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Traité Sotah

41b

Étude de Sotah 41b

Étude de la Guémara 41b

Guémara
[Cela enseigne] que l'assemblée se tient au commencement de la fête, quand tout le peuple juif vient à Jérusalem.
מֵאַתְחַלְתָּא דְּמוֹעֵד.
Et le bedeau de la synagogue prend le rouleau de la Torah et le donne au chef de la synagogue [qui lui-même le transmet, jusqu'à ce qu'il parvienne finalement au roi]. Peux-tu en déduire qu'on peut accorder de l'honneur à un élève en présence de son maître? Abaye dit: [Non, il n'est pas possible de tirer une preuve d'ici, car] tout ce processus est fait pour l'honneur du roi, afin de montrer qu'il est distingué des gens ordinaires par de nombreux rangs.
וְחַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנוֹתְנוֹ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת. שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ חוֹלְקִין כָּבוֹד לְתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב! אָמַר אַבָּיֵי: כּוּלָּהּ מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְּמֶלֶךְ.
Et le roi se lève et reçoit [le rouleau], et il lit assis. Le roi Agrippa se leva, reçut [le rouleau] et lut debout. [La Guemara demande:] « Debout » implique-t-il que, par déduction, jusque-là il était assis? Mais le Maître n'a-t-il pas dit qu'il n'est permis de s'asseoir dans la cour du Temple qu'aux rois de la maison de David seulement, comme il est dit: « Et le roi David entra, et s'assit devant l'Éternel, et il dit... » (Chemouel II 7, 18)! [La Guemara répond:] Comme l'a dit Rav Hisda dans un contexte semblable: cela se passait dans la cour des femmes [et non dans la cour d'Israël, où l'interdiction de s'asseoir s'applique]. Ici aussi, [l'assemblée avait lieu] dans la cour des femmes.
וְהַמֶּלֶךְ עוֹמֵד וּמְקַבֵּל וְקוֹרֵא יוֹשֵׁב. אַגְרִיפַּס הַמֶּלֶךְ עָמַד וְקִיבֵּל וְקָרָא עוֹמֵד. עוֹמֵד מִכְּלָל דְּיוֹשֵׁב? וְהָאָמַר מָר: אֵין יְשִׁיבָה בַּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד בִּלְבַד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה׳ וַיֹּאמֶר וְגוֹ׳״! כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא: בְּעֶזְרַת נָשִׁים, הָכָא נָמֵי בְּעֶזְרַת נָשִׁים.
Et les Sages le louèrent. [La Guemara demande:] Le fait qu'ils l'aient loué implique-t-il, par déduction, qu'il avait bien agi? Mais Rav Achi n'a-t-il pas dit: même selon celui qui dit qu'un Nassi qui renonce à son honneur, son honneur est renoncé [c'est-à-dire qu'il peut le faire], concernant un roi qui renonce à son honneur, son honneur n'est pas renoncé, comme il est dit: « Tu placeras sur toi un roi » (Devarim 17, 15), ce qui signifie que sa crainte doit être sur toi! [La Torah établit que la crainte est une composante essentielle de la royauté, et qu'il n'est pas au pouvoir du roi d'y renoncer.]
וְשִׁבְּחוּהוּ חֲכָמִים. שִׁבְּחוּהוּ, מִכְּלָל דְּשַׁפִּיר עֲבַד? הָאָמַר רַב אָשֵׁי: אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר נָשִׂיא שֶׁמָּחַל עַל כְּבוֹדוֹ כְּבוֹדוֹ מָחוּל, מֶלֶךְ שֶׁמָּחַל עַל כְּבוֹדוֹ — אֵין כְּבוֹדוֹ מָחוּל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׂוֹם תָּשִׂים עָלֶיךָ מֶלֶךְ״, שֶׁתְּהֵא אֵימָתוֹ עָלֶיךָ!
[La Guemara répond:] Une mitsva, c'est différent. [Puisqu'il a renoncé à son honneur pour l'accomplissement d'une mitsva, la situation est différente et ne le déshonore pas.]
מִצְוָה שָׁאנֵי.
Et quand il arriva au verset: « Tu ne pourras pas donner [sur toi un roi étranger] » (Devarim 17, 15), [des larmes coulèrent de ses yeux, car il était issu de la maison d'Hérode et n'était pas d'origine juive. Tout le peuple lui dit: Tu es notre frère.] On enseigne au nom de Rabbi Natan: à ce moment-là, les ennemis d'Israël [euphémisme pour Israël lui-même] furent condamnés à l'extermination, pour avoir flatté Agrippa.
וּכְשֶׁהִגִּיעַ לְ״לֹא תוּכַל לָתֵת״. תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי נָתָן: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵי יִשְׂרָאֵל כְּלָיָיה — שֶׁהֶחֱנִיפוּ לוֹ לְאַגְרִיפַּס.
Rabbi Chimon ben Halafta dit: depuis le jour où le poing de la flatterie a triomphé, les jugements se sont pervertis, les actions se sont corrompues, et personne ne peut plus dire à son prochain: « Mes actes sont plus grands que les tiens », [car tout le monde se flatte mutuellement et les gens ne connaissent plus la vérité].
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן חֲלַפְתָּא: מִיּוֹם שֶׁגָּבַר אֶגְרוֹפָהּ שֶׁל חֲנוּפָּה — נִתְעַוְּותוּ הַדִּינִין, וְנִתְקַלְקְלוּ הַמַּעֲשִׂים, וְאֵין אָדָם יָכוֹל לוֹמַר לַחֲבֵירוֹ ״מַעֲשַׂי גְּדוֹלִים מִמַּעֲשֶׂיךָ״.
Rabbi Yehouda de l'Ouest — c'est-à-dire d'Eretz Israël — enseignait, et certains disent que c'est Rabbi Chimon ben Pazi: il est permis de flatter les méchants en ce monde, comme il est dit à propos du monde futur: « On n'appellera plus l'homme vil généreux, et l'avare ne sera plus dit noble » (Yechayahou 32, 5). Par déduction, cela indique qu'en ce monde, il est permis de les flatter.
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בַּר מַעְרְבָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי: מוּתָּר לְהַחְנִיף לִרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יִקָּרֵא עוֹד לְנָבָל נָדִיב וּלְכִילַי לֹא יֵאָמֵר שׁוֹעַ״, מִכְּלָל דְּבָעוֹלָם הַזֶּה שְׁרֵי.
Rabbi Chimon ben Lakich dit que cela peut être démontré à partir d'ici: [Jacob dit à Ésaü:] « J'ai vu ta face, comme on voit la face de D.ieu [des anges], et tu m'as accueilli favorablement » (Béréchit 33, 10). [Jacob le flatta en comparant le fait de le voir à une vision divine.]
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר, מֵהָכָא: ״כִּרְאֹת פְּנֵי אֱלֹהִים וַתִּרְצֵנִי״.
Et [Rabbi Chimon ben Lakich] est en désaccord avec Rabbi Lévi, car Rabbi Lévi dit: à quoi peut-on comparer l'affaire de Jacob et d'Ésaü? À un homme qui invita un autre chez lui, et l'invité s'aperçut que son hôte voulait le tuer. L'invité lui dit: « Le goût de ce plat que je déguste ressemble à un plat que j'ai goûté dans la maison du roi. » L'hôte se dit alors: le roi doit le connaître. C'est pourquoi il eut peur et ne le tua pas. De même, quand Jacob dit à Ésaü que son visage était comme le visage d'un ange, il voulait lui faire savoir qu'il avait vu des anges, afin de lui inspirer de la crainte, pour qu'Ésaü ne chercherait pas à lui nuire.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי לֵוִי. דְּאָמַר רַבִּי לֵוִי: מָשָׁל שֶׁל יַעֲקֹב וְעֵשָׂו לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁזִּימֵּן אֶת חֲבֵירוֹ וְהִכִּיר בּוֹ שֶׁמְבַקֵּשׁ לְהוֹרְגוֹ, אָמַר לוֹ: טְעַם תַּבְשִׁיל זֶה שֶׁאֲנִי טוֹעֵם כְּתַבְשִׁיל שֶׁטָּעַמְתִּי בְּבֵית הַמֶּלֶךְ. אָמַר: יָדַע לֵיהּ מַלְכָּא, מִיסְתְּפֵי וְלָא קָטֵיל לֵיהּ.
Rabbi Elazar dit: tout homme qui a de la flatterie en lui apporte la colère [divine] sur le monde, comme il est dit: « Mais ceux qui ont la flatterie dans le cœur suscitent la colère » (Iyov 36, 13). Et de plus, sa prière n'est pas entendue, comme il est dit dans ce même verset: « Ils ne crient pas au secours quand Il les enchaîne. »
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל אָדָם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֲנוּפָּה מֵבִיא אַף לָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְחַנְפֵי לֵב יָשִׂימוּ אָף״, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁאֵין תְּפִלָּתוֹ נִשְׁמַעַת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יְשַׁוְּעוּ כִּי אֲסָרָם״.
(Signe mnémotechnique: colère, fœtus, Guéhinam, dans sa main, femme en état de nidda, exilé.)
(סִימַן: אַף עוּבָּר גֵּיהִנָּם בְּיָדוֹ נִידָּה גּוֹלָה).
Sotah 41b
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סוטה מ״א במַסֶּכֶת סוֹטָה