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Traité Sukkah

5a

Étude de Sukkah 5a

Étude de la Guémara 5a

Guémara
Et l'on enseigne dans une baraïta que Rabbi Yossi dit : jamais la Présence divine (Chekhina) n'est réellement descendue ici-bas, et jamais Moché ni Élie ne sont réellement montés au ciel, dans les hauteurs, ainsi qu'il est dit : « Les cieux sont les cieux de l'Éternel, mais la terre, Il l'a donnée aux enfants de l'homme » (Tehilim 115, 16) — ce qui indique qu'il y a là deux domaines distincts. On voit donc qu'à partir de dix tefahim vers le haut, c'est un domaine séparé. Par conséquent, toute souka qui n'atteint pas au moins dix tefahim de haut n'est pas considérée comme un domaine à part entière, et elle est passoul [invalide].
וְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵעוֹלָם לֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה, וְלֹא עָלוּ מֹשֶׁה וְאֵלִיָּהוּ לַמָּרוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַה׳ וְהָאָרֶץ נָתַן לִבְנֵי אָדָם״.
La Guemara demande : et la Présence divine n'est-elle vraiment jamais descendue en deçà de dix tefahim ? Mais n'est-il pas écrit : « Et l'Éternel descendit sur le mont Sinaï » (Chemot 19, 20) ? La Guemara répond : bien qu'Il soit descendu vers le bas, Il est toujours resté à dix tefahim au-dessus du sol ; et comme à partir de dix tefahim vers le haut c'est un domaine séparé, en réalité la Présence divine n'est jamais descendue dans le domaine de ce monde. La Guemara demande : mais n'est-il pas écrit : « Et en ce jour-là, Ses pieds se poseront sur le mont des Oliviers » (Zekharia 14, 4) ? La Guemara répond : ici aussi, Il restera à dix tefahim au-dessus du sol.
וְלֹא יָרְדָה שְׁכִינָה לְמַטָּה? וְהָכְתִיב: ״וַיֵּרֶד ה׳ עַל הַר סִינַי״! לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים. וְהָכְתִיב: ״וְעָמְדוּ רַגְלָיו בַּיּוֹם הַהוּא עַל הַר הַזֵּיתִים״! לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים.
La Guemara demande : et Moché et Élie ne sont-ils vraiment jamais montés au ciel, dans les hauteurs ? Mais n'est-il pas écrit : « Et Moché monta vers D.ieu » (Chemot 19, 3) ? La Guemara répond : il est néanmoins resté en deçà de dix tefahim, près du sol. La Guemara demande : mais n'est-il pas écrit : « Et Élie monta au ciel dans la tempête » (Melakhim II 2, 11) ? La Guemara répond : là aussi, c'était en deçà de dix tefahim. La Guemara demande : mais n'est-il pas écrit : « Il saisit la face du trône et déploie Son nuage au-dessus de lui » (Iyov 26, 9) ? Et Rabbi Tanhoum a dit : cela enseigne que le Tout-Puissant (Chaddaï) étendit un peu de l'éclat de Sa Présence divine et de Son nuage au-dessus de lui [de Moché] — ce qui montrerait que Moché se trouvait dans le nuage, auprès de D.ieu. La Guemara répond : là aussi, c'était en deçà de dix tefahim.
וְלֹא עָלוּ מֹשֶׁה וְאֵלִיָּהוּ לַמָּרוֹם? וְהָכְתִיב: ״וּמֹשֶׁה עָלָה אֶל הָאֱלֹהִים״! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. וְהָכְתִיב: ״וַיַּעַל אֵלִיָּהוּ בַּסְעָרָה הַשָּׁמָיִם״! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה. וְהָכְתִיב: ״מְאַחֵז פְּנֵי כִּסֵּא פַּרְשֵׁז עָלָיו עֲנָנוֹ״, וְאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם: מְלַמֵּד שֶׁפֵּירַשׂ שַׁדַּי מִזִּיו שְׁכִינָתוֹ וַעֲנָנוֹ עָלָיו! לְמַטָּה מֵעֲשָׂרָה.
La Guemara objecte : quoi qu'il en soit, il est écrit « Il saisit la face du trône », ce qui indique que Moché s'est saisi du Trône de gloire [lequel se trouve assurément au ciel] ! La Guemara écarte cette difficulté : le trône fut prolongé pour lui jusqu'à dix tefahim, et Moché s'en saisit ainsi — mais lui-même demeura en deçà de dix tefahim. [Tout cela confirme que dix tefahim constituent un domaine distinct, puisque la Présence divine s'adressait à Moché de dessus le kapporet, lui-même à dix tefahim du sol.]
מִכׇּל מָקוֹם ״מְאַחֵז פְּנֵי כִּסֵּא״ כְּתִיב! אִישְׁתַּרְבּוֹבֵי אִישְׁתַּרְבַּב לֵיהּ כִּסֵּא עַד עֲשָׂרָה, וּנְקַט בֵּיהּ.
La Guemara s'interroge sur la preuve avancée. Soit, la hauteur de l'Arche était de neuf tefahim, ainsi qu'il est écrit : « Ils feront une Arche en bois d'acacia : deux coudées et demie sa longueur, une coudée et demie sa largeur, et une coudée et demie sa hauteur » (Chemot 25, 10) — or une coudée et demie (amah va-hetsi) valent neuf tefahim. Mais d'où savons-nous que l'épaisseur du kapporet était d'un tefa'h ? La Torah n'en indique nulle part la dimension explicitement, comme l'a enseigné Rabbi Hanina : pour tous les ustensiles que Moché a confectionnés [pour le Michkan], la Torah a donné à leur sujet la mesure de leur longueur, la mesure de leur largeur et la mesure de leur hauteur. Mais pour le kapporet, la Torah a donné la mesure de sa longueur et la mesure de sa largeur ; sa hauteur [c'est-à-dire son épaisseur], en revanche, la Torah ne l'a pas donnée.
בִּשְׁלָמָא אָרוֹן תִּשְׁעָה, דִּכְתִיב: ״וְעָשׂוּ אֲרוֹן עֲצֵי שִׁטִּים אַמָּתַיִם וָחֵצִי אׇרְכּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי רׇחְבּוֹ וְאַמָּה וָחֵצִי קוֹמָתוֹ״. אֶלָּא כַּפּוֹרֶת טֶפַח, מְנָלַן? דְּתָנֵי רַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הַכֵּלִים שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה, נָתְנָה בָּהֶן תּוֹרָה מִדַּת אׇרְכָּן וּמִדַּת רׇחְבָּן וּמִדַּת קוֹמָתָן. כַּפּוֹרֶת, מִדַּת אׇרְכָּהּ וּמִדַּת רׇחְבָּהּ — נָתְנָה, מִדַּת קוֹמָתָהּ — לֹא נָתְנָה.
La Guemara répond : va apprendre [cette épaisseur] de la plus petite dimension mentionnée à propos de l'un quelconque des ustensiles du Michkan, ainsi qu'il est dit au sujet de la table des pains de proposition : « Tu lui feras un cadre [misgueret] d'un tefa'h tout autour » (Chemot 25, 25). De même que là le cadre mesure un tefa'h, de même ici l'épaisseur du kapporet mesure un seul tefa'h. La Guemara demande : mais dérivons plutôt cette épaisseur des ustensiles eux-mêmes, dont le plus petit mesure une coudée [pourquoi pas une coudée, et non un tefa'h] ? La Guemara répond : « Si tu as saisi beaucoup, tu n'as rien saisi ; si tu as saisi peu, tu as saisi. » [Quand un verset peut s'entendre de deux mesures, sans preuve décisive on ne présume pas que la Torah enseigne la plus grande ; on présume au contraire qu'elle enseigne la plus petite, laquelle est de toute façon comprise dans la plus grande.]
צֵא וּלְמַד מִפָּחוּת שֶׁבַּכֵּלִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָשִׂיתָ לּוֹ מִסְגֶּרֶת טֹפַח סָבִיב״, מָה לְהַלָּן טֶפַח, אַף כָּאן טֶפַח. וְנֵילַף מִכֵּלִים גּוּפַיְיהוּ! תָּפַשְׂתָּ מְרוּבֶּה — לֹא תָּפַשְׂתָּ, תָּפַשְׂתָּ מוּעָט — תָּפַשְׂתָּ.
La Guemara demande : dérivons plutôt l'épaisseur du kapporet du tsits [la lame frontale du Cohen Gadol], car on enseigne dans une baraïta : le tsits ressemble à une sorte de plaque d'or, large de deux doigts (etsbaot), et il s'étend [sur le front] d'une oreille à l'autre. Y sont gravées deux lignes : les lettres youd-hé [du Nom divin] en haut, et le mot « kodech » suivi de la lettre lamed en bas — l'ensemble se lisant « Kodech la-Chem » (Consacré à l'Éternel), le Nom youd-hé-vav-hé étant placé sur la ligne supérieure par déférence. Et Rabbi Éliézer fils de Rabbi Yossi a dit : je l'ai vu moi-même à Rome [où il fut emporté avec les autres ustensiles du Temple lors de sa destruction], et il y était gravé « Kodech la-Chem » sur une seule ligne. [Puisque le tsits ne mesure que deux doigts, moins d'un tefa'h, pourquoi ne pas en dériver une épaisseur de deux doigts seulement ?]
וְנֵילַף מִצִּיץ, דְּתַנְיָא: צִיץ דּוֹמֶה כְּמִין טַס שֶׁל זָהָב, וְרָחָב שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת וּמוּקָּף מֵאֹזֶן לְאֹזֶן, וְכָתוּב עָלָיו שְׁתֵּי שִׁיטִין: ׳יוֹד הֵא׳ מִלְּמַעְלָה, וְ׳קֹדֶשׁ לָמֶד׳ מִלְּמַטָּה. וְאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי: אֲנִי רְאִיתִיו בְּרוֹמִי, וְכָתוּב עָלָיו ״קֹדֶשׁ לַה׳״ בְּשִׁיטָה אַחַת!
La Guemara répond : on dérive la dimension d'un ustensile (keli) de la dimension d'un ustensile, mais on ne dérive pas la dimension d'un ustensile de la dimension d'un ornement (takhchit). Or le tsits ne fait pas partie des ustensiles du Michkan : c'est l'un des ornements du Cohen Gadol [on ne peut donc en tirer aucune mesure pour le kapporet, qui est un ustensile].
דָּנִין כְּלִי מִכְּלִי, וְאֵין דָּנִין כְּלִי מִתַּכְשִׁיט.
La Guemara propose : dérivons plutôt cette épaisseur du « zer » [la couronne ornementale qui surmontait plusieurs ustensiles du Michkan], car le Maître a dit : ce zer, dont la Torah n'a pas précisé la dimension, peut être de n'importe quelle taille [si petite soit-elle]. La Guemara répond : on dérive la dimension d'un ustensile de la dimension d'un ustensile, mais on ne dérive pas la dimension d'un ustensile de la dimension d'un simple accessoire décoratif (hekhcher keli). La Guemara demande : s'il en est ainsi, le cadre (misgueret) de la table est lui aussi un accessoire décoratif [et non une partie intégrante de la table] — comment alors en dériver une mesure ? La Guemara répond : le cadre de la table se trouvait en bas, entre les pieds, et le plateau reposait dessus ; comme il soutient la table, il en est une partie intégrante et non une simple décoration.
וְנֵילַף מִזֵּר. דְּאָמַר מָר: זֵר מַשֶּׁהוּ! דָּנִין כְּלִי מִכְּלִי, וְאֵין דָּנִין כְּלִי מֵהֶכְשֵׁר כְּלִי. אִי הָכִי, מִסְגֶּרֶת נָמֵי הֶכְשֵׁר כְּלִי הוּא! מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה.
La Guemara objecte : cela tient bien selon l'avis de celui qui dit que son cadre (misgueret) se trouvait en dessous du plateau [il est alors structurel] ; mais selon l'avis de celui qui dit que son cadre se trouvait au-dessus du plateau, que pourra-t-on répondre ? Selon cette opinion, ce cadre n'est bel et bien qu'un accessoire décoratif (hekhcher keli) [et ne peut donc servir de source de mesure].
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַטָּה הָיְתָה, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִסְגַּרְתּוֹ לְמַעְלָה הָיְתָה, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? הַאי הֶכְשֵׁר כְּלִי הוּא!
La Guemara conclut : il faut donc dériver l'épaisseur du kapporet d'une autre source. On dérive les dimensions manquantes d'un objet dont la Torah a donné une partie des mesures — tel le kapporet, dont la Torah a donné la longueur et la largeur — d'un objet dont la Torah a donné sa mesure, tel le cadre de la table. Quant au tsits et au zer, dont la Torah n'a donné aucune mesure du tout [leurs dimensions ayant été fixées par les Sages], ils ne sauraient rien prouver. Il convient assurément de dériver l'épaisseur du kapporet de ce qui a été clairement énoncé par la Torah.
אֶלָּא: דָּנִין דָּבָר שֶׁנָּתְנָה בּוֹ תּוֹרָה מִדָּה מִדָּבָר שֶׁנָּתְנָה בּוֹ תּוֹרָה מִדָּה, וְאַל יוֹכִיחוּ צִיץ וְזֵר, שֶׁלֹּא נִתְּנָה בָּהֶן תּוֹרָה מִדָּה כְּלָל.
Rav Houna dit : l'épaisseur du kapporet se dérive plutôt d'ici. Il est écrit : « sur la face [penei] du kapporet, vers l'orient » (Vayikra 16, 14) — or il n'y a pas de « face » [panim] de personne qui mesure moins d'un tefa'h. [Le terme « face » implique donc une épaisseur minimale d'un tefa'h.]
רַב הוּנָא אָמַר, מֵהָכָא: ״עַל פְּנֵי הַכַּפּוֹרֶת קֵדְמָה״, וְאֵין פָּנִים פָּחוֹת מִטֶּפַח.
Sukkah 5a
100%
סוכה ה׳ אמַסֶּכֶת סֻכָּה