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Traité Sotah

11a

Étude de Sotah 11a

Étude de la Guémara 11a

Guémara
Comme il est écrit là-bas: « Ainsi dit l'Éternel: Voici, je vais faire surgir contre toi le malheur, de ta propre maison » (II Samuel 12, 11), prophétie qui s'accomplit par Absalom. De même, tu peux dire au sujet de Yossef, qui fut envoyé par son père pour s'enquérir du bien-être de ses frères, où le verset dit: « Et il l'envoya de la vallée [emek] de Hevron » (Béréchit 37, 14). Rabbi Hanina bar Papa dit: [Ce fut] à cause du conseil profond [amouka] de ce juste enterré à Hevron, à savoir Avraham, comme il est écrit: « Sache bien que ta postérité sera étrangère dans un pays qui ne lui appartiendra pas; on l'y asservira et on l'opprimera pendant quatre cents ans » (Béréchit 15, 13). Le voyage que fit Yossef vers ses frères mit en mouvement la descente du peuple juif en Égypte.
דִּכְתִיב: ״הִנְנִי מֵקִים עָלֶיךָ רָעָה מִבֵּיתֶךָ״. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיִּשְׁלָחֵהוּ מֵעֵמֶק חֶבְרוֹן״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: בְּעֵצָה עֲמוּקָּה שֶׁל אוֹתוֹ צַדִּיק שֶׁקָּבוּר בְּחֶבְרוֹן, דִּכְתִיב: ״יָדֹעַ תֵּדַע כִּי גֵר יִהְיֶה זַרְעֲךָ״.
« Car il disait: Je n'ai pas de fils » [pour perpétuer mon nom]. Mais Absalom n'avait-il pas de fils? N'est-il pas écrit: « Il naquit à Absalom trois fils et une fille » (II Samuel 14, 27)? Rav Yits'hak bar Avdimi dit: [Cela signifie] qu'il n'avait pas de fils digne de la royauté. Rav Hisda dit: on a appris par tradition: quiconque brûle la récolte d'autrui ne laisse pas de fils pour hériter de lui. Or lui, [Absalom], avait brûlé [la récolte] de Yoav, comme il est écrit: « Il dit à ses serviteurs: Voyez, le champ de Yoav est près du mien, et il y a de l'orge; allez y mettre le feu. Et les serviteurs d'Absalom mirent le feu au champ » (II Samuel 14, 30).
״כִּי אָמַר אֵין לִי בֵן״. וְלָא הֲווֹ לֵיהּ בְּנֵי? וְהָכְתִיב: ״וַיִּוָּלְדוּ לְאַבְשָׁלוֹם שְׁלֹשָׁה בָּנִים וּבַת אַחַת״! אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ בֵּן הָגוּן לַמַּלְכוּת. רַב חִסְדָּא אָמַר, גְּמִירִי: כׇּל הַשּׂוֹרֵף תְּבוּאָתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, אֵינוֹ מַנִּיחַ בֵּן לְיוֹרְשׁוֹ. וְאִיהוּ קַלְיַיהּ לִדְיוֹאָב, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶל עֲבָדָיו רְאוּ חֶלְקַת יוֹאָב אֶל יָדִי וְלוֹ שָׁם שְׂעֹרִים לְכוּ וְהַצִּיתוּהָ בָאֵשׁ וַיַּצִּיתוּ עַבְדֵי אַבְשָׁלוֹם אֶת הַחֶלְקָה בָּאֵשׁ״.
§ La Michna enseigne: Et il en va de même pour la récompense des bonnes actions. Myriam attendit le bébé Moché une heure sur la rive du Nil; c'est pourquoi le peuple juif retarda ses déplacements dans le désert de sept jours pour l'attendre lorsqu'elle fut frappée de lèpre. La Guemara demande: Ces cas sont-ils comparables? Là-bas, Myriam attendit une heure, tandis qu'ici, le peuple attendit sept jours pour elle! Abaye dit: Dis plutôt: Et concernant la récompense du bien, il n'en va pas ainsi [de manière strictement proportionnelle], car on n'est pas récompensé exactement mesure pour mesure, la récompense pouvant être supérieure à la bonne action.
וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה מִרְיָם וְכוּ׳. מִי דָּמֵי? הָתָם — חֲדָא שַׁעְתָּא, הָכָא — שִׁבְעָה יוֹמֵי! אָמַר אַבָּיֵי, אֵימָא: וּלְעִנְיַן הַטּוֹבָה אֵינוֹ כֵּן.
Rava lui dit: Mais c'est bien « Et il en va de même pour la récompense du bien » que la Michna enseigne! Rava dit plutôt: voici ce qu'enseigne la MICHNA : Et il en va de même pour la récompense du bien, en ce sens que [la récompense se fait] selon la même mesure [de comportement], mais la mesure du bien est toujours plus grande que la mesure de la punition. C'est pourquoi Myriam fut récompensée de la même manière que son acte, mais dans une mesure plus grande.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָא ״וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: וְכֵן לְעִנְיַן הַטּוֹבָה, דִּבְאוֹתָהּ מִדָּה, וּלְעוֹלָם מִדָּה טוֹבָה מְרוּבָּה מִמִּדַּת פּוּרְעָנוּת.
« Et sa sœur se tint à distance » (Chemot 2, 4). Rabbi Yits'hak dit: Ce verset tout entier est dit en référence à la Chekhina, [chaque expression faisant allusion à la Présence Divine veillant sur Moché]. « Et elle se tint » — comme il est écrit: « Et l'Éternel vint et se tint » (I Samuel 3, 10). « Sa sœur » — comme il est écrit: « Dis à la sagesse: Tu es ma sœur » (Michlei 7, 4). « À distance » — comme il est écrit: « De loin l'Éternel m'est apparu » (Yirmiyahou 31, 2). « Pour savoir » — comme il est écrit: « Car l'Éternel est un D.ieu de connaissance » (I Samuel 2, 3). « Que » — comme il est écrit: « Que demande de toi l'Éternel ton D.ieu » (Devarim 10, 12). « Serait fait » — comme il est écrit: « Car l'Éternel D.ieu ne fait rien » (Amos 3, 7). « À lui » — comme il est écrit: « Et l'Éternel lui dit: Paix sur toi » (Choftim 6, 23).
״וַתֵּתַצַּב אֲחוֹתוֹ מֵרָחוֹק״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: פָּסוּק זֶה כּוּלּוֹ עַל שֵׁם שְׁכִינָה נֶאֱמַר: ״וַתֵּתַצַּב״ — דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹא ה׳ וַיִּתְיַצַּב וְגוֹ׳״. ״אֲחוֹתוֹ״ — דִּכְתִיב: ״אֱמֹר לַחׇכְמָה אֲחוֹתִי אָתְּ״. ״מֵרָחוֹק״ — דִּכְתִיב: ״מֵרָחוֹק ה׳ נִרְאָה לִי״. ״לָדַעַת״ — דִּכְתִיב: ״כִּי אֵל דֵּעוֹת ה׳״. ״מָה״ — דִּכְתִיב: ״מַה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שֹׁאֵל מֵעִמָּךְ״. ״יֵּעָשֶׂה״ — דִּכְתִיב: ״כִּי לֹא יַעֲשֶׂה ה׳ אֱלֹהִים דָּבָר״. ״לוֹ״ — דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר לוֹ ה׳ שָׁלוֹם״.
« Un nouveau roi se leva... » (Chemot 1, 8). Rav et Chmouel [sont en désaccord]: l'un dit qu'il s'agissait réellement d'un nouveau roi, et l'autre dit que ses décrets furent renouvelés [comme s'il était un nouveau roi]. Celui qui dit qu'il s'agissait réellement d'un nouveau roi [s'appuie] sur le fait qu'il est écrit « nouveau ». Et celui qui dit que ses décrets furent renouvelés [s'appuie] sur le fait qu'il n'est pas écrit: « Et [le roi précédent] mourut et [un nouveau] régna ». « Qui ne connaissait pas Yossef » [signifie] qu'il était comme quelqu'un qui ne le connaissait pas du tout [bien qu'il le connût en réalité].
״וַיָּקׇם מֶלֶךְ חָדָשׁ וְגוֹ׳״. רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: חָדָשׁ מַמָּשׁ, וְחַד אָמַר: שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו. מַאן דְּאָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ — דִּכְתִיב ״חָדָשׁ״, וּמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו, דְּלָא כְּתִיב ״וַיָּמׇת וַיִּמְלוֹךְ״. ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״, דַּהֲוָה דָּמֵי כְּמַאן דְּלָא יָדַע לֵיהּ כְּלָל.
« Et il dit à son peuple: Voici, le peuple des enfants d'Israël... » On a enseigné: C'est lui [Pharaon] qui, le premier, prit l'initiative du conseil [contre Israël], c'est pourquoi il fut le premier frappé. C'est lui qui prit l'initiative du conseil, comme il est écrit: « Et il dit à son peuple »; c'est pourquoi il fut frappé le premier, comme il est écrit: « [Les grenouilles monteront] sur toi, sur ton peuple et sur tous tes serviteurs » (Chemot 7, 29).
״וַיֹּאמֶר אֶל עַמּוֹ הִנֵּה עַם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״. תָּנָא: הוּא הִתְחִיל בְּעֵצָה תְּחִילָּה לְפִיכָךְ לָקָה תְּחִילָּה. הוּא הִתְחִיל בְּעֵצָה תְּחִילָּה — דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶל עַמּוֹ״, לְפִיכָךְ לָקָה תְּחִילָּה — כְּדִכְתִיב: ״וּבְכָה וּבְעַמְּךָ וּבְכׇל עֲבָדֶיךָ״.
« Venez, agissons avec sagesse à son égard [lo] » (Chemot 1, 10). Il aurait dû dire au pluriel: « À leur égard [lahem] »! Rabbi Hama, fils de Rabbi Hanina, dit: Pharaon disait: Venez, délibérons au sujet du sauveur d'Israël, faisant allusion à D.ieu.
״הָבָה נִתְחַכְּמָה לוֹ״. ״לָהֶם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: בֹּאוּ וְנֶחְכַּם לְמוֹשִׁיעָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל —
[Les conseillers de Pharaon] demandèrent: Par quel moyen les jugerons-nous? Les jugerons-nous par le feu? Il est écrit: « Car voici, l'Éternel viendra dans le feu » (Yechayahou 66, 15), et il est écrit [ensuite]: « Car c'est par le feu que l'Éternel exercera son jugement » (Yechayahou 66, 16). Par l'épée? Il est écrit [dans la suite de ce verset]: « et par son épée, sur toute chair » (Yechayahou 66, 16).
בַּמֶּה נְדוּנֵם? נְדוּנֵם בָּאֵשׁ — כְּתִיב: ״כִּי הִנֵּה ה׳ בָּאֵשׁ יָבֹא״, וּכְתִיב: ״כִּי בָאֵשׁ ה׳ נִשְׁפָּט וְגוֹ׳״. בְּחֶרֶב — כְּתִיב: [״וּבְחַרְבּוֹ אֶת כׇּל בָּשָׂר״].
Venez plutôt, jugeons-les par l'eau, car le Saint béni soit-Il a déjà juré de ne plus amener de déluge sur le monde, comme il est dit: « Car ceci est pour moi comme les eaux de Noa'h... » (Yechayahou 54, 9). Or ils ne savaient pas que c'est sur le monde entier qu'Il n'amènera pas [de déluge], mais qu'Il peut l'amener sur une seule nation.
אֶלָּא בּוֹאוּ וּנְדוּנֵם בַּמַּיִם, שֶׁכְּבָר נִשְׁבַּע הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שֶׁאֵינוֹ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֵי נֹחַ זֹאת לִי וְגוֹ׳״. וְהֵן אֵינָן יוֹדְעִין שֶׁעַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֵינוֹ מֵבִיא, אֲבָל עַל אוּמָּה אַחַת הוּא מֵבִיא.
Ou bien encore: Lui-même ne l'amène pas, mais eux viennent y tomber d'eux-mêmes. Ainsi est-il dit: « Et les Égyptiens s'enfuirent à sa rencontre » (Chemot 14, 27). Et c'est ce que dit Rabbi Elazar: Que signifie ce qui est écrit: « Car c'est dans la chose même où ils avaient agi avec arrogance [zadou] contre eux » (Chemot 18, 11)? Dans la marmite où ils avaient cuisiné, ils furent eux-mêmes cuits. D'où déduit-on que ce mot « zadou » a le sens de marmite? Du fait qu'il est écrit: « Et Yaakov cuisina un plat [vayazed Yaakov nazid] » (Béréchit 25, 29).
אִי נָמֵי: הוּא אֵינוֹ מֵבִיא, אֲבָל הֵן בָּאִין וְנוֹפְלִין בְּתוֹכוֹ. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּמִצְרַיִם נָסִים לִקְרָאתוֹ״. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי בַדָּבָר אֲשֶׁר זָדוּ עֲלֵיהֶם״ — בִּקְדֵירָה שֶׁבִּישְּׁלוּ, בָּהּ נִתְבַּשְּׁלוּ. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״זָדוּ״ לִישָּׁנָא דִקְדֵירָה הוּא — דִּכְתִיב: ״וַיָּזֶד יַעֲקֹב נָזִיד״.
Rabbi Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Simaï: Trois personnes furent consultées dans ce conseil [où Pharaon délibéra sur ce qu'il fallait faire du peuple juif]: Bilam, Iyov et Yitro.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי סִימַאי: שְׁלֹשָׁה הָיוּ בְּאוֹתָהּ עֵצָה: בִּלְעָם, וְאִיּוֹב, וְיִתְרוֹ.
Sotah 11a
100%
סוטה י״א אמַסֶּכֶת סוֹטָה