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Traité Taanit

20a

Étude de Taanit 20a

Étude de la Guémara 20a

Guémara
…et maintenant il pleuvrait ? Il entra dans les bains, plein de joie, dans l'attente de la grosse somme qu'il allait recevoir. Tandis que le maître entrait dans les bains en sa joie, Nakdimon entra dans le Temple en sa tristesse. Il s'enveloppa de son châle de prière et se tint debout en prière.
וְעַכְשָׁיו יֵרְדוּ גְּשָׁמִים?! נִכְנַס לְבֵית הַמֶּרְחָץ בְּשִׂמְחָה. עַד שֶׁהַהֶגְמוֹן נִכְנַס בְּשִׂמְחָתוֹ לְבֵית הַמֶּרְחָץ, נַקְדִּימוֹן נִכְנַס לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ כְּשֶׁהוּא עָצוּב. נִתְעַטֵּף, וְעָמַד בִּתְפִלָּה.
Il dit devant Dieu : Maître du monde, il est révélé et connu devant Toi que je n'ai pas agi pour mon propre honneur, ni pour l'honneur de la maison de mon père, mais pour Ton honneur — afin qu'il y eût de l'eau pour les pèlerins de la fête. Aussitôt le ciel se couvrit, et la pluie tomba jusqu'à ce que les douze citernes fussent remplies d'eau, et il y eut même davantage d'eau, de sorte qu'elles débordèrent.
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנֶיךָ שֶׁלֹּא לִכְבוֹדִי עָשִׂיתִי, וְלֹא לִכְבוֹד בֵּית אַבָּא עָשִׂיתִי, אֶלָּא לִכְבוֹדְךָ עָשִׂיתִי, שֶׁיְּהוּ מַיִם מְצוּיִין לְעוֹלֵי רְגָלִים. מִיָּד נִתְקַשְּׁרוּ שָׁמַיִם בְּעָבִים, וְיָרְדוּ גְּשָׁמִים עַד שֶׁנִּתְמַלְּאוּ שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה מַעֲיָנוֹת מַיִם וְהוֹתִירוּ.
Comme le maître sortait des bains, Nakdimon ben Gourion sortit du Temple. Lorsqu'ils se rencontrèrent, Nakdimon lui dit : donne-moi l'argent que tu me dois pour le surplus d'eau que tu as reçu. L'officier lui dit : je sais que le Saint, béni soit-Il, a ébranlé Son monde et fait tomber la pluie pour toi seul. Mais j'ai encore une prétention contre toi, par laquelle je puis légalement te réclamer mes pièces, car tu ne m'as pas payé à la date convenue : le soleil s'était déjà couché, et la pluie est donc tombée sur ma propriété.
עַד שֶׁיָּצָא הֶגְמוֹן מִבֵּית הַמֶּרְחָץ, נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן יָצָא מִבֵּית הַמִּקְדָּשׁ. כְּשֶׁפָּגְעוּ זֶה בָּזֶה, אָמַר לוֹ: תֵּן לִי דְּמֵי מַיִם יוֹתֵר שֶׁיֵּשׁ לִי בְּיָדְךָ! אָמַר לוֹ: יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁלֹּא הִרְעִישׁ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת עוֹלָמוֹ אֶלָּא בִּשְׁבִילְךָ, אֶלָּא עֲדַיִין יֵשׁ לִי פִּתְחוֹן פֶּה עָלֶיךָ, שֶׁאוֹצִיא מִמְּךָ אֶת מְעוֹתַיי, שֶׁכְּבָר שָׁקְעָה חַמָּה, וּגְשָׁמִים — בִּרְשׁוּתִי יָרְדוּ.
Nakdimon retourna entrer dans le Temple, s'enveloppa de son châle de prière et se tint debout en prière. Il dit devant Dieu : Maître du monde, qu'il soit connu que Tu as des bien-aimés dans Ton monde. Aussitôt les nuages se dispersèrent et le soleil brilla. À ce moment, le maître lui dit : si le soleil n'avait pas percé les nuages, j'aurais eu une prétention contre toi, par laquelle j'aurais pu te réclamer mes pièces. Un Sage a enseigné : Nakdimon n'était pas son vrai nom ; son nom était Bouni. Et pourquoi l'appelait-on Nakdimon ? Parce que le soleil perça [nikdéra] pour lui.
חָזַר וְנִכְנַס לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ, נִתְעַטֵּף וְעָמַד בִּתְפִלָּה, וְאָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! הוֹדַע שֶׁיֵּשׁ לְךָ אֲהוּבִים בְּעוֹלָמֶךָ! מִיָּד נִתְפַּזְּרוּ הֶעָבִים וְזָרְחָה הַחַמָּה. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמַר לוֹ אוֹתוֹ הֶגְמוֹן: אִילּוּ לֹא נִקְדְּרָה הַחַמָּה, הָיָה לִי פִּתְחוֹן פֶּה עָלֶיךָ שֶׁאוֹצִיא מִמְּךָ מְעוֹתַיי. תָּנָא: לֹא נַקְדִּימוֹן שְׁמוֹ, אֶלָּא בּוּנִי שְׁמוֹ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נַקְדִּימוֹן — שֶׁנִּקְדְּרָה חַמָּה בַּעֲבוּרוֹ.
Nos maîtres ont enseigné : pour trois hommes, le soleil perça et brilla à un moment irrégulier, en leur faveur : Moïse, Yehochoua et Nakdimon ben Gourion. La Guemara demande : soit, le cas de Nakdimon ben Gourion est connu par la tradition susmentionnée. Le cas de Yehochoua se déduit aussi d'un verset, comme il est écrit : « Et le soleil s'arrêta, et la lune se tint immobile, jusqu'à ce que le peuple se fût vengé de ses ennemis » (Yehochoua 10, 13). Mais d'où déduisons-nous que le soleil brilla de manière surnaturelle pour Moïse ?
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה נִקְדְּמָה לָהֶם חַמָּה בַּעֲבוּרָן: מֹשֶׁה, וִיהוֹשֻׁעַ, וְנַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן. בִּשְׁלָמָא נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן — גְּמָרָא. יְהוֹשֻׁעַ — נָמֵי קְרָא, דִּכְתִיב: ״וַיִּדֹּם הַשֶּׁמֶשׁ וְיָרֵחַ עָמָד וְגוֹ׳״. אֶלָּא מֹשֶׁה מְנָלַן?
Rabbi Eléazar dit : on le déduit par une analogie verbale entre « Je commencerai » et « Je commencerai ». Ici, au sujet de Moïse, il est écrit : « En ce jour Je commencerai [a'hel] à mettre la terreur et la crainte de toi sur les peuples qui sont sous tout le ciel » (Devarim 2, 25). Et là, au sujet de Yehochoua, il est écrit : « En ce jour Je commencerai [a'hel] à te grandir aux yeux de tout Israël, afin qu'ils sachent que, comme J'ai été avec Moïse, Je serai avec toi » (Yehochoua 3, 7). L'emploi répété de « Je commencerai » indique que tous les miracles accomplis pour Yehochoua le furent aussi pour Moïse.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״אָחֵל״ ״אָחֵל״, כְּתִיב הָכָא: ״אָחֵל תֵּת פַּחְדְּךָ״, וּכְתִיב הָתָם: ״אָחֵל גַּדֶּלְךָ״.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit : le fait que le soleil s'arrêta pour Moïse se déduit d'une autre analogie verbale, entre les termes « mettre » et « mettre ». Ici, au sujet de Moïse, il est écrit : « Je commencerai à mettre [tét] la terreur de toi » (Devarim 2, 25). Et là, au sujet de Yehochoua, il est écrit : « Alors Yehochoua parla à l'Éternel, le jour où l'Éternel livra [tét] les Amorites devant les enfants d'Israël, et il dit aux yeux d'Israël : Soleil, arrête-toi sur Guivon, et toi, lune, sur la vallée d'Ayalon » (Yehochoua 10, 12).
רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: אָתְיָא ״תֵּת״ ״תֵּת״, כְּתִיב הָכָא: ״אָחֵל תֵּת פַּחְדְּךָ״, וּכְתִיב הָתָם: ״בְּיוֹם תֵּת ה׳ אֶת הָאֱמֹרִי״.
Rabbi Yo'hanan dit : cette idée se déduit du verset lui-même, car il est dit au sujet de Moïse : « En ce jour Je commencerai à mettre la terreur et la crainte de toi sur les peuples qui sont sous tout le ciel, qui, lorsqu'ils entendront le bruit de toi, trembleront et seront dans l'angoisse à cause de toi » (Devarim 2, 25). Quand les nations du monde tremblèrent-elles et furent-elles dans l'angoisse à cause de toi ? Lorsque le soleil perça pour Moïse.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר, אָתְיָא מִגּוּפֵיהּ דִּקְרָא: ״אֲשֶׁר יִשְׁמְעוּן שִׁמְעֲךָ וְרָגְזוּ וְחָלוּ מִפָּנֶיךָ״, אֵימָתַי רָגְזוּ וְחָלוּ מִפָּנֶיךָ — בְּשָׁעָה שֶׁנִּקְדְּמָה לוֹ חַמָּה לְמֹשֶׁה.
§ La Michna a enseigné : et de même, s'il est une ville particulière sur laquelle il n'a pas plu, tandis que les environs ont reçu la pluie, c'est tenu pour une malédiction divine, comme il est écrit : « Et Je ferai pleuvoir sur une ville, et sur une autre ville Je ne ferai pas pleuvoir ; une parcelle recevra la pluie, et la parcelle sur laquelle il ne pleuvra pas se desséchera » (Amos 4, 7). Rav Yehouda dit que Rav dit : et les deux villes sont sous la malédiction, car l'une souffre de la sécheresse tandis que l'autre est frappée d'orages destructeurs.
וְכֵן עִיר שֶׁלֹּא יָרְדוּ עָלֶיהָ גְּשָׁמִים כּוּ׳. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: וּשְׁתֵּיהֶן לִקְלָלָה.
Cet énoncé renverse le sens littéral d'un verset. La Guemara donne d'autres interprétations que Rav Yehouda attribua à Rav, qui vont aussi à l'encontre du sens simple : « Jérusalem au milieu d'eux était comme une femme menstruée (nidda) » (Eikha 1, 17). Rav Yehouda dit que Rav dit : bien que le sens simple soit une malédiction, on peut aussi l'entendre comme une bénédiction. Jérusalem était comme une femme menstruée : de même qu'une menstruée redeviendra permise à son mari après la fin de ses jours d'impureté rituelle, de même Jérusalem sera relevée de sa destruction.
״הָיְתָה יְרוּשָׁלִַים לְנִדָּה בֵּינֵיהֶם״, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לִבְרָכָה, כְּנִדָּה: מָה נִדָּה יֵשׁ לָהּ הֶיתֵּר — אַף יְרוּשָׁלַיִם יֵשׁ לָהּ תַּקָּנָה.
De même, au sujet du verset « Comme elle est devenue semblable à une veuve » (Eikha 1, 1), Rav Yehouda dit : ceci aussi est pour une bénédiction. Le verset dit que Jérusalem est comme une veuve, mais n'est pas une veuve réelle ; elle est plutôt comme une femme dont le mari est parti dans un pays d'outre-mer. Sans son mari à ses côtés, elle est assimilée à une veuve, et pourtant il a l'intention de revenir vers elle.
״הָיְתָה כְּאַלְמָנָה״, אָמַר רַב יְהוּדָה, לִבְרָכָה: כְּאַלְמָנָה — וְלֹא אַלְמָנָה מַמָּשׁ, אֶלָּא כְּאִשָּׁה שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ לִמְדִינַת הַיָּם, וְדַעְתּוֹ לַחֲזוֹר עָלֶיהָ.
La même manière d'expliquer s'applique au verset : « Et Moi aussi, Je vous ai rendus méprisés et abaissés » (Malakhi 2, 9). Rav Yehouda dit : ceci aussi peut s'interpréter comme une bénédiction, au sens où les nations nous voient comme inférieurs, mais ne nous assignent pourtant pas de tâches désagréables : elles ne désignent parmi nous ni officiers des fleuves ni fonctionnaires du gouvernement [guéziripatei].
״וְגַם אֲנִי נָתַתִּי אֶתְכֶם נִבְזִים וּשְׁפָלִים״, אָמַר רַב יְהוּדָה: לִבְרָכָה, דְּלָא מוֹקְמִי מִינַּן לָא רֵישֵׁי נַהֲרֵי וְלָא גְּזִירִיפָּטֵי.
Taanit 20a
100%
תענית כ׳ אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית