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Traité Sukkah

9a

Étude de Sukkah 9a

Étude de la Mishna & Guémara 9a

Mishna 1
MICHNA : À propos d'une souka ancienne [déjà construite avant le moment de la fête], Beit Chammaï la déclarent passoul [invalide pour l'accomplissement de la mitsva de souka] et Beit Hillel la déclarent kachère. Et qu'appelle-t-on une « souka ancienne » ? Toute souka que l'on a dressée trente jours ou plus avant la fête sans l'avoir expressément destinée à la mitsva de souka — car dans ce cas, on présume qu'elle a été construite pour un autre usage. Toutefois, si on l'a dressée explicitement en vue de la fête de Soukot, elle est kachère, même si on l'a construite dès le début de l'année précédente — et ce, même selon Beit Chammaï.
מַתְנִי׳ סוּכָּה יְשָׁנָה — בֵּית שַׁמַּאי פּוֹסְלִין וּבֵית הִלֵּל מַכְשִׁירִין. וְאֵיזוֹ הִיא סוּכָּה יְשָׁנָה, כׇּל שֶׁעֲשָׂאָהּ קוֹדֶם לֶחָג שְׁלֹשִׁים יוֹם. אֲבָל אִם עֲשָׂאָהּ לְשֵׁם חַג, אֲפִילּוּ מִתְּחִילַּת הַשָּׁנָה — כְּשֵׁרָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quel est le raisonnement de Beit Chammaï ? Elle explique qu'il repose sur le verset : « La fête des Soukot, sept jours, pour l'Éternel » (Vayikra 23, 34) — ce qui indique que l'on exige une souka dressée en vue de la fête. Une souka qui n'a pas été construite expressément pour la fête est passoul.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּבֵית שַׁמַּאי? אָמַר קְרָא: ״חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, סוּכָּה הָעֲשׂוּיָה לְשֵׁם חַג בָּעֵינַן.
La Guemara demande : et Beit Hillel, comment interprètent-ils ce verset ? Elle répond : selon Beit Hillel, ce verset est nécessaire pour enseigner ce qu'a dit Rav Chéchet au nom de Rabbi Akiva. Car Rav Chéchet a dit au nom de Rabbi Akiva : d'où sait-on que le bois de la souka est interdit [à tout autre usage] pendant les sept jours de la fête, étant réservé exclusivement à la mitsva ? Le verset l'enseigne : « La fête des Soukot, sept jours, pour l'Éternel ».
וּבֵית הִלֵּל? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַב שֵׁשֶׁת. דְּאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא: מִנַּיִן לַעֲצֵי סוּכָּה שֶׁאֲסוּרִין כׇּל שִׁבְעָה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״,
Et l'on a enseigné dans une baraïta, en explication, que Rabbi Yehouda ben Betéra dit : de même que le nom du Ciel se pose sur l'offrande de fête (la haguiga), de même le nom du Ciel se pose sur la souka, ainsi qu'il est dit : « La fête des Soukot, sept jours, pour l'Éternel » — de même que l'offrande de fête est consacrée à l'Éternel, de même la souka est consacrée à l'Éternel.
וְתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁחָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַחֲגִיגָה, כָּךְ חָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַסּוּכָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, מָה חַג לַה׳ — אַף סוּכָּה לַה׳.
La Guemara demande : mais Beit Chammaï aussi ont besoin de ce verset pour en tirer cette même halakha [la sainteté du bois de la souka] ! Elle répond : oui, il en va bien ainsi — Beit Chammaï tirent eux aussi de ce verset la sainteté du bois de la souka. Leur raisonnement concernant la souka ancienne doit donc reposer sur un autre verset.
וּבֵית שַׁמַּאי נָמֵי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְהָכִי! אִין הָכִי נָמֵי,
Dès lors, quel est le raisonnement de Beit Chammaï à propos de la souka ancienne ? Un autre verset est écrit : « Tu te feras la fête des Soukot pendant sept jours » (Devarim 16, 13) — d'où l'on déduit que l'on exige une souka dressée en vue de la fête.
אֶלָּא מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּבֵית שַׁמַּאי — כְּתִיב קְרָא אַחֲרִינָא: ״חַג הַסּוּכּוֹת תַּעֲשֶׂה לְךָ שִׁבְעַת יָמִים״, סוּכָּה הָעֲשׂוּיָה לְשֵׁם חַג בָּעֵינַן.
La Guemara demande : et Beit Hillel, comment interprètent-ils ce verset ? Elle répond : ce verset est nécessaire pour enseigner que l'on peut dresser une souka même pendant les jours intermédiaires de la fête (hol hamoëd). Si l'on n'a pas construit de souka avant l'entrée de la fête, ou si elle s'est effondrée pendant la fête, on peut la dresser durant les jours intermédiaires — car la mitsva de dresser une souka demeure en vigueur pendant les sept jours de la fête.
וּבֵית הִלֵּל — הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְעוֹשִׂין סוּכָּה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
La Guemara demande : et d'où Beit Chammaï tirent-ils cette halakha [que l'on peut construire pendant hol hamoëd] ? Elle répond : ils tiennent comme l'opinion de Rabbi Éliézer, qui a dit : on ne dresse pas de souka pendant les jours intermédiaires de la fête. Pour eux, l'exigence de construire la souka en vue de la mitsva peut donc se déduire de ce verset.
וּבֵית שַׁמַּאי — סְבִירָא לְהוּ כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דְּאָמַר: אֵין עוֹשִׂין סוּכָּה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
La Guemara poursuit l'examen de l'avis de Beit Hillel : et Beit Hillel n'admettent-ils donc pas ce qu'a dit Rav Yehouda au nom de Rav ? Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : si l'on a confectionné les tsitsit [les franges rituelles] à partir des fils qui pendent du tissu comme des épines (kotsin) une fois arraché l'excédent de fils, ou à partir des fils qui pendent après la couture (nimin), ou à partir des franges (geradin) qui pendent du bas d'un vêtement, ces tsitsit sont passoul pour l'accomplissement de la mitsva. En revanche, si les tsitsit ont été noués à partir de pelotes de fil [non filées en vue de la mitsva] (sissin), ils sont kacher.
וּבֵית הִלֵּל לֵית לְהוּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר רַב? דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: עֲשָׂאָהּ מִן הַקּוֹצִין וּמִן הַנִּימִין וּמִן הַגְּרָדִין — פְּסוּלָה. מִן הַסִּיסִין — כְּשֵׁרָה,
Et Rav Yehouda a rapporté : lorsque j'ai énoncé cette halakha au nom de Rav devant Chmouel, il m'a dit : même des tsitsit noués à partir de pelotes de fil (sissin) sont passoul, car nous exigeons que le filage du fil lui-même soit fait en vue de la mitsva. [Et de là, on objecte :] de même que les fils du tsitsit doivent être filés en vue de la mitsva, ici aussi exigeons une souka dressée en vue de la mitsva !
כִּי אַמְרִיתַהּ קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל, אָמַר לִי: אַף מִן הַסִּיסִין נָמֵי פְּסוּלָה, (אַלְמָא) דְּבָעֵינַן טְוִיָּה לִשְׁמָהּ. הָכָא נָמֵי בָּעֵינַן סוּכָּה עֲשׂוּיָה לִשְׁמָהּ!
La Guemara répond : là [pour le tsitsit] c'est différent, car le verset dit : « Tu te feras des franges » (Devarim 22, 12) — d'où l'on déduit : « pour toi » (lekha), c'est-à-dire pour ton obligation. Les franges, dès le début de leur fabrication, doivent être faites en vue de la mitsva. La Guemara demande : ici aussi, à propos de la souka, le verset dit : « Tu te feras la fête des Soukot » (Devarim 16, 13) — ne devrait-on pas en déduire « pour toi », pour ton obligation [et donc exiger, là aussi, une souka faite pour la mitsva] ?
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאָמַר קְרָא: ״גְּדִילִים תַּעֲשֶׂה לָךְ״, לָךְ — לְשֵׁם חוֹבָךְ. הָכָא נָמֵי: ״חַג הַסּוּכּוֹת תַּעֲשֶׂה לְךָ״, לָךְ — לְשֵׁם חוֹבָךְ!
La Guemara répond : ce terme « pour toi » est nécessaire pour exclure l'usage d'une souka volée — dresse la souka pour toi, et ne te sers pas d'une souka qui appartient à autrui. La Guemara demande : là aussi, à propos des tsitsit, le terme « pour toi » n'est-il pas requis pour exclure l'usage de franges volées [auquel cas il ne resterait rien pour exiger l'intention lichmah] ?
הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי גְּזוּלָה. הָתָם נָמֵי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי גְּזוּלָה!
Sukkah 9a
100%
סוכה ט׳ אמַסֶּכֶת סֻכָּה