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Traité Sukkah

17b

Étude de Sukkah 17b

Étude de la Guémara 17b

Guémara
[Le statut de la souka] se détermine selon qu'il y a ou non la mesure requise. Autrement dit : la différence entre un s'khakh passoul [un toit de branchages invalide] de quatre amot et un s'khakh passoul moindre est une halakha à part entière, sans aucun rapport avec le principe de dofen akouma [la « paroi recourbée »]. De même, c'est une halakha à part entière que trois tefahim d'air [ouvert] dans le toit rendent la souka passoul. Or, dans notre cas, il n'y a la mesure requise selon aucune des deux halakhot ; et puisque leurs mesures ne sont pas égales l'une à l'autre, elles ne se combinent pas [pour invalider la souka]. La souka n'est rendue passoul que lorsque la mesure de s'khakh passoul atteint quatre amot.
מִשּׁוּם שִׁיעוּרָא וְלָאו שִׁיעוּרָא הוּא. הַאי לָאו שִׁיעוּרָא הוּא, כֵּיוָן דְּלָא שָׁווּ שִׁיעוּרַיְיהוּ לַהֲדָדֵי — לָא מִצְטָרְפִי.
Mais selon vous [les Sages de l'école de Rav], qui dites que la mesure de quatre tefahim pour le s'khakh passoul tient à l'écartement [haflaga] — c'est-à-dire à la distance qui sépare la paroi du s'khakh kacher, laquelle rend la souka passoul — quelle différence cela fait-il pour moi qu'on ait été écarté à cause d'un s'khakh passoul, ou quelle différence cela fait-il qu'on ait été écarté à cause d'une combinaison de s'khakh passoul et d'air vide ? Dans les deux cas, la distance entre le s'khakh et la paroi devrait empêcher de rattacher le s'khakh à la paroi. [Ainsi s'achève le compte rendu par Rabba de son échange avec les Sages de l'école de Rav.]
אֶלָּא לְדִידְכוּ דְּאָמְרִיתוּ שִׁיעוּר מִשּׁוּם הַפְלָגָה — מָה לִי אִיתַּפְלַג בִּסְכָךְ פָּסוּל, מָה לִי אִתַּפְלַג בִּסְכָךְ פָּסוּל וַאֲוִיר.
Abaye dit à Rabba : et pour le Maître [toi-même] aussi — certes leurs mesures ne sont pas égales dans une grande souka, plus large que quatre amot, mais dans une petite souka leurs mesures ne sont-elles pas égales ? Dans une souka de dimensions minimales, sept tefahim sur sept, trois tefahim de s'khakh passoul doivent bien rendre la souka passoul. Car si la mesure de validité restait jusqu'à quatre tefahim, cela reviendrait à dire qu'une souka dont la majeure partie du toit est s'khakh passoul demeure kachère — ce qui est déraisonnable. Donc l'affirmation de Rabba, selon laquelle les mesures du s'khakh passoul et de l'air vide seraient totalement distinctes, n'est pas exacte.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וּלְמָר נָמֵי, נְהִי דְּלָא שָׁווּ שִׁיעוּרַיְיהוּ בְּסוּכָּה גְּדוֹלָה, בְּסוּכָּה קְטַנָּה מִי לָא שָׁווּ שִׁיעוּרַיְיהוּ?
Rabba lui répondit : là, dans le cas de la souka de dimensions minimales, le fait que la souka soit passoul ne tient pas à ce que leurs mesures seraient égales l'une à l'autre. Cela tient plutôt à ce que, lorsque le s'khakh passoul atteint trois tefahim, la souka se trouve privée de la mesure minimale requise de s'khakh kacher. Autrement dit : ce n'est pas la quantité de s'khakh passoul qui crée le problème, mais le fait que l'aire valide de la souka devient trop petite [il ne reste plus la surface minimale de souka].
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לָאו מִשּׁוּם דְּשָׁווּ שִׁיעוּרַיְיהוּ לַהֲדָדֵי הוּא, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלֵיתֵיהּ לְשִׁיעוּרָא דְסוּכָּה הוּא.
[La Guemara examine le principe de Rabba.] Rabba soutient que, puisque les deux mesures de disqualification ne sont pas égales, elles ne se combinent pas. La Guemara demande : et partout où des mesures ne sont pas égales l'une à l'autre, ne se combinent-elles donc jamais pour constituer la mesure requise ? Mais n'avons-nous pas appris dans une MISHNA : le vêtement [doit mesurer] au moins trois sur trois tefahim [pour devenir source première d'impureté par la toum'a du midras d'un zav] ; le sac fait de poil de chèvre, quatre sur quatre ; le cuir [la peau], cinq sur cinq ; et la natte, six sur six ?
וְכׇל הֵיכָא דְּלָא שָׁווּ שִׁיעוּרַיְיהוּ לַהֲדָדֵי לָא מִצְטָרְפִי? וְהָתְנַן: הַבֶּגֶד שְׁלֹשָׁה עַל שְׁלֹשָׁה, הַשַּׂק אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה, הָעוֹר חֲמִשָּׁה עַל חֲמִשָּׁה, מַפָּץ שִׁשָּׁה עַל שִׁשָּׁה.
Et une baraïta est enseignée à propos de cette MISHNA : le vêtement et le sac, le sac et le cuir, le cuir et la natte se combinent l'un avec l'autre. Si l'on rattache un morceau de matière dont la mesure d'impureté est plus petite [donc plus stricte] à un morceau dont la mesure est plus grande [donc plus indulgente], le tissu combiné est susceptible de contracter l'impureté dès lors qu'ensemble ils atteignent la plus grande des deux mesures. Il apparaît donc que deux objets dont les mesures ne sont pas égales se combinent bel et bien pour composer la mesure la plus indulgente.
וְתָנֵי עֲלַהּ: הַבֶּגֶד וְהַשַּׂק, הַשַּׂק וְהָעוֹר, הָעוֹר וְהַמַּפָּץ — מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה.
La Guemara repousse [l'objection]. Là, c'est conformément à la raison qui y est enseignée, lorsque Rabbi Chimon dit : quelle est la raison [pour laquelle ces différents tissus se combinent] ? Puisque tous ces matériaux sont aptes à devenir impurs par l'impureté transmise au siège sur lequel s'assoit un zav [moshav] — car chacun peut servir à rapiécer une selle ou une housse de selle. Étant tous propres au même usage, ils se rejoignent au regard des lois de l'impureté. Comme nous l'avons appris dans une MISHNA : celui qui taille et façonne, à partir de l'un quelconque des matériaux susmentionnés, un morceau d'un tefah sur un tefah — ce morceau est susceptible de devenir impur. Il existe donc une halakha pour laquelle chacun de ces matériaux partage une seule et même mesure [un tefah sur un tefah] ; voilà pourquoi ils se combinent aussi dans d'autres domaines.
הָתָם כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מָה טַעַם — הוֹאִיל וְרָאוּי לְטַמֵּא מוֹשָׁב. כְּדִתְנַן: הַמְקַצֵּעַ מִכּוּלָּן טֶפַח עַל טֶפַח — טָמֵא.
La Guemara demande : à quel usage est apte un tissu d'un tefah sur un tefah ? [Après tout, un chiffon sans usage ne contracte pas l'impureté.] Rabbi Chimon ben Lakich dit au nom de Rabbi Yannaï : puisqu'il convient à servir de pièce sur la housse de selle d'un âne [mardaat], il est susceptible de contracter l'impureté. [Ainsi s'achève la discussion de l'échange entre Rabba et les Sages de l'école de Rav.]
טֶפַח עַל טֶפַח לְמַאי חֲזֵי? וְאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ מִשּׁוּם רַבִּי יַנַּאי: הוֹאִיל וְרָאוּי (לִיטְּלוֹ) עַל גַּבֵּי הַחֲמוֹר.
La Guemara note : à Soura, on énonçait cette halakha dans la formulation citée plus haut. À Nehardéa, en revanche, on l'enseignait ainsi : Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : un s'khakh passoul au centre de la souka la rend passoul avec une mesure de quatre tefahim de s'khakh passoul ; sur le côté de la souka, il la rend passoul avec une mesure de quatre amot de s'khakh passoul. Et Rav dit : aussi bien sur le côté qu'au centre, il la rend passoul avec une mesure de quatre amot de s'khakh passoul.
בְּסוּרָא אָמְרִי לְהָא שְׁמַעְתָּא בְּהַאי לִישָּׁנָא. בִּנְהַרְדְּעָא מַתְנוּ: אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: סְכָךְ פָּסוּל בָּאֶמְצַע — פּוֹסֵל בְּאַרְבָּעָה. מִן הַצַּד — פּוֹסֵל בְּאַרְבַּע אַמּוֹת. וְרַב אָמַר: בֵּין מִן הַצַּד בֵּין בָּאֶמְצַע — בְּאַרְבַּע אַמּוֹת.
Nous avons appris dans une MISHNA : si l'on a posé sur [la souka] une planche large de quatre tefahim, elle est kachère. Et la Guemara demande : soit, selon Rav, qui dit qu'aussi bien au centre que sur le côté une souka n'est rendue passoul qu'avec une mesure de quatre amot de s'khakh passoul, c'est bien pour cette raison qu'elle est kachère. Mais selon Chmouel, qui dit qu'au centre de la souka elle est rendue passoul avec une mesure de quatre tefahim, pourquoi serait-elle kachère ? La Guemara répond : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où il a posé la planche sur le côté ; mais s'il l'avait posée au centre, alors selon Chmouel la souka serait effectivement passoul.
תְּנַן: נָתַן עָלֶיהָ נֶסֶר שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים — כְּשֵׁרָה. בִּשְׁלָמָא לְרַב דְּאָמַר בֵּין בָּאֶמְצַע בֵּין מִן הַצַּד בְּאַרְבַּע אַמּוֹת, מִשּׁוּם הָכִי כְּשֵׁרָה. אֶלָּא לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר בָּאֶמְצַע בְּאַרְבָּעָה — אַמַּאי כְּשֵׁרָה? הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — מִן הַצַּד.
Viens et entends [une preuve concernant l'opinion de Rav]. Deux draps [posés sur le toit de la souka] se combinent [pour la rendre passoul] ; mais deux planches [posées sur la souka] ne se combinent pas [pour la rendre passoul]. Rabbi Meïr dit : même les planches ont le même statut que les draps, et elles se combinent pour rendre la souka passoul.
תָּא שְׁמַע: שְׁנֵי סְדִינִין — מִצְטָרְפִין. שְׁנֵי נְסָרִים — אֵין מִצְטָרְפִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נְסָרִים כִּסְדִינִין.
La Guemara précise : soit, selon cette version [de Nehardéa] où Rav dit « aussi bien sur le côté qu'au centre, avec une mesure de quatre amot », que signifie « se combinent » ? Cela veut dire que les deux objets invalides se combinent pour constituer quatre amot. Mais selon cette version [de Soura] où Rav dit « au centre, avec une mesure de quatre tefahim », quel est le cas de figure ? Si chacune des planches a quatre tefahim de large, pourquoi auraient-elles besoin de se combiner [chacune invalide déjà à elle seule] ? Et si chacune des planches n'a pas quatre tefahim de large, [pourquoi Rabbi Meïr l'interdirait-il] — ce ne sont alors que de simples roseaux [trop étroits pour invalider quoi que ce soit] ?
בִּשְׁלָמָא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמַר רַב בֵּין בָּאֶמְצַע בֵּין מִן הַצַּד בְּאַרְבַּע אַמּוֹת, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת. אֶלָּא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמַר רַב בָּאֶמְצַע בְּאַרְבָּעָה, הֵיכִי דָּמֵי? אִי דְּאִית בְּהוּ אַרְבָּעָה, לְמָה לְהוּ אִצְטְרוֹפֵי? אִי דְּלֵית בְּהוּ אַרְבָּעָה, קַנְיָא בְּעָלְמָא נִינְהוּ?
Sukkah 17b
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סוכה י״ז במַסֶּכֶת סֻכָּה