Guémara
GUEMARA : [La Guemara poursuit l'examen de l'enseignement de Rav Kahana, selon lequel il n'y a aucun intervalle entre une tekia et une terua.] Il n'allait pas de soi que la parole de Rav Kahana fût dite selon l'opinion de Rabbi Yehouda. En effet, on aurait pu dire : [sa parole vaut] même selon l'opinion des Sages, et elle vient seulement écarter l'opinion de Rabbi Yohanan, qui a dit : « Celui qui a entendu les neuf sonneries [requises à Roch haChana] au cours de neuf heures différentes de la journée — malgré l'intervalle considérable qui les sépare — s'est acquitté de son obligation. » C'est pourquoi la Guemara nous enseigne que Rav Kahana se range à la seule opinion de Rabbi Yehouda : il n'autorise pas même une brève pause entre les sonneries du chofar.
מַהוּ דְּתֵימָא: אֲפִילּוּ כְּרַבָּנַן, וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר: שָׁמַע תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם — יָצָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara objecte : et pourquoi ne pas dire qu'il en va bien ainsi — c'est-à-dire que Rav Kahana se range à l'opinion des Sages et vient seulement écarter le point de vue de Rabbi Yohanan ? La Guemara répond : s'il en était ainsi, que signifierait le mot « aucunement » dans la formule de Rav Kahana : « Il n'y a aucunement d'intervalle entre une tekia et une terua » ? Ce mot indique que Rav Kahana n'autorise pas même un léger intervalle entre les sonneries — ce qui ne peut s'accorder qu'avec Rabbi Yehouda.
וְאֵימָא הָכִי נָמֵי! אִם כֵּן, מַאי ״וְלֹא כְּלוּם״?
[La Michna a énuméré le nombre de sonneries lancées à la veille du Chabbat tombant pendant la fête de Soukot.] « La veille du Chabbat qui tombe au cœur de la fête, etc. » Parmi ces sonneries, trois étaient lancées lors de la libation d'eau [versée] sur l'autel. La Guemara en déduit : or la Michna n'enseigne pas que les sonneries de trompettes étaient lancées lorsque celui qui portait l'eau atteignait la dixième marche. Selon quel avis est donc rédigée notre Michna ? Elle suit l'opinion de Rabbi Éliézer ben Yaakov, comme on l'enseigne dans une baraïta : « Trois sonneries étaient lancées à l'arrivée à la dixième marche. Rabbi Éliézer ben Yaakov dit : trois sonneries étaient lancées lors de la libation d'eau sur l'autel. »
עֶרֶב שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הַחַג כּוּ׳. וְאִילּוּ לְמַעֲלָה עֲשִׂירִית לָא קָתָנֵי. מַתְנִיתִין מַנִּי? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב הִיא. דְּתַנְיָא: שָׁלֹשׁ לְמַעֲלָה עֲשִׂירִית, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ.
La Guemara explique : celui qui dit que les trompettes étaient sonnées à l'arrivée à la dixième marche ne dit pas qu'on les sonnait lors de la libation d'eau sur l'autel ; et celui qui dit qu'on les sonnait lors de la libation d'eau sur l'autel ne dit pas que les trompettes étaient sonnées à l'arrivée à la dixième marche. [Les deux avis s'excluent : chaque sonnerie ne marque qu'un seul moment.]
הָאוֹמֵר לְמַעֲלָה עֲשִׂירִית — אֵינוֹ אוֹמֵר עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ, וְהָאוֹמֵר עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ — אֵינוֹ אוֹמֵר לְמַעֲלָה עֲשִׂירִית.
La Guemara demande : quel est le raisonnement de Rabbi Éliézer ben Yaakov ? La Guemara répond : puisqu'on a déjà sonné de la trompette pour l'ouverture des portes [du Temple], à quoi bon sonner encore à l'arrivée à la dixième marche ? Celle-ci n'est pas une porte ! Il est donc préférable de sonner les trompettes lors de la libation d'eau sur l'autel. Les Sages, eux, estiment que, puisqu'on a déjà sonné des trompettes pour le puisage de l'eau [le remplissage du récipient], à quoi bon une sonnerie supplémentaire lors de la libation sur l'autel ? Il est donc préférable de sonner à l'arrivée à la dixième marche.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב? כֵּיוָן דְּתָקַע לִפְתִיחַת שְׁעָרִים, לְמַעֲלָה עֲשִׂירִית לְמָה לִי דְּתָקַע? הַאי לָאו שַׁעַר הוּא! הִלְכָּךְ, עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ עֲדִיף. וְרַבָּנַן סָבְרִי: כֵּיוָן דְּתָקַע לְמִילּוּי הַמַּיִם, עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ לְמָה לִי? הִלְכָּךְ, לְמַעֲלָה הָעֲשִׂירִית עֲדִיף.
[La Guemara aborde le nombre de sonneries lancées pour les offrandes supplémentaires.] Lorsque Rabbi Aha bar Hanina monta du sud d'Érets Israël — de Judée —, il apporta avec lui une baraïta qu'il avait reçue des Sages de là-bas : Il est écrit : « Et les fils d'Aaron, les Cohanim, sonneront des trompettes » (Bamidbar 10, 8). Le verset n'avait pas besoin de dire « sonneront », puisqu'il est déjà dit : « Vous sonnerez des trompettes sur vos holocaustes et sur vos sacrifices de paix » (Bamidbar 10, 10). Que vient donc enseigner le verset par « sonneront » ? Il enseigne une halakha nouvelle : c'est selon les offrandes supplémentaires [moussafim] que l'on sonne. La Guemara note : Rabbi Aha bar Hanina enseigne la baraïta, et c'est lui-même qui en donne l'explication : le verset vient dire qu'on sonne des trompettes pour chaque offrande supplémentaire prise en elle-même.
כִּי אֲתָא רַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא מִדָּרוֹמָא, אַיְיתִי מַתְנִיתָא בִּידֵיהּ: ״וּבְנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים יִתְקְעוּ בַּחֲצוֹצְרוֹת״, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר ״יִתְקְעוּ״, שֶׁכְּבָר נֶאֱמַר ״וּתְקַעְתֶּם בַּחֲצוֹצְרוֹת עַל עוֹלוֹתֵיכֶם וְעַל זִבְחֵי שַׁלְמֵיכֶם״. וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״יִתְקְעוּ״ — הַכֹּל לְפִי הַמּוּסָפִין תּוֹקְעִין. הוּא תָּנֵי לַהּ, וְהוּא אָמַר לַהּ: לוֹמַר שֶׁתּוֹקְעִין עַל כׇּל מוּסָף וּמוּסָף.
La Guemara objecte : nous avons appris dans la MISHNA : « À la veille du Chabbat tombant au cœur de la fête de Soukot, il y avait là quarante-huit sonneries » — c'était le nombre le plus élevé de sonneries lancées en un jour quelconque au Temple. Or, s'il en est ainsi [si l'on sonne pour chaque moussaf, comme l'enseigne Rabbi Aha bar Hanina], que la Michna enseigne plutôt le cas du Chabbat tombant au cœur de la fête, où l'on trouve cinquante et une sonneries — en comptant les sonneries supplémentaires dues au moussaf du Chabbat ! Rabbi Zéira répondit : [même selon cette baraïta, on n'atteint pas cinquante et une mais bien quarante-huit] parce qu'on ne sonne pas les trois sonneries de l'ouverture des portes le Chabbat ; ces sonneries n'étaient qu'un signal.
תְּנַן: עֶרֶב שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הַחַג הָיוּ שָׁם אַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה. וְאִם אִיתָא, לִיתְנֵי: שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הַחַג מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ חַמְשִׁין וְחַד! אָמַר רַבִּי זֵירָא: לְפִי שֶׁאֵין תּוֹקְעִין לִפְתִיחַת שְׁעָרִים בְּשַׁבָּת.
Rava dit : Quel est celui-ci, qui ne se soucie pas de la farine que produit son moulin ? — c'est-à-dire qui tient des propos inconsidérés ! Premièrement, la Michna contredit l'explication de Rabbi Zéira : car, s'agissant de l'ordre des sonneries — y compris celles de l'ouverture des portes —, nous avons appris que telle était la pratique chaque jour, Chabbat compris. Et de plus, même si elles sont égales l'une à l'autre — c'est-à-dire si le même nombre de sonneries était lancé le Chabbat de la fête et le vendredi de la fête —, que la Michna enseigne plutôt : « Au Chabbat tombant au cœur de la fête, il y avait là quarante-huit sonneries », car tu en apprendrais alors deux choses : tu en apprendrais l'opinion de Rabbi Éliézer ben Yaakov [selon laquelle on ne sonne pas à la dixième marche mais lors de la libation d'eau sur l'autel], et tu en apprendrais la halakha de Rabbi Aha bar Hanina [selon laquelle on sonne pour chaque offrande supplémentaire].
אָמַר רָבָא: מַאן הַאי דְּלָא חָשׁ לְקִימְחֵיהּ! חֲדָא: דִּ״בְכׇל יוֹם״ תְּנַן, וְעוֹד: אִי נָמֵי כַּהֲדָדֵי נִינְהוּ, לִיתְנֵי שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הַחַג הָיוּ שָׁם אַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה, דְּשָׁמְעַתְּ מִינַּהּ תַּרְתֵּי: שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, וְשָׁמְעַתְּ מִינַּהּ דְּרַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא.
Rava dit plutôt : si le nombre de sonneries du Chabbat tombant au cœur de la fête n'excède pas quarante-huit, c'est parce qu'on ne sonne pas de la trompette pour le puisage de l'eau le Chabbat — comme la Michna l'a énoncé, on ne puisait pas l'eau à la source de Chiloah le Chabbat. Aussi les sonneries du Chabbat de la fête étaient-elles bien moins nombreuses que celles du vendredi. La Guemara demande : et que la Michna enseigne aussi le cas de Roch haChana tombant un Chabbat, puisqu'il y a là trois offrandes supplémentaires — le moussaf de Roch haChana, le moussaf de la néoménie [roch hodech] et le moussaf du Chabbat ! [Le total serait alors de quarante-huit sonneries.] Le fait que la Michna n'ait pas cité ce cas semblerait contredire l'opinion de Rabbi Aha bar Hanina.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: לְפִי שֶׁאֵין תּוֹקְעִין לְמִילּוּי מַיִם בְּשַׁבָּת, דְּבָצְרִי טוּבָא. וְלִיתְנֵי נָמֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, דְּהָא אִיכָּא תְּלָתָא מוּסָפִין: מוּסָף דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, מוּסָף דְּרֹאשׁ חוֹדֶשׁ, מוּסַף דְּשַׁבָּת.
La Guemara rejette cette conclusion : si la Michna n'a pas cité le cas de Roch haChana, c'est que le tana tenait à mentionner le cas de la veille du Chabbat pendant la fête afin d'enseigner que la halakha suit l'opinion de Rabbi Éliézer ben Yaakov — selon laquelle on ne sonne pas de la trompette à la dixième marche. La Guemara demande : quelqu'un dit-il donc « qu'il enseigne ce cas-ci et qu'il n'enseigne pas celui-là » ? Qu'il enseigne celui-ci et qu'il enseigne celui-là, puisque chacun comporte un élément nouveau ! La Guemara répond : le tana n'a pas dressé la liste de tous les cas possibles ; il en a enseigné un et en a omis d'autres. La Guemara demande : quel autre cas a-t-il omis, pour qu'il ait omis aussi celui de Roch haChana ? [Car si le tana ne dresse pas d'ordinaire la liste exhaustive, lorsqu'il n'y a que deux cas pertinents, il les cite habituellement tous deux.]
עֶרֶב שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ הַחַג אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ, לְאַשְׁמֹעִינַן כִּדְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. אַטּוּ מִי קָאָמַר — לִיתְנֵי הָא וְלָא לִיתְנֵי הָא? לִיתְנֵי הָא וְלִיתְנֵי הָא! תְּנָא וְשַׁיַּיר. מַאי שַׁיֵּיר דְּהַאי שַׁיַּיר?
La Guemara répond : il a omis le cas de la veille de Pessah. [Le sacrifice pascal était offert en trois groupes successifs. Lorsqu'on l'immolait, on récitait le Hallel, et la récitation du Hallel s'accompagnait de trois sonneries. Vu le très grand nombre d'agneaux pascaux immolés, on récitait souvent le Hallel trois fois par groupe. Il pouvait donc y avoir jusqu'à vingt-sept sonneries supplémentaires ce jour-là ; ajoutées aux vingt et une sonneries lancées chaque jour, le total est de quarante-huit sonneries.]
שַׁיַּיר עֶרֶב הַפֶּסַח.
Rachi
מהו דתימא רבנן היא - ויכול להפסיק בינתים הפסקה מועטת ומאי אין בין דקאמר שלא ימתין המתנה מרובה לאפוקי מדרבי יוחנן:,תשע תקיעות - האמורות בראש השנה מן התורה שלש למלכיות תקיעה תרועה תקיעה ושלש לזכרונות ושלש לשופרות כדאמרינן בראש השנה (דף לד.) והאי דעבדינן טפי משום ספיקא דתרועה הוא דלא ידעינן אי גנוחי הוא אי ילולי הוא:
ולא כלום - משמע דאפילו הפסקה מועטת ליתא:
אינו אומר על גבי מזבח - שהיו תוקעין לגבי המזבח:
ה"ג לגבי המזבח למה לי דתקע הא תקע ליה למילוי המים - כל תקיעות הללו של שער העליון והתחתון ושער המים משום מילוי המים הוא הלכך לערבה למה לי תקיעה הא כל הני תקיעות דמוספין בחג אינן אלא משום ושאבתם מים בששון הלכך הואיל וגמירי חשבון התקיעות בחג שנים עשר למעלה העשירית עדיף למיעבד דמוכחא מילתא שהן משום מילוי המים שתוקע לכולן על דבר המילוי כסדר ומעלה עשירית משום דמקום מסוים בעלמא הוא לידע היכן תוקעין אותם ואני שמעתי שלש לגבי מזבח כשמוליכין את המים למזבח וה"ג לגבי המזבח למה לי דתקע הא תקע ליה בשעת נסוך המים ט' לתמיד של שחר בשעת נסכים היו שאין אומרים שיר אלא על היין וקשיא לי א"כ נפישן להו תקיעות דהא איכא הנך דתנן גבי זקיפת ערבה או שמא זקיפת ערבה בעת שמוליכין המים למזבח היא:
שאין ת"ל יתקעו - אלא ובני אהרן בחצוצרות:,הכל לפי המוספין תוקעין - מפרש ואזיל לה:,הוא תני לה - רבי אחא דתני לה הוא אמר לה:,לומר שתוקעין כו' - הוא היה מפרש לה דמאי הכל לפי המוספין דקאמרינן שתוקעין על כל מוסף ומוסף יום שיש בו שתי קדושות כגון שבת ויום טוב וצריך שני מוספין תוקעין לכל מוסף שאומרים למוסף שבת שיר של שבת ותוקעין תשע תקיעות לשלשה פרקים ולמוסף יו"ט שיר של יום טוב ותוקעין ט' תקיעות:
ואם איתא - דתוקעין על כל מוסף ליתני שבת שבתוך החג:,שאין תוקעין לפתיחת שערים בשבת - שאינה למצוה כתקיעות של קרבן דכתיבי בקרא ותקעתם בחצוצרות על עולותיכם אבל הנך לסימנא נינהו שישמעו ויבאו למעמדם ולדוכנם ולא דחו שבת הלכך הדר הוי להו מ"ח:
מאן הא - דתריץ הכי:,דלא חש לקימחא - טוחן ומוציא סובין ואינו חושש כלומר מרבה דברים שאינם:,חדא דמתני' תנן בכל יום - היו שם אחת ועשרים ומני פתיחת שערים בהדייהו ואם אינם בשבת נמצא שפוחתין מאחת ועשרים:,ועוד אי נמי כי הדדי נינהו - כלומר אפי' לדבריו שאין תוקעין לפתיחת שערים בשבת והוו להו נמי בשבת שבתוך החג מ"ח כדהוו ארבעים ושמונה בע"ש שבתוך החג ליתני שבת שבתוך החג דהא הוה ליה למיתני ולמישבק ע"ש:,דהא שמעינן מינה תרתי שמעת מינה דרבי אליעזר בן יעקב - דאין תוקעין למעלה העשירית אלא על גבי המזבח כדקאמר להו ואזיל ושמעינן מיניה דרבי אחא דתוקעין על כל מוסף דאילו שלשה להבדיל וג' להבטיל אשמעינן ברישא ואמאי שבקה ותנא ע"ש ולא אשמעינן מילתא חדתא אלא דרבי אליעזר בן יעקב לחודא:
לפי שאין תוקעין למילוי המים בשבת - שכבר נתמלאו מערב שבת כדתנן בפרק לולב וערבה (לעיל סוכה דף מח:) אלא שהיה ממלא מערב שבת:,ובצרי להו טובא - כל הנוספות בחג דשער עליון ותחתון ושער המים ולגבי מזבח ובצרי להו נמי דלהבטיל ולהבדיל דערב שבת ואיכא טובא:,וליתני ר"ה כו' - לרבי אחא מותבינן אם איתא דתוקעין לכל מוסף ליתני ר"ה שחל להיות בשבת היו שם מ"ח כ"א שבכל יום וכ"ז של שלשה מוספין:
כדרבי אליעזר בן יעקב - דמני להו ולא חשיב דלמעלה העשירית:
ערב הפסח - שיש בשחיטת פסח כ"ז תקיעות שהפסח נשחט בג' כתות כת אחר כת כדאמר בתמיד נשחט (פסחים דף סד.) וכל כת קוראה את ההלל ג' פעמים שהיו פסחיהם מרובין והיו טעונין הלל בשחיטתם ולא היו מספיקין לשחוט פסחם כל כת וכת עד שיקראוהו שלש פעמים ואף על גב דתנן התם אע"פ שלא שילשו מימיהן היינו לא גמרו פעם שלישית כולו אבל מיהו אין כת שלא היתה גומרתו שתי פעמים ומתחלת בו פעם שלישית ואין חסר מן התקיעות כלום שבתחילת קריאתו תוקעין וכל קריאה ג' תקיעות:
Tossafot
מהו דתימא אפילו כרבנן. ואין בין דקאמר שלא יפסיק בין זה לזה הפסקה מרובה כדי לגמור שלשתן כדרבי אבהו דאמר בשילהי ראש השנה (דף לד: ושם) שהה כדי לגמור את כולה חוזר לראש ולאפוקי מדרבי יוחנן דאמר שמע תשע תקיעות בתשע שעות ביום יצא דשהה כדי לגמור את כולן אינו חוזר לראש קמ"ל דוקא לרבי יהודה קאמר רב כהנא משום דתקיעה ותרועה ותקיעה כולה אחת היא ואפילו הפסקה מועטת פחות מכדי לגמור שלשתן לא יפסיק אלא כדי נשימה דהפסקה צריך כדאמר בשילהי ר"ה (שם) ותקעתם תרועה תקיעה בפני עצמה ותרועה בפ"ע אבל לרבנן לא חיישינן אי מפסיק טובא והשתא לענין תקיעות לא נפקא לן מיניה מידי לרבי יהודה בפלוגתא דר' אבהו ור' יוחנן וכי פליגי אליבא דרבנן ולענין מילי טובא בהלל ובמגילה ובק"ש ובתפלה:
שייר ערב הפסח. שיש בשחיטת הפסח עשרים ושבע תקיעות שהפסח נשחט בשלש כתות כת אחר כת כדתנן בתמיד נשחט (פסחים דף סד.) וכל כת קוראה את הלל שלש פעמים שהיו פסחיהן מרובין והם טעונים הלל בשחיטתן ולא היו מספיקין לשחוט פסחיהם כל כת וכת עד שיקראוהו ג' פעמים ואף על גב דתנן ואף על פי שלא שלשו מימיהן היינו לא גמרו פעם שלישית אבל מיהו אין כת שלא היתה גומרתו שתי פעמים ומתחלת בו פעם שלישית ואין חסר מן התקיעות כלום שבתחלת קריאה תוקעין ובכל קריאה שלש תקיעות כך פירש בקונטרס ואין הלשון משמע כן דתנן התם קראו את ההלל אם גמרו שנו ואם שנו שלשו אף על פי שלא שלשו מימיהן משמע שאפילו כת ראשונה לא התחילה פעם שלישית מעולם ועוד משמע שבראשי פרקים היו תוקעין כדאשכחן בסוף מסכת תמיד גבי שיר של תמיד דברו הלוים בשיר הגיעו לפרק תקעו והשתחוו העם על כל פרק תקיעה ועל כל תקיעה השתחואה ושני פרקים יש בהלל מדר' יהודה דאמר מימיהם של כת שלישית לא הגיעה לומר אהבתי משמע דאהבתי הוא תחילת הפרק והודו נמי תחילת הפרק כדאמרינן פרק לולב הגזול (לעיל סוכה דף לח: ושם) מכאן שמצוה לענות בראשי פרקים והם היו תוקעין בתחלת ההלל שלש תקיעות כדתנן פרק תמיד נשחט (פסחים דף סד.) ננעלו דלתות העזרה תקעו והריעו ותקעו וכן לכל פרק ופרק נמצא להלל אחד תשע תקיעות וכן לכל כת וכת ואין לך כת שלא היתה גומרת הלל אחד לרבנן נמצא לשלשה כתות שלשה הללות ובהן כ"ז תקיעות אפילו כשלא היו שונות את ההלל כלל וכשהיו שונות נפישי תקיעות טובא אלא הני דפסיקי ליה קאמר דשייר והא דתנן אין מוסיפין על מ"ח הוה מצי לאקשויי זימנין דמוסיפין כגון היכא דשונות את ההלל אבל בלאו הכי פרכינן עלה מערב הפסח שחל להיות בשבת דנפישי לרבי יהודה ולרבנן ומשני כיון דליתיה בכל שנה לא קא חשיב ומה שפירש בקונטרס שהכת קוראה את הלל לא היתה הכת קוראה אלא הלוים קוראים וכן איתא בתוספתא דפסחים הלוים היו עומדים על דוכנן ואומרים את ההלל בשיר אם גמרו שנו ואם שנו שלשו ואע"פ שלא שלשו מימיהם א"ר יהודה מימיהם של כת שלישית לא הגיעה לומר אהבתי כלומר לא הגיעו הלוים לומר אהבתי בשחיטת פסחיהן:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.