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Traité Sotah

8a

Étude de Sotah 8a

Étude de la Guémara 8a

Guémara
Elle se tient déjà là-bas, dans la cour du Temple, puisque c'est là que siège le Sanhédrin! La Guemara répond: cela enseigne qu'on la faisait monter et descendre à plusieurs reprises afin de la fatiguer, dans l'espoir que son état mental épuisé la conduise à avouer. On procédait de même avec les témoins dans les affaires capitales, comme il est enseigné dans une baraïta: Rabbi Chimon ben Elazar dit: dans les affaires capitales, le tribunal fait passer les témoins d'un endroit à l'autre afin de les troubler, pour qu'ils se rétractent s'ils mentent.
הָתָם קָיְימָא! דְּמַסְּקִינַן לַהּ וּמַחֲתִינַן לַהּ כְּדֵי לְיַיגְּעָהּ. דְּתַנְיָא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בֵּית דִּין מַסִּיעִין אֶת הָעֵדִים מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, כְּדֵי שֶׁתִּטָּרֵף דַּעְתָּן עֲלֵיהֶן וְיַחְזְרוּ בָּהֶן.
« Car c'est là qu'on fait boire les sota, etc. » Admettons pour les sota, puisqu'il est écrit: « Et le cohen fera se tenir la femme devant D.ieu » — et la Porte de l'Est est directement en face du Sanctuaire, zone désignée comme étant « devant D.ieu ». De même pour les lépreux, puisqu'il est écrit: « Et le cohen qui purifie fera se tenir l'homme à purifier... [devant D.ieu] ». Mais quelle est la raison pour laquelle une femme qui a accouché doit elle aussi être purifiée là?
שֶׁשָּׁם מַשְׁקִין אֶת הַסּוֹטוֹת וְכוּ׳. בִּשְׁלָמָא סוֹטוֹת, דִּכְתִיב: ״וְהֶעֱמִיד הַכֹּהֵן אֶת הָאִשָּׁה לִפְנֵי ה׳״, מְצוֹרָעִין נָמֵי, דִּכְתִיב: ״וְהֶעֱמִיד הַכֹּהֵן הַמְטַהֵר וְגוֹ׳״, אֶלָּא יוֹלֶדֶת מַאי טַעְמָא?
Peut-on dire que c'est parce qu'elles viennent se tenir au-dessus de leurs offrandes, comme il est enseigné dans une baraïta: l'offrande d'une personne n'est sacrifiée que si elle se tient au-dessus d'elle — et c'est pourquoi elles se tiennent à cette porte, aussi proche du sacrifice qu'il leur est permis de l'être tant qu'elles sont rituellement impures? Si c'est ainsi, la même halakha devrait s'appliquer aussi aux zavim et aux zavot! Oui, c'est effectivement le cas, et le tanna n'a cité qu'un seul exemple parmi eux [pour représenter la catégorie].
אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּאָתְיָין וְקָיְימָין אַקּוּרְבָּנַיְיהוּ, דְּתַנְיָא: אֵין קׇרְבָּנוֹ שֶׁל אָדָם קָרֵב אֶלָּא אִם כֵּן עוֹמֵד עַל גַּבָּיו. אִי הָכִי — זָבִין וְזָבוֹת נָמֵי! אִין הָכִי נָמֵי, וְתַנָּא חֲדָא מִינַּיְיהוּ נְקַט.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta: on ne fait pas boire deux sota en même temps, afin que le cœur de l'une ne s'enhardisse pas à cause de l'autre [en voyant que l'autre ne confesse rien, elle pourrait persister dans son déni même si elle est coupable]. Rabbi Yehouda dit: ce n'est pas pour cette raison. Mais le verset dit: « otah [elle] » — elle seule, [ce qui indique un décret de la Torah imposant qu'une seule femme boive à la fois].
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מַשְׁקִין שְׁתֵּי סוֹטוֹת כְּאַחַת, כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא לִבָּהּ גַּס בַּחֲבֶירְתָּהּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא מִן הַשֵּׁם הוּא זֶה, אֶלָּא אָמַר קְרָא: ״אֹתָהּ״ — לְבַדָּהּ.
Et selon le premier tanna, n'est-il pas écrit « otah »? La Guemara répond: le premier tanna est en réalité Rabbi Chimon, qui interprète la raison des lois inscrites dans les versets, et il dit: quelle est la raison pour laquelle la Torah exige « elle seule »? Afin que le cœur de l'une ne s'enhardisse pas à cause de l'autre.
וְתַנָּא קַמָּא, הָכְתִיב ״אֹתָהּ״? תַּנָּא קַמָּא — רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּדָרֵישׁ טַעַם דִּקְרָא, וּמָה טַעַם קָאָמַר: מָה טַעַם ״אוֹתָהּ״ לְבַדָּהּ — כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהֵא לִבָּהּ גַּס בַּחֲבֶירְתָּהּ.
Quelle est la différence entre eux? Pourquoi importerait-il que cette halakha découle d'un raisonnement logique ou d'un décret de la Torah? La Guemara répond: la différence se manifeste dans le cas où l'une des femmes tremble de peur. Puisqu'elle n'a manifestement pas été enhardie par la présence de l'autre, Rabbi Chimon permettrait qu'elle boive en même temps que l'autre.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ רוֹתֶתֶת.
Mais si elle tremble, le tribunal peut-il la faire boire en même temps que l'autre? N'y a-t-il pas un principe général selon lequel on n'accomplit pas les mitsvot par lots, car celui qui agit ainsi donne l'impression que les mitsvot sont un fardeau pour lui et qu'il cherche à s'en débarrasser au plus vite?
וְרוֹתֶתֶת מִי מַשְׁקִין? וְהָא אֵין עוֹשִׂין מִצְוֹת חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת.
Comme nous l'avons appris dans une baraïta: on ne fait pas boire deux sota en même temps, on ne purifie pas deux lépreux en même temps, on ne perce pas deux esclaves en même temps, et on ne brise pas la nuque de deux génisses en même temps, parce qu'on n'accomplit pas les mitsvot par lots. Ainsi, même Rabbi Chimon devrait admettre qu'en aucun cas un cohen ne peut faire boire deux sota simultanément. Comment donc la Guemara peut-elle dire qu'une femme tremblante peut boire en même temps qu'une autre sota?
דִּתְנַן: אֵין מַשְׁקִין שְׁתֵּי סוֹטוֹת כְּאַחַת, וְאֵין מְטַהֲרִין שְׁנֵי מְצוֹרָעִין כְּאַחַת, וְאֵין רוֹצְעִין שְׁנֵי עֲבָדִים כְּאַחַת, וְאֵין עוֹרְפִין שְׁתֵּי עֲגָלוֹת כְּאַחַת, לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין מִצְוֹת חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת.
Abaye dit, et certains disent que c'est Rav Kahana qui le dit: ce n'est pas difficile. Ici, dans la seconde baraïta, qui interdit de faire boire deux sota simultanément parce qu'on n'accomplit pas les mitsvot par lots, il s'agit d'un seul cohen. Là, dans la première baraïta, où Rabbi Chimon permet à une sota tremblante de boire avec une autre sota, il s'agit de deux cohanim. Puisqu'aucun cohen individuel ne fait boire deux femmes simultanément, les mitsvot ne sont pas accomplies par lots.
אָמַר אַבָּיֵי, וְאִיתֵּימָא רַב כָּהֲנָא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּכֹהֵן אֶחָד, כָּאן בִּשְׁנֵי כֹּהֲנִים.
« Et le cohen saisit ses vêtements. » Les Sages ont enseigné: « et il découvrira la tête de la femme » — je n'en déduis que sa tête; d'où sait-on pour son corps? Le verset dit: « la femme », [et non simplement: et il découvre sa tête]. Ceci indique que le corps de la femme doit également être découvert. Si tel est le cas, que vient enseigner « et il découvrira sa tête »? Puisqu'il est déjà dit qu'on découvre la femme, il est déjà évident qu'elle, y compris ses cheveux, est découverte. Cela enseigne que le cohen ne se contente pas de découvrir ses cheveux, mais qu'il les défait aussi.
וְהַכֹּהֵן אוֹחֵז בִּבְגָדֶיהָ. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וּפָרַע אֶת רֹאשׁ הָאִשָּׁה״, אֵין לִי אֶלָּא רֹאשָׁהּ. גּוּפָהּ מִנַּיִן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הָאִשָּׁה״. אִם כֵּן מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״וּפָרַע אֶת רֹאשָׁהּ״ — מְלַמֵּד שֶׁהַכֹּהֵן סוֹתֵר אֶת שְׂעָרָהּ.
Rabbi Yehouda dit: si son cœur était [beau], etc. Cela signifie-t-il que Rabbi Yehouda, qui soutient qu'il est interdit de découvrir une femme dont la poitrine est belle, craint que les spectateurs n'aient des pensées de nature sexuelle, et que les Sages, qui l'autorisent, ne le craignent pas?
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הָיָה לִבָּהּ וְכוּ׳. לְמֵימְרָא דְּרַבִּי יְהוּדָה חָיֵישׁ לְהִרְהוּרָא, וְרַבָּנַן לָא חָיְישִׁי?
Mais n'avons-nous pas entendu le contraire de leur part? Comme il est enseigné dans une baraïta: l'homme [condamné à la lapidation], on le couvre d'une seule pièce de tissu par-devant; la femme, de deux pièces — une devant et une derrière, car toute sa nudité est nudité, selon les mots de Rabbi Yehouda. Et les Sages disent: l'homme est lapidé nu, mais la femme n'est pas lapidée nue [mais entièrement vêtue]. Il apparaît donc que Rabbi Yehouda n'est pas préoccupé par le fait que voir la femme nue mène à des pensées sexuelles, alors que les Sages le sont!
וְהָא אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ, דְּתַנְיָא: הָאִישׁ, מְכַסִּין אוֹתוֹ פֶּרֶק אֶחָד מִלְּפָנָיו, וְהָאִשָּׁה, שְׁנֵי פְּרָקִים — אֶחָד מִלְּפָנֶיהָ וְאֶחָד מִלְּאַחֲרֶיהָ, מִפְּנֵי שֶׁכּוּלָּהּ עֶרְוָה, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הָאִישׁ נִסְקָל עָרוֹם, וְאֵין הָאִשָּׁה נִסְקֶלֶת עֲרוּמָּה!
Sotah 8a
100%
סוטה ח׳ אמַסֶּכֶת סוֹטָה