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Traité Sukkah

27b

Étude de Sukkah 27b

Étude de la Guémara 27b

Guémara
MICHNA : [Rabbi Éliézer enseigne :] on ne passe pas d'une souka à une autre souka — on doit demeurer dans la même souka durant toute la fête. Et on ne construit pas de souka pendant les jours intermédiaires de la fête (Hol haMoëd) si l'on a omis de le faire avant la fête. Et les Sages disent : on passe d'une souka à une autre souka, et on construit une souka pendant les jours intermédiaires de la fête. Et tous s'accordent, même Rabbi Éliézer, sur ce point : si une souka que l'on avait dressée avant la fête s'est effondrée, on peut la reconstruire pendant les jours intermédiaires de la fête.
אֵין יוֹצְאִין מִסּוּכָּה לְסוּכָּה, וְאֵין עוֹשִׂין סוּכָּה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יוֹצְאִין מִסּוּכָּה לְסוּכָּה, וְעוֹשִׂין סוּכָּה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. וְשָׁוִין, שֶׁאִם נָפְלָה, שֶׁחוֹזֵר וּבוֹנָהּ בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
GUEMARA : La Guemara demande : quel est le raisonnement de Rabbi Éliézer, qui interdit de passer d'une souka à une autre durant la fête ? La Guemara explique : c'est comme le dit le verset : « Tu te feras la fête des Soukot pendant sept jours » (Devarim 16, 13) — ce qui s'interprète : fais une souka qui soit propre [à te servir] pour sept jours. Une souka n'est valide pour la mitsva que si elle est dressée pour les sept jours [d'un seul tenant]. La Guemara demande : et les Sages, comment interprètent-ils ce verset ? La Guemara répond : selon eux, voici ce que dit le Miséricordieux — si l'on n'a pas dressé de souka à la veille de la fête, qu'on la dresse pendant la fête. L'obligation de faire une souka demeure en vigueur tous les sept jours de la fête.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? אָמַר קְרָא: ״חַג הַסּוּכּוֹת תַּעֲשֶׂה לְךָ שִׁבְעַת יָמִים״, עֲשֵׂה סוּכָּה הָרְאוּיָה לְשִׁבְעָה. וְרַבָּנַן? הָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: עֲשֵׂה סוּכָּה בֶּחָג.
Il est enseigné dans la baraïta : et ils s'accordent sur ce point — si une souka que l'on avait dressée avant la fête s'est effondrée, on peut la reconstruire pendant les jours intermédiaires de la fête. La Guemara demande : c'est évident ; pourquoi cela serait-il interdit ? La Guemara répond : de peur que tu ne dises que, selon Rabbi Éliézer, cette souka reconstruite est considérée comme une autre souka et n'est pas une souka dressée pour les sept jours — c'est pourquoi la baraïta nous apprend que, même pour Rabbi Éliézer, elle est tenue pour la même souka [que la première, dont elle n'est que l'achèvement].
וְשָׁוִין שֶׁאִם נָפְלָה, שֶׁחוֹזֵר וּבוֹנֶה אוֹתָהּ בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא הַאי אַחֲרִיתִי הִיא וְאֵינָהּ לְשִׁבְעָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
Il est enseigné dans une autre baraïta que Rabbi Éliézer dit : de même qu'un homme ne s'acquitte pas de son obligation, le premier jour de la fête, avec le loulav d'autrui — ainsi qu'il est écrit : « Vous prendrez pour vous, le premier jour, le fruit de l'arbre splendide [l'etrog], des branches de palmier [le loulav]… » (Vayikra 23, 40), et les Sages déduisent des mots « vous prendrez pour vous » que cela doit provenir de son bien propre, et non de celui d'un autre — de même, un homme ne s'acquitte pas de son obligation avec la souka d'autrui, ainsi qu'il est écrit : « Tu te feras la fête des Soukot pendant sept jours » (Devarim 16, 13), et l'on déduit du mot « pour toi » qu'elle doit provenir de son bien propre.
תַּנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁאֵין אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּיּוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל חַג בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, דִּכְתִיב: ״וּלְקַחְתֶּם לָכֶם בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן פְּרִי עֵץ הָדָר כַּפּוֹת תְּמָרִים״ — מִשֶּׁלָּכֶם, כָּךְ אֵין אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּסוּכָּתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, דִּכְתִיב: ״חַג הַסּוּכּוֹת תַּעֲשֶׂה לְךָ שִׁבְעַת יָמִים״ — מִשֶּׁלְּךָ.
Et les Sages disent : bien qu'ils aient affirmé qu'un homme ne s'acquitte pas de son obligation, le premier jour de la fête, avec le loulav d'autrui, il s'acquitte en revanche de son obligation avec la souka d'autrui, ainsi qu'il est écrit : « Tout indigène en Israël demeurera dans des soukot » (Vayikra 23, 42). Cela enseigne que tout Israël est apte à demeurer dans une seule souka. [Or, si la valeur d'une unique souka était répartie entre tout le peuple d'Israël, aucun individu n'y posséderait une part valant une perouta ; nul ne pourrait donc en être tenu pour copropriétaire. La seule manière pour le peuple entier d'accomplir la mitsva dans une souka unique est d'y demeurer comme dans une souka commune n'appartenant à personne.] Il apparaît donc qu'il n'y a pas d'obligation de demeurer spécifiquement dans sa propre souka.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ אֵין אָדָם יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן בְּלוּלָבוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, אֲבָל יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּסוּכָּתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, דִּכְתִיב: ״כׇּל הָאֶזְרָח בְּיִשְׂרָאֵל יֵשְׁבוּ בַּסּוּכּוֹת״, מְלַמֵּד שֶׁכׇּל יִשְׂרָאֵל רְאוּיִם לֵישֵׁב בְּסוּכָּה אַחַת.
La Guemara demande : et les Sages, qui ne déduisent pas l'obligation de demeurer dans sa propre souka, que tirent-ils de ce mot « pour toi » ? La Guemara répond : ils en ont besoin pour exclure une souka volée — on ne s'acquitte pas de son obligation avec une souka volée. En revanche, pour une souka empruntée, il est écrit : « Tout indigène », ce qui enseigne que tout Juif peut accomplir la mitsva dans une souka empruntée à la collectivité.
וְרַבָּנַן, הַאי ״לְךָ״, מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי גְּזוּלָה, אֲבָל שְׁאוּלָה כְּתִיב: ״כׇּל הָאֶזְרָח״.
La Guemara demande : et Rabbi Éliézer, que fait-il de ces mots « tout indigène » ? La Guemara répond : il en a besoin pour [inclure le cas d']un converti qui s'est converti dans l'intervalle, pendant la fête de Soukot, et d'un mineur devenu majeur dans l'intervalle — dont l'obligation a commencé en pleine fête : tous deux sont tenus d'accomplir la mitsva de demeurer dans la souka. La Guemara demande : et selon les Sages, d'où ces lois sont-elles déduites ? La Guemara répond : dès lors que les Sages ont dit que l'on peut construire une souka pendant les jours intermédiaires de la fête, un verset supplémentaire n'est pas nécessaire pour établir l'obligation du converti et du mineur devenu majeur.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, הַאי ״כׇּל הָאֶזְרָח״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגֵר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר בֵּינְתַיִם וְקָטָן שֶׁנִּתְגַּדֵּל בֵּינְתַיִם. וְרַבָּנַן? כֵּיוָן שֶׁאָמְרוּ: עוֹשִׂין סוּכָּה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, לָא אִצְטְרִיךְ קְרָא.
Les Sages ont enseigné : il advint que Rabbi Ilaï alla, à la veille de Soukot, saluer son maître Rabbi Éliézer à Lod, le premier jour de la fête. [Rabbi Éliézer] lui dit : Ilaï, tu n'es pas de ceux qui demeurent chez eux durant la fête [et tu n'as donc pas accompli la mitsva de la fête]. Car Rabbi Éliézer avait coutume de dire : je fais l'éloge des paresseux qui ne sortent pas de chez eux durant la fête — bien qu'ils n'agissent pas autrement que le reste de l'année, ils sont dignes de louange parce qu'ils ne quittent pas leur maison pendant la fête, ainsi qu'il est écrit : « Tu te réjouiras, toi et ta maisonnée » (Devarim 14, 26).
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי אִלְעַאי שֶׁהָלַךְ לְהַקְבִּיל פְּנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר רַבּוֹ בְּלוֹד בָּרֶגֶל. אָמַר לוֹ: אִלְעַאי! אֵינְךָ מִשּׁוֹבְתֵי הָרֶגֶל. שֶׁהָיָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מְשַׁבֵּחַ אֲנִי אֶת הָעַצְלָנִין, שֶׁאֵין יוֹצְאִין מִבָּתֵּיהֶן בָּרֶגֶל, דִּכְתִיב: ״וְשָׂמַחְתָּ אַתָּה וּבֵיתֶךָ״.
La Guemara demande : en est-il bien ainsi ? Mais Rabbi Yits'haq n'a-t-il pas dit : d'où sait-on que l'on est tenu de saluer son maître durant la fête ? De ce qu'il est dit que [le mari de] la Chounamite demanda à sa femme : « Pourquoi vas-tu vers lui aujourd'hui ? Ce n'est ni néoménie ni chabbat » (II Rois 4, 23). On en déduit a contrario qu'à la néoménie (Roch Hodech) et à chabbat, un homme est tenu de saluer son maître ! La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté. Le propos de Rabbi Yits'haq — qu'on est tenu d'aller saluer son maître — vise le cas où l'on part et revient le jour même [et peut donc se réjouir avec sa femme le soir] ; et le propos de Rabbi Éliézer — qu'il vaut mieux rester chez soi — vise le cas où l'on part et ne revient pas le jour même [et ne peut alors se réjouir avec sa femme le soir].
אִינִי?! וְהָאָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִין שֶׁחַיָּיב לְהַקְבִּיל פְּנֵי רַבּוֹ בָּרֶגֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַדּוּעַ אַתְּ הוֹלֶכֶת אֵלָיו הַיּוֹם לֹא חֹדֶשׁ וְלֹא שַׁבָּת״, מִכְּלָל דִּבְחֹדֶשׁ וְשַׁבָּת מִיחַיַּיב אִינִישׁ לְאַקְבּוֹלֵי אַפֵּי רַבֵּיהּ! לָא קַשְׁיָא: הָא — דְּאָזֵיל וְאָתֵי בְּיוֹמֵיהּ, הָא — דְּאָזֵיל וְלָא אָתֵי בְּיוֹמֵיהּ.
Les Sages ont enseigné : il advint que Rabbi Éliézer séjourna en Haute-Galilée dans la souka de Yo'hanan, fils de Rabbi Ilaï, à Césarée — d'aucuns disent que cela ne se passa pas à Césarée mais à Césarion. Le soleil parvint au-dessus du s'khakh de la souka, la rendant pénible à occuper. [Rabbi] Yo'hanan lui dit : quelle est la règle — puis-je étendre un drap au-dessus du s'khakh ? [Est-ce permis, puisqu'on ne fait qu'ajouter à une tente provisoire, ou bien est-ce interdit ?] Rabbi Éliézer esquiva la question et lui dit : il n'est pas une seule tribu d'Israël qui n'ait produit un juge.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁשָּׁבַת בַּגָּלִיל הָעֶלְיוֹן בְּסוּכָּתוֹ שֶׁל יוֹחָנָן בְּרַבִּי אִלְעַאי בְּקֵיסָרִי, וְאָמְרִי לַהּ בְּקֵיסָרְיוֹן, וְהִגִּיעַ חַמָּה לַסּוּכָּה. אָמַר לוֹ: מַהוּ שֶׁאֶפְרוֹשׂ עָלֶיהָ סָדִין? אָמַר לוֹ: אֵין לְךָ כׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא הֶעֱמִיד מִמֶּנּוּ שׁוֹפֵט.
Entre-temps, le soleil parvint juste au-dessus du milieu du s'khakh de la souka. De nouveau, Rabbi Yo'hanan lui dit : quelle est la règle — puis-je étendre un drap par-dessus ? Rabbi Éliézer esquiva encore la question et lui dit : il n'est pas une seule tribu d'Israël qui n'ait produit des prophètes ; et les tribus de Yehouda et de Binyamin se distinguèrent en ce qu'elles établirent des rois selon [la parole des] prophètes [Chaoul et David furent oints par le prophète Chmouel]. À ce moment, la lumière du soleil atteignit les pieds de Rabbi Éliézer. Yo'hanan prit un drap et l'étendit sur la souka ; Rabbi Éliézer rejeta son manteau sur son épaule, derrière lui, et sortit de la souka [ne voulant pas se permettre cet acte]. La Guemara remarque : Rabbi Éliézer agit ainsi non parce qu'il cherchait à éluder en détournant l'attention par ses paroles, mais parce que jamais Rabbi Éliézer ne dit une chose qu'il n'eût entendue de la bouche de son maître.
הִגִּיעַ חַמָּה לַחֲצִי הַסּוּכָּה, אָמַר לוֹ: מַהוּ שֶׁאֶפְרוֹשׂ עָלֶיהָ סָדִין? אָמַר לוֹ: אֵין לְךָ כׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא יָצְאוּ מִמֶּנּוּ נְבִיאִים. שֵׁבֶט יְהוּדָה וּבִנְיָמִין הֶעֱמִידוּ מְלָכִים עַל פִּי נְבִיאִים. הִגִּיעַ חַמָּה לְמַרְגְּלוֹתָיו שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, נָטַל יוֹחָנָן סָדִין וּפֵירַשׂ עָלֶיהָ, הִפְשִׁיל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר טַלִּיתוֹ לַאֲחוֹרָיו וְיָצָא. לֹא מִפְּנֵי שֶׁהִפְלִיגוֹ בִּדְבָרִים, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁלֹּא אָמַר דָּבָר שֶׁלֹּא שָׁמַע מִפִּי רַבּוֹ לְעוֹלָם.
La Guemara demande : comment Rabbi Éliézer a-t-il pu agir de la sorte [et séjourner dans une souka de Haute-Galilée durant Soukot] ? Rabbi Éliézer n'a-t-il pas lui-même dit : on ne passe pas d'une souka à une autre souka ? La Guemara répond : l'incident eut lieu lors d'une autre fête, et non à la fête de Soukot ; ils se tenaient dans la souka seulement pour le grand air [et non pour accomplir la mitsva].
הֵיכִי עָבֵיד הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אֵין יוֹצְאִין מִסּוּכָּה לְסוּכָּה! רֶגֶל אַחֵר הֲוַאי.
Sukkah 27b
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סוכה כ״ז במַסֶּכֶת סֻכָּה