Jusqu'à ses jours, le marteau des forgerons résonnait à Jérusalem pendant les jours intermédiaires d'une fête, mais il interdit cette pratique. Et de plus, de ses jours, il n'était plus nécessaire de s'interroger sur les produits dont la dîme est douteuse [demaï], car chacun était scrupuleux à prélever la dîme.
עַד יָמָיו הָיָה פַּטִּישׁ מַכֶּה בִּירוּשָׁלַיִם. וּבְיָמָיו אֵין צָרִיךְ לִשְׁאוֹל עַל הַדְּמַאי.
Guémara
GUEMARA: Les Sages ont enseigné: D'où déduit-on que si l'on a brisé la nuque de la génisse et qu'ensuite le meurtrier fut retrouvé, le rite ne l'exempte pas de sa punition? Le verset dit: « Et la terre ne sera pas expiée pour le sang qui y a été versé, si ce n'est par le sang de celui qui l'a versé » (Bamidbar 35, 33).
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִן שֶׁאִם נֶעֶרְפָה הָעֶגְלָה וְאַחַר כָּךְ נִמְצָא הַהוֹרֵג שֶׁאֵין פּוֹטֶרֶת אוֹתוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְלָאָרֶץ לֹא יְכֻפַּר לַדָּם אֲשֶׁר שֻׁפַּךְ בָּהּ כִּי אִם בְּדַם שֹׁפְכוֹ״.
[La Michna a enseigné que] si un témoin unique dit: « J'ai vu le meurtrier », [et un autre témoigne: tu ne l'as pas vu], on brisait la nuque de la génisse. La Guemara en déduit: la raison pour laquelle on brise la nuque est que le second témoin le contredit; mais s'il n'est pas contredit, un témoin unique est cru [et on ne brise pas la nuque].
עֵד אֶחָד אוֹמֵר רָאִיתִי אֶת הַהוֹרֵג כּוּ׳. טַעְמָא דְּמַכְחֵישׁ לֵיהּ, הָא לָא מַכְחֵישׁ לֵיהּ — עֵד אֶחָד מְהֵימַן.
D'où tire-t-on cela? Les Sages ont enseigné: « On ne sait pas qui l'a frappé » (Devarim 21, 1). Donc, si l'on savait qui l'avait frappé, même s'il s'agissait d'une seule personne au bout du monde, on ne brisait pas la nuque. Rabbi Akiva dit: d'où déduit-on que si les membres du Sanhédrin eux-mêmes ont vu une personne tuer quelqu'un, mais ne la reconnaissent pas, on ne brisait pas la nuque? Le verset dit: « Et nos yeux n'ont pas vu » (Devarim 21, 7) — mais n'ont-ils pas vu? [Cela enseigne que] le simple fait d'avoir vu le meurtre dispense de l'accomplissement du rite.
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״לֹא נוֹדַע מִי הִכָּהוּ״. הָא נוֹדַע מִי הִכָּהוּ, אֲפִילּוּ אֶחָד בְּסוֹף הָעוֹלָם — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מִנַּיִן לְסַנְהֶדְרִין שֶׁרָאוּ אֶחָד שֶׁהָרַג אֶת הַנֶּפֶשׁ וְאֵין מַכִּירִין אוֹתוֹ, שֶׁלֹּא הָיוּ עוֹרְפִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעֵינֵינוּ לֹא רָאוּ״, וַהֲלֹא רָאוּ.
Maintenant que tu as dit qu'un témoin unique est cru, comment l'autre témoin unique peut-il le contredire? Or Oulla n'a-t-il pas dit: partout où la Torah a fait confiance à un témoin unique, c'est comme s'il y en avait deux ici, et la parole d'un seul n'a pas de valeur face à celle de deux! Oulla pourrait te répondre: enseigne plutôt: « on ne brisait pas la nuque ». Et de même Rabbi Yits'hak a dit d'enseigner: « on ne brisait pas la nuque ».
הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ עֵד אֶחָד מְהֵימַן, אִידַּךְ חַד הֵיכִי מָצֵי מַכְחֵישׁ לֵיהּ? וְהָאָמַר עוּלָּא: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד — הֲרֵי כָּאן שְׁנַיִם, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם! אָמַר לָךְ עוּלָּא, תְּנִי: ״לֹא הָיוּ עוֹרְפִין״. וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק, תְּנִי: ״לֹא הָיוּ עוֹרְפִין״.
Et Rabbi Hiya a dit d'enseigner: « on brisait la nuque ». Mais selon Rabbi Hiya, la parole d'Oulla pose difficulté! Ce n'est pas difficile: ici [dans la Michna], il s'agit de témoins venus simultanément, alors que là [dans la parole d'Oulla], il s'agit de témoins venus l'un après l'autre.
וְרַבִּי חִיָּיא אָמַר, תְּנִי: ״הָיוּ עוֹרְפִין״. וּלְרַבִּי חִיָּיא קַשְׁיָא דְּעוּלָּא! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּבַת אַחַת, כָּאן בְּזֶה אַחַר זֶה.
Nous avons appris dans la MICHNA : si un témoin dit « J'ai vu le meurtrier » et que deux disent « Tu ne l'as pas vu », on brisait la nuque. On en déduirait donc: si c'est un contre un, on ne brisait pas la nuque — ce qui réfute Rabbi Hiya!
תְּנַן: עֵד אֶחָד אוֹמֵר ״רָאִיתִי אֶת הַהוֹרֵג״, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים ״לֹא רָאִיתָ״ — הָיוּ עוֹרְפִין. הָא חַד וְחַד — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין, תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי חִיָּיא!
Et selon ton raisonnement, examine la fin de la MICHNA : si deux disent « Nous avons vu » et qu'un témoin dit « Vous ne l'avez pas vu », on ne brisait pas la nuque. On en déduirait donc: si c'est un contre un, on brisait la nuque! [Les deux inférences se contredisent, la Michna doit donc être comprise autrement.]
וְלִיטַעְמָיךְ, אֵימָא סֵיפָא: שְׁנַיִם אוֹמְרִים ״רָאִינוּ״, וְעֵד אֶחָד אוֹמֵר ״לֹא רְאִיתֶם״ — לֹא הָיוּ עוֹרְפִין. הָא חַד וְחַד — הָיוּ עוֹרְפִין.
En réalité, toute la Michna traite de témoins invalides pour témoigner, conformément à l'opinion de Rabbi Nehemia, qui dit: partout où la Torah a fait confiance à un témoin unique, on suit la majorité des avis; et l'on a établi que deux femmes [témoignant] contre un homme sont comme deux hommes contre un homme.
אֶלָּא: מַתְנִיתִין כּוּלַּהּ בִּפְסוּלֵי עֵדוּת, וְכִדְרַבִּי נְחֶמְיָה, דְּאָמַר: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד הַלֵּךְ אַחַר רוֹב דֵּעוֹת, וְעָשׂוּ שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד כִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד.
Et il y a ceux qui disent: partout où un témoin unique est venu [en premier] — s'il est valide dès le départ, même cent femmes [qui le contredisent ensuite] sont considérées comme un seul [témoin, et ne l'emportent pas]. Et de quoi traite-t-on ici? D'un cas où une femme est venue en premier [témoigner]. Et selon cette interprétation, il faut reformuler ainsi la parole de Rabbi Nehemia: Rabbi Nehemia dit: partout où la Torah a fait confiance à un témoin unique, on suit la majorité des avis, et l'on a établi que deux femmes contre une femme sont comme deux hommes contre un homme; mais deux femmes contre un homme [valide], c'est comme moitié contre moitié.
וְאִיכָּא דְאָמְרִי: כׇּל הֵיכָא דַּאֲתָא עֵד אֶחָד — כָּשֵׁר מֵעִיקָּרָא, אֲפִילּוּ מֵאָה נָשִׁים כִּי אֶחָד דָּמְיָין. וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דַּאֲתַאי אִשָּׁה מֵעִיקָּרָא. וְתָרְצַהּ לִדְרַבִּי נְחֶמְיָה הָכִי: רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶאֱמִינָה תּוֹרָה עֵד אֶחָד — הַלֵּךְ אַחַר רוֹב דֵּעוֹת, וְעָשׂוּ שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִשָּׁה אַחַת כִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד, אֲבָל שְׁתֵּי נָשִׁים בְּאִישׁ אֶחָד — כִּי פַּלְגָא וּפַלְגָא דָּמֵי.
Et pourquoi ai-je besoin de deux cas de témoins invalides [dans la Michna]? On aurait pu penser que l'on suit la majorité des avis seulement quand cela conduit à une position stricte, mais pas quand cela conduit à une position clémente; c'est pourquoi on nous enseigne [qu'il n'y a pas de différence].
וְתַרְתֵּי פְּסוּלֵי עֵדוּת, לְמָה לִי? מַהוּ דְּתֵימָא: כִּי אָזְלִינַן בָּתַר רוֹב דֵּעוֹת — לְחוּמְרָא, אֲבָל לְקוּלָּא — לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
[La Michna a enseigné que] depuis que les meurtriers se sont multipliés [le rite de la génisse a été aboli]. Les Sages ont enseigné: depuis que les meurtriers se sont multipliés, le rite de la génisse à la nuque brisée a été aboli, car il ne s'applique qu'en cas d'incertitude [sur l'identité du meurtrier]. Depuis que les meurtriers se sont multipliés ouvertement, de sorte que leur identité était connue, le rite de la génisse a été aboli.
מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחִין כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחָנִין — בָּטְלָה עֶגְלָה עֲרוּפָה, לְפִי שֶׁאֵינָהּ בָּאָה אֶלָּא עַל הַסָּפֵק. מִשֶּׁרַבּוּ הָרוֹצְחָנִין בְּגָלוּי — בָּטְלָה עֶגְלָה עֲרוּפָה.