמְתִּי וֵאלֹהִים אָמַר לְבַהֲלֵנִי חֲדַל לְךָ מֵאֱלֹהִים אֲשֶׁר עִמִּי וְאַל יַשְׁחִיתֶךָ״.
La Guemara demande : que signifie l'expression « Dieu, qui est avec moi » ? Rav Yehouda dit que Rav dit : cela vise l'idole de Nékho, qu'il emportait pour s'en faire aider — c'est une référence profane, à lire : « le dieu qui est avec moi, en ma possession ». Yochiyahou dit : puisqu'il met sa confiance dans l'idolâtrie, je pourrai le vaincre.
מַאי: ״אֱלֹהִים אֲשֶׁר עִמִּי״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: זוֹ עֲבוֹדָה זָרָה. אֲמַר: הוֹאִיל וְקָא בָּטַח בַּעֲבוֹדָה זָרָה — יָכֵילְנָא לֵיהּ.
Au sujet de la bataille de Yochiyahou contre le Pharaon Nékho, le verset dit : « Et les archers tirèrent sur le roi Yochiyahou, et le roi dit à ses serviteurs : Emmenez-moi, car je suis gravement blessé » (II Chroniques 35, 23). Que signifie « car je suis gravement blessé » ? Rav Yehouda dit que Rav dit : cela enseigne que les archers égyptiens firent de tout son corps comme un crible, par les nombreuses flèches qu'ils tirèrent sur lui.
״וַיֹּרוּ הַיֹּרִים לַמֶּלֶךְ יֹאשִׁיָּהוּ וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לַעֲבָדָיו הַעֲבִירוּנִי כִּי הׇחֳלֵיתִי מְאֹד״, מַאי ״כִּי הׇחֳלֵיתִי מְאֹד״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מְלַמֵּד שֶׁעָשׂוּ כׇּל גּוּפוֹ כִּכְבָרָה.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit que Rabbi Yo'hanan dit : pour quelle raison Yochiyahou fut-il puni ? Parce qu'il aurait dû consulter le prophète Yirmeyahou pour savoir s'il devait partir en guerre, et qu'il ne le consulta pas. Comment Yochiyahou interpréta-t-il les versets de la Torah, qui le conduisirent à partir en guerre ? Le verset dit : « Et l'épée ne passera pas par votre pays » (Vayikra 26, 6).
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מִפְּנֵי מָה נֶעֱנַשׁ יֹאשִׁיָּהוּ — מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לוֹ לִימָּלֵךְ בְּיִרְמְיָהוּ וְלֹא נִמְלַךְ. מַאי דְּרַשׁ: ״וְחֶרֶב לֹא תַעֲבֹר בְּאַרְצְכֶם״,
Que signifie le terme « épée » ? Si l'on dit qu'il s'agit d'une épée qui n'est pas de paix — mais n'est-il pas écrit plus haut dans le même verset : « Et Je donnerai la paix dans le pays » ? Plutôt, le verset doit signifier que même une épée de paix ne passera pas par le pays, et Yochiyahou chercha à empêcher cet événement, en accomplissement de la bénédiction. Mais il ne savait pas que sa génération ne méritait pas ces bénédictions, et qu'il ne recevrait donc pas l'assistance divine à cet égard.
מַאי ״חֶרֶב״? אִילֵּימָא חֶרֶב שֶׁאֵינָהּ שֶׁל שָׁלוֹם, וְהָכְתִיב: ״וְנָתַתִּי שָׁלוֹם בָּאָרֶץ״! אֶלָּא אֲפִילּוּ שֶׁל שָׁלוֹם. וְהוּא אֵינוֹ יוֹדֵעַ שֶׁאֵין דּוֹרוֹ דּוֹמֶה יָפֶה.
La Guemara examine les réflexions de Yochiyahou sur son lit de mort. Comme Yochiyahou se mourait, Yirmeyahou vit ses lèvres remuer. Yirmeyahou dit : peut-être, à Dieu ne plaise, dit-il quelque chose d'inconvenant, se plaignant du jugement de Dieu en sa grande détresse ? Il se pencha et entendit qu'il justifiait sur lui-même le jugement de Dieu. Yochiyahou disait : « L'Éternel est juste, car je me suis rebellé contre Sa parole » (Eikha 1, 18). À ce moment, Yirmeyahou commença son éloge funèbre de Yochiyahou : « Le souffle de nos narines, l'oint de l'Éternel, fut pris dans leurs fosses » (Eikha 4, 20).
כִּי הֲוָה נִיחָא נַפְשֵׁיהּ, חֲזָא יִרְמְיָהוּ שִׂפְווֹתֵיהּ דְּקָא מְרַחֲשָׁן, אָמַר: שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם מִילְּתָא דְּלָא מְהַגְּנָא אֲמַר אַגַּב צַעֲרֵיהּ. גְּחֵין וְשַׁמְעֵיהּ דְּקָא מַצְדֵּיק עֲלֵיהּ דִּינָא אַנַּפְשֵׁיהּ, אֲמַר: ״צַדִּיק הוּא ה׳ כִּי פִיהוּ מָרִיתִי״. פְּתַח עֲלֵיהּ הַהִיא שַׁעְתָּא: ״רוּחַ אַפֵּינוּ מְשִׁיחַ ה׳״.
§ La Michna a enseigné : il arriva que des Anciens descendirent de Jérusalem vers leurs villes et décrétèrent un jeûne pour tout le pays parce qu'on avait vu, dans la ville d'Achkelon, une petite quantité de nielle — de quoi remplir la bouche d'un four. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : voulaient-ils dire assez de grain pour remplir un four entier, ou peut-être assez de grain pour préparer du pain de quoi remplir un four ? Ce dernier est bien moindre, le pain étant collé aux parois du four et n'en remplissant pas l'espace intérieur.
מַעֲשֶׂה וְיָרְדוּ זְקֵנִים מִירוּשָׁלַיִם לְעָרֵיהֶם כּוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: כִּמְלֹא תַנּוּר תְּבוּאָה, אוֹ דִלְמָא כִּמְלֹא תַנּוּר פַּת.
La Guemara répond : viens et entends la formule de la MISHNA : « de quoi remplir la bouche d'un four ». Cela indique que le pain dont il s'agit ne remplit pas tout le four, mais couvre la bouche du four. La Guemara demande encore : et l'on peut encore soulever ce dilemme : la Michna parle-t-elle du pain du couvercle du four, ou peut-être d'une rangée de pains autour de la bouche du four ? Aucune résolution ne fut trouvée, et la Guemara énonce que le dilemme demeure non résolu (teikou).
תָּא שְׁמַע: כִּמְלֹא פִי תַנּוּר. וַעֲדַיִין תִּיבְּעֵי לְהוּ: כְּכִיסּוּיָא דְתַנּוּרָא, אוֹ דִלְמָא כִּי דָרָא דְרִיפְתָּא דְּהָדַר לֵיהּ לְפוּמָּא דְתַנּוּרָא? תֵּיקוּ.
§ La Michna a enseigné : et en outre, ils décrétèrent un jeûne parce que des loups avaient dévoré deux enfants en Transjordanie. Oulla dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotsadak : il arriva que des loups engloutirent deux enfants et les rejetèrent. Et l'affaire vint devant les Sages pour un jugement : on leur demanda si les restes étaient impurs même après avoir traversé le tube digestif de l'animal ; ils déclarèrent la chair pure (car digérée), mais déclarèrent impurs les os intacts.
וְעוֹד גָּזְרוּ תַּעֲנִית עַל שֶׁאָכְלוּ זְאֵבִים כּוּ׳. אָמַר עוּלָּא מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: מַעֲשֶׂה וּבָלְעוּ זְאֵבִים שְׁנֵי תִינוֹקוֹת וֶהֱקִיאוּם דֶּרֶךְ בֵּית הָרְעִי. וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים, וְטִיהֲרוּ אֶת הַבָּשָׂר, וְטִמְּאוּ אֶת הָעֲצָמוֹת.
§ La Michna a enseigné en outre : pour les calamités suivantes, on sonne l'alarme même le Chabbat — pour une ville encerclée par des troupes de non-Juifs, pour un lieu menacé d'être inondé par un fleuve qui a débordé de ses rives, ou pour un navire ballotté en mer. Nos maîtres ont enseigné : dans le cas d'une ville encerclée par des troupes de non-Juifs, ou d'un fleuve qui a débordé de ses rives — et cela vaut aussi pour un navire ballotté en mer, et pour un individu poursuivi par des non-Juifs, ou par des brigands, ou par un esprit malin (qui pourrait le pousser à se nuire) —, on sonne l'alarme même le Chabbat. Et dans tous ces cas, un individu est permis de s'affliger par le jeûne pour faire annuler les décrets mauvais contre lui.
עַל אֵלּוּ מַתְרִיעִין בְּשַׁבָּת כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: עִיר שֶׁהִקִּיפוּהָ נׇכְרִים אוֹ נָהָר, וְאֶחָד סְפִינָה הַמִּיטָּרֶפֶת בַּיָּם, וְאֶחָד יָחִיד שֶׁנִּרְדָּף מִפְּנֵי נׇכְרִים אוֹ מִפְּנֵי לִסְטִין וּמִפְּנֵי רוּחַ רָעָה — מַתְרִיעִין בְּשַׁבָּת. וְעַל כּוּלָּן יָחִיד רַשַּׁאי לְסַגֵּף אֶת עַצְמוֹ בְּתַעֲנִית.
Rabbi Yossi dit : un individu n'est pas autorisé à se mortifier par le jeûne, de peur qu'il ne devienne trop faible pour travailler et ne se trouve à la charge d'autres êtres, qui n'auront pas pitié de lui. Rav Yehouda dit que Rav dit : quelle est la raison de Rabbi Yossi ? C'est comme il est écrit : « Et l'homme devint un être vivant » (Béréchit 2, 7). Rabbi Yossi interprète ce verset comme un ordre : l'âme que J'ai placée en toi, conserve-la et entretiens-la.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין הַיָּחִיד רַשַּׁאי לְסַגֵּף אֶת עַצְמוֹ בְּתַעֲנִית, שֶׁמָּא יִצְטָרֵךְ לַבְּרִיּוֹת וְאֵין הַבְּרִיּוֹת מְרַחֲמוֹת עָלָיו. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי — דִּכְתִיב: ״וַיְהִי הָאָדָם לְנֶפֶשׁ חַיָּה״ — נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתִּי בְּךָ הַחְיֵיה.
§ La Michna a enseigné que Chimon le Timni dit : on sonne l'alarme le Chabbat même pour la peste, mais les Sages ne furent pas d'accord avec lui. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : cela signifie-t-il que les Sages ne furent pas d'accord avec lui pour crier en ces cas le Chabbat, mais que, s'ils surviennent un jour de semaine, ils étaient d'accord avec lui ? Ou peut-être ne furent-ils pas du tout d'accord avec lui, tenant qu'on ne crie jamais au sujet de la peste ?
שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי אוֹמֵר: אַף עַל הַדֶּבֶר כּוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: לֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים בַּשַּׁבָּת, אֲבָל בַּחוֹל — הוֹדוּ לוֹ, אוֹ דִלְמָא: לֹא הוֹדוּ לוֹ כְּלָל?
Taanit 22b
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תענית כ״ב במַסֶּכֶת תַּעֲנִית