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Traité Sukkah

27a

Étude de Sukkah 27a

Étude de la Mishna & Guémara 27a

[Lors d'un repas, on apporta aux Sages des plats de cuisine ; ils ne voulurent pas les manger en dehors de la souka,] et ils dirent chacun : « Montez-les à la souka. »
וְאָמְרוּ: הַעֲלוּם לַסּוּכָּה.
Et lorsqu'on apporta à Rabbi Tsadok un aliment d'un volume inférieur à celui d'un œuf (kebéïtsa), il le prit dans un linge, le mangea hors de la souka et ne récita pas de bénédiction après l'avoir mangé. La Guemara en déduit : si on lui avait donné un volume d'un œuf, il aurait été tenu de le manger dans la souka. Faut-il alors dire que ceci constitue une réfutation décisive de l'opinion de Rav Yossef et d'Abaye [qui ont dit plus haut qu'il est permis de manger cette quantité comme une collation occasionnelle, hors de la souka] ? La Guemara répond : non, on ne peut rien prouver d'ici, car peut-être la michna souligne-t-elle que Rabbi Tsadok a mangé moins d'un volume d'œuf pour une autre raison : manger moins d'un kebéïtsa ne requiert ni l'ablution des mains ni la bénédiction après le repas ; en revanche, manger un volume d'œuf, lui, exige l'ablution des mains et la bénédiction.
וּכְשֶׁנָּתְנוּ לוֹ לְרַבִּי צָדוֹק אוֹכֶל פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה, נְטָלוֹ בְּמַפָּה וַאֲכָלוֹ חוּץ לַסּוּכָּה וְלֹא בֵּירַךְ אַחֲרָיו. הָא כְּבֵיצָה, בָּעֵי סוּכָּה. לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף וְאַבָּיֵי! דִּילְמָא פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה נְטִילָה וּבְרָכָה לָא בָּעֵי, הָא כְּבֵיצָה בָּעֵי נְטִילָה וּבְרָכָה.
Mishna 1
MICHNA : Rabbi Éliézer dit : un homme est tenu de manger quatorze repas dans la souka au cours des sept jours de la fête de Soukot — un le jour, chaque jour, et un la nuit, chaque nuit. Et les Sages disent : il n'y a pour cela aucun quota fixe ; chacun peut choisir de prendre ou non l'un de ces repas, à l'exception du repas de la première nuit de Yom Tov de la fête, que l'on est obligé de manger dans la souka.
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַרְבַּע עֶשְׂרֵה סְעוּדוֹת חַיָּיב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּסּוּכָּה, אַחַת בְּיוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין לַדָּבָר קִצְבָה, חוּץ מִלֵּילֵי יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן שֶׁל חַג בִּלְבַד.(משנה)
Et Rabbi Éliézer dit encore : celui qui n'a pas mangé son repas la première nuit de Yom Tov le rattrapera la dernière nuit de Yom Tov de la fête, à Chemini Atséret — bien qu'il ne le mange pas, alors, dans la souka. Et les Sages disent : il n'y a pas de rattrapage pour ce manquement ; et c'est à propos de cas semblables [où l'on ne peut plus réparer l'omission d'une mitsva positive] qu'il est dit : « Ce qui est courbé ne peut être redressé, et ce qui manque ne peut être compté » (Kohélet 1, 15).
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: מִי שֶׁלֹּא אָכַל [לֵילֵי] יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן — יַשְׁלִים לֵילֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין לַדָּבָר תַּשְׁלוּמִין, וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״מְעֻוָּת לֹא יוּכַל לִתְקוֹן וְחֶסְרוֹן לֹא יוּכַל לְהִמָּנוֹת״.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Éliézer, qui impose de manger quatorze repas dans la souka ? La Guemara répond qu'il la tire du verset : « Dans des soukot vous résiderez » (Vayikra 23, 42), que les Sages ont interprété ainsi : résidez-y comme vous demeurez dans votre maison permanente. Dès lors, de même que dans sa demeure on prend d'ordinaire un repas le jour et un repas la nuit, de même dans la souka on prend un repas le jour et un repas la nuit.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? ״תֵּשְׁבוּ״ כְּעֵין תָּדוּרוּ. מָה דִּירָה — אַחַת בַּיּוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה, אַף סוּכָּה — אַחַת בְּיוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה.
La Guemara demande : et comment les Sages interprètent-ils ce verset ? La Guemara répond : pour eux aussi, la souka est comme une demeure permanente — mais justement : de même que dans sa maison, si l'on veut manger on mange, et si l'on ne veut pas, on ne mange pas, de même dans la souka, si l'on veut manger on mange, et si l'on ne veut pas, on ne mange pas.
וְרַבָּנַן? כְּדִירָה. מָה דִּירָה — אִי בָּעֵי אָכֵיל אִי בָּעֵי לָא אָכֵיל, אַף סוּכָּה נָמֵי — אִי בָּעֵי אָכֵיל אִי בָּעֵי לָא אָכֵיל.
La Guemara objecte : s'il en est ainsi, alors selon les Sages, même la première nuit de Yom Tov on ne devrait pas non plus être obligé de manger dans la souka [puisque, comme à la maison, on serait libre de ne pas manger].
אִי הָכִי אֲפִילּוּ לֵילֵי יוֹם טוֹב רִאשׁוֹן נָמֵי!
Rabbi Yohanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotsadak : il existe une analogie verbale (guezéra chava) entre les fêtes de Pessah et de Soukot. Il est dit ici, à propos de Soukot : « Le quinzième jour de ce septième mois est la fête de Soukot, sept jours pour l'Éternel » (Vayikra 23, 34). Et il est dit : « Et le quinzième jour de ce même mois est la fête des matsot pour l'Éternel » (Vayikra 23, 6), à propos de Pessah. De même que là-bas, pour Pessah, la première nuit il y a obligation de manger de la matsa et qu'à partir de là c'est facultatif [la seule obligation, ensuite, étant de s'abstenir de hamets], de même ici, pour Soukot, la première nuit il y a obligation de manger dans la souka, et à partir de là c'est facultatif.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: נֶאֱמַר כָּאן ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״, וְנֶאֱמַר ״חֲמִשָּׁה עָשָׂר״ בְּחַג הַמַּצּוֹת. מָה לְהַלָּן — לַיְלָה הָרִאשׁוֹן חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת, אַף כָּאן — לַיְלָה הָרִאשׁוֹן חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת.
La Guemara demande : et là-bas, pour Pessah, d'où savons-nous qu'il y a obligation de manger de la matsa la première nuit ? La Guemara répond que le verset dit : « Le soir vous mangerez des matsot » (Chemot 12, 18). L'Écriture en a fait une obligation.
וְהָתָם מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״בָּעֶרֶב תֹּאכְלוּ מַצּוֹת״, הַכָּתוּב קְבָעוֹ חוֹבָה.
§ La michna poursuit : et Rabbi Éliézer dit encore que celui qui n'a pas mangé son repas la première nuit de Yom Tov le rattrapera la dernière nuit de la fête. La Guemara objecte : mais Rabbi Éliézer n'a-t-il pas dit qu'un homme est tenu de manger quatorze repas dans la souka, un le jour et un la nuit ? Or ce repas de rattrapage, le soir de Chemini Atséret, ne se prend pas dans la souka ! Béïra dit au nom de Rabbi Ami : Rabbi Éliézer s'est rétracté de sa première affirmation et s'accorde avec les Sages pour dire qu'il n'y a pas de quota fixe pour les repas à prendre dans la souka, et que seul le repas du premier soir de la fête doit être pris dans la souka. Leur désaccord ne porte plus que sur le rattrapage, au cas où l'on aurait omis le repas du premier soir.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וְהָא אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אַרְבַּע עֶשְׂרֵה סְעוּדוֹת חַיָּיב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּסּוּכָּה, אַחַת בַּיּוֹם וְאַחַת בַּלַּיְלָה! אָמַר בֵּירָא אָמַר רַבִּי אַמֵּי: חָזַר בּוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.
La Guemara demande : avec quoi rattrapera-t-il le repas manqué de la fête ? Si l'on dit qu'il le rattrape avec du pain, il ne fait alors que manger le repas de fête de ce huitième jour [Chemini Atséret] — en quoi serait-ce manifestement un rattrapage d'un autre repas ? Plutôt, que signifie « il rattrapera » ? Qu'il compense en ajoutant des sortes de mets fins (miné targuima). Cela est d'ailleurs enseigné dans une baraïta : s'il a compensé en ajoutant des sortes de mets fins, il s'est acquitté de son obligation.
מַשְׁלִים בְּמַאי? אִילֵימָא בְּרִיפְתָּא, סְעוּדָה דְיוֹמֵיהּ קָא אָכֵיל. אֶלָּא, מַאי יַשְׁלִים — יַשְׁלִים בְּמִינֵי תַרְגִּימָא. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אִם הִשְׁלִים בְּמִינֵי תַרְגִּימָא — יָצָא.
L'intendant (apotropos) du roi Agrippas posa cette question à Rabbi Éliézer : pour quelqu'un comme moi, qui n'ai coutume de manger qu'un seul repas par jour, quelle est la loi ? Me suffit-il de manger un seul repas et d'être ainsi exempté de l'obligation d'en manger davantage ce jour-là ? Rabbi Éliézer lui répondit : chaque jour tu continues de manger et tu goûtes toutes sortes de hors-d'œuvre par égard pour tes propres envies, et maintenant tu ne continuerais pas à manger ne serait-ce qu'un seul hors-d'œuvre par égard pour ton Créateur ?
שָׁאַל אַפּוֹטְרוֹפּוֹס שֶׁל אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ אֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כְּגוֹן אֲנִי, שֶׁאֵינִי רָגִיל לֶאֱכוֹל אֶלָּא סְעוּדָה אַחַת בַּיּוֹם, מַהוּ שֶׁאוֹכַל סְעוּדָה אַחַת וְאֶפָּטֵר? אָמַר לוֹ: בְּכׇל יוֹם וְיוֹם אַתָּה מַמְשִׁיךְ כַּמָּה פַּרְפְּרָאוֹת לִכְבוֹד עַצְמְךָ, וְעַכְשָׁיו אִי אַתָּה מַמְשִׁיךְ פַּרְפֶּרֶת אַחַת לִכְבוֹד קוֹנֶךָ?
Sukkah 27a
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סוכה כ״ז אמַסֶּכֶת סֻכָּה