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Traité Taanit

17a

Étude de Taanit 17a

Étude de la Guémara 17a

Guémara
…qu'à Roch Hachana, et au Yom Kippour des années jubilaires (Yovel), et en temps de guerre.
אֶלָּא בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּבַיּוֹבְלוֹת, וּבִשְׁעַת מִלְחָמָה.
§ La Michna enseigne : pour la première bénédiction, il dit : « Celui qui a répondu à Abraham ». Il fut enseigné dans une baraïta : certains intervertissent l'ordre de la conclusion de deux bénédictions, récitant « Qui entend les cris » dans la cinquième bénédiction (qui traite d'Élie), et la conclusion « Qui entend la prière » dans la bénédiction de Chmouel. La Guemara demande : soit, au sujet de Chmouel, les deux options conviennent, car il est écrit à son sujet « prière » et il est de même écrit « cri » : un verset dit « Et Chmouel dit : Rassemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai pour vous l'Éternel » (I Chmouel 7, 5), tandis qu'un autre dit « Et Chmouel cria vers l'Éternel pour Israël » (I Chmouel 7, 9).
עַל הָרִאשׁוֹנָה הוּא אוֹמֵר: מִי שֶׁעָנָה אֶת אַבְרָהָם כּוּ׳. תָּנָא: יֵשׁ מַחְלִיפִין צְעָקָה לְאֵלִיָּהוּ, וּתְפִלָּה לִשְׁמוּאֵל. בִּשְׁלָמָא גַּבֵּי שְׁמוּאֵל — כְּתִיב בֵּיהּ תְּפִלָּה וּכְתִיב בֵּיהּ צְעָקָה.
Mais au sujet d'Élie, bien que la prière soit écrite — comme il est dit : « Élie le prophète s'approcha et dit : Éternel, Dieu d'Abraham, d'Yits'hak et d'Israël » (I Mélakhim 18, 36), qui se rapporte à une prière —, le cri n'est pas écrit ! Comment, dès lors, peut-on conclure par « les cris » une bénédiction qui traite d'Élie ? La Guemara répond : l'énoncé d'Élie « Réponds-moi, Éternel, réponds-moi » (I Mélakhim 18, 37) est une expression de cri, même si le terme « cri » lui-même n'y figure pas.
אֶלָּא גַּבֵּי אֵלִיָּהוּ — תְּפִלָּה כְּתִיב, צְעָקָה לָא כְּתִיב! ״עֲנֵנִי ה׳ עֲנֵנִי״ לְשׁוֹן צְעָקָה הִיא.
§ La Michna enseigne en outre : pour la sixième, il dit « Celui qui a répondu à Yona » ; pour la septième, « Celui qui a répondu à David ». La Guemara demande : puisque Yona vint après David et Salomon, quelle est la raison pour laquelle le tanna mentionne Yona en premier ? La Guemara répond : la raison tient à ce qu'il veut conclure la série par « Béni sois-Tu, Éternel, qui as pitié de la Terre » ; c'est pourquoi la dernière bénédiction mentionne David et Salomon, rois d'Erets Israël, qui prièrent en sa faveur. Il fut enseigné au nom de Soumakhos qu'on conclut la dernière bénédiction par « Béni sois-Tu, Éternel, qui abaisses les orgueilleux ».
עַל הַשִּׁשִּׁית הוּא אוֹמֵר: מִי שֶׁעָנָה אֶת יוֹנָה כּוּ׳. עַל הַשְּׁבִיעִית הוּא אוֹמֵר: מִי שֶׁעָנָה אֶת דָּוִד כּוּ׳. מִכְּדֵי יוֹנָה בָּתַר דָּוִד וּשְׁלֹמֹה הֲוָה, מַאי טַעְמָא מַקְדֵּים לֵיהּ בְּרֵישָׁא? מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִיחְתַּם ״מְרַחֵם עַל הָאָרֶץ״. תָּנָא, מִשּׁוּם סוֹמְכוֹס אָמְרוּ: ״בָּרוּךְ מַשְׁפִּיל הָרָמִים״.
§ La Michna enseigne que, lors des trois premiers jeûnes, les membres de la garde sacerdotale (anchei michmar) jeûnent mais n'achèvent pas leur jeûne jusqu'à la tombée de la nuit. La Michna cite alors d'autres halakhot touchant les membres de la garde sacerdotale et la famille patrilinéaire. Nos maîtres ont enseigné : pour quelle raison a-t-on dit que les membres de la garde sacerdotale sont permis de boire du vin la nuit mais non le jour ? Ils l'ont dit de peur qu'un certain jour le service du Temple ne devienne accablant pour les membres de la famille patrilinéaire, et que les membres de la garde sacerdotale ne soient appelés à venir les assister. Il leur est donc interdit de boire du vin le jour, quand leur aide pourrait être requise, afin qu'ils n'entrent pas au Temple après avoir bu du vin.
שָׁלֹשׁ תַּעֲנִיּוֹת הָרִאשׁוֹנוֹת אַנְשֵׁי מִשְׁמָר מִתְעַנִּין וְלֹא מַשְׁלִימִין כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ אַנְשֵׁי מִשְׁמָר מוּתָּרִין לִשְׁתּוֹת יַיִן בַּלֵּילוֹת אֲבָל לֹא בַּיָּמִים — שֶׁמָּא תִּכְבַּד הָעֲבוֹדָה עַל אַנְשֵׁי בֵּית אָב, וְיָבוֹאוּ וִיסַיְּיעוּ לָהֶם.
La baraïta poursuit l'explication de la décision de la MISHNA : pour quelle raison a-t-on dit que les membres de la famille patrilinéaire ne peuvent boire de vin ni le jour ni la nuit ? Parce qu'ils sont constamment engagés dans le service du Temple.
מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ אַנְשֵׁי בֵּית אָב לֹא בַּיּוֹם וְלֹא בַּלַּיְלָה — מִפְּנֵי שֶׁהֵן עֲסוּקִין תָּמִיד בָּעֲבוֹדָה.
De là, les Sages ont dit : même de nos jours, après la destruction du Temple, tout prêtre qui connaît sa garde (michmar) — celle où sa famille servait — et la garde de sa famille patrilinéaire, et qui sait que la famille de ses pères fut établie comme apte au service là-bas, il lui est interdit de boire du vin tout ce jour-là, au cas où le Temple serait rebâti ce jour-là et où il serait appelé à reprendre le service. Quant à un prêtre qui connaît sa garde (la semaine de l'année où sa famille servait) mais ne connaît pas la garde de sa famille patrilinéaire (le jour de la semaine où sa famille servait), tout en sachant que la famille de ses pères y fut établie, il lui est interdit de boire du vin toute cette semaine-là.
מִכָּאן אָמְרוּ: כׇּל כֹּהֵן שֶׁמַּכִּיר מִשְׁמַרְתּוֹ וּמִשְׁמֶרֶת בֵּית אָב שֶׁלּוֹ, וְיוֹדֵעַ שֶׁבָּתֵּי אֲבוֹתָיו קְבוּעִין שָׁם — אָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן כׇּל אוֹתוֹ הַיּוֹם. בְּמַכִּיר מִשְׁמַרְתּוֹ וְאֵין מַכִּיר מִשְׁמֶרֶת בֵּית אָב שֶׁלּוֹ, וְיוֹדֵעַ שֶׁבָּתֵּי אֲבוֹתָיו קְבוּעִין שָׁם — אָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן כׇּל אוֹתָהּ שַׁבָּת.
Enfin, s'il ne connaît ni sa garde ni la garde de sa famille patrilinéaire, mais sait que la famille de ses pères y fut établie, il lui est interdit de boire du vin toute cette année-là. Car, lorsque le Temple sera rebâti, sa garde pourrait être appelée à servir, et il ignore le moment fixé de son service au Temple.
אֵינוֹ מַכִּיר מִשְׁמַרְתּוֹ וּמִשְׁמֶרֶת בֵּית אָב שֶׁלּוֹ, וְיוֹדֵעַ שֶׁבָּתֵּי אֲבוֹתָיו קְבוּעִין שָׁם — אָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן כׇּל הַשָּׁנָה.
Rabbi Yehouda HaNassi dit : je dis que, selon ce raisonnement, il est interdit à tout prêtre de boire du vin en tout temps — même s'il connaît sa garde —, car l'ordre des gardes pourrait changer quand le Temple sera rebâti, ou peut-être toutes les gardes participeront-elles à la réinauguration du Temple. Mais que puis-je faire, puisque son infortune fait son avantage ? Le fait, malheureux, que tant d'années se soient écoulées depuis la destruction du Temple signifie que ce décret interdisant aux prêtres de boire ne peut être maintenu. Abayé dit : selon quelle opinion les prêtres boivent-ils du vin de nos jours ? Selon l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi.
רַבִּי אוֹמֵר, אוֹמֵר אֲנִי: אָסוּר לִשְׁתּוֹת יַיִן לְעוֹלָם, אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה שֶׁתַּקָּנָתוֹ קַלְקָלָתוֹ. אָמַר אַבָּיֵי: כְּמַאן שָׁתוּ הָאִידָּנָא כָּהֲנֵי חַמְרָא — כְּרַבִּי.
§ La Michna enseigne : il est interdit, tant aux membres de la garde sacerdotale qu'à ceux de la garde non sacerdotale (maamad), de se couper les cheveux ou de laver leurs vêtements durant toute la semaine ; mais le jeudi, il leur est permis de se couper les cheveux et de laver leurs vêtements, par égard pour le Chabbat. La Guemara demande : quelle est la raison de ces interdictions ? Rabba bar bar 'Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit : ces interdictions furent édictées afin d'assurer que les prêtres se couperaient les cheveux et laveraient leurs vêtements durant la semaine qui précède leur service, de sorte qu'ils n'entrent pas dans leur garde négligés.
אַנְשֵׁי מִשְׁמָר וְאַנְשֵׁי מַעֲמָד אֲסוּרִים לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס, וּבַחֲמִישִׁי מוּתָּרִין מִפְּנֵי כְּבוֹד הַשַּׁבָּת. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כְּדֵי שֶׁלֹּא יִכָּנְסוּ לְמִשְׁמַרְתָּם כְּשֶׁהֵן מְנֻוּוֹלִין.
Nos maîtres ont enseigné : un roi se coupe les cheveux chaque jour ; un grand prêtre, chaque veille de Chabbat ; et un prêtre ordinaire, une fois tous les trente jours. La Guemara précise : un roi se coupe les cheveux chaque jour — quelle en est la raison ? Rabbi Abba bar Zavda dit que le verset dit : « Tes yeux verront le roi dans sa beauté » (Yéchayahou 33, 17), indiquant qu'un roi doit toujours paraître à son avantage. Un grand prêtre se coupe les cheveux chaque veille de Chabbat — quelle en est la raison ? Rav Chmouel bar Yits'hak dit : puisque les gardes se renouvellent et changent chaque veille de Chabbat, il convient que chaque garde voie le grand prêtre parfaitement coiffé.
תָּנוּ רַבָּנַן: מֶלֶךְ מִסְתַּפֵּר בְּכׇל יוֹם, כֹּהֵן גָּדוֹל — מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת, כֹּהֵן הֶדְיוֹט — אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם. מֶלֶךְ מִסְתַּפֵּר בְּכׇל יוֹם — מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר זַבְדָּא, אָמַר קְרָא: ״מֶלֶךְ בְּיׇפְיוֹ תֶּחֱזֶינָה עֵינֶיךָ״. כֹּהֵן גָּדוֹל מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת — מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק: הוֹאִיל וּמִשְׁמָרוֹת מִתְחַדְּשׁוֹת.
§ Un prêtre ordinaire se coupe les cheveux une fois tous les trente jours — d'où le tenons-nous ? On le déduit par une analogie verbale entre le mot péra au sujet des prêtres et péra au sujet du nazir. Il est écrit ici, au sujet des prêtres : « Ils ne se raseront pas la tête et ne laisseront pas croître leurs boucles [péra] » (Yé'hezkel 44, 20), et il est écrit là, au sujet du nazir : « Il sera saint, il laissera croître les boucles [péra] de la chevelure de sa tête » (Bamidbar 6, 5). De même que là, un nazir qui ne précise aucune autre durée se coupe les cheveux après trente jours, de même ici, un prêtre se coupe les cheveux tous les trente jours.
כֹּהֵן הֶדְיוֹט אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם — מְנָלַן? אָתְיָא ״פֶּרַע״ ״פֶּרַע״ מִנָּזִיר, כְּתִיב הָכָא: ״וְרֹאשָׁם לֹא יְגַלֵּחוּ וּפֶרַע לֹא יְשַׁלֵּחוּ״, וּכְתִיב הָתָם: ״קָדֹשׁ יִהְיֶה גַּדֵּל פֶּרַע שְׂעַר רֹאשׁוֹ״, מָה לְהַלָּן שְׁלֹשִׁים — אַף כָּאן שְׁלֹשִׁים.
Taanit 17a
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תענית י״ז אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית