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Traité Taanit

16a

Étude de Taanit 16a

Étude de la Guémara 16a

Guémara
…celui qui est humilié par d'autres. Par conséquent, les cendres sont placées sur les têtes des dirigeants de la communauté par d'autres, afin d'accroître l'apparence de leur souffrance. La Guemara demande : et où exactement les cendres sont-elles placées sur leur tête ? Rabbi Yits'hak dit : à l'emplacement des téfilines de la tête, comme il est dit : « accorder à ceux qui sont en deuil de Sion, leur donner une parure [péer] au lieu de cendres » (Yéchayahou 61, 3). Ce verset compare le placement des cendres sur la tête à une parure — et le terme péer s'interprète traditionnellement comme une référence aux téfilines.
לְמִתְבַּיֵּישׁ מֵאֲחֵרִים. וְהֵיכָא מַנַּח לְהוּ? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: בִּמְקוֹם תְּפִילִּין. שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָשׂוּם לַאֲבֵלֵי צִיּוֹן לָתֵת לָהֶם פְּאֵר תַּחַת אֵפֶר״.
§ La Guemara donne un moyen mnémotechnique pour les énoncés à venir : place ; arche ; et sacs ; cendres ; cendres ; cimetière ; et Moriah. La Guemara demande : pourquoi sort-on sur la place ? Rabbi 'Hiya bar Abba dit : c'est un acte symbolique, comme pour dire : nous avons crié en privé, à l'intérieur de la synagogue, et nous n'avons pas été exaucés ; nous nous déshonorerons donc en public, afin que nos prières soient entendues.
רְחוֹב, תֵּיבָה, וְשַׂקִּים, אֵפֶר, אֵפֶר, קְבוּרָה, וּמוֹרִיָּה סִימָן. לָמָּה יוֹצְאִין לָרְחוֹב? רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר: לוֹמַר — זָעַקְנוּ בְּצִנְעָא וְלֹא נַעֲנֵינוּ, נְבַזֶּה עַצְמֵנוּ בְּפַרְהֶסְיָא.
Rech Lakich dit que le passage sur la place symbolise l'exil, comme s'ils disaient : nous avons été exilés ; que notre exil nous serve d'expiation. La Guemara demande : quelle est la différence pratique entre ces deux explications ? La Guemara répond : la différence pratique se présente dans un cas où ils sont « exilés » — c'est-à-dire qu'ils se déplacent — d'une synagogue à une autre synagogue. Selon l'opinion de Rech Lakich, ils se sont exilés, et cette cérémonie suffit donc ; tandis que Rabbi 'Hiya bar Abba tient que, le rite s'accomplissant en privé, il est insuffisant.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: גָּלִינוּ, גָּלוּתֵינוּ מְכַפֶּרֶת עָלֵינוּ. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, דְּגָלוּ מִבֵּי כְנִישְׁתָּא לְבֵי כְנִישְׁתָּא.
La Guemara pose une autre question sur le sens du rite. Et pourquoi sort-on l'arche sur la grand-place de la ville ? Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : cela se fait comme pour dire : nous avions un vase modeste, toujours tenu caché, mais il a été exposé en public à cause de nos transgressions.
וְלָמָּה מוֹצִיאִין אֶת הַתֵּיבָה לִרְחוֹבָהּ שֶׁל עִיר? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, לוֹמַר: כְּלִי צָנוּעַ הָיָה לָנוּ, וְנִתְבַּזָּה בַּעֲווֹנֵינוּ.
La Guemara demande encore : et pourquoi se couvre-t-on de sacs ? Rabbi 'Hiya bar Abba dit : c'est comme pour dire : nous sommes tenus devant Toi pour semblables à des bêtes, qui sont de même couvertes de peau. Et pourquoi place-t-on des cendres brûlées sur l'arche ? Rabbi Yehouda ben Pazi dit : c'est comme pour dire, au nom de Dieu : « Je serai avec lui dans la détresse » (Téhilim 91, 15). Rech Lakich dit que la même idée se déduit d'un autre verset : « Dans toute leur détresse, Il fut en détresse » (Yéchayahou 63, 9) — en plaçant des cendres brûlées sur l'arche, symbole de la Présence divine, c'est comme si Dieu Lui-même partageait la peine des Juifs. Rabbi Zéra dit : au début, lorsque je voyais les Sages placer des cendres brûlées sur l'arche, tout mon corps tremblait, tant l'événement était intense.
וְלָמָּה מִתְכַּסִּין בְּשַׂקִּים? אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: לוֹמַר — הֲרֵי אָנוּ חֲשׁוּבִין כִּבְהֵמָה. וְלָמָּה נוֹתְנִין אֵפֶר מִקְלֶה עַל גַּבֵּי תֵּיבָה? אָמַר רַבִּי יְהוּדָה בֶּן פַּזִּי: כְּלוֹמַר — ״עִמּוֹ אָנֹכִי בְּצָרָה״. רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: ״בְּכׇל צָרָתָם לוֹ צָר״. אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ כִּי הֲוָה חֲזֵינָא לְהוּ לְרַבָּנַן דְּיָהֲבִי אֵפֶר מִקְלֶה עַל גַּבֵּי תֵּיבָה — מִזְדַּעְזַע לִי כּוּלֵּיהּ גּוּפַאי.
Et pourquoi place-t-on des cendres sur la tête de chacun et chacun ? Rabbi Lévi bar 'Hama et Rabbi 'Hanina divergent à ce sujet. L'un dit que c'est comme pour dire : nous sommes tenus pour de la cendre devant Toi. Et l'autre dit que ces cendres sont placées afin de rappeler à Dieu, en notre faveur, les cendres de notre père Yits'hak (la ligature, sur l'autel). La Guemara demande : quelle est la différence pratique ? La Guemara répond : la différence se présente dans un cas où l'on a placé de la terre ordinaire sur les têtes au lieu de cendres. La terre symbolise certes l'anéantissement de soi (et conviendrait selon la première explication), mais elle n'a aucun lien avec la ligature de Yits'hak, et ne satisfait donc pas la seconde explication.
וְלָמָּה נוֹתְנִין אֵפֶר בְּרֹאשׁ כׇּל אֶחָד וְאֶחָד? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא וְרַבִּי חֲנִינָא. חַד אָמַר: הֲרֵי אָנוּ חֲשׁוּבִין לְפָנֶיךָ כְּאֵפֶר, וְחַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁיִּזְכּוֹר לָנוּ אֶפְרוֹ שֶׁל יִצְחָק. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ עָפָר סְתָם.
La Guemara demande encore : et pourquoi sort-on au cimetière un jour de jeûne ? De nouveau, Rabbi Lévi bar 'Hama et Rabbi 'Hanina divergent. L'un dit : c'est comme pour dire : nous sommes comme des morts devant Toi. Et l'autre dit : on sort au cimetière afin que les défunts implorent la miséricorde en notre faveur. La Guemara demande : quelle est la différence pratique ? La Guemara répond : la différence concerne les tombes de non-Juifs. Si le but d'aller aux tombes est de dire qu'on se tient devant Dieu comme les morts, des tombes de non-Juifs suffiraient ; mais si l'on va au cimetière pour que les défunts demandent miséricorde, il faut visiter spécifiquement des tombes juives.
לָמָּה יוֹצְאִין לְבֵית הַקְּבָרוֹת? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא וְרַבִּי חֲנִינָא. חַד אָמַר: הֲרֵי אָנוּ חֲשׁוּבִין לְפָנֶיךָ כְּמֵתִים, וְחַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁיְּבַקְּשׁוּ עָלֵינוּ מֵתִים רַחֲמִים. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ קִבְרֵי נׇכְרִים.
§ À propos des divergences entre Rabbi Lévi bar 'Hama et Rabbi 'Hanina, la Guemara mentionne un autre désaccord entre eux. Que signifie le nom « mont [Har] Moriah », le mont du Temple ? Rabbi Lévi bar 'Hama et Rabbi 'Hanina divergent. L'un dit que le nom fait allusion au grand Sanhédrin qui y siégeait, car c'est la montagne d'où l'enseignement (horaa) sortait vers le peuple juif. Et l'autre dit que c'est la montagne d'où la crainte (mora) sortait vers les nations du monde — ce lieu signifiant le choix d'Israël par Dieu.
מַאי הַר הַמּוֹרִיָּה? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא וְרַבִּי חֲנִינָא. חַד אָמַר: הַר שֶׁיָּצָא מִמֶּנּוּ הוֹרָאָה לְיִשְׂרָאֵל, וְחַד אָמַר: הַר שֶׁיָּצָא מִמֶּנּוּ מוֹרָא לְאוּמּוֹת הָעוֹלָם.
§ La Michna a enseigné : le plus ancien de la communauté leur adresse des paroles de réprimande. Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : s'il y a un ancien, c'est l'ancien qui dit l'exhortation ; sinon, c'est un Sage qui la dit ; sinon, une personne d'allure imposante. La Guemara demande : est-ce à dire que l'ancien dont on a parlé est préféré à un érudit du seul fait de son âge, même s'il n'est pas érudit ? Abayé dit : voici ce que dit la MISHNA : s'il y a un ancien qui est aussi érudit, c'est cet ancien érudit qui dit l'exhortation ; sinon, même un jeune érudit dit la réprimande ; et s'il n'y a aucun érudit, une personne d'allure imposante la dit.
הַזָּקֵן שֶׁבָּהֶן אוֹמֵר לִפְנֵיהֶן דִּבְרֵי כִבּוּשִׁין. תָּנוּ רַבָּנַן: אִם יֵשׁ זָקֵן — אוֹמֵר זָקֵן. וְאִם לָאו — אוֹמֵר חָכָם, וְאִם לָאו — אוֹמֵר אָדָם שֶׁל צוּרָה. אַטּוּ זָקֵן דְּקָאָמְרִי, אַף עַל גַּב דְּלָאו חָכָם הוּא? אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: אִם יֵשׁ זָקֵן וְהוּא חָכָם — אוֹמֵר זָקֵן וְהוּא חָכָם, וְאִם לָאו — אוֹמֵר חָכָם, וְאִם לָאו — אוֹמֵר אָדָם שֶׁל צוּרָה.
Que dit-il ? Nos frères, ce ne sont pas le sac et le jeûne qui causent l'expiation de nos fautes, mais le repentir (téchouva) et les bonnes actions qui causent notre expiation. Comme nous le trouvons au sujet des gens de Ninive, dont il n'est pas dit : « et Dieu vit leur sac et leur jeûne », mais : « et Dieu vit leurs actes, qu'ils étaient revenus de leur voie mauvaise » (Yona 3, 10).
אַחֵינוּ, לֹא שַׂק וְתַעֲנִית גּוֹרְמִים, אֶלָּא תְּשׁוּבָה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים גּוֹרְמִים. שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּאַנְשֵׁי נִינְוֵה, שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בָּהֶם ״וַיַּרְא הָאֱלֹהִים אֶת שַׂקָּם וְאֶת תַּעֲנִיתָם״, אֶלָּא: ״וַיַּרְא הָאֱלֹהִים אֶת מַעֲשֵׂיהֶם כִּי שָׁבוּ מִדַּרְכָּם הָרָעָה״.
§ À propos du repentir des habitants de Ninive, la Guemara examine plus avant leur conduite. Le verset dit : « Que l'homme et la bête se couvrent de sacs » (Yona 3, 8). Que firent-ils ? Ils enfermèrent à part les femelles, et à part leurs petits, en des lieux différents. Puis ils dirent devant Dieu : Maître du monde, si Tu n'as pas pitié de nous, nous n'aurons pas pitié de ces bêtes. Même si nous ne sommes pas dignes de Ta miséricorde, ces bêtes n'ont pas péché.
״וְיִתְכַּסּוּ שַׂקִּים הָאָדָם וְהַבְּהֵמָה״, מַאי הֲווֹ עָבְדִי? אָסְרוּ הַבְּהֵמוֹת לְחוּד, וְאֶת הַוְּולָדוֹת לְחוּד. אָמְרוּ לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! אִם אֵין אַתָּה מְרַחֵם עָלֵינוּ — אֵין אָנוּ מְרַחֲמִים עַל אֵלּוּ.
Il est dit encore au sujet des gens de Ninive : « Et qu'ils crient à Dieu avec force » (Yona 3, 8). La Guemara demande : que dirent-ils qui pût être décrit comme un appel « avec force » ? La Guemara explique qu'ils dirent devant Dieu : Maître du monde, s'il y a un litige entre un être conciliant et un être intraitable, ou entre un juste et un méchant, lequel doit céder devant lequel ? Assurément, le juste pardonne au méchant. De même, Tu dois avoir pitié de nous.
״וְיִקְרְאוּ אֶל אֱלֹהִים בְּחׇזְקָה״, מַאי אֲמוּר? אָמְרוּ לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! עָלוּב וְשֶׁאֵינוֹ עָלוּב, צַדִּיק וְרָשָׁע — מִי נִדְחֶה מִפְּנֵי מִי?
Taanit 16a
100%
תענית ט״ז אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית