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Traité Sotah

12a

Étude de Sotah 12a

Étude de la Guémara 12a

Guémara
La Guemara fait remarquer: le langage d'un autre verset est également précis d'après cette explication, comme il est écrit: « Et Caleb, fils de Yefouné, le Kenizite, lui dit » (Yehochoua 14, 6). Bien que son père fût Yefouné, il est appelé « le Kenizite », alors qu'il n'était pas réellement fils de Kenaz. La Guemara accepte cette preuve et déclare: conclus de là que l'explication de Rava est correcte.
דַּיְקָא נָמֵי דִּכְתִיב ״הַקְּנִזִּי״. שְׁמַע מִינַּהּ.
[Le verset dit:] « Et Caleb, fils de 'Hetsron, engendra des enfants d'Azouva sa femme, et de Yeriot; et voici ses fils: Yécher, Chovav et Ardon » (Divré Hayamim I 2, 18). La Guemara analyse le verset: celui-ci désigne la femme de Caleb par le nom d'Azouva. Les Sages enseignent qu'il s'agit de Miriam. Et pourquoi fut-elle appelée Azouva? Parce que tous l'avaient d'abord abandonnée [azavouha] et ne voulaient pas l'épouser, car elle était maladive et sans attrait. Le verset dit en outre: « Caleb, fils de 'Hetsron, engendra [holid] des enfants d'Azouva sa femme » (Divré Hayamim I 2, 18). La Guemara demande: pourquoi employer le terme « holid », engendra? Mais ce verset ne dit-il pas simplement qu'il l'épousa? Rabbi Yo'hanan dit: ceci nous enseigne que quiconque épouse une femme pour le Ciel, comme lui qui l'épousa pour sa droiture sans se soucier de son apparence, l'Écriture le crédite comme s'il l'avait lui-même mise au monde.
״עֲזוּבָה״ — זוֹ מִרְיָם, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ עֲזוּבָה — שֶׁהַכֹּל עֲזָבוּהָ מִתְּחִילָּתָהּ. ״הוֹלִיד״ — וַהֲלֹא מִינְסָב הֲוָה נָסֵיב לַהּ! אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנּוֹשֵׂא אִשָּׁה לְשֵׁם שָׁמַיִם — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ יְלָדָהּ.
Ce même verset désigne encore Miriam sous le nom de Yeriot, ce que la Guemara explique comme étant approprié, car son visage était comme des rideaux [yeriot] extrêmement pâles.
״יְרִיעוֹת״ — שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין לִירִיעוֹת.
Le verset poursuit: « Et voici ses fils [vaneha] ». La Guemara explique: ne lis pas vaneha, « ses fils », mais boneha, « ses bâtisseurs ». C'est-à-dire que le reste des noms du verset ne désigne pas ses enfants, mais des surnoms de son mari, dont le mariage avec elle l'a en quelque sorte « bâtie ». Le premier surnom de Caleb, « Yécher », renvoie à ses actes, car il s'est redressé lui-même [yicher] et ne s'est pas joint au conseil des explorateurs. Le second surnom, « Chovav », renvoie au fait qu'il a brisé [sibev] son mauvais penchant en se rebellant contre les autres explorateurs. Le troisième surnom, « et Ardon [veArdon] », renvoie au fait qu'il a dominé [rada] son mauvais penchant. Et certains disent: parce que le visage de sa femme Miriam était devenu beau comme une rose [vered] après leur mariage, elle fut aussi appelée Vardon, en raison de son teint semblable à une rose.
״וְאֵלֶּה בָּנֶיהָ״ — אַל תִּקְרֵי בָּנֶיהָ אֶלָּא ״בּוֹנֶיהָ״, ״יֵשֶׁר״ — שֶׁיִּשֵּׁר אֶת עַצְמוֹ. ״שׁוֹבָב״ — שֶׁשִּׁיבֵּב אֶת יִצְרוֹ, ״וְאַרְדּוֹן״ — שֶׁרָדָה אֶת יִצְרוֹ, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: עַל שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין לְוֶרֶד.
La Guemara interprète un autre verset comme se rapportant à Caleb. Il est dit: « Et Achehour, père de Tekoa, avait deux femmes, 'Hel'a et Naara » (Divré Hayamim I 4, 5). Achehour, c'est Caleb. Et pourquoi fut-il appelé Achehour? Parce que son visage avait noirci [houshe'harou] à cause des nombreux jeûnes qu'il avait pris sur lui pour ne pas se laisser entraîner par le conseil des explorateurs. « Père de » renvoie également à Caleb, car il devint comme un père pour sa femme. Le mot suivant du verset, « Tekoa », est une autre allusion à Caleb, car il attacha [taka] son cœur à son Père céleste.
״וּלְאַשְׁחוּר אֲבִי תְקוֹעַ הָיוּ שְׁתֵּי נָשִׁים חֶלְאָה וְנַעֲרָה״. ״אַשְׁחוּר״ — זֶה כָּלֵב, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ ״אַשְׁחוּר״ — שֶׁהוּשְׁחֲרוּ פָּנָיו בְּתַעֲנִיּוֹת. ״אֲבִי״ — שֶׁנַּעֲשָׂה לָהּ כְּאָב, ״תְּקוֹעַ״ — שֶׁתָּקַע אֶת לִבּוֹ לְאָבִיו שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
L'expression du verset « avait deux femmes » signifie en réalité que Miriam était devenue comme deux femmes, car elle changea au fil du temps. C'est pourquoi les deux noms écrits dans le verset, « 'Hel'a et Naara », ne désignent pas deux femmes distinctes. Mais au début Miriam était maladive [' hela] et délaissée, et finalement elle devint saine et belle comme une jeune femme [na'ara].
״הָיוּ שְׁתֵּי נָשִׁים״ — נַעֲשָׂה מִרְיָם כִּשְׁתֵּי נָשִׁים. ״חֶלְאָה וְנַעֲרָה״ — לָא חֶלְאָה וְנַעֲרָה הֲוַאי, אֶלָּא בַּתְּחִילָּה חֶלְאָה, וּלְבַסּוֹף נַעֲרָה.
La Guemara explique le verset suivant comme se rapportant à Miriam: « Et les fils de 'Hel'a furent Tséret, Tsohar et Etnan » (Divré Hayamim I 4, 7). Elle fut désormais appelée « Tséret », car elle devint si belle qu'elle était comme une rivale [tsara] pour les autres femmes, qui étaient jalouses de sa beauté. Elle est appelée « Tsohar », car son visage brillait comme le soleil de midi [tsohorayim]. Elle est appelée « Etnan », car tout homme qui la voyait s'enflammait au point d'apporter un présent [etnan] à sa propre femme pour la séduire.
״וּבְנֵי חֶלְאָה צֶרֶת וְצֹהַר וְאֶתְנָן״. ״צֶרֶת״ — שֶׁנַּעֲשֵׂית צָרָה לְחַבְרוֹתֶיהָ. ״צֹהַר״ — שֶׁהָיוּ פָּנֶיהָ דּוֹמִין כַּצׇּהֳרַיִם, ״אֶתְנָן״ — שֶׁכׇּל הָרוֹאֶה אוֹתָהּ מוֹלִיךְ אֶתְנָן לְאִשְׁתּוֹ.
§ La Guemara revient à la discussion sur l'esclavage en Égypte. « Et Pharaon ordonna à tout son peuple, disant: tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve, et toute fille, vous la laisserez vivre » (Chemot 1, 22). Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina dit: l'emploi de l'expression « tout fils qui naîtra » indique qu'il décréta même sur son propre peuple que tous les bébés mâles devaient être tués. Et Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina dit encore: il décréta trois décrets. D'abord, il ordonna aux sages-femmes uniquement à propos des nourrissons juifs: « Vous regarderez sur les pierres; si c'est un fils, vous le ferez mourir, mais si c'est une fille, elle vivra » (Chemot 1, 16). Ensuite, il décréta à propos des nourrissons juifs: « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve » (Chemot 1, 22). Et finalement, il décréta même sur son propre peuple que les nourrissons égyptiens mâles seraient également jetés dans le fleuve.
״וַיְצַו פַּרְעֹה לְכׇל עַמּוֹ״, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: אַף עַל עַמּוֹ גָּזַר. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שָׁלֹשׁ גְּזֵירוֹת גָּזַר: בַּתְּחִילָּה ״אִם בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אוֹתוֹ״, וּלְבַסּוֹף ״כׇּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ״, וּלְבַסּוֹף אַף עַל עַמּוֹ גָּזַר.
Le verset dit: « Et un homme de la maison de Lévi s'en alla, et prit pour femme une fille de Lévi » (Chemot 2, 1). La Guemara demande: où alla-t-il? Rav Yehouda bar Zevina dit: il suivit le conseil de sa fille Miriam, comme la Guemara va l'expliquer.
״וַיֵּלֶךְ אִישׁ מִבֵּית לֵוִי״. לְהֵיכָן הָלַךְ? אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִינָא: שֶׁהָלַךְ בַּעֲצַת בִּתּוֹ.
On enseigne: Amram était le plus grand homme de sa génération. Quand il vit que le méchant Pharaon avait dit: « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve, et toute fille, vous la laisserez vivre » (Chemot 1, 22), il se dit: nous peinons en vain en mettant au monde des enfants pour qu'ils soient tués. Il se leva alors et répudia sa femme. Tous les autres, voyant cela, se levèrent et répudièrent leurs femmes.
תָּנָא: עַמְרָם גְּדוֹל הַדּוֹר הָיָה. כֵּיוָן שֶׁרָאָה שֶׁאָמַר פַּרְעֹה הָרָשָׁע ״כׇּל הַבֵּן הַיִּלּוֹד הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ״, אָמַר: לַשָּׁוְא אָנוּ עֲמֵלִין, עָמַד וְגֵירַשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ. עָמְדוּ כּוּלָּן וְגֵירְשׁוּ אֶת נְשׁוֹתֵיהֶן.
Sa fille Miriam lui dit: Père, ton décret est plus dur pour le peuple juif que celui de Pharaon. Car Pharaon n'a décrété que sur les mâles, tandis que toi tu as décrété sur les mâles et sur les femelles, [empêchant toute naissance]. Pharaon n'a décrété que pour ce monde-ci, mais toi, [tu as décrété] pour ce monde-ci et pour le monde à venir, [puisque ceux qui ne naîtront pas n'entreront jamais dans le monde à venir].
אָמְרָה לוֹ בִּתּוֹ: אַבָּא, קָשָׁה גְּזֵירָתְךָ יוֹתֵר מִשֶּׁל פַּרְעֹה. שֶׁפַּרְעֹה לֹא גָּזַר אֶלָּא עַל הַזְּכָרִים, וְאַתָּה גָּזַרְתָּ עַל הַזְּכָרִים וְעַל הַנְּקֵיבוֹת. פַּרְעֹה לָא גָּזַר אֶלָּא בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְאַתָּה בָּעוֹלָם הַזֶּה וּלְעוֹלָם הַבָּא.
Miriam poursuivit: de plus, quant au méchant Pharaon, il est incertain que son décret s'accomplisse ou non. Toi, tu es un juste, et il est certain que tes décrets s'accompliront, comme il est dit à propos des justes: « Tu décideras une chose, et elle te sera confirmée » (Iyov 22, 28). Amram accepta les paroles de sa fille, se leva et reprit sa femme, c'est-à-dire la remaria, et tous les autres, voyant cela, se levèrent et reprirent leurs femmes.
פַּרְעֹה הָרָשָׁע — סָפֵק מִתְקַיֶּימֶת גְּזֵירָתוֹ, סָפֵק אֵינָהּ מִתְקַיֶּימֶת. אַתָּה צַדִּיק, בְּוַדַּאי שֶׁגְּזֵירָתְךָ מִתְקַיֶּימֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְתִגְזַר אוֹמֶר וְיָקׇם לָךְ״. עָמַד וְהֶחְזִיר אֶת אִשְׁתּוֹ, עָמְדוּ כּוּלָּן וְהֶחְזִירוּ אֶת נְשׁוֹתֵיהֶן.
Sotah 12a
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סוטה י״ב אמַסֶּכֶת סוֹטָה