AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Sukkah

14a

Étude de Sukkah 14a

Étude de la Mishna & Guémara 14a

[Les ustensiles inachevés] descendent dans un état d'impureté rituelle par la simple pensée. En effet, bien qu'un ustensile inachevé ne puisse d'ordinaire pas contracter l'impureté, si l'artisan a décidé de le laisser dans son état inachevé, il prend aussitôt le statut légal d'un ustensile terminé et peut alors devenir impur. En revanche, ils ne remontent de leur impureté que par un changement résultant d'un acte : se contenter de décider d'achever l'ustensile ne modifie pas son statut, et celui-ci ne perd sa qualité d'ustensile que lorsqu'on agit pour le terminer. L'acte annule un statut créé par un acte aussi bien qu'un statut créé par la pensée ; mais la pensée n'annule ni un statut créé par un acte, ni un statut créé par la pensée. Dès lors, une fois que la paille du grain récolté pour la nourriture est considérée comme une « anse » [yad] et devient susceptible d'impureté, son statut ne peut plus être annulé par la seule pensée.
יוֹרְדִין לִידֵי טוּמְאָה בְּמַחְשָׁבָה, וְאֵין עוֹלִין מִטּוּמְאָתָן אֶלָּא בְּשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה. מַעֲשֶׂה מוֹצִיא מִיַּד מַעֲשֶׂה וּמִיַּד מַחְשָׁבָה. מַחְשָׁבָה אֵינָהּ מוֹצִיאָה לֹא מִיַּד מַעֲשֶׂה וְלֹא מִיַּד מַחְשָׁבָה.
Et si tu objectes qu'il y a là une distinction — à savoir que ce principe ne vaut que pour les ustensiles, qui ont une valeur propre, tandis que pour les anses, qui n'ont pas de valeur en elles-mêmes mais servent seulement à manier l'aliment, peut-être deviennent-elles des anses par la pensée et sortent-elles de ce statut par la pensée — n'avons-nous pas appris dans la Michna le contraire ? « Toutes les anses d'aliments que l'on a “bessessan” sur l'aire de battage sont pures » — car par son geste l'homme a montré qu'il n'en a plus l'usage et ne les tient plus pour importantes. Et Rabbi Yossi les déclare aptes à contracter l'impureté.
וְכִי תֵּימָא הָנֵי מִילֵּי כֵּלִים דַּחֲשִׁיבִי, אֲבָל יָדוֹת, דִּלְצוֹרֶךְ אֲכִילָה נִינְהוּ — בְּמַחְשָׁבָה נַעֲשֶׂה וּבְמַחְשָׁבָה סָלְקָא. וְהָתְנַן: כָּל יְדוֹת הָאוֹכָלִין שֶׁבְּסָסָן בַּגּוֹרֶן — טְהוֹרוֹת (וְרַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא).
La Guemara précise : passe encore selon celui qui dit que « bessessan » signifie qu'on a dénoué leur lien — cela se comprend bien. Car même si aucun acte n'a été accompli sur les gerbes, néanmoins, puisque ces anses ne servent qu'à faciliter le liage des gerbes, l'homme, en les déliant, a indiqué qu'elles ne répondent plus à son besoin [c'est donc un effet de la seule intention]. Mais selon celui qui dit : que signifie « bessessan » ? — qu'il les a réellement foulées, que peut-on répondre ? Selon cet avis, seul un acte peut annuler le statut des anses ; quelle est alors la raison de l'opinion des Sages, qui tiennent que la seule pensée peut annuler leur statut ?
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״בְּסָסָן״ — הִתִּיר אִגּוּדָן, שַׁפִּיר. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מַאי ״בְּסָסָן״ — בְּסָסָן מַמָּשׁ, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara répond : ici aussi, le débat entre les Sages et Aherim [« d'autres »], au sujet de l'emploi du grain pour couvrir la souka, porte sur un cas où l'on a réellement foulé les anses — et c'est pour cela qu'elles ne sont plus susceptibles d'impureté. La Guemara demande : s'il en est ainsi, et qu'un changement a été apporté au grain lui-même, quelle est la raison de l'opinion d'Aherim, qui malgré tout en interdisent l'usage comme s'khakh ? La Guemara répond : c'est parce qu'Aherim énoncent leur avis conformément à l'opinion de Rabbi Yossi, comme nous l'avons appris dans la Michna déjà citée : Rabbi Yossi les déclare aptes à contracter l'impureté même après qu'on les a foulées.
הָכָא נָמֵי, שֶׁבְּסָסָן מַמָּשׁ. אִי הָכִי, מַאי טַעְמַיְיהוּ דַּאֲחֵרִים? דַּאֲמוּר כְּרַבִּי יוֹסֵי. דִּתְנַן: רַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא.
La Guemara demande : en quoi cette comparaison entre les deux cas tient-elle ? Passe encore là-bas — dans le débat sur l'impureté du grain sur l'aire de battage — où la raison de l'opinion de Rabbi Yossi (à savoir que les anses restent susceptibles d'impureté) est qu'elles demeurent utiles. Cela suit l'enseignement de Rabbi Chimon ben Lakich, car Rabbi Chimon ben Lakich a dit : même après que le grain a été foulé, la paille répond encore au besoin de l'homme, puisqu'elle sert à retourner le grain avec une fourche [eter] — la paille empêchant en effet le grain de tomber entre les dents de la fourche.
הַאי מַאי?! בִּשְׁלָמָא הָתָם — טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי חַזְיָא לְכִדְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ. דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: הוֹאִיל וּרְאוּיוֹת לְהוֹפְכָן בְּעֶתֶר.
Mais ici, où l'on n'a besoin de la paille que pour couvrir la souka, à quoi les anses sont-elles encore utiles une fois foulées ? Elles ne servent plus à rien pour manier le grain. La Guemara répond : elles servent au moment où l'on démonte le s'khakh, pour saisir le grain par la paille de manière qu'il se disperse. C'est pourquoi Aherim tiennent que la paille demeure capable de contracter l'impureté.
אֶלָּא הָכָא לְמַאי חַזְיָא? חַזְיָא לְכִי סָתַר לְמִנְקַט לְהוּ בְּגִילַיְיהוּ.
À propos de ce différend entre les Sages et Rabbi Yossi, la Guemara examine la chose en elle-même [goufa] : « Toutes les anses d'aliments que l'on a “bessessan” sur l'aire de battage sont pures, et Rabbi Yossi les déclare aptes à contracter l'impureté. » La Guemara demande : que signifie « bessessan » ? Rabbi Yohanan dit : cela veut dire qu'on les a réellement foulées du pied. Rabbi Elazar dit : cela veut dire qu'on a dénoué leur lien.
גּוּפָא, כָּל יְדוֹת הָאוֹכָלִין שֶׁבְּסָסָן בַּגּוֹרֶן — טְהוֹרוֹת, וְרַבִּי יוֹסֵי מְטַמֵּא. מַאי ״בְּסָסָן״? רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בְּסָסָן מַמָּשׁ. רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) אוֹמֵר: הִתִּיר אַגְדָּן.
La Guemara observe : passe encore selon Rabbi Elazar, qui dit que « bessessan » signifie qu'on a dénoué leur lien — c'est bien pour cela que Rabbi Yossi déclare les anses capables de contracter l'impureté [puisqu'aucun acte décisif n'a été posé]. Mais selon Rabbi Yohanan, qui dit que « bessessan » signifie qu'on les a réellement foulées, pourquoi Rabbi Yossi les déclare-t-il capables de contracter l'impureté ? N'a-t-on pas, par là même, rendu les anses sans valeur ? Rabbi Chimon ben Lakich a répondu : même après que le grain a été foulé, la paille répond encore au besoin de l'homme, puisqu'elle sert à retourner le grain avec une fourche.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי (אֱלִיעֶזֶר), דְּאָמַר ״בְּסָסָן״ — הִתִּיר אַגְדָּן, הַיְינוּ דִּמְטַמֵּא רַבִּי יוֹסֵי. אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר בְּסָסָן מַמָּשׁ, אַמַּאי מְטַמֵּא רַבִּי יוֹסֵי? אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: הוֹאִיל וּרְאוּיוֹת לְהוֹפְכָן בְּעֶתֶר.
À propos de la fourche, la Guemara cite un enseignement aggadique qui s'y rapporte. Rabbi Elazar a dit : pourquoi les prières des justes sont-elles comparées à une fourche [eter] ? Car il est écrit : « Et Isaac implora [vaye'tar] l'Éternel au sujet de sa femme, parce qu'elle était stérile » (Béréchit 25, 21) — pour t'enseigner ceci : de même que cette fourche retourne le grain sur l'aire d'un endroit à un autre, de même les prières des justes retournent la pensée du Saint, béni soit-Il, de l'attribut de rigueur [litt. de cruauté] vers l'attribut de miséricorde, et Il agrée leur prière.
אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר): לָמָּה נִמְשְׁלָה תְּפִלָּתָן שֶׁל צַדִּיקִים כְּעֶתֶר — לוֹמַר לָךְ: מָה עֶתֶר זֶה מְהַפֵּךְ אֶת הַתְּבוּאָה בַּגּוֹרֶן מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, אַף תְּפִלָּתָן שֶׁל צַדִּיקִים מְהַפֶּכֶת דַּעְתּוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִמִּדַּת אַכְזָרִיּוּת לְמִדַּת רַחֲמָנוּת.
Mishna 1
MICHNA : On peut couvrir la souka avec des planches [nesarim], comme celles que l'on emploie au plafond d'une maison ; telle est l'opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Méir en interdit l'usage. Si l'on a posé sur la souka une planche large de quatre tefahim, la souka est kachère et l'on s'acquitte de son obligation, à condition de ne pas dormir sous cette planche.
מַתְנִי׳ מְסַכְּכִין בִּנְסָרִים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה, וְרַבִּי מֵאִיר אוֹסֵר. נָתַן עָלֶיהָ נֶסֶר שֶׁהוּא רָחָב אַרְבָּעָה טְפָחִים — כְּשֵׁרָה, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִישַׁן תַּחְתָּיו.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rav a dit : le différend porte sur des planches qui ont quatre tefahim de large — la taille habituelle des planches de plafond. Car Rabbi Méir est d'avis que les Sages ont édicté le « décret du plafond » [guezérat tikra] : dans ce cas, couvrir la souka de planches aussi larges pourrait être confondu avec un plafond, et si on l'autorisait, on risquerait de venir dormir, durant la fête, sous le plafond de sa propre maison [pensant être dans une souka valide]. Rabbi Yehouda, lui, n'est pas d'avis que les Sages ont édicté ce décret du plafond. En revanche, pour des planches qui n'ont pas quatre tefahim de large, tous s'accordent à dire que la souka est kachère. Et Chmouel a dit : le différend porte sur des planches qui n'ont pas quatre tefahim de large ; mais si elles ont quatre tefahim de large, tous s'accordent à dire qu'elle est passoul.
גְּמָ׳ אָמַר רַב: מַחְלוֹקֶת בִּנְסָרִין שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה, דְּרַבִּי מֵאִיר אִית לֵיהּ גְּזֵרַת תִּקְרָה, וְרַבִּי יְהוּדָה לֵית לֵיהּ גְּזֵרַת תִּקְרָה. אֲבָל בִּנְסָרִין שֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל כְּשֵׁרָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בְּשֶׁאֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה מַחֲלוֹקֶת, אֲבָל יֵשׁ בָּהֶן אַרְבָּעָה — דִּבְרֵי הַכֹּל פְּסוּלָה.
La Guemara objecte : selon Chmouel, le différend porte sur des planches qui n'ont pas quatre tefahim de large — et apparemment il en irait de même même si leur largeur était inférieure à trois tefahim. Or, dans ce cas, ne sont-elles pas de simples roseaux [parfaitement valides comme s'khakh] ? Pourquoi donc Rabbi Méir en interdirait-il l'usage ?
אֵין בָּהֶן אַרְבָּעָה, וַאֲפִילּוּ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה, הָא קָנִים בְּעָלְמָא נִינְהוּ?
Sukkah 14a
100%
סוכה י״ד אמַסֶּכֶת סֻכָּה