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Traité Sotah

15a

Étude de Sotah 15a

Étude de la Guémara 15a

Guémara
GUEMARA: « Et il le fait fumer dans un vase de service. » [La Guemara demande:] Est-ce donc dans un vase de service qu'on le fait fumer? Dis plutôt: il le fait monter [sur l'autel] dans un vase de service afin de le faire fumer.
וּמַקְטִירוֹ בִּכְלִי שָׁרֵת. בִּכְלִי שָׁרֵת מַקְטֵיר לֵיהּ? אֶלָּא אֵימָא: מַעֲלֵהוּ בִּכְלִי שָׁרֵת לְהַקְטִירוֹ.
La baraïta poursuit: et il le sale et le place sur les feux [de l'autel]. La Guemara en cite la source: comme il est écrit: « Et toute offrande de ta minha, tu la saleras avec du sel, etc. » (Vayikra 2, 13).
וּמוֹלְחוֹ וְנוֹתְנוֹ עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים, דִּכְתִיב: ״וְכׇל קׇרְבַּן מִנְחָתְךָ בַּמֶּלַח תִּמְלָח וְגוֹ׳״.
Une fois la poignée [kometz] offerte, les restes [de la minha] sont consommés. D'où le savons-nous? Comme il est écrit: « Et le cohen en fera fumer le mémorial, etc. » (Vayikra 2, 2) — le mémorial étant la poignée — et il est écrit ensuite: « Et ce qui reste de la minha sera pour Aharon et ses fils » (Vayikra 2, 3).
קָרַב הַקּוֹמֶץ שְׁיָרֶיהָ נֶאֱכָלִין. מְנָלַן — דִּכְתִיב: ״וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת אַזְכָּרָתָהּ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְהַנּוֹתֶרֶת מִן הַמִּנְחָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״.
« Une fois la poignée offerte »: selon un maître [cela s'entend] d'une façon, et selon un autre maître, d'une autre façon. Car il a été enseigné: la poignée — à partir de quand rend-elle les restes permis à la consommation? Rabbi 'Hanina dit: dès que le feu s'en empare, c'est-à-dire dès qu'elle s'enflamme. Rabbi Yo'hanan dit: dès que le feu en consume la plus grande partie. Chacun de ces amoraïm comprend la baraïta selon son opinion.
קָרַב הַקּוֹמֶץ. לְמָר כִּדְאִית לֵיהּ וּלְמָר כִּדְאִית לֵיהּ. דְּאִיתְּמַר: הַקּוֹמֶץ, מֵאֵימָתַי מַתִּיר שִׁירַיִים בַּאֲכִילָה? רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: מִשֶּׁתִּשְׁלוֹט בּוֹ הָאוּר, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מִשֶּׁתִּיצַּת הָאוּר בְּרוּבּוֹ.
La baraïta poursuit: et les cohanim sont autorisés à mettre du vin, de l'huile et du miel dans le reste de la minha. Quelle en est la raison? Le verset dit à propos des dons faits aux cohanim: « Et Moi, voici, Je t'ai donné la garde de Mes terumot... comme une part consacrée » (Bamidbar 18, 8). L'expression « comme une part consacrée » indique que ces dons sont donnés comme marque de grandeur, et doivent être mangés à la manière dont les rois mangent.
וְרַשָּׁאִין הַכֹּהֲנִים לִיתֵּן לְתוֹכוֹ יַיִן וְשֶׁמֶן וּדְבַשׁ. מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״לְמׇשְׁחָה״ — לִגְדוּלָּה, כְּדֶרֶךְ שֶׁהַמְּלָכִים אוֹכְלִין.
La baraïta conclut: et ils ne sont interdits que du fait de les laisser fermenter, comme il est écrit à propos des minhot: « Elle ne sera pas cuite avec du levain; c'est leur part que Je leur ai donnée de Mes offrandes consumées par le feu » (Vayikra 6, 10). Rabbi Chimon ben Lakich dit: il faut lire le verset comme si « leur part » faisait partie de la même clause que l'interdiction de cuire avec du levain. Cela enseigne que même leur part, c'est-à-dire la part donnée aux cohanim, ne doit pas être cuite avec du levain.
וְאֵין אֲסוּרִין אֶלָּא מִלְּחַמֵּץ, דִּכְתִיב: ״לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ חֶלְקָם״, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אֲפִילּוּ חֶלְקָם לֹא תֵאָפֶה חָמֵץ.
MICHNA: Toutes les minhot, etc. [La Guemara demande:] Et toutes les minhot nécessitent-elles vraiment de l'huile et de l'encens? Mais n'y a-t-il pas la minha du pécheur, dont le Miséricordieux dit: « Il n'y mettra pas d'huile et n'y mettra pas d'encens, car c'est un 'hatat » (Vayikra 5, 11)!
כׇּל הַמְּנָחוֹת כּוּ׳. וְכׇל הַמְּנָחוֹת טְעוּנוֹת שֶׁמֶן וּלְבוֹנָה? וְהָאִיכָּא מִנְחַת חוֹטֵא, דְּרַחֲמָנָא אָמַר: ״לֹא יָשִׂים עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְלֹא יִתֵּן עָלֶיהָ לְבֹנָה״!
[La Guemara répond:] Voici ce que la michna veut dire: toutes les minhot [autres que celle de la sota] nécessitent de l'huile et de l'encens, et proviennent du blé, et proviennent de farine fine. Cependant, la minha du pécheur, bien qu'elle ne nécessite ni huile ni encens, doit néanmoins provenir du blé et de la farine fine. De même, la minha de l'omer, bien qu'elle provienne de l'orge, nécessite de l'huile et de l'encens et provient de grains concassés. Mais celle-ci, la minha de la sota, ne nécessite ni huile ni encens, et provient de l'orge, et provient de farine non tamisée. Alors que la minha du pécheur et celle de l'omer ressemblent aux autres minhot sur l'un de ces points, la minha de la sota diffère sur les deux points.
הָכִי קָאָמַר: כׇּל הַמְּנָחוֹת טְעוּנוֹת שֶׁמֶן וּלְבוֹנָה, וּבָאוֹת מִן הַחִיטִּין, וּבָאוֹת סֹלֶת. מִנְחַת חוֹטֵא, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ טְעוּנָה שֶׁמֶן וּלְבוֹנָה — בָּאָה מִן הַחִטִּין וּבָאָה סֹלֶת. מִנְחַת הָעוֹמֶר, אַף עַל פִּי שֶׁהִיא בָּאָה מִן הַשְּׂעוֹרִין — טְעוּנָה שֶׁמֶן וּלְבוֹנָה וּבָאָה גֶּרֶשׂ. וְזוֹ, אֵינָהּ טְעוּנָה לֹא שֶׁמֶן וְלֹא לְבוֹנָה, וּבָאָה מִן הַשְּׂעוֹרִין, וּבָאָה קֶמַח.
Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon a dit: il aurait été logique que la minha du pécheur nécessite de l'huile et de l'encens, afin que le pécheur n'en tire pas profit [en économisant leur coût]. Pour quelle raison le verset ne les exige-t-il pas? Afin que son offrande ne soit pas d'une qualité supérieure.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: בְּדִין הוּא שֶׁתְּהֵא מִנְחַת חוֹטֵא טְעוּנָה שֶׁמֶן וּלְבוֹנָה, שֶׁלֹּא יְהֵא חוֹטֵא נִשְׂכָּר. וּמִפְּנֵי מָה אֵינָהּ טְעוּנָה — שֶׁלֹּא יְהֵא קׇרְבָּנוֹ מְהוּדָּר.
Et il aurait été logique que le 'hatat pour la consommation de graisse interdite [passible de karet] nécessite des libations, afin que le pécheur n'en tire pas profit. Pour quelle raison n'en nécessite-t-il pas? Afin que son offrande ne soit pas d'une qualité supérieure.
וּבְדִין הוּא שֶׁתְּהֵא חַטַּאת חֵלֶב טְעוּנָה נְסָכִים, שֶׁלֹּא יְהֵא חוֹטֵא נִשְׂכָּר. וּמִפְּנֵי מָה אֵינָהּ טְעוּנָה — שֶׁלֹּא יְהֵא קׇרְבָּנוֹ מְהוּדָּר.
Mais le 'hatat du lépreux [metsora] et son acham nécessitent des libations, car ils ne sont pas apportés à cause d'un péché. [La Guemara demande:] Est-ce bien ainsi? Mais Rabbi Chmouel bar Na'hmani n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yonathan: la lèpre vient à cause de sept choses, etc.! [La Guemara répond:] Là-bas, c'est de sa lèpre même qu'il obtient l'expiation de son péché; lorsqu'il apporte son offrande, c'est uniquement pour se rendre permis de consommer des aliments consacrés qu'il l'apporte.
אֲבָל חַטָּאתוֹ שֶׁל מְצוֹרָע וַאֲשָׁמוֹ טְעוּנִין נְסָכִים, לְפִי שֶׁאֵין בָּאִין עַל חֵטְא. אִינִי? וְהָאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: עַל שִׁבְעָה דְּבָרִים נְגָעִים בָּאִין וְכוּ׳! הָתָם מִנִּגְעֵיהּ הוּא דְּאִיכַּפַּר לֵיהּ, כִּי מַיְיתֵי קׇרְבָּן — לְאִשְׁתְּרוֹיֵי בְּקָדָשִׁים הוּא דְּקָא מַיְיתֵי.
[La Guemara demande:] Mais alors, le 'hatat du nazir devrait nécessiter des libations, puisqu'il n'est pas apporté à cause d'un péché! [La Guemara répond:] Il suit l'opinion de Rabbi Elazar HaKappar, qui dit: le nazir est lui aussi un pécheur, puisqu'il s'est privé de vin sans nécessité.
אֶלָּא מֵעַתָּה, חַטַּאת נָזִיר תְּהֵא טְעוּנָה נְסָכִים, לְפִי שֶׁאֵינָהּ בָּאָה עַל חֵטְא! סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר, דְּאָמַר: נָזִיר נָמֵי חוֹטֵא הוּא.
Sotah 15a
100%
סוטה ט״ו אמַסֶּכֶת סוֹטָה