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Traité Shevuot

26a

Étude de Shevuot 26a

Étude de la Guémara 26a

Guémara
GUEMARA : C'est Rav Pappa qui a énoncé l'une de ces déclarations, et non Abbaye.
חֲדָא מִינַּיְיהוּ רַב פָּפָּא אַמְרַהּ.
§ La Michna enseigne que Rabbi Yishmael dit : on n'est passible que pour un serment sur une parole prêté à propos de l'avenir. Les Sages ont enseigné dans une baraita à propos d'un serment sur une parole : du verset « ou si quelqu'un jure clairement de ses lèvres, pour mal faire ou pour bien faire » (Vayikra 5, 4), je n'ai déduit que la responsabilité pour des matières auxquelles mal faire et bien faire s'appliquent. D'où déduis-je la responsabilité pour des matières auxquelles mal faire et bien faire ne s'appliquent pas ? Le verset dit : « ou si quelqu'un jure clairement de ses lèvres » — ce qui inclut d'autres matières.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא עַל הֶעָתִיד לָבֹא. תָּנוּ רַבָּנַן: ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״ – אֵין לִי אֶלָּא דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן הֲרָעָה וַהֲטָבָה; שֶׁאֵין בָּהֶן הֲרָעָה וַהֲטָבָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אוֹ נֶפֶשׁ כִּי תִשָּׁבַע לְבַטֵּא בִשְׂפָתַיִם״.
Je n'ai déduit que la responsabilité pour les serments visant l'avenir. D'où déduis-je la responsabilité pour les serments visant le passé ? Le verset dit ensuite : « quoi que ce soit qu'un homme exprime clairement par serment » (Vayikra 5, 4) — tel est l'avis de Rabbi Akiva. Rabbi Yishmael dit : le verset « pour mal faire ou pour bien faire » renvoie exclusivement aux serments sur l'avenir.
אֵין לִי אֶלָּא לְהַבָּא, לְשֶׁעָבַר מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְכֹל אֲשֶׁר יְבַטֵּא הָאָדָם בִּשְׁבֻעָה״. דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״ – לְהַבָּא.
La baraita poursuit : Rabbi Akiva lui dit : si c'est ainsi, je n'ai déduit que la responsabilité pour des matières auxquelles mal faire et bien faire s'appliquent. D'où déduis-je la responsabilité pour des matières auxquelles mal faire et bien faire ne s'appliquent pas ? Rabbi Yishmael répond à Rabbi Akiva : cela se déduit par extension du sens du verset. Rabbi Akiva lui répond : si le verset est étendu pour cela, il l'est aussi pour les serments sur le passé.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם כֵּן, אֵין לִי אֶלָּא דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן הֲטָבָה וְהָרָעָה, דְּבָרִים שֶׁאֵין בָּהֶן הֲרָעָה וַהֲטָבָה מִנַּיִן? אָמַר לוֹ: מֵרִבּוּי הַכָּתוּב. אָמַר לוֹ: אִם רִיבָּה הַכָּתוּב לְכָךְ, רִיבָּה הַכָּתוּב לְכָךְ!
La Guemara s'interroge : Rabbi Akiva a bien répondu à la critique de Rabbi Yishmael. Pourquoi Rabbi Yishmael diverge-t-il ?
שַׁפִּיר קָא אָמַר לֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל!
Rabbi Yo'hanan dit : c'est parce que Rabbi Yishmael a été le disciple de Rabbi Neḥounia ben HaKana, qui interprétait toute la Torah selon le principe herméneutique de généralisation et détail [klal u-frat]. Rabbi Yishmael interprète donc aussi la Torah par généralisation et détail. Rabbi Akiva a été le disciple de Naḥoum de Gam Zo, qui interprétait toute la Torah selon le principe d'extension et restriction [ribui u-mi'ut]. Rabbi Akiva interprète donc aussi la Torah par extension et restriction.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל – שֶׁשִּׁימֵּשׁ אֶת רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה, שֶׁהָיָה דּוֹרֵשׁ אֶת כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ בִּכְלָל וּפְרָט – אִיהוּ נָמֵי דּוֹרֵשׁ בִּכְלָל וּפְרָט. רַבִּי עֲקִיבָא – שֶׁשִּׁימֵּשׁ אֶת נַחוּם אִישׁ גַּם זוֹ, שֶׁהָיָה דּוֹרֵשׁ אֶת כָּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ בְּרִיבָּה וּמִיעֵט – אִיהוּ נָמֵי דּוֹרֵשׁ רִיבָּה וּמִיעֵט.
Quel est l'exemple concret ici où Rabbi Akiva interprète par extensions et restrictions ? Comme il est enseigné dans une baraita : lorsque le verset dit « ou si quelqu'un jure clairement de ses lèvres » (Vayikra 5, 4), il étend la gamme des serments pour lesquels on pourrait être passible. Lorsqu'il continue « pour mal faire ou pour bien faire », il restreint cette gamme. Lorsqu'il poursuit « quoi que ce soit qu'un homme exprime clairement par serment », il étend de nouveau. Selon le principe herméneutique : lorsqu'un verset a étendu, puis restreint, puis étendu de nouveau, il a étendu la catégorie pertinente pour tout inclure, sauf la matière spécifique exclue par la restriction.
מַאי רַבִּי עֲקִיבָא דְּדָרֵישׁ רִיבּוּיֵי וּמִיעוּטֵי? דְּתַנְיָא: ״אוֹ נֶפֶשׁ כִּי תִשָּׁבַע״ – רִיבָּה, ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״ – מִיעֵט, ״לְכֹל אֲשֶׁר יְבַטֵּא הָאָדָם״ – חָזַר וְרִיבָּה; רִיבָּה וּמִיעֵט וְרִיבָּה – רִיבָּה הַכֹּל.
Qu'a-t-on inclus lorsque le verset a étendu la responsabilité ? Toutes les matières sur lesquelles on pourrait prêter serment. Et de quelle manière a-t-il restreint en continuant « pour mal faire ou pour bien faire » ? Il a exclu de la responsabilité pour un serment sur une parole un serment portant sur une mitsva — c'est-à-dire un serment de s'abstenir d'accomplir une mitsva.
מַאי רִיבָּה? רִיבָּה כֹּל מִילֵּי, וּמַאי מִיעֵט? מִיעֵט דְּבַר מִצְוָה.
Et Rabbi Yishmael interprète le verset selon le principe de généralisation et détail : « ou si quelqu'un jure clairement de ses lèvres » (Vayikra 5, 4) est une généralisation ; « pour mal faire ou pour bien faire » est un détail ; « quoi que ce soit qu'un homme exprime clairement par serment », le verset généralise de nouveau. Il existe un principe : lorsqu'un verset contient une généralisation, un détail et une autre généralisation, on déduit que le verset ne vise que des éléments semblables au détail. Comme le détail du verset est explicitement un serment visant l'avenir, tous les serments pour lesquels on est passible doivent viser l'avenir.
וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל דָּרֵישׁ כְּלָל וּפְרָט: ״אוֹ נֶפֶשׁ כִּי תִשָּׁבַע לְבַטֵּא בִשְׂפָתַיִם״ – כְּלָל, ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״ – פְּרָט, ״לְכֹל אֲשֶׁר יְבַטֵּא הָאָדָם״ – חָזַר וְכָלַל; כְּלָל וּפְרָט וּכְלָל – אִי אַתָּה דָן אֶלָּא כְעֵין הַפְּרָט; מָה הַפְּרָט מְפוֹרָשׁ – לְהַבָּא, אַף כֹּל לְהַבָּא.
La généralisation sert à inclure même les matières qui ne concernent ni mal faire ni bien faire lorsqu'elles visent l'avenir ; le détail sert à exclure même les matières qui concernent mal faire et bien faire lorsqu'elles visent le passé.
אַהֲנִי כְּלָלָא, לְאֵתוֹיֵי אֲפִילּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין בָּהֶן הֲרָעָה וַהֲטָבָה לְהַבָּא; אַהֲנִי פְּרָטָא, לְמַעוֹטֵי אֲפִילּוּ דְּבָרִים שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן הֲרָעָה וַהֲטָבָה לְשֶׁעָבַר.
La Guemara objecte : j'inverserai et dirai que la généralisation sert à inclure les serments sur le passé, et le détail à exclure les matières qui n'impliquent ni mal ni bien. Pourquoi cette interprétation du verset ne serait-elle pas également légitime ?
אֵיפוֹךְ אֲנָא!
Rabbi Yitzḥak dit que Rabbi Yishmael comprend qu'on étend la responsabilité à celui dont le serment est semblable à un serment « pour mal faire ou pour bien faire » (Vayikra 5, 4). Celui dont l'interdit découle du verset « il ne profanera pas sa parole » (Bamidbar 30, 3) est passible, car la responsabilité pour un serment sur l'avenir implique de ne pas rompre sa parole. Est exclu le serment dont l'interdit ne découle pas de « il ne profanera pas sa parole », mais du verset « vous ne mentirez point » (Vayikra 19, 11), puisque la responsabilité pour un serment sur le passé s'applique lorsque le serment lui-même était un mensonge.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: דּוּמְיָא דִּ״לְהָרַע אוֹ לְהֵיטִיב״ – מִי שֶׁאִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל יַחֵל דְּבָרוֹ״; יָצָאתָה זוֹ, שֶׁאֵין אִיסּוּרוֹ מִשּׁוּם ״בַּל יַחֵל דְּבָרוֹ״, אֶלָּא מִשּׁוּם ״בַּל תְּשַׁקְּרוּ״.
Shevuot 26a
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שבועות כ״ו אמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת