AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Sukkah

5b

Étude de Sukkah 5b

Étude de la Guémara 5b

Guémara
[Dis plutôt que le kapporet est comparable à la face] d'un oiseau nommé bar Yokhani, dont la face est bien plus grande qu'un tefa'h ? La Guemara écarte cette suggestion : « Si tu as saisi beaucoup, tu n'as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi » [— face à l'ambiguïté, on ne retient pas la grande mesure, donc pas la face démesurée du bar Yokhani]. La Guemara demande alors : s'il en est ainsi, dis plutôt que c'est comparable à la face d'un oiseau ordinaire, qui est extrêmement petite [moins d'un tefa'h] ? Rav A'ha bar Ya'akov répondit : Rav Houna ne dérive pas l'épaisseur d'un tefa'h du kapporet d'une comparaison réelle avec la face de telle ou telle créature, mais au moyen d'une analogie verbale (guezera chava) entre les termes « penei » et « penei » écrits en deux endroits de la Torah. Il est écrit ici : « Devant [penei] le kapporet » (Vayikra 16, 2), et il est écrit là : « De devant [penei] Yits'hak son père » (Béréchit 27, 30). La dimension du kapporet est donc celle de la face d'un homme : un tefa'h.
דְּבַר יוֹכָנִי! תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט תָּפַשְׂתָּ. וְאֵימָא כְּאַפֵּי דְּצִיפַּרְתָּא דְּזוּטַר טוּבָא! אֲמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: רַב הוּנָא ״פְּנֵי״ ״פְּנֵי״ גָּמַר. כְּתִיב הָכָא: ״אֶל פְּנֵי הַכַּפּוֹרֶת״, וּכְתִיב הָתָם: ״מֵאֵת פְּנֵי יִצְחָק אָבִיו״.
La Guemara propose : tirons plutôt l'analogie verbale de la « face » d'En-Haut [c'est-à-dire de D.ieu], car il est écrit : « …car j'ai vu ta face comme on voit la face de [penei] D.ieu, et tu m'as agréé » (Béréchit 33, 10) — le terme « penei » s'emploie aussi à l'égard de la face de D.ieu [et là, aucune mesure d'un tefa'h ne s'impose]. La Guemara écarte cette suggestion : « Si tu as saisi beaucoup, tu n'as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi. »
וְנֵילַף מִפָּנִים שֶׁל מַעְלָה, דִּכְתִיב: ״כִּרְאוֹת פְּנֵי אֱלֹהִים וַתִּרְצֵנִי״! תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט תָּפַשְׂתָּ.
La Guemara propose : tirons plutôt l'analogie verbale de la face du keroub [chérubin] qui se trouvait dans le Michkan puis dans le Temple, car il est écrit : « Vers le kapporet seront les faces des [penei] keroubim » (Chemot 25, 20) — or leurs faces mesuraient vraisemblablement moins d'un tefa'h.
וְנֵילַף מִכְּרוּב, דִּכְתִיב: ״אֶל הַכַּפּוֹרֶת יִהְיוּ פְּנֵי הַכְּרוּבִים״!
Rav A'ha bar Ya'akov dit : nous tenons par tradition que les faces des keroubim ne mesuraient pas moins d'un tefa'h, et Rav Houna dérive en réalité l'épaisseur du kapporet de là aussi, c'est-à-dire de l'analogie verbale entre les occurrences du mot « penei » dans les versets : « sur la face du [penei] kapporet, vers l'orient » et « les faces des [penei] keroubim » — ce qui indique que les deux ont une même mesure [un tefa'h].
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: גְּמִירִי אֵין פְּנֵי כְרוּבִים פְּחוּתִין מִטֶּפַח, וְרַב הוּנָא נָמֵי מֵהָכָא גְּמִיר.
À propos des keroubim, la Guemara demande : et quelle est la forme de la face d'un keroub ? Rabbi Abahou dit : comme celle d'un enfant [keravya], car en Babylonie on appelle un enfant « ravya ».
וּמַאי כְּרוּב? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כְּרָבְיָא, שֶׁכֵּן בְּבָבֶל קוֹרִין לְיָנוֹקָא רָבְיָא.
Abaye lui objecta : mais s'il en est ainsi, que signifie ce qui est écrit au sujet des faces des bêtes célestes qui tirent le char divin (merkava) : « La face de la première était la face du keroub, et la face de la seconde était la face d'un homme » (Ye'hezkel 10, 14) ? Selon ton explication, cette face de keroub serait identique à cette face d'homme [pourquoi alors le verset les distingue-t-il] ? La Guemara répond : bien que deux des bêtes du char eussent une face d'homme, la différence est que l'une était une grande face et l'autre une petite face : la « face d'homme » était celle d'un adulte, et la « face de keroub » celle d'un enfant. [Voilà la source que l'Arche et le kapporet s'élevaient à dix tefahim de haut.]
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״פְּנֵי הָאֶחָד פְּנֵי הַכְּרוּב וּפְנֵי הַשֵּׁנִי פְּנֵי אָדָם״, הַיְינוּ כְּרוּב הַיְינוּ אָדָם! אַפֵּי רַבְרְבֵי וְאַפֵּי זוּטְרֵי.
Cependant, quant à l'application de cette mesure aux lois de la souka, la Guemara demande : et d'où sait-on que l'espace intérieur de la souka doit avoir dix tefahim de haut sans compter l'épaisseur du s'khakh [le toit de branchages] ? Dis plutôt que les dix tefahim de la souka s'entendent y compris l'épaisseur du s'khakh ! De même que les dix tefahim de l'Arche se mesurent du bas de l'Arche jusqu'au sommet du kapporet, que la souka se mesure donc jusqu'au sommet du s'khakh.
וּמִמַּאי דַּחֲלָלַהּ עֲשָׂרָה בַּר מִסְּכָכַהּ? אֵימָא בַּהֲדֵי סְכָכַהּ!
Plutôt, la dimension de la souka ne se dérive pas de l'Arche ; on la dérive des dimensions du Temple éternel (Beit Olamim), car il est écrit : « Et la Maison que le roi Salomon bâtit pour l'Éternel avait soixante coudées de long, vingt de large et trente coudées de haut » (Melakhim I 6, 2). Et il est écrit : « La hauteur du premier keroub était de dix coudées, et de même le second keroub » (Melakhim I 6, 23). Et l'on enseigne dans une baraïta : de même que nous trouvons, dans le Temple éternel, que les keroubim se dressent jusqu'au tiers de la hauteur de la Maison — chaque keroub mesurant dix coudées et le Temple trente coudées —, dans le Michkan aussi les keroubim se dressent jusqu'au tiers de la hauteur de la Maison.
אֶלָּא מִבֵּית עוֹלָמִים גָּמַר, דִּכְתִיב: ״וְהַבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה לַה׳ שִׁשִּׁים אַמָּה אׇרְכּוֹ וְעֶשְׂרִים רׇחְבּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתוֹ״. וּכְתִיב: ״קוֹמַת הַכְּרוּב הָאֶחָד עֶשֶׂר בָּאַמָּה וְכֵן הַכְּרוּב הַשֵּׁנִי״, וְתַנְיָא: מָה מָצִינוּ בְּבֵית עוֹלָמִים כְּרוּבִים בִּשְׁלִישׁ הַבַּיִת הֵן עוֹמְדִין. מִשְׁכָּן נָמֵי — כְּרוּבִים שְׁלִישׁ הַבַּיִת הֵן עוֹמְדִין.
Combien le Michkan mesurait-il [de haut] ? Dix coudées, car il est écrit : « Dix coudées sera la longueur d'une planche » (Chemot 26, 16). Combien ces dix coudées font-elles [en tefahim] ? Soixante tefahim. Et le tiers de ce total, combien fait-il ? Vingt tefahim. Soustrais-en les dix tefahim de l'Arche et du kapporet [sur lesquels les keroubim se tenaient], il reste dix tefahim, qui étaient la hauteur de chaque keroub. Et il est écrit : « Et les keroubim étendaient leurs ailes vers le haut, couvrant [sokhekhim] le kapporet de leurs ailes » (Chemot 25, 20). Ici, la Torah (le Miséricordieux) désigne les ailes par le mot « couvrir » [sekhakha, comme le s'khakh], précisément alors qu'elles se trouvent à dix tefahim au-dessus du kapporet. Voilà une source que le s'khakh de la souka se place à au moins dix tefahim de haut.
מִשְׁכָּן כַּמָּה הָוֵי — עֶשֶׂר אַמּוֹת, דִּכְתִיב: ״עֶשֶׂר אַמּוֹת אוֹרֶךְ הַקָּרֶשׁ״, כַּמָּה הָוֵי לְהוּ — שִׁיתִּין פּוּשְׁכֵי, תִּלְתֵּיהּ כַּמָּה הָוֵי — עֶשְׂרִים פּוּשְׁכֵי, דַּל עַשְׂרָה דְּאָרוֹן וְכַפּוֹרֶת, פָּשׁוּ לְהוּ עַשְׂרָה, וּכְתִיב: ״וְהָיוּ הַכְּרוּבִים פּוֹרְשֵׂי כְנָפַיִם לְמַעְלָה סוֹכְכִים בְּכַנְפֵיהֶם עַל הַכַּפּוֹרֶת״, קַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא סְכָכָה לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה.
La Guemara demande : et d'où sait-on que leurs ailes étaient étendues au-dessus de leurs têtes — d'où l'on déduit que le s'khakh est à dix tefahim de haut ? Peut-être étaient-elles étendues au niveau de leurs têtes [auquel cas les dix tefahim engloberaient l'épaisseur des ailes, laissant l'espace intérieur en deçà de dix] ! Rav A'ha bar Ya'akov dit : il est écrit « étendaient leurs ailes vers le haut » — ce qui indique que les ailes étaient au-dessus de leurs têtes. La Guemara demande : s'il en est ainsi, dis plutôt qu'elles étaient extrêmement hautes, à une hauteur indéterminée ? La Guemara répond : le verset dit-il « vers le haut, vers le haut » ? Il ne dit « vers le haut » qu'une seule fois — un peu au-dessus de leurs têtes. Les versets prouvent donc que le s'khakh était à au moins dix tefahim du sol.
מִמַּאי דְּגַדְּפִינְהוּ עִילָּוֵי רֵישַׁיְיהוּ קָיְימִי, דִּלְמָא לַהֲדֵי רֵישַׁיְיהוּ קָיְימִי! אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: ״לְמַעְלָה״ כְּתִיב. וְאֵימָא דְּמִידְּלֵי טוּבָא? מִי כְּתִיב ״לְמַעְלָה לְמַעְלָה״?
La Guemara demande : ce calcul tient bien selon Rabbi Méir, qui dit que toutes les coudées du Michkan et du Temple étaient des coudées intermédiaires, de six tefahim. Mais selon Rabbi Yehouda, qui dit que la coudée employée pour les dimensions d'un bâtiment du Temple était une coudée de six tefahim, tandis que la coudée employée pour les dimensions des ustensiles n'était que de cinq tefahim — qu'y a-t-il à répondre ?
הָנִיחָא לְרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: כׇּל הָאַמּוֹת הָיוּ בֵּינוֹנִיּוֹת. אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר, אַמָּה שֶׁל בִּנְיָן שִׁשָּׁה טְפָחִים, וְשֶׁל כֵּלִים חֲמִשָּׁה — מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Sur cette base, combien faisaient ensemble l'Arche et le kapporet ? Huit tefahim et demi. [La hauteur de l'Arche était d'une coudée et demie, soit, sur une amah de cinq tefahim, sept tefahim et demi ; en ajoutant le tefa'h du kapporet, on obtient huit tefahim et demi.] Si les keroubim faisaient le tiers de la hauteur du Michkan, soit vingt tefahim, il reste onze tefahim et demi pour la hauteur des keroubim, au-dessus desquels leurs ailes étaient étendues. On devrait donc dire qu'une souka n'est valide que si son espace intérieur atteint onze tefahim et demi de haut ! Or aucun avis rapporté n'exige une souka d'une telle dimension.
אָרוֹן וְכַפּוֹרֶת כַּמָּה הָוֵי לְהוּ? תְּמָנְיָא וּפַלְגָא, פָּשׁוּ לְהוּ חַד סְרֵי וּפַלְגָא, אֵימָא סוּכָּה עַד דְּהָוְיָא חַד סְרֵי וּפַלְגָא!
Sukkah 5b
100%
סוכה ה׳ במַסֶּכֶת סֻכָּה