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Traité Taanit

11a

Étude de Taanit 11a

Étude de la Guémara 11a

Guémara
…se présente dans un cas où il est assis dans un bateau. Le voyageur doit alors se soucier de ses provisions, mais n'a pas à craindre que les cahots de la route ne le forcent à un effort susceptible de causer des troubles digestifs. Autrement, la différence pratique se présente dans un cas où il voyage de relais [avna] en relais : ici l'effort de la route pourrait causer des troubles digestifs, mais il n'a pas à s'inquiéter de manquer de nourriture, pouvant se réapprovisionner en chemin.
דְּיָתֵיב בְּאַרְבָּא. אִי נָמֵי, דְּקָאָזֵיל מֵאַוּוֹנָא לְאַוּוֹנָא.
La Guemara rapporte que, lorsque Rav Papa voyageait, à chaque parsa il mangeait un pain. Rav Papa agissait ainsi parce qu'il tenait que l'interdiction était due aux intestins ; et comme il était en bonne santé, il ne craignait pas que le voyage par la route n'irritât sa digestion.
רַב פָּפָּא — כׇּל פַּרְסָה וּפַרְסָה אָכֵיל חֲדָא רִיפְתָּא. קָסָבַר, מִשּׁוּם מַעְיָינָא.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : quiconque a de la nourriture pour lui-même et néanmoins se prive en années de famine sera sauvé d'une mort hors du commun, comme il est dit : « Dans la famine, Il te rachètera de la mort » (Iyov 5, 20). On le déduit de la formulation précise du verset : au lieu de « dans la famine », il aurait dû dire « de la famine », puisqu'on est délivré de la famine. Plutôt, voici ce que dit le verset : en récompense de s'être privé en années de famine, Iyov sera sauvé d'une mort hors du commun.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמַּרְעִיב עַצְמוֹ בִּשְׁנֵי רְעָבוֹן, — נִיצָּל מִמִּיתָה מְשׁוּנָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרָעָב פָּדְךָ מִמָּוֶת״. ״מֵרָעָב״ מִיבְּעֵי לֵיהּ, אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: בִּשְׂכַר שֶׁמַּרְעִיב עַצְמוֹ בִּשְׁנֵי רְעָבוֹן — נִיצּוֹל מִמִּיתָה מְשׁוּנָּה.
De même, Rech Lakich dit : il est interdit d'avoir des relations conjugales en années de famine, afin que des enfants ne naissent pas durant ces années difficiles, comme il est dit : « Et il naquit à Yossef deux fils avant que vînt l'année de la famine » (Béréchit 41, 50). Il fut enseigné dans une baraïta : néanmoins, ceux qui n'ont pas encore d'enfants peuvent avoir des relations conjugales en années de famine, car ils doivent s'efforcer d'accomplir la mitsva de croître et de multiplier.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אָסוּר לְאָדָם לְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ בִּשְׁנֵי רְעָבוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְיוֹסֵף יֻלַּד שְׁנֵי בָנִים בְּטֶרֶם תָּבוֹא שְׁנַת הָרָעָב״. תָּנָא: חֲסוּכֵי בָּנִים מְשַׁמְּשִׁין מִטּוֹתֵיהֶן בִּשְׁנֵי רְעָבוֹן.
De même, nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : lorsque le peuple juif est plongé dans la détresse et que l'un d'eux s'en sépare et ne partage pas leur souffrance, les deux anges serviteurs qui accompagnent une personne viennent, posent leurs mains sur sa tête — comme s'il était une offrande — et disent : cet homme, untel, qui s'est séparé de la communauté, qu'il ne voie pas la consolation de la communauté.
תָּנוּ רַבָּנַן: בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל שְׁרוּיִין בְּצַעַר וּפֵירַשׁ אֶחָד מֵהֶן, בָּאִין שְׁנֵי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת שֶׁמְּלַוִּין לוֹ לָאָדָם, וּמַנִּיחִין לוֹ יְדֵיהֶן עַל רֹאשׁוֹ, וְאוֹמְרִים: פְּלוֹנִי זֶה שֶׁפֵּירַשׁ מִן הַצִּבּוּר אַל יִרְאֶה בְּנֶחָמַת צִבּוּר.
Une idée semblable est enseignée dans une autre baraïta : lorsque la communauté est plongée dans la souffrance, qu'une personne ne dise pas : « j'irai chez moi, je mangerai et je boirai, et paix sur toi, mon âme ». Et si elle le fait, le verset dit d'elle : « Et voici l'allégresse et la joie, on tue des bœufs et on égorge des moutons, on mange de la viande et on boit du vin : mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (Yéchayahou 22, 13). Et la prophétie poursuit, au verset suivant : « Et l'Éternel des armées s'est révélé à mes oreilles : Cette faute ne vous sera pas pardonnée jusqu'à ce que vous mouriez » (Yéchayahou 22, 14).
תַּנְיָא אִידַּךְ: בִּזְמַן שֶׁהַצִּבּוּר שָׁרוּי בְּצַעַר, אַל יֹאמַר אָדָם: אֵלֵךְ לְבֵיתִי, וְאוֹכַל וְאֶשְׁתֶּה, וְשָׁלוֹם עָלַיִךְ נַפְשִׁי. וְאִם עוֹשֶׂה כֵּן — עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְהִנֵּה שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה הָרֹג בָּקָר וְשָׁחֹט צֹאן אָכֹל בָּשָׂר וְשָׁתוֹת יָיִן אָכוֹל וְשָׁתוֹ כִּי מָחָר נָמוּת״, מָה כְּתִיב בָּתְרֵיהּ — ״וְנִגְלָה בְאׇזְנָי ה׳ צְבָאוֹת אִם יְכֻפַּר הֶעָוֹן הַזֶּה לָכֶם עַד תְּמֻתוּן״.
La baraïta commente : jusqu'ici, c'est la mesure (le comportement) des gens médiocres, qui s'excluent simplement de la souffrance de la communauté. Mais quant à la mesure des méchants — ceux qui espèrent encore davantage de ces jours-là —, qu'est-il écrit ? « Venez, je prendrai du vin, et nous nous gorgerons de boisson forte ; et demain sera comme aujourd'hui, et même bien plus encore » (Yéchayahou 56, 12). Et qu'est-il écrit ensuite ? « Le juste périt, et nul ne le prend à cœur ; les hommes pieux sont enlevés, sans que personne comprenne que le juste est enlevé devant le mal à venir » (Yéchayahou 57, 1) — verset qui enseigne que les justes meurent prématurément pour ne pas voir le mal qui s'abattra sur ces méchants.
עַד כָּאן מִידַּת בֵּינוֹנִים. אֲבָל בְּמִדַּת רְשָׁעִים, מָה כְּתִיב? ״אֵתָיוּ אֶקְחָה יַיִן וְנִסְבְּאָה שֵׁכָר וְהָיָה כָזֶה יוֹם מָחָר״, מָה כְּתִיב בָּתְרֵיהּ: ״הַצַּדִּיק אָבָד וְאֵין אִישׁ שָׂם עַל לֵב כִּי מִפְּנֵי הָרָעָה נֶאֱסַף הַצַּדִּיק״.
La baraïta poursuit : plutôt, qu'une personne se mette en peine avec la communauté. Car ainsi avons-nous trouvé chez Moïse notre maître qu'il se mit en peine avec la communauté, comme il est dit, durant la guerre contre Amalek : « Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; ils prirent une pierre et la mirent sous lui, et il s'assit dessus » (Chemot 17, 12). Or Moïse n'avait-il pas un coussin ou un traversin pour s'asseoir — pourquoi fut-il contraint de s'asseoir sur une pierre ? Plutôt, Moïse dit ainsi : puisque le peuple juif est plongé dans la souffrance, moi aussi je serai avec eux dans la souffrance, autant que je le puis. Et la baraïta ajoute : quiconque se met en peine avec la communauté méritera de voir la consolation de la communauté.
אֶלָּא, יְצַעֵר אָדָם עִם הַצִּבּוּר, שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ שֶׁצִּיעֵר עַצְמוֹ עִם הַצִּבּוּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וִידֵי מֹשֶׁה כְּבֵדִים וַיִּקְחוּ אֶבֶן וַיָּשִׂימוּ תַחְתָּיו וַיֵּשֶׁב עָלֶיהָ״, וְכִי לֹא הָיָה לוֹ לְמֹשֶׁה כַּר אֶחָד אוֹ כֶּסֶת אַחַת לֵישֵׁב עָלֶיהָ? אֶלָּא כָּךְ אָמַר מֹשֶׁה: הוֹאִיל וְיִשְׂרָאֵל שְׁרוּיִין בְּצַעַר — אַף אֲנִי אֶהְיֶה עִמָּהֶם בְּצַעַר. וְכׇל הַמְצַעֵר עַצְמוֹ עִם הַצִּבּוּר — זוֹכֶה וְרוֹאֶה בְּנֶחָמַת צִבּוּר.
La baraïta poursuit : et de peur qu'une personne ne dise « j'ai agi en secret ; qui témoignera contre moi au jour du Jugement ? », le tanna explique que les pierres de la maison d'une personne et les poutres de sa maison témoigneront contre elle, comme il est dit : « Car la pierre criera de la muraille, et la poutre du bois lui répondra » (’Habakouk 2, 11). Dans l'école de Rabbi Chéla, on dit : les deux anges serviteurs qui accompagnent une personne témoigneront contre elle, comme il est dit : « Car Il ordonnera à Ses anges à ton sujet, de te garder dans toutes tes voies » (Téhilim 91, 11).
וְשֶׁמָּא יֹאמַר אָדָם: מִי מֵעִיד בִּי? אַבְנֵי בֵיתוֹ שֶׁל אָדָם וְקוֹרוֹת בֵּיתוֹ שֶׁל אָדָם מְעִידִים בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אֶבֶן מִקִּיר תִּזְעָק וְכָפִיס מֵעֵץ יַעֲנֶנָּה״. דְּבֵי רַבִּי שֵׁילָא אָמְרִי: שְׁנֵי מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת הַמְלַוִּין לוֹ לָאָדָם, הֵן מְעִידִין עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מַלְאָכָיו יְצַוֶּה לָּךְ״.
Rabbi 'Hidka dit : l'âme d'une personne témoigne contre elle, comme il est dit : « Garde les portes de ta bouche devant celle qui repose en ton sein » (Mikha 7, 5). Et d'aucuns disent : les membres d'un homme témoignent contre lui, comme il est dit : « Vous êtes Mes témoins, dit l'Éternel » (Yéchayahou 43, 10).
רַבִּי חִידְקָא אוֹמֵר: נִשְׁמָתוֹ שֶׁל אָדָם הִיא מְעִידָה עָלָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִשֹּׁכֶבֶת חֵיקֶךָ שְׁמֹר פִּתְחֵי פִיךָ״. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אֵבָרָיו שֶׁל אָדָם מְעִידִים בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַתֶּם עֵדַי נְאֻם ה׳״.
La baraïta cite un autre verset qui traite du jugement : « Dieu de fidélité et sans iniquité, juste et droit est-Il » (Devarim 32, 4). La baraïta interprète « Dieu de fidélité » : de même qu'on exige un châtiment des méchants dans le Monde à venir, même pour une transgression légère qu'ils commettent, de même on exige un châtiment des justes en ce monde-ci, pour une transgression légère qu'ils commettent — les justes subissant leur châtiment ici-bas pour être purifiés et jouir du Monde à venir.
״אֵל אֱמוּנָה וְאֵין עָוֶל״. ״אֵל אֱמוּנָה״, כְּשֵׁם שֶׁנִּפְרָעִין מִן הָרְשָׁעִים לָעוֹלָם הַבָּא אֲפִילּוּ עַל עֲבֵירָה קַלָּה שֶׁעוֹשִׂין, כָּךְ נִפְרָעִין מִן הַצַּדִּיקִים בָּעוֹלָם הַזֶּה עַל עֲבֵירָה קַלָּה שֶׁעוֹשִׂין.
La baraïta passe à la seconde partie du verset : « et sans iniquité ». Cela enseigne que, de même qu'une récompense est payée aux justes dans le Monde à venir, même pour une mitsva mineure qu'ils accomplissent, de même une récompense est payée aux méchants en ce monde-ci, même pour une mitsva mineure qu'ils accomplissent — afin de donner aux méchants toute la récompense qu'ils méritent pour l'accomplissement des mitsvot en ce monde, et de les priver de toute part dans le Monde à venir.
״וְאֵין עָוֶל״, כְּשֵׁם שֶׁמְּשַׁלְּמִין שָׂכָר לַצַּדִּיקִים לָעוֹלָם הַבָּא אֲפִילּוּ עַל מִצְוָה קַלָּה שֶׁעוֹשִׂין, כָּךְ מְשַׁלְּמִין שָׂכָר לָרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה אֲפִילּוּ עַל מִצְוָה קַלָּה שֶׁעוֹשִׂין.
Taanit 11a
100%
תענית י״א אמַסֶּכֶת תַּעֲנִית