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Traité Sotah

17a

Étude de Sotah 17a

Étude de la Mishna & Guémara 17a

Mishna 1
MICHNA: Lorsque le Cohen se met à écrire le rouleau de la sota qui doit être placé dans l'eau, à partir de quel endroit du passage de la Torah concernant la sota (Bamidbar 5, 11-31) écrit-il?
מַתְנִי׳ בָּא לוֹ לִכְתּוֹב אֶת הַמְּגִילָּה, מֵאֵיזֶה מָקוֹם הוּא כּוֹתֵב?(משנה)
Il commence à partir du verset: « Si aucun homme n'a couché avec toi, et si tu ne t'es pas détournée vers l'impureté, en étant sous [l'autorité de] ton mari, tu seras quitte de cette eau amère qui apporte la malédiction » (Bamidbar 5, 19); et il continue: « Mais si tu t'es détournée en étant sous [l'autorité de] ton mari, et si tu t'es rendue impure, et qu'un homme autre que ton mari a couché avec toi » (Bamidbar 5, 20).
מִ״וְאִם לֹא שָׁכַב אִישׁ וְגוֹ׳ וְאַתְּ כִּי שָׂטִית תַּחַת אִישֵׁךְ״,
Et il n'écrit pas [le début du verset suivant]: « Le Cohen fera prêter serment à la femme », mais il écrit le serment rapporté dans la suite du verset: « Que D.ieu fasse de toi une malédiction et un serment au milieu de ton peuple, quand D.ieu fera tomber ta cuisse et enfler ton ventre. Que ces eaux qui apportent la malédiction entrent dans tes entrailles pour faire enfler ton ventre et tomber ta cuisse » (Bamidbar 5, 21-22); mais il n'écrit pas la fin du verset: « Et la femme dira: Amen, amen » (Bamidbar 5, 22).
וְאֵינוֹ כּוֹתֵב ״וְהִשְׁבִּיעַ הַכֹּהֵן אֶת הָאִשָּׁה״. וְכוֹתֵב: ״יִתֵּן ה׳ אוֹתָךְ לְאָלָה וְלִשְׁבֻעָה. וּבָאוּ הַמַּיִם הַמְאָרְרִים הָאֵלֶּה בְּמֵעַיִךְ לַצְבּוֹת בֶּטֶן וְלַנְפִּל יָרֵךְ״. וְאֵינוֹ כּוֹתֵב ״וְאָמְרָה הָאִשָּׁה אָמֵן אָמֵן״.
Rabbi Yossei dit: il n'interrompt pas [la lecture des versets, et écrit le passage entier sans aucune omission].
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לֹא הָיָה מַפְסִיק.
Rabbi Yehouda dit: il n'écrit absolument rien d'autre que: « Que D.ieu fasse de toi une malédiction et un serment... et que ces eaux qui apportent la malédiction entrent dans tes entrailles... ». Et il n'écrit pas: « Et la femme dira: Amen, amen ».
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כׇּל עַצְמוֹ אֵינוֹ כּוֹתֵב אֶלָּא ״יִתֵּן ה׳ אוֹתָךְ לְאָלָה וְלִשְׁבֻעָה וְגוֹ׳ וּבָאוּ הַמַּיִם הַמְאָרְרִים הָאֵלֶּה בְּמֵעַיִךְ וְגוֹ׳״. וְאֵינוֹ כּוֹתֵב ״וְאָמְרָה הָאִשָּׁה אָמֵן אָמֵן״.
Guémara
GUEMARA: Sur quel point les Sages de la Michna sont-ils en désaccord? Quelle est la source de leur divergence? Ils sont en désaccord sur l'interprétation correcte du verset: « Et le Cohen écrira ces [ha'ele] malédictions [et ha'alot] dans un rouleau » (Bamidbar 5, 23).
גְּמָ׳ בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? בְּהַאי קְרָא קָמִיפַּלְגִי: ״וְכָתַב אֶת הָאָלוֹת הָאֵלֶּה הַכֹּהֵן בַּסֵּפֶר״.
Rabbi Meïr, le premier tanna de la Michna, raisonne ainsi: le mot « alot », malédictions, désigne des malédictions véritables. Le préfixe « ha » [le/la], dans le mot « ha'alot », vient inclure les malédictions qui découlent des bénédictions, c'est-à-dire celles que l'on déduit de la phrase: « tu seras quitte de cette eau amère qui apporte la malédiction » (5, 19). Le mot « ele », [signifiant] « ces », est un terme restrictif qui vient exclure la longue liste de malédictions consignées dans Michné Torah, le livre de Devarim (chapitre 28). Bien que ces malédictions soient elles aussi appelées « alot », le Cohen ne les écrit pas. L'ajout de l'article défini dans le mot « ha'ele » vient exclure les ordres consignés dans le passage de la sota ainsi que les acceptations par le mot « amen » qui y figurent également. Le Cohen n'a pas besoin d'écrire ces parties du passage.
רַבִּי מֵאִיר סָבַר: ״אָלוֹת״ — אָלוֹת מַמָּשׁ. ״הָאָלוֹת״ — לְרַבּוֹת קְלָלוֹת הַבָּאוֹת מֵחֲמַת בְּרָכוֹת. ״אֵלֶּה״ — לְמַעוֹטֵי קְלָלוֹת שֶׁבְּמִשְׁנֵה תוֹרָה. ״הָאֵלֶּה״ — לְמַעוֹטֵי צַוּוֹאוֹת וְקַבָּלוֹת אָמֵן.
Et Rabbi Yossei interprète: tout serait comme tu l'as dit, Rabbi Meïr; cependant, le mot supplémentaire « et » dans le verset vient amplifier sa portée. Il vient inclure à la fois les ordres et les acceptations, car ils doivent eux aussi être écrits dans le rouleau.
וְרַבִּי יוֹסֵי: כּוּלְּהוּ כִּדְקָאָמְרַתְּ, ״אֶת״ — לְרַבּוֹת צַוּוֹאוֹת וְקַבָּלוֹת.
Et pourquoi Rabbi Meïr n'est-il pas d'accord? En règle générale, il n'interprète pas le mot supplémentaire « et » comme amplifiant la portée d'un verset.
וְרַבִּי מֵאִיר — אֶתִּים לָא דָּרֵישׁ.
Et quant à Rabbi Yehouda, il interprète tous les termes du verset comme restrictifs: le mot « alot » désigne spécifiquement les malédictions effectivement consignées dans les versets. L'article défini dans le mot « ha'alot » vient exclure les malédictions qui découlent des bénédictions. Le mot « ele » vient exclure les malédictions consignées dans Michné Torah. Et l'article défini dans le mot « ha'ele » vient exclure les ordres et les acceptations consignés dans les versets.
וְרַבִּי יְהוּדָה — כּוּלְּהוּ בְּמִיעוּטֵי דָּרֵישׁ לְהוּ. ״אָלוֹת״ — אָלוֹת מַמָּשׁ. ״הָאָלוֹת״ — לְמַעוֹטֵי קְלָלוֹת הַבָּאוֹת מֵחֲמַת בְּרָכוֹת. ״אֵלֶּה״ — לְמַעוֹטֵי קְלָלוֹת שֶׁבְּמִשְׁנֵה תוֹרָה. ״הָאֵלֶּה״ — לְמַעוֹטֵי צַוּוֹאוֹת וְקַבָּלוֹת.
La Guemara demande: mais selon Rabbi Meïr, en quoi la lettre « hé » au début du mot « ha'alot » est-elle différente, au point d'amplifier la halakha pour inclure les malédictions qui découlent des bénédictions, et en quoi cette même lettre « hé » dans le mot « ha'ele » est-elle différente, au point d'exclure les ordres et les acceptations par le mot « amen »? Pourquoi l'une amplifierait-elle tandis que l'autre restreindrait?
וְרַבִּי מֵאִיר, מַאי שְׁנָא הַאי הֵי דִּמְרַבֵּי בֵּיהּ, וּמַאי שְׁנָא הַאי הֵי דְּמַעֵיט בֵּיהּ?
La Guemara répond: la lettre « hé », lorsqu'elle est écrite près d'un terme amplificateur, est elle-même amplificatrice. Le mot « alot » amplifie déjà la halakha par lui-même, et l'article défini prolonge cette amplification; et la lettre « hé », lorsqu'elle est écrite près d'un terme restrictif, est elle-même restrictive. Le mot « ele » restreint déjà la halakha par lui-même, et l'article défini qui le précède prolonge cette restriction.
הֵי דְּגַבֵּי(ה ד)רִיבּוּיָא — רִיבּוּיָא (הִיא), הֵי דְּגַבֵּי(ה ד)מִיעוּטָא — מִיעוּטָא.
Sotah 17a
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סוטה י״ז אמַסֶּכֶת סוֹטָה