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Traité Sotah

31a

Étude de Sotah 31a

Étude de la Mishna & Guémara 31a

« Dans les grandes assemblées, bénissez D.ieu, le Seigneur, vous qui êtes de la source d'Israël » (Tehilim 68, 27), ce qui indique que même les enfants qui se trouvaient dans la « source », c'est-à-dire le ventre de leur mère, bénirent D.ieu lorsqu'ils se rassemblèrent au bord de la mer.
״בְּמַקְהֵלוֹת בָּרְכוּ אֱלֹהִים ה׳ מִמְּקוֹר יִשְׂרָאֵל״.
Mais ces fœtus ne pouvaient pas voir! Comment ont-ils pu dire sincèrement: « Voici mon D.ieu et je Le glorifierai »? Rabbi Tan'houm dit: le ventre de leur mère se transforma pour eux comme un cristal lumineux [aspaklaria], et ils virent à travers.
וְהָא לָא חֲזוֹ? אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם: כָּרֵס נַעֲשָׂה לָהֶן כְּאַסְפַּקְלַרְיָא הַמְּאִירָה וְרָאוּ.
Ce même jour, Rabbi Yehoshoua ben Hourkanos enseigna que Iyov n'a servi le Saint béni soit-Il que par amour, ainsi qu'il est dit: « Même s'Il me tue, je me confierai [lo] en Lui » (Iyov 13, 15). La Michna poursuit en disant que le mot « lo » dans ce verset est ambigu, exprimant soit l'aspiration de Iyov envers D.ieu, soit son absence. La Guemara demande: voyons si ce mot « lo » s'écrit avec un lamed alef, auquel cas son sens serait: je ne me confierai pas, ou avec un lamed vav, auquel cas son sens serait: je me confie en Lui. Pourquoi y aurait-il un doute quant au sens du verset?
בּוֹ בַּיּוֹם דָּרַשׁ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן הוּרְקָנוֹס שֶׁלֹּא עָבַד אִיּוֹב כּוּ׳. וְלִיחְזֵי הַאי ״לֹא״, אִי בְּלָמֶד אָלֶף כְּתִיב — ״לֹא״ הוּא, אִי בְּלָמֶד וָיו כְּתִיב — ״לוֹ״ הוּא?
Mais est-il vrai que partout où le mot « lo » s'écrit avec un lamed alef, son sens est « non »? Si c'est le cas, alors dans le verset: « Dans toute leur détresse, Il ne fut [lo] point affligé » (Yechayahou 63, 9), où le mot « lo » s'écrit avec un lamed alef, cela signifierait-il de même que D.ieu ne fut pas affligé des souffrances du peuple d'Israël?
וְכׇל הֵיכָא דִּכְתִיב בְּלָמֶד אָלֶף, ״לֹא״ הוּא? אֶלָּא מֵעַתָּה ״בְּכׇל צָרָתָם לֹא צָר״, דִּכְתִיב בְּלָמֶד אָלֶף, הָכִי נָמֵי דְּ״לֹא״ הוּא?
Et si tu dis que c'est effectivement là le sens du verset, n'est-il pas écrit dans la suite de ce même verset: « Et l'ange de Sa Présence les sauva », ce qui indique clairement que D.ieu était concerné par leurs souffrances! De toute évidence, le mot « lo » dans ce verset signifie: « Dans toute leur détresse, Il fut affligé ». N'est-il donc pas clair que le lamed alef indique parfois ceci et parfois cela? C'est pourquoi la Michna a dû tirer le sens exact d'un autre verset.
וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהָכְתִיב ״וּמַלְאַךְ פָּנָיו הוֹשִׁיעָם״! אֶלָּא לָאו, מַשְׁמַע הָכִי וּמַשְׁמַע הָכִי.
Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Meïr dit: il est dit au sujet de Iyov qu'il était « craignant D.ieu » (Iyov 1, 1), et il est dit au sujet d'Avraham qu'il était « craignant D.ieu » (Bereshit 22, 12). Tout comme l'expression « craignant D.ieu » dite à propos d'Avraham fait référence à sa crainte de D.ieu par amour, de même l'expression « craignant D.ieu » dite à propos de Iyov indique qu'il craignait D.ieu par amour.
תַּנְיָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נֶאֱמַר ״יְרֵא אֱלֹהִים״ בְּאִיּוֹב, וְנֶאֱמַר ״יְרֵא אֱלֹהִים״ בְּאַבְרָהָם, מָה ״יְרֵא אֱלֹהִים״ הָאָמוּר בְּאַבְרָהָם — מֵאַהֲבָה, אַף ״יְרֵא אֱלֹהִים״ הָאָמוּר בְּאִיּוֹב — מֵאַהֲבָה.
La Guemara demande: et concernant Avraham lui-même, d'où déduisons-nous qu'il agissait par amour? Comme il est écrit: « La descendance d'Avraham qui M'aimait » (Yechayahou 41, 8).
וְאַבְרָהָם גּוּפֵיהּ מְנָלַן — דִּכְתִיב ״זֶרַע אַבְרָהָם אֹהֲבִי״.
Quelle différence y a-t-il entre celui qui accomplit les mitsvot par amour et celui qui les accomplit par crainte? Il y a ce qui est enseigné dans une baraïta: Rabbi Chimon ben Elazar dit: celui qui accomplit les mitsvot par amour est plus grand que celui qui les accomplit par crainte, car les mérites de celui qui agit par crainte durent mille générations, tandis que les mérites de celui qui sert D.ieu par amour durent deux mille générations.
מַאי אִיכָּא בֵּין עוֹשֶׂה מֵאַהֲבָה לְעוֹשֶׂה מִיִּרְאָה? אִיכָּא הָא דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: גָּדוֹל הָעוֹשֶׂה מֵאַהֲבָה יוֹתֵר מִן הָעוֹשֶׂה מִיִּרְאָה, שֶׁזֶּה תָּלוּי לְאֶלֶף דּוֹר. וְזֶה תָּלוּי לְאַלְפַּיִם דּוֹר.
La preuve en est qu'ici il est écrit: « Et faisant miséricorde à des milliers de générations pour ceux qui M'aiment et qui gardent Mes commandements » (Chemot 20, 5), ce qui indique que les mérites peuvent durer des milliers de générations pour ceux qui agissent par amour, et là il est écrit: « Sache donc que l'Éternel ton D.ieu est D.ieu, le D.ieu fidèle, qui garde l'alliance et la bonté envers ceux qui L'aiment et qui gardent Ses commandements, pour mille générations » (Devarim 7, 9). Le premier verset indique que ceux qui agissent par amour conservent leurs mérites pendant des milliers de générations, tandis que le second verset, qui ne mentionne que mille générations de mérite, fait référence aux mérites de ceux qui gardent les mitsvot de D.ieu par crainte.
הָכָא כְּתִיב: ״לַאֲלָפִים לְאֹהֲבַי וּלְשֹׁמְרֵי מִצְוֹתָי״, וְהָתָם כְּתִיב: ״וּלְשֹׁמְרֵי מִצְוֹתָיו לְאֶלֶף דּוֹר״.
La Guemara demande: mais là aussi, dans le second verset, il est écrit: « Le D.ieu fidèle, qui garde l'alliance et la bonté envers ceux qui L'aiment et qui gardent Ses commandements, pour mille générations » (Devarim 7, 9). Pourquoi ce verset est-il interprété spécifiquement à propos de ceux qui servent D.ieu par crainte, alors qu'il y est écrit qu'ils gardent Ses mitsvot par amour? Les deux types de personnes semblent indiqués dans les deux versets.
הָתָם נָמֵי כְּתִיב ״לְאֹהֲבָיו וּלְשֹׁמְרֵי מִצְוֹתָיו לְאֶלֶף דּוֹר״!
La Guemara répond: ce verset, qui mentionne mille générations, est compris comme se référant à ce qui lui est adjacent. L'expression « pour mille générations » est comprise comme se référant à ceux qui accomplissent les mitsvot par crainte, car elle est écrite immédiatement après l'expression « et qui gardent Ses commandements », qui ne mentionne pas l'amour. Et cet autre verset, qui mentionne des milliers de générations, est compris comme se référant à ce qui lui est adjacent: « À des milliers de générations pour ceux qui M'aiment ».
הַאי לְדִסְמִיךְ לֵיהּ וְהַאי לְדִסְמִיךְ לֵיהּ.
Il arriva que deux élèves étaient assis devant Rava. L'un lui dit: on m'a lu en rêve: « Combien est grande Ta bonté, que Tu as réservée pour ceux qui Te craignent » (Tehilim 31, 20). Et l'autre lui dit: on m'a lu en rêve: « Que se réjouissent tous ceux qui se réfugient en Toi, qu'ils exultent à jamais, et que Tu les abrites; que ceux qui aiment Ton nom se réjouissent en Toi » (Tehilim 5, 12). Rava leur dit: vous êtes tous deux des Sages parfaitement justes. L'un, Maître, sert D.ieu par amour, et l'autre, Maître, par crainte.
הָנְהוּ תְּרֵי תַּלְמִידֵי דַּהֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ דְּרָבָא, חַד אָמַר לֵיהּ אַקְרְיוּן בְּחֶלְמַאי: ״מָה רַב טוּבְךָ אֲשֶׁר צָפַנְתָּ לִּירֵאֶיךָ״, וְחַד אָמַר לֵיהּ: אַקְרְיוּן בְּחֶלְמַאי ״וְיִשְׂמְחוּ כׇל חוֹסֵי בָךְ לְעוֹלָם יְרַנֵּנוּ וְיַעְלְצוּ בְךָ אֹהֲבֵי שְׁמֶךָ״. אֲמַר לְהוּ: תַּרְוַיְיכוּ רַבָּנַן צַדִּיקֵי גְּמוּרֵי אַתּוּן. מָר מֵאַהֲבָה, וּמָר מִיִּרְאָה.
Sotah 31a
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סוטה ל״א אמַסֶּכֶת סוֹטָה