AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Sukkah

13a

Étude de Sukkah 13a

Étude de la Guémara 13a

Guémara
[…car] leur odeur devient avec le temps nauséabonde, [si bien que] l'on délaisse la souka et l'on en sort. Or il est inconvenant d'établir une souka dans laquelle il est impossible de demeurer.
דְּסָרֵי רֵיחַיְיהוּ — שָׁבֵיק לְהוּ וְנָפֵיק.
De même, Rav Hanan bar Rava dit : ces ronces (hizmei) et ces buissons épineux (higei), on peut en faire un s'khakh. Abaye dit [en nuançant] : avec les ronces (hizmei), on peut couvrir sa souka ; avec les buissons (higei), on ne peut pas la couvrir. Quelle en est la raison ? Comme leurs feuilles tombent avec le temps — et risquent de choir dans la nourriture et d'incommoder ceux qui sont dans la souka —, l'on délaisse la souka et l'on en sort.
אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא: הָנֵי הִיזְמֵי וְהִיגֵי מְסַכְּכִין בְּהוּ. אַבָּיֵי אָמַר: בְּהִיזְמֵי — מְסַכְּכִינַן, בְּהִיגֵי — לָא מְסַכְּכִינַן. מַאי טַעְמָא — כֵּיוָן דְּנָתְרִי טַרְפַיְיהוּ, שָׁבֵיק לַהּ וְנָפֵיק.
Rav Guidel dit au nom de Rav : ce rejeton du tronc du palmier — d'où sortent plusieurs branches —, on peut en faire un s'khakh. Bien que les branches soient naturellement liées [les unes aux autres à leur base], un lien fait par la main du Ciel n'est pas tenu pour un lien [qui invaliderait le s'khakh]. Et bien que l'on vienne ensuite à les lier [soi-même] à l'autre extrémité — là où elles se séparent en branches distinctes — et que l'on en couvre [la souka], elle est valide ; car lier ce qui forme déjà un seul faisceau lié n'est pas tenu pour un lien.
אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: הַאי אַפָּקוּתָא דְּדִיקְלָא מְסַכְּכִין בְּהוּ. אַף עַל גַּב דַּאֲגִידִי, אֶגֶד בִּידֵי שָׁמַיִם לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. אַף עַל גַּב דַּהֲדַר אָגֵיד לְהוּ, אֶיגֶד בְּחַד לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד.
De même, Rav Hisda dit au nom de Ravina bar Cheila : ces rejetons de roseaux, on peut en faire un s'khakh. Bien que les branches soient naturellement liées, un lien fait par la main du Ciel n'est pas tenu pour un lien. Et bien que l'on vienne ensuite à lier les roseaux à l'autre extrémité, [la souka] est valide ; car lier ce qui forme déjà un seul faisceau lié n'est pas tenu pour un lien.
אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רָבִינָא בַּר שֵׁילָא: הָנֵי דּוּקְרֵי דְקָנֵי מְסַכְּכִין בְּהוּ. אַף עַל גַּב דַּאֲגִידִי נִינְהוּ — אֶגֶד בִּידֵי שָׁמַיִם לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. אַף עַל גַּב דַּהֲדַר אָגֵיד לְהוּ — אֶיגֶד בְּחַד לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד.
La Guemara note que cette opinion est aussi enseignée dans une baraïta : roseaux et « doukranin » [littéralement : bêches, fourches], on peut en faire un s'khakh. La Guemara s'interroge : que l'on puisse couvrir sa souka de roseaux, c'est une évidence — ils satisfont en effet à tous les critères d'un s'khakh valide [végétal, non susceptible d'impureté, ne tirant pas sa nourriture du sol] ! Plutôt, dis [et lis] : ces rejetons de roseaux [« kanim chel doukranin », c'est-à-dire des roseaux poussant en rejetons fourchus], on peut en faire un s'khakh.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: קָנִים וְדוּקְרָנִין מְסַכְּכִין בָּהֶן. קָנִים פְּשִׁיטָא! אֵימָא: קָנִים שֶׁל דּוּקְרָנִין מְסַכְּכִין בָּהֶן.
À propos de la halakha qui précède, la Guemara cite un autre énoncé que Rav Hisda a dit au nom de Ravina bar Cheila : avec ces herbes amères du marais (merarata d'agma), un homme s'acquitte de son obligation [de maror] à Pessah.
וְאָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רָבִינָא בַּר שֵׁילָא: הָנֵי מְרָרְיָתָא דְאַגְמָא — אָדָם יוֹצֵא בָּהֶן יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח.
La Guemara soulève une objection contre son opinion [à partir d'une baraïta sur l'hysope] : pour toute mitsva qui requiert de l'hysope (ezov), on prend de l'hysope [ordinaire] — et non l'hysope dite « de Grèce » (ezov yavan), ni l'hysope « bleue » (ezov kohli), ni l'hysope du désert (ezov midbari), ni l'hysope de Rome (ezov romi), ni aucune autre hysope dont le nom est accompagné d'un qualificatif. [Or il devrait en aller de même pour le maror :] les herbes amères du marais, dont le nom est accompagné d'un qualificatif [« du marais »], ne seraient donc pas le maror dont parle la Torah !
מֵיתִיבִי: אֵזוֹב, וְלֹא אֵזוֹב יוֹן, וְלֹא אֵזוֹב כּוֹחֳלִי, וְלֹא אֵזוֹב מִדְבָּרִי, וְלֹא אֵזוֹב רוֹמִי, וְלֹא אֵזוֹב שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם לְוַוי.
Abaye répond [en distinguant les deux cas] : toute espèce dont le nom a été différencié avant le don de la Torah — c'est-à-dire dont la distinction entre les sous-variétés est antérieure à la Révélation du Sinaï — et au sujet de laquelle la Torah est ensuite venue exiger une variété précise [en disant simplement « hysope », sans qualificatif], celle-là, on sait qu'elle a d'autres sous-variétés à nom qualifié, impropres à la mitsva. Mais ces herbes amères-ci, leurs noms n'avaient nullement été différenciés avant le don de la Torah : toutes les sous-variétés étaient appelées simplement « amères » (merarim). C'est pourquoi, lorsque la Torah requiert des herbes amères, on s'acquitte de la mitsva avec n'importe laquelle de leurs sous-variétés.
אָמַר אַבָּיֵי: כֹּל שֶׁנִּשְׁתַּנָּה שְׁמוֹ קוֹדֶם מַתַּן תּוֹרָה, וּבָאתָה תּוֹרָה וְהִקְפִּידָה עָלָיו — בְּיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם לְוַוי. וְהָנֵי לֹא נִשְׁתַּנָּה שְׁמַיְיהוּ קוֹדֶם מַתַּן תּוֹרָה כְּלָל.
Rava donne une autre explication : en réalité, le nom de cette plante est simplement « herbes amères » (merarata), sans qualificatif ; et si on les appelle « herbes amères du marais », c'est seulement parce qu'on les trouve d'ordinaire dans le marais [le qualificatif décrivant leur habitat, non une sous-espèce distincte]. Il n'y a donc aucune raison de ne pas s'en acquitter pour la mitsva à Pessah.
רָבָא אָמַר: הָנֵי — מְרָרְיָתָא סְתָמָא שְׁמַיְיהוּ, וְהַאי דְּקָרֵי לְהוּ מְרָרְיָתָא דְאַגְמָא — מִשּׁוּם דְּמִשְׁתְּכַח בְּאַגְמָא.
Rav Hisda dit : si l'on a lié un seul objet — même au moyen d'un nœud —, ce n'est pas tenu pour un lien. Si l'on en a lié trois ensemble, tous s'accordent que c'est un lien. Si l'on en a lié deux, cela fait l'objet d'une controverse entre Rabbi Yossi et les Sages (Rabbanan), ainsi que nous l'avons appris dans une michna : pour la mitsva de l'hysope, on requiert trois tiges (kelahim) munies de leurs racines, portant trois pousses (guiveolim), une par tige. Rabbi Yossi dit : la mitsva de l'hysope requiert [essentiellement] trois pousses ; si le bouquet a été entamé, ses restes sont valides avec deux [pousses] ; et si toutes les pousses ont été brisées, ses moignons (gardoumim) restent valides en quelque quantité que ce soit.
אָמַר רַב חִסְדָּא: אֶיגֶד בְּחַד — לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. שָׁלֹשׁ — שְׁמֵיהּ אֶגֶד. שְׁנַיִם — מַחְלוֹקֶת רַבִּי יוֹסֵי וְרַבָּנַן. דִּתְנַן: מִצְוַת אֵזוֹב, שְׁלֹשָׁה קְלָחִים וּבָהֶן שְׁלֹשָׁה גִבְעוֹלִין. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִצְוַת אֵזוֹב שְׁלֹשָׁה גִּבְעוֹלִין, וּשְׁיָרָיו שְׁנַיִם, וְגַרְדּוּמָּיו כׇּל שֶׁהוּא.
Il nous vient d'abord à l'esprit de dire : du fait que [Rabbi Yossi enseigne que], après coup, ses restes [valides] sont au nombre de deux, c'est qu'au départ aussi il en fallait deux ; et si la michna enseigne « trois », c'est pour la mitsva [accomplie d'emblée, lekhatehila]. Et du fait que, selon Rabbi Yossi, trois ne sont requis que pour la mitsva [lekhatehila], on conclut que les Sages, qui le contredisent, tiennent que l'absence de trois tiges dans le bouquet le rend impropre à la mitsva [le'akev, comme condition impérative]. Ainsi les Sages et Rabbi Yossi débattraient-ils de savoir si c'est deux ou trois objets qu'il faut pour constituer un lien.
קָא סָלְקָא דַּעְתִּין מִדִּשְׁיָרָיו שְׁנַיִם, תְּחִילָּתוֹ נָמֵי שְׁנַיִם, וְהַאי דְּקָתָנֵי שְׁלֹשָׁה — לְמִצְוָה. וּמִדְּרַבִּי יוֹסֵי שְׁלֹשָׁה לְמִצְוָה, לְרַבָּנַן שְׁלֹשָׁה לְעַכֵּב.
La Guemara conteste cette compréhension de la controverse : mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta que Rabbi Yossi dit : au sujet du bouquet d'hysope, si au départ il était de deux tiges et que ses restes sont d'une seule, il est passoul (invalide) ; et il n'est valide que lorsqu'au départ il était de trois et que ses restes sont de deux ! [C'est donc l'inverse de ce qu'on avait supposé.] Plutôt, inverse [les positions dans la michna] : selon Rabbi Yossi, l'absence de trois tiges rend le bouquet impropre à la mitsva (le'akev) ; selon les Sages, trois ne sont requis que pour la mitsva [accomplie d'emblée].
וְהָתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵזוֹב תְּחִילָּתוֹ שְׁנַיִם וּשְׁיָרָיו אֶחָד פָּסוּל, וְאֵינוֹ כָּשֵׁר עַד שֶׁיְּהֵא תְּחִילָּתוֹ שְׁלֹשָׁה וּשְׁיָרָיו שְׁנַיִם! אֵיפוֹךְ: לְרַבִּי יוֹסֵי שְׁלֹשָׁה לְעַכֵּב, לְרַבָּנַן שְׁלֹשָׁה לְמִצְוָה.
Sukkah 13a
100%
סוכה י״ג אמַסֶּכֶת סֻכָּה