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Traité Sukkah

52a

Étude de Sukkah 52a

Étude de la Guémara 52a

Guémara
Il est écrit : « Le pays se lamentera, chaque famille à part : la famille de la maison de David à part et leurs femmes à part ; la famille de la maison de Nathan à part et leurs femmes à part » (Zekharia 12, 12). Cela montre qu'à la fin des temps un grand deuil sera organisé, au cours duquel les hommes et les femmes seront séparés. Les Sages dirent : et ces choses ne se déduisent-elles pas a fortiori (kal vahomer) ? Si dans l'avenir, à la fin des temps évoquée par cette prophétie, alors que les gens sont plongés dans un grand deuil et que, par conséquent, le mauvais penchant (yétser hara) ne les domine pas — car en temps de deuil les pensées et les conduites légères sont moins à craindre — la Torah dit malgré tout : les hommes à part et les femmes à part ; alors maintenant, qu'ils sont plongés dans la Réjouissance du Puisement de l'Eau (Simhat Beit haChoéva), et que de ce fait le mauvais penchant les domine, puisque la fête prête à la légèreté, à plus forte raison hommes et femmes doivent-ils être séparés.
״וְסָפְדָה הָאָרֶץ מִשְׁפָּחוֹת מִשְׁפָּחוֹת לְבָד מִשְׁפַּחַת בֵּית דָּוִד לְבָד וּנְשֵׁיהֶם לְבָד״. אָמְרוּ: וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה לֶעָתִיד לָבֹא, שֶׁעוֹסְקִין בְּהֶסְפֵּד וְאֵין יֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט בָּהֶם — אָמְרָה תּוֹרָה אֲנָשִׁים לְבַד וְנָשִׁים לְבַד. עַכְשָׁיו, שֶׁעֲסוּקִין בְּשִׂמְחָה וְיֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט בָּהֶם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
À propos de ce deuil de la fin des temps, la Guemara demande : quelle en est la raison ? Sur quoi porte-t-il ? La Guemara répond : Rabbi Dossa et les Sages divergent à ce sujet. L'un dit que ce deuil porte sur le Machia'h fils de Yossef (Machia'h ben Yossef) qui a été tué — dans la guerre de Gog du pays de Magog, avant la rédemption ultime et la venue du Machia'h fils de David. Et l'autre dit que ce deuil porte sur le mauvais penchant qui a été tué.
הָא הֶסְפֵּידָא מַאי עֲבִידְתֵּיהּ? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי דּוֹסָא וְרַבָּנַן. חַד אָמַר: עַל מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, וְחַד אָמַר: עַל יֵצֶר הָרַע שֶׁנֶּהֱרַג.
La Guemara objecte : soit, selon celui qui dit que la lamentation porte sur le Machia'h ben Yossef qui a été tué, c'est là le sens de ce qui est écrit dans ce contexte : « Ils tourneront les regards vers Moi, à propos de celui qu'ils ont transpercé, et ils le pleureront comme on pleure un fils unique » (Zekharia 12, 10). Mais selon celui qui dit que le deuil porte sur le mauvais penchant qui a été tué, a-t-on besoin de conduire un deuil pour cela ? Au contraire, on devrait conduire une réjouissance ! Pourquoi donc ont-ils pleuré ?
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר עַל מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְהִבִּיטוּ אֵלַי אֵת אֲשֶׁר דָּקָרוּ וְסָפְדוּ עָלָיו כְּמִסְפֵּד עַל הַיָּחִיד״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר עַל יֵצֶר הָרַע שֶׁנֶּהֱרַג — הַאי הֶסְפֵּידָא בָּעֵי לְמֶעְבַּד? שִׂמְחָה בָּעֵי לְמֶעְבַּד! אַמַּאי בָּכוּ?
La Guemara répond : cela se comprend selon l'enseignement de Rabbi Yehouda. Dans l'avenir, à la fin des temps, le Saint béni soit-Il amènera le mauvais penchant et l'égorgera en présence des justes et en présence des méchants. Aux justes, le mauvais penchant apparaîtra comme une haute montagne, et aux méchants il apparaîtra comme un simple fil de cheveu. Les uns pleurent et les autres pleurent. Les justes pleurent et disent : comment avons-nous pu vaincre une montagne aussi haute ! Et les méchants pleurent et disent : comment n'avons-nous pas pu vaincre ce fil de cheveu ! Et même le Saint béni soit-Il s'en étonnera avec eux, comme il est dit à propos de ce deuil : « Ainsi parle l'Éternel des armées : si cela paraît extraordinaire aux yeux du reste de ce peuple en ces jours-là, cela paraîtra-t-il aussi extraordinaire à Mes yeux ? » (Zekharia 8, 6).
כִּדְדָרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה: לֶעָתִיד לָבֹא, מְבִיאוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיֵצֶר הָרָע, וְשׁוֹחֲטוֹ בִּפְנֵי הַצַּדִּיקִים וּבִפְנֵי הָרְשָׁעִים. צַדִּיקִים נִדְמֶה לָהֶם כְּהַר גָּבוֹהַּ, וּרְשָׁעִים נִדְמֶה לָהֶם כְּחוּט הַשַּׂעֲרָה. הַלָּלוּ בּוֹכִין וְהַלָּלוּ בּוֹכִין. צַדִּיקִים בּוֹכִין וְאוֹמְרִים: הֵיאַךְ יָכוֹלְנוּ לִכְבּוֹשׁ הַר גָּבוֹהַּ כָּזֶה! וּרְשָׁעִים בּוֹכִין וְאוֹמְרִים: הֵיאַךְ לֹא יָכוֹלְנוּ לִכְבּוֹשׁ אֶת חוּט הַשַּׂעֲרָה הַזֶּה! וְאַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא תָּמֵהַּ עִמָּהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ צְבָאוֹת כִּי יִפָּלֵא בְּעֵינֵי שְׁאֵרִית הָעָם הַזֶּה בַּיָּמִים הָהֵם גַּם בְּעֵינַי יִפָּלֵא״.
À propos du mauvais penchant et du combat contre lui, la Guemara cite ce qu'a dit Rav Assi : au début, lorsqu'il commence à séduire quelqu'un, le mauvais penchant est comme le fil d'une toile d'araignée (boukhia) ; mais à la fin, il est comme les grosses cordes d'un chariot, comme il est dit : « Malheur à ceux qui traînent la faute avec les liens du néant, et le péché comme avec une corde de chariot » (Yechaya 5, 18). Au commencement, l'incitation est presque imperceptible, semblable à un fil ténu ; mais une fois qu'on a fauté, elle est comme les cordes d'un chariot, serrées étroitement autour de l'homme.
אָמַר רַב אַסִּי: יֵצֶר הָרָע בַּתְּחִילָּה דּוֹמֶה לְחוּט שֶׁל בּוּכְיָא, וּלְבַסּוֹף דּוֹמֶה כַּעֲבוֹתוֹת הָעֲגָלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי מוֹשְׁכֵי הֶעָוֹן בְּחַבְלֵי הַשָּׁוְא וְכַעֲבוֹת הָעֲגָלָה חַטָּאָה״.
Les Sages ont enseigné : au Machia'h ben David, qui doit se révéler bien vite et de nos jours, le Saint béni soit-Il dit : demande-Moi quelque chose et Je te le donnerai, comme il est dit : « Je proclamerai le décret : l'Éternel m'a dit : tu es Mon fils, c'est Moi qui t'ai engendré aujourd'hui ; demande-Moi, et Je te donnerai les nations pour héritage, et les extrémités de la terre pour possession » (Tehilim 2, 7-8). Or, dès que le Machia'h ben David vit le Machia'h ben Yossef qui avait été tué, il dit devant Lui : Maître du monde ! Je ne Te demande rien d'autre que la vie — afin de ne pas subir le même sort. Il lui répond : la vie ? Avant même que tu ne le demandes, déjà ton père David a prophétisé à ton sujet, précisément en cette matière, comme il est dit : « Il T'a demandé la vie, Tu la lui as donnée, de longs jours à tout jamais » (Tehilim 21, 5).
תָּנוּ רַבָּנַן: מָשִׁיחַ בֶּן דָּוִד שֶׁעָתִיד לְהִגָּלוֹת בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ, אוֹמֵר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: שְׁאַל מִמֶּנִּי דָּבָר וְאֶתֵּן לָךְ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲסַפְּרָה אֶל חוֹק וְגוֹ׳ אֲנִי הַיּוֹם יְלִדְתִּיךָ. שְׁאַל מִמֶּנִּי וְאֶתְּנָה גוֹיִם נַחֲלָתֶךָ״. וְכֵיוָן שֶׁרָאָה מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, אוֹמֵר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! אֵינִי מְבַקֵּשׁ מִמְּךָ אֶלָּא חַיִּים. אוֹמֵר לוֹ: חַיִּים, עַד שֶׁלֹּא אָמַרְתָּ כְּבָר הִתְנַבֵּא עָלֶיךָ דָּוִד אָבִיךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַיִּים שָׁאַל מִמְּךָ נָתַתָּה לוֹ וְגוֹ׳״.
Rabbi Avira — et certains disent Rabbi Yehochoua ben Levi — enseigna : le mauvais penchant a sept noms. Le Saint béni soit-Il l'a appelé « mauvais » (ra), comme il est dit : « car le penchant du cœur de l'homme est mauvais dès sa jeunesse » (Berechit 8, 21). Moché l'a appelé « incirconcis » (arel), comme il est dit : « et vous circoncirez le prépuce de votre cœur » (Devarim 10, 16). David l'a appelé « impur » (tamé), comme il est dit : « Crée pour moi un cœur pur, ô D.ieu » (Tehilim 51, 12) — d'où l'on déduit qu'il existe un cœur impur, qui est le mauvais penchant.
דָּרֵשׁ רַבִּי עַוִּירָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: שִׁבְעָה שֵׁמוֹת יֵשׁ לוֹ לְיֵצֶר הָרָע. הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא קְרָאוֹ ״רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יֵצֶר לֵב הָאָדָם רַע מִנְּעוּרָיו״. מֹשֶׁה קְרָאוֹ ״עָרֵל״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמַלְתֶּם אֵת עׇרְלַת לְבַבְכֶם״. דָּוִד קְרָאוֹ ״טָמֵא״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵב טָהוֹר בְּרָא לִי אֱלֹהִים״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא טָמֵא.
Salomon (Chelomo) l'a appelé « ennemi » (soné), comme il est dit : « Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain à manger ; et s'il a soif, donne-lui de l'eau à boire ; car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête, et l'Éternel te le rendra » (Michlei 25, 21-22). Ne lis pas « te le rendra » (yechalem lakh), mais « te le réconciliera » (yachliménou lakh) : D.ieu fera que le mauvais penchant t'aime et ne cherche plus à t'entraîner à la faute.
שְׁלֹמֹה קְרָאוֹ ״שׂוֹנֵא״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם רָעֵב שֹׂנַאֲךָ הַאֲכִילֵהוּ לָחֶם וְאִם צָמֵא הַשְׁקֵהוּ מָיִם כִּי גֶחָלִים אַתָּה חוֹתֶה עַל רֹאשׁוֹ וַה׳ יְשַׁלֶּם לָךְ״. אַל תִּקְרֵי ״יְשַׁלֶּם לָךְ״, אֶלָּא ״יַשְׁלִימֶנּוּ לָךְ״.
Yechaya l'a appelé « obstacle » (mikhchol), comme il est dit : « Frayez, frayez, dégagez la voie, ôtez tout obstacle du chemin de Mon peuple » (Yechaya 57, 14). Yehezkel l'a appelé « pierre » (éven), comme il est dit : « J'ôterai de votre chair le cœur de pierre et Je vous donnerai un cœur de chair » (Yehezkel 36, 26). Yoël l'a appelé « celui du nord » (tsefoni), comme il est dit : « J'éloignerai de vous celui du nord (hatsefoni) » (Yoël 2, 20). Les Sages ont enseigné, à propos du verset « J'éloignerai de vous celui du nord (hatsefoni) », qu'il se rapporte au mauvais penchant. Et pourquoi le mauvais penchant est-il appelé tsefoni ? Parce qu'il est sans cesse tapi et caché (tsafoun) dans le cœur de l'homme.
יְשַׁעְיָה קְרָאוֹ ״מִכְשׁוֹל״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סוֹלּוּ סוֹלּוּ פַּנּוּ דָרֶךְ הָרִימוּ מִכְשׁוֹל מִדֶּרֶךְ עַמִּי״. יְחֶזְקֵאל קְרָאוֹ ״אֶבֶן״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲסִרֹתִי אֶת לֵב הָאֶבֶן מִבְּשַׂרְכֶם וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב בָּשָׂר״. יוֹאֵל קְרָאוֹ ״צְפוֹנִי״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֶת הַצְּפוֹנִי אַרְחִיק מֵעֲלֵיכֶם״. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְאֶת הַצְּפוֹנִי אַרְחִיק מֵעֲלֵיכֶם״ — זֶה יֵצֶר הָרָע, שֶׁצָּפוּן וְעוֹמֵד בְּלִבּוֹ שֶׁל אָדָם.
La baraïta poursuit l'interprétation du verset de Yoël. « Je le chasserai vers une terre aride et désolée » (Yoël 2, 20) — vers un lieu où il n'y a personne que le mauvais penchant puisse inciter. Et quel ravage cause-t-il ? « La face tournée vers la mer orientale (hakadmoni) » — car il a jeté les yeux sur le premier Temple (mouqdam) et l'a détruit, et a tué les érudits en Torah qui s'y trouvaient ; « et son arrière vers la mer occidentale (haaharon) » — car il a jeté les yeux sur le second Temple (aharon) et l'a détruit, et a tué les érudits en Torah qui s'y trouvaient ; « sa puanteur montera, sa pestilence s'élèvera » — car il laisse les nations du monde et s'en prend aux ennemis d'Israël [euphémisme pour Israël lui-même] : le mauvais penchant cherche à corrompre les Juifs plus que les membres de toute autre nation. « Car il a fait de grandes choses » (Yoël 2, 20) — Abayé dit : et il s'attaque aux érudits en Torah plus qu'à quiconque.
״וְהִדַּחְתִּיו אֶל אֶרֶץ צִיָּה וּשְׁמָמָה״ — לִמְקוֹם שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם מְצוּיִין לְהִתְגָּרוֹת בָּהֶן. ״אֶת פָּנָיו אֶל הַיָּם הַקַּדְמוֹנִי״ — שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן וְהֶחְרִיבוֹ, וְהָרַג תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁבּוֹ. ״וְסוֹפוֹ אֶל הַיָּם הָאַחֲרוֹן״ — שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי וְהֶחְרִיבוֹ, וְהָרַג תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁבּוֹ. ״וְעָלָה בׇאְשׁוֹ וְתַעַל צַחֲנָתוֹ״ — שֶׁמַּנִּיחַ אוּמּוֹת הָעוֹלָם, וּמִתְגָּרֶה בְּשׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל. ״כִּי הִגְדִּיל לַעֲשׂוֹת״ — אָמַר אַבָּיֵי: וּבְתַלְמִידֵי חֲכָמִים יוֹתֵר מִכּוּלָּם.
La Guemara illustre ce point [que le penchant s'acharne sur les plus grands]. Tel cet épisode : Abayé entendit un jour un certain homme dire à une certaine femme : levons-nous tôt et allons sur la route [ensemble]. En l'entendant, Abayé se dit : je vais aller les accompagner et les empêcher de commettre la transgression qu'ils ont sûrement l'intention de commettre. Il les suivit sur une distance de trois parsaot à travers un marais, parmi les roseaux, tandis qu'eux marchaient sur la route — et ils ne se livrèrent à aucune mauvaise action. Au moment où ils prirent congé l'un de l'autre, il les entendit dire : la route que nous avons faite ensemble était longue, et la compagnie en fut agréable.
כִּי הָא דְּאַבָּיֵי שַׁמְעֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דְּקָאָמַר לְהַהִיא אִתְּתָא: נַקְדֵּים וְנֵיזִיל בְּאוֹרְחָא. אֲמַר: אֵיזִיל אַפְרְשִׁינְהוּ מֵאִיסּוּרָא. אֲזַל בָּתְרַיְיהוּ תְּלָתָא פַּרְסֵי בְּאַגְמָא. כִּי הֲווֹ פָּרְשִׁי מֵהֲדָדֵי, שַׁמְעִינְהוּ דְּקָא אָמְרִי: אוֹרְחִין רַחִיקָא, וְצַוְותִּין בְּסִימָא.
Abayé dit : si, à la place de cet homme, c'était quelqu'un que je hais [euphémisme pour lui-même], il n'aurait pas pu se retenir [de fauter]. Ayant pris conscience d'un manquement aussi grand, il alla s'appuyer contre le montant de la porte, en proie au chagrin et au remords. Un certain Ancien (sava) vint et lui enseigna : quiconque est plus grand que son prochain, son penchant est plus grand que le sien. Abayé n'avait donc pas à se désoler : sa lucidité même était la marque de sa grandeur.
אֲמַר אַבָּיֵי: אִי מַאן דְּסָנֵי לִי הֲוָה, לָא הֲוָה מָצֵי לְאוֹקוֹמֵי נַפְשֵׁיהּ. אֲזַל תְּלָא נַפְשֵׁיהּ בְּעִיבּוּרָא דְּדָשָׁא וּמִצְטַעֵר. אֲתָא הָהוּא סָבָא, תְּנָא לֵיהּ: כׇּל הַגָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ — יִצְרוֹ גָּדוֹל הֵימֶנּוּ.
Sukkah 52a
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סוכה נ״ב אמַסֶּכֶת סֻכָּה
גְּמָרָא ״וְסָפְדָה הָאָרֶץ מִשְׁפָּחוֹת מִשְׁפָּחוֹת לְבָד מִשְׁפַּחַת בֵּית דָּוִד לְבָד וּנְשֵׁיהֶם לְבָד״. אָמְרוּ: וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה לֶעָתִיד לָבֹא, שֶׁעוֹסְקִין בְּהֶסְפֵּד וְאֵין יֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט בָּהֶם — אָמְרָה תּוֹרָה אֲנָשִׁים לְבַד וְנָשִׁים לְבַד. עַכְשָׁיו, שֶׁעֲסוּקִין בְּשִׂמְחָה וְיֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט בָּהֶם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. הָא הֶסְפֵּידָא מַאי עֲבִידְתֵּיהּ? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי דּוֹסָא וְרַבָּנַן. חַד אָמַר: עַל מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, וְחַד אָמַר: עַל יֵצֶר הָרַע שֶׁנֶּהֱרַג. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר עַל מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְהִבִּיטוּ אֵלַי אֵת אֲשֶׁר דָּקָרוּ וְסָפְדוּ עָלָיו כְּמִסְפֵּד עַל הַיָּחִיד״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר עַל יֵצֶר הָרַע שֶׁנֶּהֱרַג — הַאי הֶסְפֵּידָא בָּעֵי לְמֶעְבַּד? שִׂמְחָה בָּעֵי לְמֶעְבַּד! אַמַּאי בָּכוּ? כִּדְדָרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה: לֶעָתִיד לָבֹא, מְבִיאוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיֵצֶר הָרָע, וְשׁוֹחֲטוֹ בִּפְנֵי הַצַּדִּיקִים וּבִפְנֵי הָרְשָׁעִים. צַדִּיקִים נִדְמֶה לָהֶם כְּהַר גָּבוֹהַּ, וּרְשָׁעִים נִדְמֶה לָהֶם כְּחוּט הַשַּׂעֲרָה. הַלָּלוּ בּוֹכִין וְהַלָּלוּ בּוֹכִין. צַדִּיקִים בּוֹכִין וְאוֹמְרִים: הֵיאַךְ יָכוֹלְנוּ לִכְבּוֹשׁ הַר גָּבוֹהַּ כָּזֶה! וּרְשָׁעִים בּוֹכִין וְאוֹמְרִים: הֵיאַךְ לֹא יָכוֹלְנוּ לִכְבּוֹשׁ אֶת חוּט הַשַּׂעֲרָה הַזֶּה! וְאַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא תָּמֵהַּ עִמָּהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ צְבָאוֹת כִּי יִפָּלֵא בְּעֵינֵי שְׁאֵרִית הָעָם הַזֶּה בַּיָּמִים הָהֵם גַּם בְּעֵינַי יִפָּלֵא״. אָמַר רַב אַסִּי: יֵצֶר הָרָע בַּתְּחִילָּה דּוֹמֶה לְחוּט שֶׁל בּוּכְיָא, וּלְבַסּוֹף דּוֹמֶה כַּעֲבוֹתוֹת הָעֲגָלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי מוֹשְׁכֵי הֶעָוֹן בְּחַבְלֵי הַשָּׁוְא וְכַעֲבוֹת הָעֲגָלָה חַטָּאָה״. תָּנוּ רַבָּנַן: מָשִׁיחַ בֶּן דָּוִד שֶׁעָתִיד לְהִגָּלוֹת בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ, אוֹמֵר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: שְׁאַל מִמֶּנִּי דָּבָר וְאֶתֵּן לָךְ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲסַפְּרָה אֶל חוֹק וְגוֹ׳ אֲנִי הַיּוֹם יְלִדְתִּיךָ. שְׁאַל מִמֶּנִּי וְאֶתְּנָה גוֹיִם נַחֲלָתֶךָ״. וְכֵיוָן שֶׁרָאָה מָשִׁיחַ בֶּן יוֹסֵף שֶׁנֶּהֱרַג, אוֹמֵר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! אֵינִי מְבַקֵּשׁ מִמְּךָ אֶלָּא חַיִּים. אוֹמֵר לוֹ: חַיִּים, עַד שֶׁלֹּא אָמַרְתָּ כְּבָר הִתְנַבֵּא עָלֶיךָ דָּוִד אָבִיךָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַיִּים שָׁאַל מִמְּךָ נָתַתָּה לוֹ וְגוֹ׳״. דָּרֵשׁ רַבִּי עַוִּירָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: שִׁבְעָה שֵׁמוֹת יֵשׁ לוֹ לְיֵצֶר הָרָע. הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא קְרָאוֹ ״רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי יֵצֶר לֵב הָאָדָם רַע מִנְּעוּרָיו״. מֹשֶׁה קְרָאוֹ ״עָרֵל״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמַלְתֶּם אֵת עׇרְלַת לְבַבְכֶם״. דָּוִד קְרָאוֹ ״טָמֵא״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵב טָהוֹר בְּרָא לִי אֱלֹהִים״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא טָמֵא. שְׁלֹמֹה קְרָאוֹ ״שׂוֹנֵא״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם רָעֵב שֹׂנַאֲךָ הַאֲכִילֵהוּ לָחֶם וְאִם צָמֵא הַשְׁקֵהוּ מָיִם כִּי גֶחָלִים אַתָּה חוֹתֶה עַל רֹאשׁוֹ וַה׳ יְשַׁלֶּם לָךְ״. אַל תִּקְרֵי ״יְשַׁלֶּם לָךְ״, אֶלָּא ״יַשְׁלִימֶנּוּ לָךְ״. יְשַׁעְיָה קְרָאוֹ ״מִכְשׁוֹל״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״סוֹלּוּ סוֹלּוּ פַּנּוּ דָרֶךְ הָרִימוּ מִכְשׁוֹל מִדֶּרֶךְ עַמִּי״. יְחֶזְקֵאל קְרָאוֹ ״אֶבֶן״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲסִרֹתִי אֶת לֵב הָאֶבֶן מִבְּשַׂרְכֶם וְנָתַתִּי לָכֶם לֵב בָּשָׂר״. יוֹאֵל קְרָאוֹ ״צְפוֹנִי״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֶת הַצְּפוֹנִי אַרְחִיק מֵעֲלֵיכֶם״. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְאֶת הַצְּפוֹנִי אַרְחִיק מֵעֲלֵיכֶם״ — זֶה יֵצֶר הָרָע, שֶׁצָּפוּן וְעוֹמֵד בְּלִבּוֹ שֶׁל אָדָם. ״וְהִדַּחְתִּיו אֶל אֶרֶץ צִיָּה וּשְׁמָמָה״ — לִמְקוֹם שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם מְצוּיִין לְהִתְגָּרוֹת בָּהֶן. ״אֶת פָּנָיו אֶל הַיָּם הַקַּדְמוֹנִי״ — שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן וְהֶחְרִיבוֹ, וְהָרַג תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁבּוֹ. ״וְסוֹפוֹ אֶל הַיָּם הָאַחֲרוֹן״ — שֶׁנָּתַן עֵינָיו בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי וְהֶחְרִיבוֹ, וְהָרַג תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁבּוֹ. ״וְעָלָה בׇאְשׁוֹ וְתַעַל צַחֲנָתוֹ״ — שֶׁמַּנִּיחַ אוּמּוֹת הָעוֹלָם, וּמִתְגָּרֶה בְּשׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל. ״כִּי הִגְדִּיל לַעֲשׂוֹת״ — אָמַר אַבָּיֵי: וּבְתַלְמִידֵי חֲכָמִים יוֹתֵר מִכּוּלָּם. כִּי הָא דְּאַבָּיֵי שַׁמְעֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דְּקָאָמַר לְהַהִיא אִתְּתָא: נַקְדֵּים וְנֵיזִיל בְּאוֹרְחָא. אֲמַר: אֵיזִיל אַפְרְשִׁינְהוּ מֵאִיסּוּרָא. אֲזַל בָּתְרַיְיהוּ תְּלָתָא פַּרְסֵי בְּאַגְמָא. כִּי הֲווֹ פָּרְשִׁי מֵהֲדָדֵי, שַׁמְעִינְהוּ דְּקָא אָמְרִי: אוֹרְחִין רַחִיקָא, וְצַוְותִּין בְּסִימָא. אֲמַר אַבָּיֵי: אִי מַאן דְּסָנֵי לִי הֲוָה, לָא הֲוָה מָצֵי לְאוֹקוֹמֵי נַפְשֵׁיהּ. אֲזַל תְּלָא נַפְשֵׁיהּ בְּעִיבּוּרָא דְּדָשָׁא וּמִצְטַעֵר. אֲתָא הָהוּא סָבָא, תְּנָא לֵיהּ: כׇּל הַגָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ — יִצְרוֹ גָּדוֹל הֵימֶנּוּ. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: יִצְרוֹ שֶׁל אָדָם מִתְגַּבֵּר עָלָיו בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רַק