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Traité Shevuot

49b

Étude de Shevuot 49b

Étude de la Mishna & Guémara 49b

« Il est mort » — mais en réalité il était blessé, capturé, volé ou perdu ; ou s'il a répondu : « il est blessé » — mais en réalité il était mort, capturé, volé ou perdu ; ou s'il a répondu : « il a été capturé » — mais en réalité il était mort, blessé, volé ou perdu ; ou s'il a répondu : « il a été volé » — mais en réalité il était mort, blessé, capturé ou perdu ; ou s'il a répondu : « il est perdu » — mais en réalité il était mort, blessé, capturé ou volé — dans tous ces cas, si le propriétaire du bœuf dit : « je t'impose un serment sur ta déclaration », et que l'emprunteur dit : « amen », il est dispensé d'apporter une offrande pour son faux serment, car le serment ne l'a pas exempté de la responsabilité de payer. Il aurait de toute façon été tenu de payer dans tous ces cas.
״מֵת״ – וְהוּא שֶׁנִּשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה אוֹ נִגְנַב אוֹ אָבַד; ״נִשְׁבַּר״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבָּה אוֹ נִגְנַב אוֹ אָבַד; ״נִשְׁבָּה״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר אוֹ נִגְנַב אוֹ אָבַד; ״נִגְנַב״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה אוֹ אָבַד; ״אָבַד״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה אוֹ נִגְנַב; ״מַשְׁבִּיעֲךָ אֲנִי״, וְאָמַר ״אָמֵן״ – פָּטוּר.
Mais si le propriétaire dit à l'emprunteur : « où est mon bœuf ? » — et que l'emprunteur lui répond : « je ne sais pas de quoi tu parles » — mais en réalité il était mort, blessé, capturé, volé ou perdu ; et le propriétaire dit : « je t'impose un serment sur ta déclaration », et que l'emprunteur dit : « amen » — l'emprunteur est tenu d'apporter une offrande de culpabilité [asham], car il a prêté un serment qui l'aurait rendu exempt de la responsabilité de payer.
״הֵיכָן שׁוֹרִי?״ אָמַר לוֹ: ״אֵינִי יוֹדֵעַ מָה אַתָּה סָח״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה אוֹ נִגְנַב אוֹ נֶאֱבָד; ״מַשְׁבִּיעֲךָ אֲנִי״, וְאָמַר ״אָמֵן״ – חַיָּיב.
Si le propriétaire dit à un dépositaire rémunéré [nose sakhar] ou à un locataire [sokher] : « où est mon bœuf ? » — et que celui-ci lui répond : « il est mort » — mais en réalité il était blessé ou capturé ; ou s'il dit : « il est blessé » — mais en réalité il était mort ou capturé ; ou s'il dit : « il a été capturé » — mais en réalité il était mort ou blessé ; ou s'il dit : « il a été volé » — mais en réalité il était perdu ; ou s'il dit : « il est perdu » — mais en réalité il était volé ; et le propriétaire dit : « je t'impose un serment sur ta déclaration », et qu'il dit : « amen » — le dépositaire rémunéré ou le locataire est dispensé d'apporter une offrande de culpabilité.
אָמַר לְנוֹשֵׂא שָׂכָר וְהַשּׂוֹכֵר: ״הֵיכָן שׁוֹרִי?״ אָמַר לוֹ: ״מֵת״ – וְהוּא שֶׁנִּשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה; ״נִשְׁבַּר״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבָּה; ״נִשְׁבָּה״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר; ״נִגְנַב״ – וְהוּא שֶׁאָבַד; ״אָבַד״ – וְהוּא שֶׁנִּגְנַב; ״מַשְׁבִּיעֲךָ אֲנִי״, וְאָמַר ״אָמֵן״ – פָּטוּר.
Si le dépositaire rémunéré ou le locataire dit : « il est mort », ou « il est blessé », ou « il a été capturé » — mais en réalité il était volé ou perdu ; et le propriétaire dit : « je t'impose un serment sur ta déclaration », et qu'il dit : « amen » — le dépositaire rémunéré ou le locataire est tenu d'apporter une offrande de culpabilité. Si le dépositaire rémunéré ou le locataire dit : « il est perdu » ou « il a été volé » — mais en réalité il était mort, blessé ou capturé ; et le propriétaire dit : « je t'impose un serment sur ta déclaration », et qu'il dit : « amen » — il est dispensé d'apporter une offrande de culpabilité.
״מֵת״ אוֹ ״נִשְׁבַּר״ אוֹ ״נִשְׁבָּה״ – וְהוּא שֶׁנִּגְנַב אוֹ אָבַד; ״מַשְׁבִּיעֲךָ אֲנִי״, וְאָמַר ״אָמֵן״ – חַיָּיב. ״אָבַד״ אוֹ ״נִגְנַב״ – וְהוּא שֶׁמֵּת אוֹ נִשְׁבַּר אוֹ נִשְׁבָּה; ״מַשְׁבִּיעֲךָ אֲנִי״, וְאָמַר ״אָמֵן״ – פָּטוּר.
Voici le principe : quiconque change d'une réclamation de responsabilité à une autre réclamation de responsabilité, ou d'une réclamation d'exemption à une autre réclamation d'exemption, ou d'une réclamation d'exemption à une réclamation de responsabilité, est dispensé d'apporter une offrande de culpabilité. S'il change d'une réclamation de responsabilité à une réclamation d'exemption, il est tenu. Voici le principe : quiconque prête serment pour s'alléger à lui-même est tenu ; s'il prête serment pour se rendre plus strict à lui-même, il est dispensé.
זֶה הַכְּלָל: כׇּל הַמְשַׁנֶּה מֵחוֹבָה לְחוֹבָה, וּמִפְּטוּר לִפְטוּר, וּמִפְּטוּר לְחוֹבָה – פָּטוּר. מֵחוֹבָה לִפְטוּר – חַיָּיב. זֶה הַכְּלָל: כׇּל הַנִּשְׁבָּע לְהָקֵל עַל עַצְמוֹ – חַיָּיב. לְהַחְמִיר עַל עַצְמוֹ – פָּטוּר.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : qui est le tanna qui a enseigné qu'il existe quatre types de dépositaires [shomrim] ? Rav Nahman dit que Rabba bar Avouh dit : c'est Rabbi Meir. Rava dit à Rav Nahman : et existe-t-il un tanna qui n'accepte pas qu'il y ait quatre types de dépositaires — comme le suggèrent la question et ta réponse ? Rav Nahman lui dit : voici ce que je te dis : qui est le tanna qui dit qu'un locataire [sokher] a le même statut halakhique qu'un dépositaire rémunéré [nose sakhar] ? Quant à cette question, Rav Nahman dit que Rabba bar Avouh dit : c'est Rabbi Meir.
גְּמָ׳ מַאן תְּנָא אַרְבָּעָה שׁוֹמְרִין? אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: רַבִּי מֵאִיר הִיא. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: מִי אִיכָּא תַּנָּא דְּלֵית לֵיהּ אַרְבָּעָה שׁוֹמְרִין?! אֲמַר לֵיהּ, הָכִי קָאָמֵינָא לָךְ: מַאן תַּנָּא דְּאָמַר שׂוֹכֵר כְּנוֹשֵׂא שָׂכָר דָּמֵי? אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: רַבִּי מֵאִיר הִיא.
La Guemara conteste : mais nous avons entendu que Rabbi Meir a dit le contraire — car il est enseigné dans une baraïta : comment un locataire paie-t-il ? Rabbi Meir dit : il paie comme un dépositaire gratuit [shomer hinam]. Rabbi Yehouda dit : il paie comme un dépositaire rémunéré. La Guemara explique : Rabba bar Avouh a enseigné cette baraïta en inversant les avis, disant que Rabbi Meir estime qu'un locataire est comme un dépositaire rémunéré ; c'est pourquoi il a dit que la michna est conforme à l'avis de Rabbi Meir.
וְהָא רַבִּי מֵאִיר אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ – דִּתְנַן: שׂוֹכֵר כֵּיצַד מְשַׁלֵּם? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּשׁוֹמֵר חִנָּם, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּנוֹשֵׂא שָׂכָר! רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אִיפְּכָא תָּנֵי.
La Guemara demande : s'agit-il vraiment de quatre types de dépositaires ? Il n'y en a en réalité que trois — car les halakhot relatives à un dépositaire rémunéré et à un locataire sont identiques. Rav Nahman bar Yitz'hak dit : il existe bien quatre types de dépositaires quant à la manière dont ils ont accepté le dépôt, mais seulement trois halakhot qui leur sont applicables.
הָנֵי אַרְבָּעָה הָווּ?! שְׁלֹשָׁה הָווּ! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַרְבָּעָה שׁוֹמְרִין, וְדִינֵיהֶן שְׁלֹשָׁה.
§ Les cas suivants ont été énoncés dans la michna : si le propriétaire d'un bœuf dit à un dépositaire gratuit : « où est mon bœuf ? » ; ou si le propriétaire d'un bœuf dit à quelqu'un sur le marché : « où est mon bœuf que tu as volé ? » ; ou s'il dit à un dépositaire : « où est mon bœuf ? », et que l'autre lui répond : « je ne sais pas de quoi tu parles. » Pour toutes ces situations mentionnées dans la michna, Rav dit : tous sont dispensés d'apporter une offrande de culpabilité pour avoir faussement prêté un serment de dépositaire [shevuat shomrim], mais ils sont tenus d'apporter une offrande pour péché [hatat] pour avoir faussement prêté un serment sur une déclaration [shevuat bitui]. Et Shmouel dit : ils sont aussi dispensés d'apporter une offrande pour péché pour avoir faussement prêté un serment sur une déclaration.
אָמַר לְשׁוֹמֵר חִנָּם כּוּ׳, ״הֵיכָן שׁוֹרִי״ כּוּ׳, אָמַר לְאֶחָד בַּשּׁוּק כּוּ׳, אָמַר לְשׁוֹמֵר כּוּ׳, ״הֵיכָן שׁוֹרִי?״ אָמַר לוֹ: ״אֵינִי יוֹדֵעַ מָה אַתָּה סָח״ כּוּ׳. אָמַר רַב: וְכוּלָּן פְּטוּרִין מִשְּׁבוּעַת שׁוֹמְרִין, וְחַיָּיבִין מִשּׁוּם שְׁבוּעַת בִּיטּוּי. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אַף פְּטוּרִין מִשּׁוּם שְׁבוּעַת בִּיטּוּי.
Sur quel principe divergent-ils ? Shmouel estime qu'il est dispensé d'apporter une offrande car il n'est pas possible de formuler ce serment à propos d'un événement qui pourrait se produire dans le futur — c'est-à-dire que le dépôt mourra, sera volé ou sera perdu — et Shmouel estime qu'on n'est pas tenu pour un serment sur une déclaration dans le cas de tout serment qu'on ne peut pas formuler en référence au futur. Et Rav estime qu'il y a obligation d'apporter une offrande pour péché, car il est possible de formuler à la fois un serment négatif et un serment positif. L'une des conditions nécessaires pour encourir la responsabilité pour un serment sur une déclaration est que le serment puisse être formulé à la fois de manière négative et positive. Ce serment remplit ce critère : on peut le formuler au négatif — par exemple, le dépôt n'a pas été volé — ainsi qu'au positif — par exemple, il a été volé.
בְּמַאי קָמִפַּלְגִי? שְׁמוּאֵל סָבַר: לֵיתַהּ בִּלְהַבָּא. וְרַב סָבַר: אִיתֵיהּ בְּלָאו וָהֵן.
La Guemara conteste : mais ils ont déjà disputé cette question à une autre occasion (voir 25a) — car il a été énoncé : au sujet de celui qui dit : « sur mon serment, untel a jeté une pierre dans la mer », ou : « sur mon serment, il ne l'a pas jetée » — Rav dit : s'il a été découvert plus tard que sa déclaration était fausse, il est tenu d'apporter une offrande pour son serment. Et Shmouel dit : il est dispensé. Rav dit qu'il est tenu, car le serment peut être positif ou négatif. Et Shmouel dit qu'il est dispensé, car ce serment ne peut pas être énoncé à propos du futur — puisqu'il ne peut pas contrôler ce que untel fait !
וְהָא אִיפְּלִיגוּ בַהּ חֲדָא זִימְנָא – דְּאִתְּמַר: ״שְׁבוּעָה שֶׁזָּרַק פְּלוֹנִי צְרוֹר לַיָּם״, ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא זָרַק״ – רַב אָמַר: חַיָּיב, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: פָּטוּר. רַב אָמַר חַיָּיב – דְּאִיתַהּ בְּלָאו וְהֵן, וּשְׁמוּאֵל אָמַר פָּטוּר – דְּלֵיתַהּ בִּלְהַבָּא!
La Guemara explique : il fallait énoncer la dispute dans le cas d'un dépositaire aussi — car si on nous l'avait enseignée seulement dans le cas où l'on a prêté serment qu'untel a jeté une pierre, on aurait pu comprendre que c'est seulement dans ce cas que Rav dit que la personne qui prête serment est tenue, puisqu'elle prête un faux serment de sa propre initiative ; mais dans le cas de la michna ici, où c'est le tribunal qui lui administre le serment, disons que Rav concède à Shmouel qu'il est dispensé, conformément à l'enseignement de Rabbi Ami. Car Rabbi Ami dit : dans le cas de tout serment administré par les juges, on n'est pas tenu d'apporter une offrande pour péché pour avoir faussement prêté un serment sur une déclaration.
צְרִיכָא; דְּאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא – בְּהָא קָאָמַר רַב, מִשּׁוּם דְּמִנַּפְשֵׁיהּ קָמִישְׁתְּבַע; אֲבָל בְּהָךְ, דְּבֵי דִינָא מַשְׁבְּעִי לֵיהּ – אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל, כִּדְרַבִּי אַמֵּי; דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי: כׇּל שְׁבוּעָה שֶׁהַדַּיָּינִים מַשְׁבִּיעִין אוֹתָהּ – אֵין חַיָּיבִין עָלֶיהָ מִשּׁוּם שְׁבוּעַת בִּיטּוּי.
Shevuot 49b
100%
שבועות מ״ט במַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת