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Traité Sotah

2a

Étude de Sotah 2a

Étude de la Mishna & Guémara 2a

Mishna 1
MICHNA: Concernant celui qui adresse une mise en garde à sa femme [de ne pas s'isoler avec un homme déterminé], de sorte que si elle ne tient pas compte de cet avertissement elle prendra le statut de sota — une femme soupçonnée par son mari d'infidélité — Rabbi Eliezer dit: il l'avertit sur la base de, c'est-à-dire en présence de, deux témoins pour que l'avertissement soit valable. Si deux témoins n'étaient pas présents lors de l'avertissement, elle n'est pas sota même si deux témoins ont vu son isolement avec un autre homme. Et le mari lui fait boire les eaux amères sur la base du témoignage d'un seul témoin qui a vu l'isolement, ou même sur la base de son propre témoignage, s'il a lui-même vu qu'ils étaient isolés ensemble, car Rabbi Eliezer estime que seul l'avertissement requiert des témoins, non l'isolement. Rabbi Yehochoua dit: il l'avertit sur la base de deux témoins et lui fait boire [les eaux amères] sur la base du témoignage de deux témoins.
הַמְקַנֵּא לְאִשְׁתּוֹ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מְקַנֵּא לָהּ עַל פִּי שְׁנַיִם, וּמַשְׁקָהּ עַל פִּי עֵד אֶחָד, אוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מְקַנֵּא לָהּ עַל פִּי שְׁנַיִם, וּמַשְׁקָהּ עַל פִּי שְׁנַיִם.(משנה)
La michna demande: comment l'avertit-il de manière valable? S'il lui dit en présence de deux témoins: « Ne parle pas avec un tel », et qu'elle lui a néanmoins parlé, elle est encore permise à son foyer, c'est-à-dire qu'elle est autorisée à avoir des relations conjugales avec son mari, et si elle est femme de cohen, elle est encore autorisée à consommer la teroumah.
כֵּיצַד מְקַנֵּא לָהּ? אוֹמֵר לָהּ בִּפְנֵי שְׁנַיִם: ״אַל תְּדַבְּרִי עִם אִישׁ פְּלוֹנִי״, וְדִבְּרָה עִמּוֹ — עֲדַיִין הִיא מוּתֶּרֶת לְבֵיתָהּ וּמוּתֶּרֶת לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָה.
Mais si, après qu'il lui eut dit de ne pas parler avec un tel, elle est entrée avec lui dans un lieu isolé et est restée avec lui le temps nécessaire pour se souiller, c'est-à-dire suffisamment de temps pour avoir des relations conjugales, elle est interdite à son foyer à partir de ce moment jusqu'à ce qu'elle subisse le rite de la sota. Et de même, si elle est femme de cohen, elle est interdite de consommer la teroumah, car elle a peut-être été disqualifiée par son infidélité, tant que son innocence n'est pas prouvée par les eaux amères. Et si son mari meurt sans enfant avant qu'elle ne boive les eaux amères, elle accomplit la 'halitsa avec le frère de son défunt mari et ne peut pas contracter un mariage de lévirat, car, si elle avait été infidèle, le mariage de lévirat lui serait interdit.
נִכְנְסָה עִמּוֹ לְבֵית הַסֵּתֶר וְשָׁהֲתָה עִמּוֹ כְּדֵי טוּמְאָה — אֲסוּרָה לְבֵיתָהּ, וַאֲסוּרָה לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָה. וְאִם מֵת — חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת.
Guémara
GUEMARA: La Guemara s'interroge sur la place de ce traité dans l'ordre michnique de Nachim. Or, le tanna vient de sortir du traité Nazir, qui précède Sota dans l'ordre de la Michna. Qu'a-t-il enseigné dans Nazir qui exigeait qu'il enseigne ensuite immédiatement le traité Sota, alors qu'à première vue il ne semble y avoir aucun lien entre ce traité et Nazir?
גְּמָ׳ מִכְּדֵי תַּנָּא מִנָּזִיר סָלֵיק, מַאי תְּנָא דְּקָא תָּנֵא סוֹטָה?
La Guemara répond: cela a été fait conformément à la déclaration de Rabbi [Yehouda HaNassi] concernant l'ordre des passages dans la Torah, comme il est enseigné dans une baraïta que Rabbi dit: Pourquoi la section du nazir (Bamidbar, chapitre 6) est-elle placée juste à côté de la section de la sota (Bamidbar, chapitre 5)? C'est pour te dire que quiconque voit une sota dans sa disgrâce, alors qu'elle subit le rite des eaux amères, doit se faire nazir et s'abstenir de vin, car le vin est l'une des causes de la transgression sexuelle, dans la mesure où il relâche les inhibitions. Pour la même raison que la Torah enseigne ces sections l'une après l'autre, Rabbi a disposé ces traités l'un après l'autre.
כִּדְרַבִּי. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: לָמָּה נִסְמְכָה פָּרָשַׁת נָזִיר לְפָרָשַׁת סוֹטָה, לוֹמַר לָךְ: שֶׁכׇּל הָרוֹאֶה סוֹטָה בְּקִלְקוּלָהּ — יַזִּיר עַצְמוֹ מִן הַיַּיִן.
La Guemara demande: mais si c'est le cas, qu'il enseigne d'abord le traité Sota, puis qu'il enseigne le traité Nazir, ce qui correspond à l'ordre de ces sujets dans la Torah, et s'accorde également mieux avec la déclaration de Rabbi. La Guemara répond: puisque le tanna a enseigné le traité Ketoubot, et que dans ce traité il a enseigné un chapitre qui commence par: Celui qui fait un vœu [concernant sa femme], où se trouvent plusieurs michnayot sur les vœux entre mari et femme, il a ensuite enseigné le traité Nedarim, dont le sujet est les halakhot des vœux. Et puisqu'il a enseigné Nedarim, il a ensuite enseigné le traité Nazir, qui ressemble à Nedarim en ce qu'on devient nazir en faisant un vœu. Et il enseigne ensuite le traité Sota, conformément à la déclaration de Rabbi.
וְלִיתְנֵי סוֹטָה, וַהֲדַר לִיתְנֵי נָזִיר! אַיְּידֵי דִּתְנָא כְּתוּבּוֹת וּתְנָא ״הַמַּדִּיר״, תְּנָא נְדָרִים. וְאַיְּידֵי דִּתְנָא נְדָרִים — תְּנָא נָזִיר, דְּדָמֵי לִנְדָרִים. וְקָתָנֵי סוֹטָה, כִּדְרַבִּי.
§ La Guemara commence à clarifier la michna. La michna dit: celui qui adresse une mise en garde. En employant la formule descriptive: celui qui met en garde, et non la formule prescriptive: on doit mettre en garde, le tanna indique qu'après coup, oui, c'est valable s'il avertit de cette manière, mais idéalement, non, on ne devrait pas avertir sa femme du tout a priori. Apparemment, le tanna de notre michna estime qu'il est interdit d'avertir sa femme a priori d'une manière qui peut la faire devenir sota, et toutes les halakhot concernant une sota s'appliquent à celui qui a émis l'avertissement alors qu'il n'y était pas obligé.
״הַמְקַנֵּא״, דִּיעֲבַד — אִין, לְכַתְּחִילָּה — לָא. קָסָבַר תַּנָּא דִּידַן: אָסוּר לְקַנּאוֹת.
Rav Chmouel bar Rav Yitzhak dit: lorsque Rech Lakich commençait son enseignement sur [la section de] la sota, il disait ceci: le Ciel n'unit une femme à un homme que selon ses actes, comme il est dit: « Car le sceptre de la méchanceté ne reposera pas sur le lot des justes » (Tehilim 125, 3), ce qui indique que si l'on a une femme méchante, cela est dû à sa propre mauvaise conduite. Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan: et il est aussi difficile de les unir en couple que la fente de la mer Rouge, comme il est dit dans un verset qui parle de la sortie d'Égypte: « D.ieu fait habiter les solitaires dans une maison; Il fait sortir les prisonniers vers la prospérité [bakocharot] » (Tehilim 68, 7). D.ieu prend des individus seuls et les fait habiter dans une maison en unissant convenablement un homme à une femme. Cela ressemble à la sortie d'Égypte, qui s'est achevée par la fente de la mer Rouge, où Il a libéré des prisonniers vers la prospérité.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: כִּי הֲוָה פָּתַח רֵישׁ לָקִישׁ בְּסוֹטָה, אָמַר הָכִי: אֵין מְזַוְּוגִין לוֹ לְאָדָם אִשָּׁה אֶלָּא לְפִי מַעֲשָׂיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא יָנוּחַ שֵׁבֶט הָרֶשַׁע עַל גּוֹרַל הַצַּדִּיקִים״. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְקָשִׁין לְזַוְּוגָן כִּקְרִיעַת יַם סוּף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים מוֹשִׁיב יְחִידִים בַּיְתָה מוֹצִיא אֲסִירִים בַּכּוֹשָׁרוֹת״.
La Guemara demande: en est-il ainsi, qu'un homme est uni à une femme selon ses actes? Mais Rav Yehouda dit au nom de Rav: quarante jours avant la formation de l'embryon, une voix céleste sort et dit: la fille d'un tel est destinée à un tel, telle maison est destinée à être habitée par un tel, tel champ est destiné à être cultivé par un tel! Cela indique clairement que ces choses, y compris le mariage, sont décrétées pour une personne avant même sa formation. La Guemara répond: cela n'est pas difficile. Cette déclaration de Rav Yehouda au nom de Rav concerne une première union, tandis que cette déclaration de Rabba bar bar 'Hana au nom de Rabbi Yo'hanan concerne une seconde union. Une première union est décrétée au Ciel; une seconde union dépend des actes de la personne.
אִינִי? וְהָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַרְבָּעִים יוֹם קוֹדֶם יְצִירַת הַוָּלָד בַּת קוֹל יוֹצֵאת וְאוֹמֶרֶת: בַּת פְּלוֹנִי לִפְלוֹנִי, בֵּית פְּלוֹנִי לִפְלוֹנִי, שְׂדֵה פְלוֹנִי לִפְלוֹנִי! לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּזוּג רִאשׁוֹן, הָא — בְּזוּג שֵׁנִי.
§ La Guemara clarifie maintenant le désaccord de la michna. Rabbi Eliezer dit: il l'avertit sur la base de deux témoins, etc. Ils ne sont en désaccord que sur la mise en garde et l'isolement, mais concernant la souillure, un seul témoin est crédible.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מְקַנֵּא לָהּ עַל פִּי שְׁנַיִם וְכוּ׳. עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי אֶלָּא בְּקִינּוּי וּסְתִירָה, אֲבָל בְּטוּמְאָה — עֵד אֶחָד מְהֵימַן.
Et nous avons également appris dans une autre michna (31a) que si un seul témoin dit: j'ai vu qu'elle s'est souillée, alors elle ne boirait pas [les eaux amères], car ce témoignage est accepté, et son mari doit la divorcer et elle perd le paiement de sa ketouba. Il n'y a donc pas besoin de pratiquer le rite de la sota.
וּתְנַן נָמֵי: עֵד אֶחָד אוֹמֵר ״אֲנִי רָאִיתִי שֶׁנִּיטְמֵאת״ — לֹא הָיְתָה שׁוֹתָה.
La Guemara demande: d'où savons-nous, par la loi de la Torah, qu'un seul témoin est crédible pour témoigner qu'une sota a eu des relations conjugales? La Guemara répond: comme les Sages l'ont enseigné à propos du verset décrivant les circonstances dans lesquelles une femme souillée par un acte d'adultère devient interdite à son mari, qui dit: « Et un homme a couché avec elle charnellement, et cela a été caché aux yeux de son mari, et elle s'est souillée en secret, et il n'y a pas de témoin [ed] contre elle » (Bamidbar 5, 13) — le verset parle de l'absence de deux témoins. Quand le verset mentionne l'absence d'un ed, écrit au singulier, cela indique en réalité qu'il n'y a pas deux témoins contre elle, mais seulement un, comme la baraïta va maintenant l'expliquer.
מִדְּאוֹרָיְיתָא מְנָלַן דִּמְהֵימַן עֵד אֶחָד? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״וְעֵד אֵין בָּהּ״, בִּשְׁנַיִם הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
Sotah 2a
100%
סוטה ב׳ אמַסֶּכֶת סוֹטָה