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Traité Sukkah

53a

Étude de Sukkah 53a

Étude de la Guémara 53a

Guémara
[La clarté qui régnait lors de la fête du Puisage de l'eau était telle] qu'une femme aurait pu trier le bon grain de froment à la seule lueur de la fête du Lieu du Puisage de l'eau [Simhat Beit haChoéva].
אִשָּׁה הָיְתָה בּוֹרֶרֶת חִטִּים לָאוֹר שֶׁל בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה.
MICHNA [suite] : « Les hommes pieux et les hommes d'action [dansaient devant l'assemblée…] », etc. GUEMARA : Les Sages ont enseigné dans la Tossefta que certains d'entre eux disaient, dans leur chant à la louange de D.ieu : « Heureuse notre jeunesse, qui n'a pas eu à faire honte à notre vieillesse [car nous n'avons pas fauté alors] » — ce sont là les hommes pieux et les hommes d'action, qui ont passé toute leur vie attachés à la Torah et aux mitsvot. Et d'autres disaient : « Heureuse notre vieillesse, qui est venue expier notre jeunesse [où nous avions fauté] » — ce sont là les baalei techouva [ceux qui sont revenus, les repentants]. Les uns et les autres disaient : « Heureux celui qui n'a pas fauté ; et celui qui a fauté, qu'il revienne [se repente], et [D.ieu] lui pardonnera. »
חֲסִידִים וְאַנְשֵׁי מַעֲשֶׂה כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן, יֵשׁ מֵהֶן אוֹמְרִים: אַשְׁרֵי יַלְדוּתֵנוּ שֶׁלֹּא בִּיְּישָׁה אֶת זִקְנוּתֵנוּ — אֵלּוּ חֲסִידִים וְאַנְשֵׁי מַעֲשֶׂה. וְיֵשׁ מֵהֶן אוֹמְרִים: אַשְׁרֵי זִקְנוּתֵנוּ שֶׁכִּפְּרָה אֶת יַלְדוּתֵנוּ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי תְשׁוּבָה. אֵלּוּ וָאֵלּוּ אוֹמְרִים: אַשְׁרֵי מִי שֶׁלֹּא חָטָא, וּמִי שֶׁחָטָא — יָשׁוּב וְיִמְחוֹל לוֹ.
Il est enseigné dans la Tossefta : on a dit de Hillel l'Ancien que, lorsqu'il se réjouissait à la fête du Lieu du Puisage de l'eau, il disait ceci : « Si je suis ici, tout est ici ; et si je ne suis pas ici, qui est ici ? » — autrement dit, chacun doit se considérer comme celui à qui il incombe d'accomplir les obligations, sans s'en remettre à autrui. Il disait encore ceci : « Vers le lieu que j'aime, là mes pieds me portent » — et c'est pourquoi je viens au Temple. Et le Saint, béni soit-Il, dit : « Si tu viens dans Ma maison, Je viendrai dans ta maison ; si tu ne viens pas dans Ma maison, Je ne viendrai pas dans ta maison », ainsi qu'il est dit : « En tout lieu où Je ferai mentionner Mon Nom, Je viendrai à toi et Je te bénirai » (Chemot 20, 21).
תַּנְיָא: אָמְרוּ עָלָיו עַל הִלֵּל הַזָּקֵן, כְּשֶׁהָיָה שָׂמֵחַ בְּשִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה, אָמַר כֵּן: אִם אֲנִי כָּאן — הַכֹּל כָּאן, וְאִם אֵינִי כָּאן — מִי כָּאן. הוּא הָיָה אוֹמֵר כֵּן: מָקוֹם שֶׁאֲנִי אוֹהֵב — שָׁם רַגְלַי מוֹלִיכוֹת אוֹתִי. אִם תָּבֹא אֶל בֵּיתִי — אֲנִי אָבֹא אֶל בֵּיתֶךָ, אִם אַתָּה לֹא תָּבֹא אֶל בֵּיתִי — אֲנִי לֹא אָבֹא אֶל בֵּיתֶךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּכׇל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי אָבֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ״.
[La Guemara rapporte une autre parole de Hillel l'Ancien.] Il vit aussi un crâne qui flottait à la surface de l'eau, et il lui dit : « Parce que tu as noyé [d'autres], on t'a noyé ; et ceux qui t'ont noyé seront noyés [à leur tour]. » [Telle est la voie du monde : chacun est puni mesure pour mesure.] À propos de l'idée de se laisser conduire par ses pieds, Rabbi Yohanan a dit : « Les pieds d'un homme se portent garants de lui : vers le lieu où il est réclamé, là ils le mènent. »
אַף הוּא רָאָה גֻּלְגּוֹלֶת אַחַת שֶׁצָּפָה עַל פְּנֵי הַמַּיִם, אֲמַר לַהּ: עַל דְּאַטֵּפְתְּ אַטְפוּךְ וּמְטִיפַיִךְ יְטוּפוּן. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַגְלוֹהִי דְּבַר אִינִישׁ אִינּוּן עָרְבִין בֵּיהּ, לַאֲתַר דְּמִיתְבְּעֵי — תַּמָּן מוֹבִילִין יָתֵיהּ.
[La Guemara illustre cette idée que les pieds d'un homme le mènent là où son sort l'attend.] Ces deux Couchites [hommes d'Éthiopie] qui se tenaient devant Salomon — « Élihoref et Ahiya, fils de Chicha » (I Rois 4, 3) — étaient les scribes de Salomon. Un jour, Salomon vit que l'Ange de la mort était triste. Il lui dit : « Pourquoi es-tu triste ? » Il lui répondit : « On me réclame [d'en haut] la vie de ces deux Couchites qui sont assis ici. » Salomon les remit aux démons à son service et les envoya au district de Louz [où l'Ange de la mort n'a pas de pouvoir]. Lorsqu'ils arrivèrent au district de Louz, ils moururent.
הָנְהוּ תַּרְתֵּי כּוּשָׁאֵי דַּהֲווֹ קָיְימִי קַמֵּי שְׁלֹמֹה, אֱלִיחֹרֶף וַאֲחִיָּה בְּנֵי שִׁישָׁא, סוֹפְרִים דִּשְׁלֹמֹה הֲווֹ. יוֹמָא חַד חַזְיֵיהּ מַלְאַךְ הַמָּוֶת דַּהֲוָה קָא עֲצִיב, אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי עֲצִיבַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: דְּקָא בָעוּ מִינַּאי הָנֵי תַּרְתֵּי כּוּשָׁאֵי דְּיָתְבִי הָכָא. מַסְרִינְהוּ לִשְׂעִירִים, שַׁדְּרִינְהוּ לְמָחוֹזָא דְלוּז. כִּי מְטוֹ לְמָחוֹזָא דְלוּז — שְׁכִיבוּ.
Le lendemain, Salomon vit que l'Ange de la mort était joyeux. Il lui dit : « Pourquoi es-tu joyeux ? » Il répondit : « Au lieu même où on me les réclamait, là tu les as envoyés. » [L'Ange avait reçu l'ordre de prendre leur vie au district de Louz ; comme ils résidaient au palais de Salomon et n'allaient jamais à Louz, il ne pouvait accomplir sa mission, ce qui l'attristait. Finalement, Salomon les envoya lui-même à Louz, lui permettant d'accomplir sa tâche, ce qui le réjouit.] Aussitôt, Salomon ouvrit [la bouche] et dit : « Les pieds d'un homme se portent garants de lui : vers le lieu où il est réclamé, là ils le mènent. »
לִמְחַר, חַזְיֵהּ מַלְאַךְ הַמָּוֶת דַּהֲוָה קָבָדַח! אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי בְּדִיחַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: בַּאֲתַר דִּבְעוֹ מִינַּאי, תַּמָּן שַׁדַּרְתִּינְהוּ. מִיָּד פָּתַח שְׁלֹמֹה וְאָמַר: רַגְלוֹהִי דְּבַר אִינִישׁ אִינּוּן עָרְבִין בֵּיהּ, לַאֲתַר דְּמִיתְבְּעֵי — תַּמָּן מוֹבִילִין יָתֵיהּ.
Il est enseigné dans une baraïta : on a dit de Rabban Chimon ben Gamliel que, lorsqu'il se réjouissait à la fête du Lieu du Puisage de l'eau, il prenait huit torches enflammées, en lançait une et en rattrapait une autre — les jonglant ainsi —, et bien que toutes fussent en l'air en même temps, elles ne se touchaient pas l'une l'autre. Et lorsqu'il se prosternait, il enfonçait ses deux pouces dans le sol, se penchait, baisait le dallage [de la cour] et se relevait ; et nulle autre créature ne pouvait en faire autant [tant la chose était difficile]. Telle était la forme de prosternation appelée kidda [accomplie par le Cohen Gadol].
תַּנְיָא: אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, כְּשֶׁהָיָה שָׂמֵחַ שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה, הָיָה נוֹטֵל שְׁמֹנֶה אֲבוּקוֹת שֶׁל אוֹר, וְזוֹרֵק אַחַת וְנוֹטֵל אַחַת וְאֵין נוֹגְעוֹת זוֹ בָּזוֹ. וּכְשֶׁהוּא מִשְׁתַּחֲוֶה, נוֹעֵץ שְׁנֵי גּוּדָלָיו בָּאָרֶץ וְשׁוֹחֶה וְנוֹשֵׁק אֶת הָרִצְפָּה וְזוֹקֵף, וְאֵין כׇּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲשׂוֹת כֵּן, וְזוֹ הִיא קִידָּה.
[La Guemara rapporte :] Lévi exécuta une kidda devant Rabbi [Yehouda haNassi] et se froissa la cuisse, devenant boiteux. La Guemara demande : et est-ce bien cela qui le rendit boiteux ? Mais Rabbi Elazar n'a-t-il pas dit : « Jamais un homme ne doit lancer des paroles [hardies] vers le Ciel, car un grand homme a jadis lancé des paroles vers le Ciel et — bien que sa prière eût été exaucée — il fut [malgré tout] puni et devint boiteux ; et qui était-ce ? Lévi. » Il apparaît donc que son infirmité ne venait pas de sa prosternation. La Guemara répond : il n'y a pas de contradiction. L'un et l'autre [ensemble] le rendirent boiteux : parce qu'il avait lancé des paroles hardies vers le Ciel, il fut frappé au moment où il se donnait de la peine en exécutant la kidda.
לֵוִי אַחְוִי קִידָּה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי וְאִיטְּלַע. וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לְעוֹלָם אַל יָטִיחַ אָדָם דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה, שֶׁהֲרֵי אָדָם גָּדוֹל הֵטִיחַ דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה וְאִיטְּלַע, וּמַנּוּ — לֵוִי. הָא וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ.
[À propos des prouesses accomplies lors de la réjouissance du Puisage, la Guemara rapporte :] Lévi marchait [et jonglait] devant Rabbi [Yehouda haNassi] avec huit couteaux. Chemouel [jonglait] devant le roi Chapour avec huit coupes de vin [sans en renverser]. Abaye [jonglait] devant Rabba avec huit œufs ; certains disent qu'il le faisait avec quatre œufs.
לֵוִי הֲוָה מְטַיֵּיל קַמֵּיהּ דְּרַבִּי בְּתַמְנֵי סַכִּינֵי. שְׁמוּאֵל קַמֵּיהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא בִּתְמָנְיָא מְזָגֵי חַמְרָא. אַבָּיֵי קַמֵּיהּ (דְּרָבָא) בִּתְמָנְיָא בֵּיעֵי, וְאָמְרִי לַהּ בְּאַרְבְּעָה בֵּיעֵי.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehochoua ben Hanania a dit : « Lorsque nous nous réjouissions à la fête du Lieu du Puisage de l'eau, nous ne goûtions pas de sommeil [au sens propre] de toute la fête. » Comment cela ? À la première heure du jour avait lieu le sacrifice quotidien du matin [le tamid du chahar, et tous venaient y assister] ; de là on passait à la prière [à la synagogue] ; de là, à [assister au] sacrifice des offrandes additionnelles [le moussaf] ; de là, [à la synagogue] pour la prière du moussaf ; de là, à la maison d'étude [pour étudier la Torah] ; de là, au manger et au boire [dans la souka] ; de là, à la prière de minha ; de là, au sacrifice quotidien de l'après-midi [le tamid de bein ha'arbayim] ; et à partir de ce moment, à la fête du Lieu du Puisage de l'eau.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה: כְּשֶׁהָיִינוּ שְׂמֵחִים שִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה, לֹא רָאִינוּ שֵׁינָה בְּעֵינֵינוּ. כֵּיצַד? שָׁעָה רִאשׁוֹנָה תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר, מִשָּׁם לִתְפִלָּה, מִשָּׁם לְקׇרְבַּן מוּסַף, מִשָּׁם לִתְפִלַּת הַמּוּסָפִין, מִשָּׁם לְבֵית הַמִּדְרָשׁ, מִשָּׁם לַאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה, מִשָּׁם לִתְפִלַּת הַמִּנְחָה, מִשָּׁם לְתָמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבַּיִם, מִכָּאן וְאֵילָךְ לְשִׂמְחַת בֵּית הַשּׁוֹאֵבָה.
La Guemara s'étonne : en est-il bien ainsi [qu'ils ne dormaient pas du tout] ? Mais Rabbi Yohanan n'a-t-il pas dit : « Celui qui jure ‘‘je ne dormirai pas trois jours’’, on le fouette aussitôt pour avoir prêté un serment vain, et il peut dormir sur-le-champ » [car il est impossible de rester éveillé trois jours d'affilée] ? Bien plutôt, voici ce que dit [en réalité] Rabbi Yehochoua : « Nous ne goûtions pas la saveur d'un véritable sommeil », car ils ne faisaient que somnoler [un instant], appuyés sur l'épaule les uns des autres. [En tout cas, ils n'étaient pas réellement éveillés toute la semaine durant.]
אִינִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אִישַׁן שְׁלֹשָׁה יָמִים״ — מַלְקִין אוֹתוֹ וְיָשֵׁן לְאַלְתַּר! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: לֹא טָעַמְנוּ טַעַם שֵׁינָה, דַּהֲווֹ מְנַמְנְמִי אַכַּתְפָּא דַהֲדָדֵי.
MICHNA [suite] : « … les quinze degrés [marches] qui descendent de la cour des Israélites à la cour des Femmes, correspondant aux quinze Cantiques des degrés [Chir haMaalot] des Psaumes [sur lesquels se tenaient les musiciens]. » Rav Hisda dit à l'un des Sages qui ordonnait [récitait] de la aggada devant lui ; il lui dit : « As-tu entendu [enseigner] à propos de ces quinze Cantiques des degrés des Psaumes : en correspondance de quoi David les a-t-il prononcés ? » Il lui répondit : voici ce qu'a dit Rabbi Yohanan : « Au moment où David creusa les conduits [d'écoulement, les chitin, dans les fondations du Temple], l'abîme [des eaux souterraines] monta et menaça d'inonder le monde. Aussitôt, David récita les quinze Cantiques des degrés et les fit redescendre. » [Rav Hisda demande :] s'il en est ainsi, faut-il les nommer « Cantiques des degrés [montées] » ? On aurait dû les appeler « Cantiques des descentes » !
חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת. אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְהָהוּא מִדְּרַבָּנַן דַּהֲוָה קָמְסַדַּר אַגָּדָתָא קַמֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: שְׁמִיעַ לְךָ, הָנֵי חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת, כְּנֶגֶד מִי אֲמָרָם דָּוִד? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּשָׁעָה שֶׁכָּרָה דָּוִד שִׁיתִין, קְפָא תְּהוֹמָא וּבָעֵי לְמִשְׁטְפֵיהּ לְעָלְמָא. אָמַר דָּוִד חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת וְהוֹרִידָן. אִי הָכִי, חֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה ״מַעֲלוֹת״ — ״יוֹרְדוֹת״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
Sukkah 53a
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סוכה נ״ג אמַסֶּכֶת סֻכָּה