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Traité Sukkah

14b

Étude de Sukkah 14b

Étude de la Guémara 14b

Guémara
En revanche, deux planches [nesarim] posées sur la souka [comme s'khakh] ne se combinent pas [pour atteindre la mesure qui rend la souka invalide]. Rabbi Méir dit : même des planches sont comme des draps, en ce qu'elles se joignent l'une à l'autre pour constituer la mesure d'invalidité.
שְׁנֵי נְסָרִין אֵין מִצְטָרְפִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף נְסָרִין כִּסְדִינִין.
La Guemara développe : soit, selon Chmouel, qui dit que la controverse entre Rabbi Yehouda et Rabbi Méir porte sur des planches qui n'ont pas quatre tefahim de large — mais que si elles ont quatre tefahim de large, tout le monde s'accorde à dire que [la souka] est invalide [passoul] —, quel est alors le sens de ce que dit Rabbi Méir : « les planches se combinent » ? Cela signifie que des planches de moins de quatre tefahim de large s'additionnent pour atteindre la mesure de quatre tefahim, ce qui rend la souka invalide.
בִּשְׁלָמָא לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר בְּשֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבָּעָה.
En revanche, selon Rav, qui dit que la controverse porte sur des planches qui ont quatre tefahim de large — mais que si elles n'ont pas quatre tefahim de large, tout le monde s'accorde à dire que [la souka] est cachère —, quel est le cas de figure ? Si chacune des planches a quatre tefahim de large, pourquoi auraient-elles besoin de se combiner [pour rendre la souka invalide] ? Chaque planche de quatre tefahim suffit à elle seule à invalider la souka ! Et si chacune des planches n'a pas quatre tefahim de large, pourquoi [Rabbi Méir en interdirait-il l'usage] ? Ne sont-elles pas, [selon Rav], de simples roseaux ? [De même qu'on peut couvrir la souka de roseaux, on devrait pouvoir la couvrir de ces planches étroites.]
אֶלָּא לְרַב, דְּאָמַר בְּשֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל אֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל כְּשֵׁרָה, הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּאִית בְּהוּ אַרְבָּעָה, לְמָה לְהוּ לְאִיצְטְרוֹפֵי? אִי דְּלֵית בְּהוּ אַרְבָּעָה, אַמַּאי? וְהָא קָנִים בְּעָלְמָא נִינְהוּ?
La Guemara répond : en réalité, explique [le cas] avec des planches qui ont bien quatre tefahim de large — chacune invalidant la souka à elle seule. Et quel est alors le sens de « les planches se combinent » ? Il s'agit de tout autre chose : elles se combinent pour constituer quatre amot du côté [le long d'une paroi]. [Si l'on a posé ces planches invalides contre l'une des parois de la souka, elles ne l'invalident pas, en vertu du principe de la « paroi recourbée » (dofen akouma), qui considère cette portion de couverture comme un prolongement de la paroi ; mais ce principe ne s'applique que jusqu'à quatre amot de couverture invalide. Si ces planches s'additionnent pour atteindre quatre amot, la souka est invalide selon Rabbi Méir.] Selon cette explication, la Michna peut aussi se lire conformément à l'opinion de Rav.
לְעוֹלָם דְּאִית בְּהוּ אַרְבָּעָה, וּמַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד.
Autre version [lishana aharina] de l'échange ci-dessus. Soit, selon Chmouel, qui dit que la controverse entre Rabbi Yehouda et Rabbi Méir porte sur des planches qui n'ont pas quatre tefahim de large — mais que si elles ont quatre tefahim de large, tout le monde s'accorde à dire que [la souka] est invalide —, quel est le sens de ce que dit Rabbi Méir : « les planches se combinent » ? Cela signifie qu'elles s'additionnent pour constituer quatre amot du côté, ce qui rend la souka invalide.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: בִּשְׁלָמָא לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר בְּשֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחְלוֹקֶת, אֲבָל יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד.
En revanche, selon Rav : soit, selon Rabbi Méir, quel est le sens de « les planches se combinent » ? Cela signifie qu'elles s'additionnent pour constituer quatre amot du côté. Mais selon l'opinion de Rabbi Yehouda, qui dit que même si elles ont quatre tefahim de large la souka est cachère, quel est le sens de « les planches ne se combinent pas » ? Ce ne sont que de simples roseaux — un s'khakh valide ; et un s'khakh valide qui s'additionne reste un s'khakh valide [, de sorte qu'il n'y aurait rien à « ne pas combiner »] ! La Guemara répond : puisque Rabbi Méir a employé l'expression « se combinent », Rabbi Yehouda — bien que cela soit sans objet selon son opinion — a lui aussi dit « ne se combinent pas » [, par symétrie de langage].
אֶלָּא לְרַב: בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי מֵאִיר, מַאי ״מִצְטָרְפִין״ — מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת מִן הַצַּד. אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר אֲפִילּוּ יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה כְּשֵׁרָה, מַאי ״אֵין מִצְטָרְפִין״? קָנִים בְּעָלְמָא נִינְהוּ! אַיְּידֵי דְּקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר ״מִצְטָרְפִין״, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה ״אֵין מִצְטָרְפִין״.
La Guemara note : il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rav, et il est enseigné dans une [autre] baraïta conformément à l'opinion de Chmouel.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב, תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
Il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rav : si l'on a couvert la souka avec des planches de cèdre qui n'ont pas quatre tefahim de large, tout le monde s'accorde à dire qu'elle est cachère. Si elles ont quatre tefahim de large, Rabbi Méir la déclare invalide [passoul] et Rabbi Yehouda la déclare cachère.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב: סִכְּכָהּ בִּנְסָרִים שֶׁל אֶרֶז שֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל כְּשֵׁרָה. יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה — רַבִּי מֵאִיר פּוֹסֵל וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר.
Rabbi Yehouda dit : il y eut un fait, à une époque de danger [où les non-Juifs avaient décrété qu'il était interdit aux Juifs de construire une souka], où nous avons apporté des planches qui avaient quatre tefahim de large, nous en avons couvert la terrasse [pour que cela n'ait pas l'air d'une souka], et nous nous sommes assis dessous ! [Preuve que des planches de quatre tefahim de large forment un s'khakh valide pour une souka.] Ils lui répondirent : est-ce de là qu'on tire une preuve ?! Il n'y a pas de preuve à tirer de ce qu'on a fait en une époque de danger. [Il se peut que la souka qu'ils édifièrent sur la terrasse fût invalide, et qu'ils ne l'aient bâtie que pour commémorer la mitsva qu'ils ne pouvaient accomplir.] Il ressort néanmoins de cette baraïta que la controverse entre Rabbi Méir et Rabbi Yehouda porte sur des planches de quatre tefahim de large — conformément à l'opinion de Rav.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בִּשְׁעַת הַסַּכָּנָה שֶׁהֵבֵיאנוּ נְסָרִים שֶׁהָיוּ בָּהֶן אַרְבָּעָה וְסִיכַּכְנוּ עַל גַּבֵּי מִרְפֶּסֶת, וְיָשַׁבְנוּ תַּחְתֵּיהֶן! אָמְרוּ לוֹ: מִשָּׁם רְאָיָה?! אֵין שְׁעַת הַסַּכָּנָה רְאָיָה.
Il est enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Chmouel : si l'on a couvert la souka avec des planches de cèdre qui ont quatre tefahim de large, tout le monde s'accorde à dire que la souka est invalide. Si elles n'ont pas quatre tefahim de large, Rabbi Méir la déclare invalide et Rabbi Yehouda la déclare cachère. Et Rabbi Méir concède que, s'il y a entre une planche et l'autre un espace de la largeur entière d'une planche, alors on place [dans cet intervalle] un s'khakh valide [provenant des déchets de l'aire de battage et du pressoir, le « pesal »], et la souka est cachère. Et Rabbi Yehouda concède que, si l'on a couvert la souka d'une planche large de quatre tefahim [contre l'une des parois], la souka est cachère [en vertu du principe de la paroi recourbée] ; néanmoins, on ne dort pas sous cette planche, et celui qui dort dessous ne s'acquitte pas de son obligation. En tout état de cause, il y a là deux baraïtot, chacune conforme à l'une des deux opinions exposées.
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: סִכְּכָהּ בִּנְסָרִים שֶׁל אֶרֶז שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה. אֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה — רַבִּי מֵאִיר פּוֹסֵל וְרַבִּי יְהוּדָה מַכְשִׁיר. וּמוֹדֶה רַבִּי מֵאִיר שֶׁאִם יֵשׁ בֵּין נֶסֶר לְנֶסֶר כִּמְלֹא נֶסֶר — שֶׁמַּנִּיחַ פְּסָל בֵּינֵיהֶם, וּכְשֵׁרָה. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאִם נָתַן עָלֶיהָ נֶסֶר שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים — כְּשֵׁרָה, וְאֵין יְשֵׁנִים תַּחְתָּיו, וְהַיָּשֵׁן תַּחְתָּיו — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ.
Il a été dit [qu'il existe une controverse d'Amoraïm] : si l'on a retourné les planches [invalides] sur leur tranche [de sorte que la largeur de la tranche soit inférieure à la mesure qui les rend invalides — restent-elles invalides, ou bien deviennent-elles valides, leur largeur étant désormais plus étroite ?]. Rav Houna dit : la souka est invalide ; tandis que Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna disent : elle est cachère.
אִתְּמַר: הֲפָכָן עַל צִידֵּיהֶן, רַב הוּנָא אָמַר: פְּסוּלָה, וְרַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמְרִי: כְּשֵׁרָה.
La Guemara relate : Rav Nahman se trouva de passage à Soura. Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna se présentèrent devant lui. Ils lui dirent : si l'on a retourné ces planches sur leur tranche et couvert [ainsi] la souka, quelle est la halakha ? [Ils cherchaient à savoir si sa décision irait dans leur sens ou dans celui de Rav Houna.] Il leur répondit : la souka est invalide ; puisque ces planches sont un s'khakh invalide lorsqu'elles sont posées à plat, leur statut légal est devenu comme celui de broches [chapoudin] de métal, qui sont invalides en toute circonstance.
אִיקְּלַע רַב נַחְמָן לְסוּרָא, עוּל לְגַבֵּיהּ רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא. אָמְרִי לֵיהּ: הֲפָכָן עַל צִידֵּיהֶן, מַהוּ? אֲמַר לְהוּ: פְּסוּלָה, נַעֲשׂוּ כְּשַׁפּוּדִין שֶׁל מַתֶּכֶת.
Sukkah 14b
100%
סוכה י״ד במַסֶּכֶת סֻכָּה