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Traité Sukkah

10a

Étude de Sukkah 10a

Étude de la Mishna & Guémara 10a

[La Michna précédente enseignait qu'il peut arriver que la souka du bas soit kachère et celle du haut passoul.] Quel est le cas de figure ? C'est lorsque, dans la souka inférieure, l'ombre [du s'khakh] l'emporte sur l'ensoleillement — ce qui la rend kachère — tandis que dans la souka supérieure, l'ensoleillement l'emporte sur l'ombre — de sorte qu'elle n'a aucune valeur [son s'khakh est trop clairsemé pour être un vrai toit] ; et que le s'khakh des deux soukot se trouve à moins de vingt amot du sol.
הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן שֶׁהַתַּחְתּוֹנָה צִלָּתָהּ מְרוּבָּה מֵחַמָּתָהּ, וְעֶלְיוֹנָה חֲמָתָהּ מְרוּבָּה מִצִּלָּתָהּ, וְקָיְימִי תַּרְוַיְיהוּ בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים.
Et il arrive parfois que ce soit la souka du haut qui soit kachère et celle du bas passoul. Quel est ce cas de figure ? C'est lorsque, dans les deux soukot, l'ombre l'emporte sur l'ensoleillement [les deux toits sont donc valides en eux-mêmes], et que le s'khakh de la souka supérieure se trouve à moins de vingt amot du s'khakh de la souka inférieure. Dans ce cas, la souka du haut est kachère, tandis que celle du bas — étant une souka sous une souka — est passoul.
וּפְעָמִים שֶׁהָעֶלְיוֹנָה כְּשֵׁרָה וְתַחְתּוֹנָה פְּסוּלָה הֵיכִי דָּמֵי? כְּגוֹן דְּתַרְוַיְיהוּ צִלָּתָן מְרוּבָּה מֵחֲמָתָן, וְקָיְימָא עֶלְיוֹנָה בְּתוֹךְ עֶשְׂרִים.
La Guemara objecte : cela va de soi ! [Il n'y a rien de neuf dans ces différents scénarios.] La Guemara répond : il était nécessaire que le Tana mentionne le cas où la souka du bas est kachère et celle du haut passoul, car il recèle un élément nouveau. En effet, on aurait pu dire : édictons un décret et déclarons passoul la souka inférieure, de peur que le s'khakh invalide de la souka supérieure ne se combine au s'khakh valide de la souka inférieure et ne la rende passoul elle aussi. C'est pourquoi le Tana nous enseigne que les deux toits ne se combinent pas, et que le s'khakh du haut ne rend pas passoul la souka du bas.
פְּשִׁיטָא! תַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה וְעֶלְיוֹנָה פְּסוּלָה אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ. מַהוּ דְּתֵימָא: נִיגְזַר דִּילְמָא מִצְטָרֵף סְכָךְ פָּסוּל בַּהֲדֵי סְכָךְ כָּשֵׁר, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara précise cette halakha. [La Michna demande :] quel espace doit-il y avoir entre le s'khakh de la souka du haut et celui de la souka du bas pour que la souka inférieure soit considérée comme une entité distincte, et donc disqualifiée au titre de « souka sous souka » ?
כַּמָּה יְהֵא בֵּין סוּכָּה לְסוּכָּה. וּתְהֵא תַּחְתּוֹנָה פְּסוּלָה?
Rav Houna dit : il faut un espace d'un tefa'h, car nous trouvons de même la mesure d'un tefa'h à propos des « tentes » d'impureté. [En matière d'impureté transmise par un cadavre, un espace d'un tefa'h sous un toit a le statut de « tente ».] Comme nous l'avons appris dans une michna : un espace d'un tefa'h sur un tefa'h, avec une hauteur d'un tefa'h, transmet l'impureté et fait écran devant l'impureté. [Si une source d'impureté cadavérique se trouve dans cet espace, l'impureté se transmet à toutes les personnes, ustensiles et aliments qui s'y trouvent ; et un tel espace fait barrière, arrêtant la propagation de l'impureté au-delà.] Mais s'il mesure moins d'un tefa'h de hauteur, il ne transmet pas l'impureté [aux objets qui s'y trouvent] et ne fait pas écran [l'impureté perce et monte vers le haut comme s'il n'y avait aucun couvercle].
אָמַר רַב הוּנָא: טֶפַח, שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּאׇהֳלֵי טוּמְאָה טֶפַח. (דְּתַנְיָא:) טֶפַח עַל טֶפַח בְּרוּם טֶפַח — מֵבִיא אֶת הַטּוּמְאָה, וְחוֹצֵץ בִּפְנֵי הַטּוּמְאָה. אֲבָל פָּחוֹת מֵרוּם טֶפַח — לֹא מֵבִיא, וְלֹא חוֹצֵץ.
Et Rav Hisda et Rabba bar Rav Houna disent : il faut quatre [tefahim] pour que cela soit considéré comme « souka sous souka » — l'espace entre le s'khakh de la souka du haut et celui de la souka du bas doit mesurer au moins quatre tefahim — car nous ne trouvons pas d'emplacement [tenu pour] significatif qui mesure moins de quatre tefahim [comme c'est le cas, par exemple, pour les domaines du Chabbat].
וְרַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמְרִי: אַרְבָּעָה, שֶׁלֹּא מָצִינוּ מָקוֹם [חָשׁוּב] פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה.
Et Chemouel dit : l'espace [entre le s'khakh du haut et celui du bas] doit mesurer au moins dix tefahim. La Guemara demande : quel est le raisonnement de Chemouel ? La Guemara explique : tel le critère de sa validité, tel celui de son invalidité. De même que sa validité ne tient que dans une souka haute de dix tefahim, de même son invalidité en tant que souka [la disqualification du bas] n'est-elle engendrée que par une souka haute de dix tefahim.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: עֲשָׂרָה. מַאי טַעְמָא דִּשְׁמוּאֵל — כְּהֶכְשֵׁרָהּ כָּךְ פְּסוּלָהּ. מָה הֶכְשֵׁרָהּ בַּעֲשָׂרָה, אַף פְּסוּלָהּ בַּעֲשָׂרָה.
[La Guemara conteste l'avis de Chemouel.] Nous avons appris dans la Michna que Rabbi Yehouda dit : s'il n'y a pas d'occupants dans la souka du haut, la souka du bas est kachère.
תְּנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם אֵין דָּיוֹרִין בָּעֶלְיוֹנָה — הַתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה.
La Guemara précise : que signifie « il n'y a pas d'occupants » ? Si l'on dit que cela vise des occupants au sens propre [qu'il ne s'y trouve effectivement personne], la question se pose : est-ce à dire que les occupants en seraient la cause ? [Si la souka du haut est valide, quelle différence cela fait-il qu'on y réside ou non ?] Il faut donc plutôt comprendre ainsi : que signifie « il n'y a pas d'occupants » ? Cela vise toute souka qui n'est pas apte à servir d'habitation. Et quel est ce cas ? Celui où elle n'est pas haute de dix tefahim [car en deçà de dix tefahim, on ne la tient pas pour une habitation]. On en déduit que le premier Tana, lui, estime que [la souka du bas] est passoul même si [celle du haut] n'est pas apte à servir d'habitation [c'est-à-dire même si elle n'atteint pas dix tefahim] — ce qui contredit l'avis de Chemouel.
מַאי אֵין דָּיוֹרִין? אִילֵּימָא דָּיוֹרִין מַמָּשׁ: אַטּוּ דָּיוֹרִין קָא גָרְמִי? אֶלָּא לָאו, מַאי אֵין דָּיוֹרִין — כׇּל שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לְדִירָה, וְהֵיכִי דָּמֵי? דְּלָא גְּבוֹהָה עֲשָׂרָה. מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לְדִירָה פְּסוּלָה.
Lorsque Rav Dimi monta [d'Erets Israël à Babylone], il rapporta que l'on dit en Occident [en Erets Israël], en explication de la MISHNA : si le [s'khakh de la] souka du bas n'est pas assez solide pour pouvoir supporter les coussins et les couvertures de la souka du haut, alors la souka du bas est kachère [car la souka du haut n'est pas apte à servir d'habitation indépendante]. Selon cette explication, la Michna ne parle pas de la hauteur de la souka supérieure, mais de la qualité de son s'khakh.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אֲמַר, אָמְרִי בְּמַעְרְבָא: אִם אֵין הַתַּחְתּוֹנָה יְכוֹלָה לְקַבֵּל כָּרִים וּכְסָתוֹת שֶׁל עֶלְיוֹנָה — הַתַּחְתּוֹנָה כְּשֵׁרָה.
La Guemara relève : faut-il en déduire que le premier Tana estime que, même si le [s'khakh de la] souka du bas n'est pas assez solide pour supporter les coussins et les couvertures de la souka du haut, la souka du bas est néanmoins passoul ? [Dans ce cas pourtant, la souka du haut n'est pas une habitation apte ; pourquoi celle du bas serait-elle disqualifiée ?]
מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לְקַבֵּל פְּסוּלָה?
La Guemara répond : [le premier Tana convient que si le toit du bas est totalement incapable de supporter coussins et couvertures, la souka du haut n'est pas une souka et celle du bas est kachère. Mais] la différence pratique entre le premier Tana et Rabbi Yehouda porte sur le cas où le toit de la souka du bas peut supporter les coussins et les couvertures de la souka du haut, mais difficilement [et risque de céder]. Dans ce cas, le premier Tana estime que, le toit pouvant porter coussins et couvertures, la souka du haut compte comme une souka distincte et rend passoul celle du bas ; tandis que selon Rabbi Yehouda, le toit ne supportant ce poids qu'avec peine, la souka du haut n'est pas valide, et la souka du bas demeure donc kachère.
אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דִּיכוֹלָה לְקַבֵּל עַל יְדֵי הַדְּחָק.
Sukkah 10a
100%
סוכה י׳ אמַסֶּכֶת סֻכָּה