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Traité Taanit

19b

Étude de Taanit 19b

Étude de la Guémara 19b

Guémara
…cela est tenu pour une sécheresse (batsorta). Si le produit doit être amené d'une province à une autre province, cela est tenu pour une famine (kafna). Et Rabbi 'Hanina dit : si un séa de grain se vend un séla, mais qu'il s'en trouve, c'est tenu pour une sécheresse — bien que les prix aient monté, il reste du grain pour qui peut se le payer. Mais si quatre séa de grain se vendent un séla, et qu'il ne s'en trouve pas, c'est tenu pour une famine.
בַּצּוּרְתָּא. מְדִינְתָּא אַמְּדִינְתָּא — כַּפְנָא. וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: סְאָה בְּסֶלַע וּשְׁכִיחָא — בַּצּוּרְתָּא. אַרְבָּעָה וְלָא שְׁכִיחָא — כַּפְנָא.
Rabbi Yo'hanan dit : on n'a enseigné cela qu'au sujet d'un temps où l'argent est bon marché (tout le monde en a) et où le produit est cher. Mais lorsque l'argent est cher (c'est-à-dire qu'il fait défaut) et que le produit est bon marché, on crie à ce sujet immédiatement, car c'est tenu pour une famine. Comme l'a dit Rabbi Yo'hanan : je me souviens d'un temps où quatre séa de produit se vendaient un séla, et où il y avait pourtant beaucoup de gens enflés par la faim à Tibériade, faute d'avoir ne fût-ce qu'un issar pour acheter de la nourriture.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁהַמָּעוֹת בְּזוֹל וּפֵירוֹת בְּיוֹקֶר, אֲבָל מָעוֹת בְּיוֹקֶר וּפֵירוֹת בְּזוֹל — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ מִיָּד. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: נְהִירְנָא כַּד הֲווֹ קָיְימִי אַרְבְּעָה סְאִין בְּסֶלַע, וַהֲווֹ נְפִישִׁי נְפִיחֵי כְפַן בִּטְבֶרְיָא מִדְּלֵית אִיסָּר.
§ La Michna a enseigné : si une pluie suffisante est tombée pour la végétation mais non pour les arbres, ou pour les arbres mais non pour la végétation, ou pour l'une et l'autre mais non assez pour remplir les citernes, les fossés et les grottes en vue de l'été — on crie à ce sujet immédiatement. La Guemara remarque : soit, pour une pluie tombée en quantité suffisante pour la végétation mais non pour les arbres, ce cas se trouve, par exemple si une pluie douce est tombée mais non une pluie forte (insuffisante pour les arbres). De même, il est possible qu'il tombe assez de pluie pour les arbres sans que cela profite à la végétation, si une pluie forte est tombée mais non une pluie douce.
יָרְדוּ לַצְּמָחִין אֲבָל לֹא לָאִילָן. בִּשְׁלָמָא לַצְּמָחִים וְלֹא לָאִילָן — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דַּאֲתָא נִיחָא, וְלָא אֲתָיא רַזְיָא. לָאִילָן וְלֹא לַצְּמָחִין — דַּאֲתָיא רַזְיָא, וְלָא אֲתָיא נִיחָא.
De même, dans le cas d'une pluie qui profite à l'une et l'autre — arbres et végétation — mais non aux citernes, fossés et grottes, tu peux trouver cela aussi, si une pluie forte et une pluie douce sont tombées, mais non en abondance, de sorte que l'eau des citernes ne durera pas tout l'été. Mais ce qui est enseigné dans une baraïta — si une pluie suffisante est tombée pour les citernes, fossés et grottes, mais non pour l'une ou l'autre (arbres ou plantes) —, comment trouver ces circonstances ? Si la pluie suffit à remplir les citernes, comment pourrait-elle ne pas suffire aux plantes et aux arbres ? La Guemara répond : là où la pluie tombe en une seule averse — elle emplira les citernes, mais n'apportera aucun profit aux plantes et aux arbres.
לָזֶה וְלָזֶה אֲבָל לֹא לַבּוֹרוֹת וְלֹא לַשִּׁיחִין וּמְעָרוֹת — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ דַּאֲתָיא רַזְיָא וְנִיחָא, מִיהוּ טוּבָא לָא אֲתָיא. אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: יָרְדוּ לְבוֹרוֹת לַשִּׁיחִין וְלַמְּעָרוֹת אֲבָל לֹא לָזֶה וְלָזֶה, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? דַּאֲתָיא בִּשְׁפִיכוּתָא.
Nos maîtres ont enseigné : on crie à propos des arbres qui n'ont pas reçu assez de pluie jusqu'aux environs de Pessa'h, car au-delà de ce temps nulle pluie ne profitera plus aux arbres. En revanche, on sonne l'alarme pour les citernes, fossés et grottes qui n'ont pas été remplis jusqu'aux abords de la fête de Souccot. Et en tout temps, s'ils n'ont pas d'eau à boire, on sonne l'alarme à leur sujet immédiatement.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּפְרוֹס הַפֶּסַח, עַל הַבּוֹרוֹת וְשִׁיחִין וּמְעָרוֹת בִּפְרוֹס הַחַג. וְאִם אֵין לָהֶן מַיִם לִשְׁתּוֹת — מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן מִיָּד.
Et que signifie au juste leur emploi du mot « immédiatement » en ces cas ? Le lundi, le jeudi et le lundi de la semaine où le tribunal a eu connaissance de la crise — mais non nécessairement le jour même où elle est devenue manifeste. Et dans tous ces cas de pluie interrompue, on ne sonne l'alarme à leur sujet que dans leur propre district [iparkheya], mais non dans les autres régions où la pluie tombe normalement.
וְאֵיזֶהוּ מִיָּד שֶׁלָּהֶן — שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי. וְעַל כּוּלָּן אֵין מַתְרִיעִין עֲלֵיהֶן אֶלָּא בָּאִפַּרְכִיָּא שֶׁלָּהֶן.
Et au sujet de la diphtérie (askara) : lorsqu'elle a le pouvoir de causer la mort, on sonne l'alarme à son sujet ; lorsqu'elle n'a pas ce pouvoir, on ne sonne pas l'alarme. Et l'on sonne l'alarme à l'arrivée des sauterelles, pour n'importe quelle quantité, car il est probable que d'autres sauterelles soient en chemin. En revanche, on ne sonne pas l'alarme à l'arrivée des sauterelles (’hagavim, criquets pèlerins moindres). Rabbi Chimon ben Eléazar dit : on sonne l'alarme même pour ces criquets, car ils peuvent eux aussi causer de grands dommages s'ils essaiment en grand nombre.
וְאַסְכָּרָא, בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מִיתָה — מַתְרִיעִין עָלֶיהָ. בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ מִיתָה — אֵין מַתְרִיעִין עָלֶיהָ. וּמַתְרִיעִין עַל הַגּוֹבַאי בְּכׇל שֶׁהוּא. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אַף עַל הֶחָגָב.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : on sonne l'alarme à propos des arbres durant les six autres années du cycle sabbatique de sept ans, lorsque la terre est travaillée, mais non durant l'année sabbatique (chémita), où l'on doit s'abstenir de travailler la terre. En revanche, pour les citernes, fossés et grottes, on sonne l'alarme même durant l'année sabbatique. Rabban Chimon ben Gamliel dit : même pour les arbres on sonne l'alarme durant l'année sabbatique, car ils servent de subsistance aux pauvres. Puisque les pauvres comptent sur ces arbres pour leur nourriture durant l'année sabbatique, ils perdraient leur moyen de subsistance s'il ne pleuvait pas.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ. עַל הַבּוֹרוֹת וְעַל הַשִּׁיחִין וְעַל הַמְּעָרוֹת אֲפִילּוּ בַּשְּׁבִיעִית. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף עַל הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן פַּרְנָסָה לַעֲנִיִּים.
Il est enseigné dans une autre baraïta : on sonne l'alarme à propos des arbres durant les autres années du cycle sabbatique, et pour les citernes, fossés et grottes on sonne l'alarme même durant l'année sabbatique. Rabban Chimon ben Gamliel dit : même pour les arbres. En outre, on sonne l'alarme pour les repousses spontanées (séfi'him) des récoltes qui ont poussé d'elles-mêmes durant l'année sabbatique, car elles servent de subsistance aux pauvres — puisqu'il est permis de manger les repousses.
תַּנְיָא אִידַּךְ: מַתְרִיעִין עַל הָאִילָנוֹת בִּשְׁאָר שְׁנֵי שָׁבוּעַ. עַל הַבּוֹרוֹת עַל הַשִּׁיחִין וְעַל הַמְּעָרוֹת אֲפִילּוּ בַּשְּׁבִיעִית. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף עַל הָאִילָנוֹת. מַתְרִיעִין עַל הַסְּפִיחִין בַּשְּׁבִיעִית, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן פַּרְנָסָה לָעֲנִיִּים.
§ Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Eléazar ben Perata dit : depuis le jour où le Temple fut détruit, les pluies sont devenues parcimonieuses — c'est-à-dire que, globalement, il n'en tombe pas assez dans le monde. Il y a des années dont les pluies sont abondantes, et des années dont les pluies sont rares ; il y a des années dont les pluies tombent en leur temps voulu, et des années dont les pluies ne tombent pas en leur temps.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נַעֲשׂוּ גְּשָׁמִים צִימּוּקִין לָעוֹלָם. יֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מְרוּבִּין, וְיֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מוּעָטִין. יֵשׁ שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן, וְיֵשׁ שָׁנָה שֶׁאֵין גְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן.
Une année dont les pluies tombent en leur temps, à quoi est-elle comparable ? À un serviteur à qui son maître donna sa ration hebdomadaire le dimanche : il se trouve ainsi que sa pâte est cuite comme il faut tout au long de la semaine, et qu'elle est mangée comme il faut, car il en a une quantité suffisante. À l'inverse, une année dont les pluies ne tombent pas en leur temps, à quoi est-elle comparable ? À un serviteur à qui son maître donna sa ration la veille de Chabbat, alors qu'il n'a pas assez de temps pour la préparer pleinement : il se trouve ainsi que sa pâte est mal cuite, et qu'elle est mal mangée.
שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּאֶחָד בְּשַׁבָּת, נִמְצֵאת עִיסָּה נֶאֱפֵית כְּתִיקְנָהּ, וְנֶאֱכֶלֶת כְּתִיקְנָהּ. שָׁנָה שֶׁאֵין גְּשָׁמֶיהָ יוֹרְדִין בִּזְמַנָּן לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּעֶרֶב שַׁבָּת, נִמְצֵאת עִיסָּה נֶאֱפֵית שֶׁלֹּא כְּתִיקְנָהּ, וְנֶאֱכֶלֶת שֶׁלֹּא כְּתִיקְנָהּ.
Une année dont les pluies sont abondantes, à quoi est-elle comparable ? À un serviteur à qui son maître donna sa ration pour une longue période, en une seule fois : il fait toute sa mouture en une seule fois, et il se trouve ainsi que le moulin moud et produit autant de déchet d'un kor de produit que d'un kav, bien plus petit. À chaque opération de mouture, la même quantité de farine se perd ; moudre une grande quantité en une seule fois préserve donc la farine. Et de même, il se trouve que la pâte se réduit d'un kor comme elle se réduit d'un kav.
שָׁנָה שֶׁגְּשָׁמֶיהָ מְרוּבִּין לְמָה הוּא דּוֹמֶה — לְעֶבֶד שֶׁנָּתַן לוֹ רַבּוֹ פַּרְנָסָתוֹ בְּבַת אַחַת, נִמְצְאוּ רֵיחַיִם טוֹחֲנוֹת מִן הַכּוֹר מַה שֶּׁטּוֹחֲנוֹת מִן הַקַּב, וְנִמְצֵאת עִיסָּה אוֹכֶלֶת מִן הַכּוֹר כְּמוֹ [שֶׁ]אוֹכֶלֶת מִן הַקַּב.
Taanit 19b
100%
תענית י״ט במַסֶּכֶת תַּעֲנִית