…[de peur qu'il ne se rende impur] par l'impureté que transmet une tombe enfouie dans les profondeurs du sol.
בְּקֶבֶר הַתְּהוֹם.
La Guemara observe : une baraïta a été enseignée conformément à l'avis de Rava. Rabbi Yehouda dit : on n'apportait pas du tout de portes [pour y asseoir les enfants au-dessus du sol], parce qu'un enfant a une assurance excessive et qu'il risquerait de tendre la tête ou l'un de ses membres au-delà du bord de la porte, et de contracter ainsi l'impureté que transmet une tombe enfouie dans les profondeurs. On amenait plutôt des bœufs d'Égypte, dont le ventre est large : les enfants s'asseyaient sur leur dos, tenant en main des coupes de pierre. Arrivés à la source du Chiloah, ils descendaient, remplissaient les coupes, remontaient et se rasseyaient sur le dos des bœufs.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא הָיוּ מְבִיאִין דְּלָתוֹת כׇּל עִיקָּר, מִפְּנֵי שֶׁדַּעְתּוֹ שֶׁל תִּינוֹק גַּסָּה עָלָיו, שֶׁמָּא יוֹצִיא רֹאשׁוֹ אוֹ אֶחָד מֵאֵבָרָיו וְיִטָּמֵא בְּקֶבֶר הַתְּהוֹם. אֶלָּא מְבִיאִין שְׁוָורִים הַמִּצְרִים שֶׁכְּרֵיסוֹתֵיהֶן רְחָבוֹת, וְהַתִּינוֹקוֹת יוֹשְׁבִין עַל גַּבֵּיהֶן, וְכוֹסוֹת שֶׁל אֶבֶן בִּידֵיהֶן. הִגִּיעוּ לַשִּׁילוֹחַ — יָרְדוּ וּמִלְּאוּם, וְעָלוּ וְיָשְׁבוּ לָהֶן עַל גַּבֵּיהֶן.
La Guemara objecte : mais qu'en est-il du lit, dont [l'espace sous le cadre] mesure plusieurs largeurs de poing ? N'avons-nous pas appris dans la Michna que Rabbi Yehouda dit : « C'était notre habitude de dormir sous le lit en présence des Anciens » ? Il apparaît donc que, malgré ses plusieurs tefahim de hauteur, l'espace sous le lit n'a pas le statut d'une « tente ». La Guemara répond : le lit est différent, car il est conçu spécifiquement pour qu'on l'utilise par-dessus ; l'espace en dessous n'a donc pas le statut de tente. La Guemara rétorque : mais les bœufs aussi sont destinés à ce qu'on les utilise par-dessus [les enfants s'asseyant sur eux] — et Rabbi Yehouda tient pourtant leur colonne vertébrale et leur ventre pour une tente !
וַהֲרֵי מִטָּה, דְּיֵשׁ בָּהּ כַּמָּה אֶגְרוֹפִים, וּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נוֹהֲגִים הָיִינוּ שֶׁהָיִינוּ יְשֵׁנִים תַּחַת הַמִּטָּה בִּפְנֵי הַזְּקֵנִים! שָׁאנֵי מִטָּה, הוֹאִיל וּלְגַבָּהּ עֲשׂוּיָה. שְׁוָורִים נָמֵי לְגַבָּן עֲשׂוּיִם!
Quand Ravin monta de la terre d'Israël [vers la Babylonie], il dit au nom de Rabbi Eléazar : les bœufs sont différents, car ils protègent les bergers — au soleil, du soleil, et sous la pluie, de la pluie [les bergers s'abritant sous leur ventre]. C'est cette fonction d'abri qui leur confère le statut de tente. La Guemara objecte : s'il en est ainsi, le lit aussi [devrait être une tente], puisqu'il protège les chaussures et les sandales placées en dessous !
כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שָׁאנֵי שְׁוָורִים הוֹאִיל וּמְגִינִּים עַל הָרוֹעִים בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. אִי הָכִי, מִטָּה נָמֵי — הוֹאִיל וּמְגִינָּה עַל מִנְעָלִים וְסַנְדָּלִים שֶׁתַּחְתֶּיהָ!
Rava écarte plutôt cette explication et dit : les bœufs sont différents — leur statut est celui d'une tente — car leur ventre et leur dos sont faits pour protéger leurs entrailles, ainsi qu'il est dit : « De peau et de chair Tu m'as revêtu, d'os et de tendons Tu m'as entrelacé » (Iyov 10, 11). Puisque la chair et la peau sont mentionnées dans le verset comme procurant un abri, le bœuf a le statut de tente.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: שָׁאנֵי שְׁוָורִים, הוֹאִיל וַעֲשׂוּיִם לְהָגֵין עַל בְּנֵי מֵעַיִם שֶׁלָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עוֹר וּבָשָׂר תַּלְבִּישֵׁנִי וּבַעֲצָמוֹת וְגִידִים תְּסוֹכְכֵנִי״.
Et si tu veux, dis plutôt ceci : dans ce cas, Rabbi Yehouda reste fidèle à son propre raisonnement, lui qui a énoncé ailleurs : « Nous exigeons que la souka soit une demeure permanente. » Or le lit [dans la souka] est une demeure temporaire, tandis que la souka est une tente permanente ; et une tente temporaire ne vient pas annuler une tente permanente. La souka permanente l'emporte en importance, et cette prééminence prévaut sur toute structure temporaire placée à l'intérieur. C'est pourquoi, selon Rabbi Yehouda, le lit n'a pas le statut de tente [et celui qui dort dessous a malgré tout accompli son obligation].
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: רַבִּי יְהוּדָה לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: סוּכָּה דִּירַת קֶבַע בָּעֵינַן. וְהָוֵה לֵיהּ מִטָּה דִּירַת עֲרַאי, וְסוּכָּה אֹהֶל קֶבַע — וְלָא אָתֵי אֹהֶל עֲרַאי וּמְבַטֵּל אֹהֶל קֶבַע.
La Guemara objecte : mais selon Rabbi Chimon, qui lui aussi a énoncé que « nous exigeons que la souka soit une demeure permanente », une tente temporaire vient pourtant annuler une tente permanente [puisqu'il invalide, lui, le sommeil sous le lit] ! La Guemara répond : oui, et c'est précisément là-dessus qu'ils divergent. Un Sage, Rabbi Chimon, tient qu'une tente temporaire vient annuler une tente permanente ; et l'autre Sage, Rabbi Yehouda, tient qu'une tente temporaire ne vient pas annuler une tente permanente.
וְהָא רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר נָמֵי — סוּכָּה דִּירַת קֶבַע בָּעֵינַן, (הָא) וְאָתֵי אֹהֶל עֲרַאי וּמְבַטֵּל אֹהֶל קֶבַע! (אִין) בְּהָא פְּלִיגִי, מָר סָבַר: אָתֵי אֹהֶל עֲרַאי וּמְבַטֵּל אֹהֶל קֶבַע, וּמַר סָבַר: לָא אָתֵי אֹהֶל עֲרַאי וּמְבַטֵּל אֹהֶל קֶבַע.
La Michna rapporte que Rabbi Chimon dit, à l'encontre de l'avis de Rabbi Yehouda : il advint un fait concernant Tavi, l'esclave cananéen de Rabban Gamliel, qui dormait sous le lit — et Rabban Gamliel fit observer que Tavi agissait ainsi parce qu'il était un érudit en Torah et savait que les esclaves sont dispensés de la mitsva de la souka. Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon dit : de la conversation de Rabban Gamliel nous avons appris deux choses. Nous avons appris que les esclaves cananéens sont dispensés de la mitsva de la souka, et nous avons appris que celui qui dort sous le lit n'a pas accompli son obligation.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מַעֲשֶׂה בְּטָבִי עַבְדּוֹ. תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מִשִּׂיחָתוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל לָמַדְנוּ שְׁנֵי דְבָרִים: לָמַדְנוּ שֶׁעֲבָדִים פְּטוּרִים מִן הַסּוּכָּה, וְלָמַדְנוּ שֶׁהַיָּשֵׁן תַּחַת הַמִּטָּה לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ.
La Guemara s'interroge sur la formulation de la baraïta : que Rabbi Chimon dise donc « du propos (devarav) de Rabban Gamliel » ! Pourquoi employer l'expression atypique « de la conversation (sihato) de Rabban Gamliel » ? La Guemara répond : par cette expression il nous enseigne au passage une chose de plus, conforme à ce qu'a dit Rav Aha bar Adda — d'autres rapportent : ce qu'a dit Rav Aha bar Adda au nom de Rav Hamnouna au nom de Rav — : d'où sait-on que même la conversation des érudits en Torah requiert étude [alors même que celui qui parle n'entendait pas trancher une halakha] ? De ce qu'il est dit, au sujet du juste : « …qui donne son fruit en sa saison, et dont la feuille ne se flétrit point » (Téhilim 1, 3). Cela enseigne que, chez l'érudit, non seulement son produit principal — son fruit — est précieux, mais même ce qui en découle accessoirement — ses feuilles, c'est-à-dire sa conversation — l'est aussi.
וְלֵימָא: ״מִדְּבָרָיו שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל״? מִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן, כִּי הָא דְּאָמַר רַב אַחָא בַּר אַדָּא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב אַחָא בַּר אַדָּא אָמַר רַב הַמְנוּנָא אָמַר רַב: מִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ שִׂיחַת תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, צְרִיכָה לִימּוּד — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָלֵהוּ לֹא יִבּוֹל״.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui appuie sa souka sur les pieds du lit — c'est-à-dire qu'il fait reposer le s'khakh sur un lit — la souka est valide. Rabbi Yehouda dit : si la souka ne peut tenir d'elle-même, sans le soutien du lit, elle est invalide.
מַתְנִי׳ הַסּוֹמֵךְ סוּכָּתוֹ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה — כְּשֵׁרָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם אֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמוֹד בִּפְנֵי עַצְמָהּ — פְּסוּלָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quel est le motif de Rabbi Yehouda qui déclare cette souka invalide ? Rabbi Zéira et Rabbi Abba bar Mémel divergent sur ce motif. L'un dit : elle est invalide parce qu'elle manque de permanence — la souka n'est pas assez stable, car si l'on déplace le lit, elle s'effondre. Et l'autre dit : elle est invalide parce qu'il soutient le s'khakh au moyen d'un objet susceptible de contracter l'impureté rituelle — le cadre du lit étant un ustensile. Non seulement le s'khakh, mais aussi ce qui le soutient ne doit pas être susceptible d'impureté.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי זֵירָא וְרַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל. חַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁאֵין לָהּ קֶבַע. וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמַּעֲמִידָהּ בְּדָבָר הַמְקַבֵּל טוּמְאָה.
La Guemara demande : quelle est la différence pratique entre eux [ces deux motifs] ? La Guemara explique : la différence apparaît dans le cas où l'on a planté en terre des broches de fer et posé le s'khakh par-dessus. Selon celui qui dit que la souka est invalide par manque de permanence — ici elle est permanente, donc valide. Mais selon celui qui dit qu'elle est invalide parce qu'on la soutient au moyen d'un objet susceptible d'impureté — ici aussi il la soutient au moyen d'un objet susceptible d'impureté [le fer étant un métal], donc elle est invalide.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? כְּגוֹן שֶׁנָּעַץ שַׁפּוּדִין שֶׁל בַּרְזֶל וְסִיכֵּךְ עֲלֵיהֶם. לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין לָהּ קֶבַע — הֲרֵי יֵשׁ לָהּ קֶבַע. וּמַאן דְּאָמַר מִפְּנֵי שֶׁמַּעֲמִידָהּ בְּדָבָר הַמְקַבֵּל טוּמְאָה — הֲרֵי מַעֲמִידָהּ בְּדָבָר הַמְקַבֵּל טוּמְאָה.