Guémara
que le monde entier a tremblé lorsque le Saint, béni soit-Il, a dit au Mont Sinaï : « Tu ne prendras pas le nom du Seigneur, ton D.ieu, en vain, car le Seigneur ne tiendra pas innocent celui qui prend son nom en vain » (Shemot 20 : 7).
שֶׁכׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ נִזְדַּעְזַע בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּסִינַי ״לֹא תִשָּׂא אֶת שֵׁם ה׳ אֱלֹהֶיךָ לַשָּׁוְא״.
Et sachez qu'en ce qui concerne toutes les autres transgressions de la Torah, il est dit : « Et… innocentera le coupable [venakkeh] » (Shemot 34 :7) ; alors qu’ici, à propos du faux serment, il est dit : « Ne sera pas innocent [lo yenakkeh] ». Et sachez que pour toutes les autres transgressions de la Torah, le châtiment n’est exigé que du transgresseur, alors qu’ici, le châtiment est exigé de lui et de sa famille, comme il est dit : « Ne permettez pas à votre bouche de culpabiliser votre chair » (Ecclésiaste 5 : 5). Le verset indique que celui qui pèche avec sa bouche, en prêtant un faux serment, fait que sa chair est également punie ; et la chair n’est rien d’autre que celle de son parent, comme il est dit : « Et que tu ne te caches pas de ta propre chair » (Ésaïe 58 : 7).
וְכׇל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה נֶאֱמַר בָּהֶן ״וְנַקֵּה״, וְכָאן נֶאֱמַר ״לֹא יְנַקֶּה״. וְכׇל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה נִפְרָעִין מִמֶּנּוּ, וְכָאן מִמֶּנּוּ וּמִמִּשְׁפַּחְתּוֹ; שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַל תִּתֵּן אֶת פִּיךָ לַחֲטִיא אֶת בְּשָׂרֶךָ״ – וְאֵין בְּשָׂרוֹ אֶלָּא קְרוֹבוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִבְּשָׂרְךָ לֹא תִּתְעַלָּם״.
Et sachez que pour toutes les autres transgressions de la Torah, le châtiment n’est imposé qu’au transgresseur ; alors qu'ici, le châtiment est exigé de lui et du monde entier, comme il est dit : « En jurant, et en mentant, et en tuant, et en volant, et en commettant l'adultère, ils transgressent toutes les limites… C'est pourquoi le pays est en deuil, et tous ceux qui l'habitent languit » (Osée 4 : 2-3).
וְכׇל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה נִפְרָעִין מִמֶּנּוּ, וְכָאן מִמֶּנּוּ וּמִכׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ; שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָלֹה וְכַחֵשׁ״.
La Guemara suggère : Et pourquoi ne pas dire que le châtiment n'est pas exigé du monde entier à moins qu'il ne commette tous les péchés mentionnés dans le verset ? La Guemara répond : Cela ne doit pas vous venir à l'esprit, car il est écrit : « C'est à cause du serment que la terre est en deuil » (Jérémie 23 : 10), ce qui indique que prêter un faux serment suffit à faire pleurer la terre. Et il est écrit de la même manière dans le verset d’Osée : « C’est pourquoi le pays est en deuil, et tous ceux qui l’habitent languit. » Les deux versets emploient un terme de deuil.
וְאֵימָא עַד דְּעָבֵיד לְהוּ לְכוּלְּהוּ! לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ; דִּכְתִיב: ״מִפְּנֵי אָלָה אָבְלָה הָאָרֶץ״, וּכְתִיב: ״עַל כֵּן תֶּאֱבַל הָאָרֶץ וְאֻמְלַל כׇּל יוֹשֵׁב בָּהּ״.
La baraïta continue avec l'avertissement des juges : Et sachez que pour toutes les autres transgressions de la Torah, si le transgresseur a du mérite, D.ieu suspend son châtiment pendant deux ou trois générations, et ce n'est que si ses descendants suivent ses voies qu'ils sont punis. Alors qu’ici, le châtiment est exigé de lui immédiatement, comme il est dit : « C’est la malédiction qui se répand sur tout le pays… Je la fais sortir, dit l’Éternel des armées, et elle entrera dans la maison du voleur et dans la maison de celui qui jure faussement par mon nom ; et elle demeurera au milieu de sa maison et la consumera avec son bois et ses pierres » (Zacharie 5 : 3-4).
וְכׇל עֲבֵירוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה – אִם יֵשׁ לוֹ זְכוּת, תּוֹלִין לוֹ שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת; וְכָאן נִפְרָעִין מִמֶּנּוּ לְאַלְתַּר – שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹצֵאתִיהָ נְאֻם ה׳ צְבָאוֹת, וּבָאָה אֶל בֵּית הַגַּנָּב וְאֶל בֵּית הַנִּשְׁבָּע בִּשְׁמִי לַשָּׁקֶר, וְלָנֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ וְכִלַּתּוּ וְאֶת עֵצָיו וְאֶת אֲבָנָיו״.
La baraïta analyse le verset : « Je le fais sortir » signifie immédiatement. « Et il entrera dans la maison du voleur » ; cela fait référence à celui qui trompe les gens, par exemple celui qui n'a pas d'argent en possession d'un autre, mais qui lui réclame de l'argent et lui fait prêter serment au tribunal, faisant ainsi prêter serment en vain. « Et dans la maison de celui qui jure faussement par Mon nom » est, comme il l'indique, conformément à son sens simple. Dès la fin du verset : « Et il demeurera au milieu de sa maison et la consumera avec son bois et ses pierres », vous avez donc appris qu'un faux serment consume des choses que même le feu et l'eau ne consument pas, comme les pierres.
״הוֹצֵאתִיהָ״ – לְאַלְתַּר. ״וּבָאָה אֶל בֵּית הַגַּנָּב״ – זֶה הַגּוֹנֵב דַּעַת הַבְּרִיּוֹת; שֶׁאֵין לוֹ מָמוֹן אֵצֶל חֲבֵירוֹ, וְטוֹעֲנוֹ וּמַשְׁבִּיעוֹ. ״וְאֶל בֵּית הַנִּשְׁבָּע בִּשְׁמִי לַשָּׁקֶר״ – כְּמַשְׁמָעוֹ. ״וְלָנֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ וְכִלַּתּוּ וְאֶת עֵצָיו וְאֶת אֲבָנָיו״ – הָא לָמַדְתָּ, דְּבָרִים שֶׁאֵין אֵשׁ וּמַיִם מְכַלִּין אוֹתָן, שְׁבוּעַת שֶׁקֶר מְכַלָּה אוֹתָן.
La baraïta poursuit : Si le défendeur dit à ce stade : je ne prêterai pas serment, le tribunal le déboute immédiatement et le déclare redevable. Et s’il dit : Je prêterai serment, les gens qui sont là se disent : « Retirez-vous, je vous prie, des tentes de ces méchants hommes, et ne touchez à rien d’eux, de peur que vous ne soyez emportés dans tous leurs péchés » (Bamidbar 16 :26). Et quand les juges lui font prêter serment, ils lui disent : Sachez que nous vous prêtons serment non selon votre compréhension du serment, mais selon la compréhension objective du Tout-Puissant et selon la compréhension du tribunal, c'est-à-dire l'intention des juges.
אִם אָמַר: ״אֵינִי נִשְׁבָּע״ – פּוֹטְרִין אוֹתוֹ מִיָּד. וְאִם אָמַר: ״הֲרֵינִי נִשְׁבָּע״ – הָעוֹמְדִין שָׁם אוֹמְרִים זֶה לָזֶה: ״סוּרוּ נָא מֵעַל אׇהֳלֵי הָאֲנָשִׁים הָרְשָׁעִים הָאֵלֶּה וְגוֹ׳״. וּכְשֶׁמַּשְׁבִּיעִין אוֹתוֹ אוֹמְרִים לוֹ: הֱוֵי יוֹדֵעַ, שֶׁלֹּא עַל דַּעְתְּךָ אָנוּ מַשְׁבִּיעִין אוֹתְךָ, אֶלָּא עַל דַּעַת הַמָּקוֹם וְעַל דַּעַת בֵּית דִּין.
C’est ce que nous avons trouvé écrit à propos de Moïse, notre professeur. Lorsqu'il fit prêter serment au peuple juif dans les plaines de Moab pour qu'il accepte la Torah sur lui-même, il leur dit : Sachez que ce n'est pas selon votre entendement que je vous fais serment, mais selon l'entendement du Tout-Puissant et selon mon entendement. Comme il est dit : « Ce n’est pas avec vous seuls que je fais cette alliance et ce serment » (Devarim 29 : 13), ce qui est interprété homilétiquement comme signifiant : Pas seulement selon votre intention.
שֶׁכֵּן מָצִינוּ בְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ, כְּשֶׁהִשְׁבִּיעַ אֶת יִשְׂרָאֵל, אָמַר לָהֶן: דְּעוּ, שֶׁלֹּא עַל דַּעְתְּכֶם אֲנִי מַשְׁבִּיעַ אֶתְכֶם, אֶלָּא עַל דַּעַת הַמָּקוֹם וְעַל דַּעְתִּי; שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא אִתְּכֶם לְבַדְּכֶם וְגוֹ׳״.
Après avoir cité un verset, la baraïta interprète tangentiellement le verset suivant. De la phrase : « Mais avec celui qui se tient ici avec nous aujourd’hui » (Devarim 29 : 14), j’ai seulement déduit que ceux qui se tenaient au mont Sinaï étaient inclus dans cette alliance. D’où puis-je déduire que les générations suivantes et les convertis qui se convertiront à l’avenir ont également été inclus ? Le verset déclare : « Et aussi avec celui qui n’est pas ici avec nous aujourd’hui » (Dévarim 29 :14).
״כִּי אֶת אֲשֶׁר יֶשְׁנוֹ פֹּה״ – אֵין לִי אֶלָּא אוֹתָן הָעוֹמְדִין עַל הַר סִינַי; דּוֹרוֹת הַבָּאִים וְגֵרִים הָעֲתִידִין לְהִתְגַּיֵּיר – מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאֵת אֲשֶׁר אֵינֶנּוּ״.
Et j'ai seulement déduit que les mitsvot que le peuple juif avait acceptées sur lui-même au mont Sinaï étaient incluses dans le serment. D’où vient-il que les mitsvot qui devaient être initiées dans le futur, par exemple la lecture de la Megilla, le Rouleau d’Esther, à Pourim, aient également été incluses ? Le verset déclare : « Les Juifs ordonnèrent et prirent sur eux… d'observer ces deux jours » (Esther 9 :27), ce qui est interprété de manière homilétique comme signifiant : Ils ordonnèrent, dans la génération d'Esther, des mitsvot qu'ils avaient déjà acceptées sur eux-mêmes par serment dans les plaines de Moab.
וְאֵין לִי אֶלָּא מִצְוָה שֶׁקִּיבְּלוּ עֲלֵיהֶם מֵהַר סִינַי; מִצְוֹת הָעֲתִידוֹת לְהִתְחַדֵּשׁ, כְּגוֹן מִקְרָא מְגִילָּה – מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ״ – קִיְּימוּ מַה שֶּׁקִּבְּלוּ כְּבָר.
§ La Guemara analyse la baraïta. Quel est le sens précis de la déclaration : Un serment imposé par les juges peut également être récité dans sa langue ?
מַאי ״אַף הִיא בִּלְשׁוֹנָהּ נֶאֶמְרָה״?
La Guemara répond : C'est comme nous l'avons appris dans une mishna (Sota 32a) : Celles-ci sont récitées dans n'importe quelle langue et il n'est pas exigé qu'elles soient récitées en hébreu : La partie de l'avertissement et du serment administré par le prêtre à une femme soupçonnée par son mari d'avoir été infidèle [sota] ; la déclaration des dîmes, qui a lieu après la troisième et la sixième année du cycle sabbatique de sept ans, lorsque l'on déclare qu'il a donné sa dîme de manière appropriée ; la récitation du Shema ; et la prière Amida ; et la grâce après les repas ; et le serment de témoignage, où l'on prête serment qu'il n'a aucun témoignage à apporter sur une question donnée ; et le serment sur un dépôt, où l’on prête serment qu’il n’a pas possession du dépôt d’autrui. Tout cela peut être récité dans n’importe quelle langue. Et la baraïta précise également, en complément de cette halakha, qu'un serment imposé par les juges peut également être récité dans sa langue, c'est-à-dire dans n'importe quelle langue.
כְּדִתְנַן: אֵלּוּ נֶאֱמָרִין בְּכׇל לְשׁוֹן – פָּרָשַׁת סוֹטָה, וִידּוּי מַעֲשֵׂר, קְרִיאַת שְׁמַע, וּתְפִלָּה, וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן, וּשְׁבוּעַת הָעֵדוּת, וּשְׁבוּעַת הַפִּקָּדוֹן. וְקָאָמַר נָמֵי: שְׁבוּעַת הַדַּיָּינִין – אַף הִיא בִּלְשׁוֹנָהּ נֶאֶמְרָה.