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Traité Shevuot

23a

Étude de Shevuot 23a

Étude de la Guémara 23a

Guémara
GUEMARA : Et puisque le mot hébreu tirosh mentionné dans le verset désigne le vin, et qu'il est écrit à son sujet « tu mangeras », cela indique que boire est une activité incluse dans manger.
וְתִירוֹשׁ חַמְרָא הוּא, וּכְתִיב: ״וְאָכַלְתָּ״.
La Guemara objecte : mais le verset renvoie-t-il peut-être à la consommation du vin au moyen d'un anigeron [ragoût] ? Car Rabba bar Chmouel dit : l'anigeron est un ragoût de blettes et de vin ; l'aksigeron est un ragoût de toutes sortes de légumes cuits. Si c'est ainsi, le vin du verset n'est pas bu mais mangé.
וְדִלְמָא עַל יְדֵי אֲנִיגְרוֹן? דְּאָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: אֲנִיגְרוֹן – מַיָּא דְּסִילְקֵי, אַכְּסִיגְרוֹן – מַיָּא דְּכוּלְּהוּ סִילְקִי.
Plutôt, Rav Aḥa bar Ya'akov dit : cite plutôt d'ici, un verset relatif à l'argent avec lequel on a racheté la seconde dîme : « Tu consacreras l'argent pour tout ce que ton âme désire, pour des bœufs, pour des brebis, pour du vin [uvayyayin], pour des boissons fortes, pour tout ce que ton âme te demandera ; tu mangeras là devant l'Éternel ton D.ieu, et tu te réjouiras, toi et ta maison » (Devarim 14, 26). Le mot hébreu yayin mentionné dans le verset désigne le vin, et il est écrit « tu mangeras ».
אֶלָּא אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, מֵהָכָא: ״וְנָתַתָּה הַכֶּסֶף בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ, בַּבָּקָר וּבַצֹּאן וּבַיַּיִן וּבַשֵּׁכָר״; יַיִן חַמְרָא הוּא, וּכְתִיב: ״וְאָכַלְתָּ״.
La Guemara objecte : mais ici aussi, le verset renvoie-t-il à la consommation du vin au moyen d'un anigeron ?
וְדִלְמָא הָכָא נָמֵי עַל יְדֵי אֲנִיגְרוֹן?
La Guemara rejette cela : « Boisson forte [shekhar] » est écrit dans le verset, renvoyant à quelque chose d'enivrant ; le vin mélangé dans un ragoût n'enivre pas.
״שֵׁכָר״ כְּתִיב, מִידֵּי דִּמְשַׁכַּר.
La Guemara objecte : mais la substance enivrante visée serait-elle les figues pressées de Ke'ila [devila ke'ilith] ? Car il est enseigné dans une baraita : un Cohen qui a mangé des figues pressées de Ke'ila, ou bu du miel ou du lait, puis est entré dans le Temple et a accompli le service sacrificiel, est passible d'avoir violé l'interdit d'officier en état d'ivresse.
וְדִלְמָא דְּבֵילָה קְעִילִית? דְּתַנְיָא: אָכַל דְּבֵילָה קְעִילִית וְשָׁתָה דְּבַשׁ וְחָלָב, וְנִכְנַס לַמִּקְדָּשׁ וְעָבַד – חַיָּיב.
Plutôt, on déduit le sens de « boisson forte » dans ce verset par analogie verbale avec le verset sur le nazirite : « Il s'abstiendra de vin et de boisson forte ; il ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de boisson forte ; il ne boira aucune liqueur de raisin, et ne mangera ni raisins frais ni secs » (Bamidbar 6, 3). Comme là-bas, la boisson forte interdite au nazirite renvoie à une sorte de vin, de même ici le verset parle de vin.
אֶלָּא גָּמַר ״שֵׁכָר״–״שֵׁכָר״ מִנָּזִיר; מָה לְהַלָּן יַיִן, אַף כָּאן יַיִן.
§ Rava dit : nous apprenons aussi dans la Michna que boire est inclus dans manger. La Michna enseigne : si l'on a dit « Par serment, je ne mangerai pas », puis a mangé et bu, il n'est passible que d'une seule offrande. Certes, si tu dis que boire est inclus dans manger, c'est pourquoi le tanna a dû nous enseigner qu'il n'est passible que d'une offrande. Mais si tu dis que boire n'est pas inclus dans manger, le tanna n'aurait aucune raison d'enseigner qu'il n'y a qu'une seule violation. Si l'on dit « Par serment, je ne mangerai pas », puis mange et accomplit un travail, faudrait-il nous enseigner qu'il n'est passible que d'une offrande ? Il n'a jamais juré d'interdire le travail.
אָמַר רָבָא, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל״, וְאָכַל וְשָׁתָה – אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא שְׁתִיָּה בִּכְלַל אֲכִילָה, אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְתַנָּא לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ שְׁתִיָּה לָאו בִּכְלַל אֲכִילָה, ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל״, וְאָכַל וְעָשָׂה מְלָאכָה – מִי אִיצְטְרִיךְ לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת?!
Abbaye lui répond : quelle est donc ta conclusion — que boire est inclus dans manger ? Dis la dernière clause de la Michna — « Par serment, je ne mangerai pas et je ne boirai pas », puis a mangé et bu — il est passible de deux offrandes. Selon toi, Rava, une fois qu'il a dit « je ne mangerai pas », boire lui est devenu interdit ; lorsqu'il a dit « je ne boirai pas », pourquoi est-il passible d'une offrande distincte ? S'il avait dit « je ne boirai pas » deux fois, serait-il passible de deux offrandes ?
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא מַאי, שְׁתִיָּה בִּכְלַל אֲכִילָה?! אֵימָא סֵיפָא: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל וְשֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״, וְאָכַל וְשָׁתָה – חַיָּיב שְׁתַּיִם. כֵּיוָן דְּאָמַר ״שֶׁלֹּא אוֹכַל״ – אִיתְּסַר לֵיהּ בִּשְׁתִיָּה; כִּי אָמַר ״שֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״ – אַמַּאי חַיָּיב? אִילּוּ אָמַר ״שֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״ תְּרֵי זִימְנֵי, מִי מִיחַיַּיב תַּרְתֵּי?!
Rava lui répond : là, dans la Michna, il s'agit en fait du cas où il a dit d'abord « je ne boirai pas », puis « je ne mangerai pas ». Bien que boire soit inclus dans manger, manger n'est pas inclus dans boire, et le serment de ne pas boire a pris effet indépendamment du serment de ne pas manger. Il est donc passible de deux offrandes.
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם דְּאָמַר ״שֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״, וַהֲדַר אָמַר ״שֶׁלֹּא אוֹכַל״; דִּשְׁתִיָּה בִּכְלַל אֲכִילָה אִיתַהּ, אֲכִילָה בִּכְלָל שְׁתִיָּה לֵיתַהּ.
La Guemara demande : mais selon cela, s'il a dit « Par serment, je ne mangerai pas et je ne boirai pas », puis a mangé et bu, quelle est la halakha ? Est-ce qu'il n'est passible que d'une offrande ? Si c'est ainsi, plutôt que d'enseigner dans la première clause que celui qui a dit « Par serment, je ne mangerai pas », puis a mangé et bu, n'est passible que d'une offrande, le tanna aurait dû enseigner : si l'on dit « Par serment, je ne mangerai pas et je ne boirai pas », puis mange et boit, on n'est passible que d'une offrande — d'où l'on aurait conclu à plus forte raison pour « je ne mangerai pas » seul.
אֲבָל אָמַר שְׁבוּעָה ״שֶׁלֹּא אוֹכַל וְשֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״, וְאָכַל וְשָׁתָה, מַאי – אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת? אִי הָכִי, אַדְּתָנֵי רֵישָׁא: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל״ וְאָכַל וְשָׁתָה אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת; לִיתְנֵי: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל וְשֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״ אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת – וְכׇל שֶׁכֵּן ״שֶׁלֹּא אוֹכַל״ לְחוֹדֵיהּ!
Plutôt, la Michna est bien enseignée telle quelle : celui qui a juré de ne pas manger et boire, puis a mangé et bu, est passible de deux offrandes, bien que boire soit inclus dans manger. Et ici c'est différent : puisqu'il a dit d'abord « je ne mangerai pas », puis « je ne boirai pas », il a révélé son intention que le « manger » qu'il a mentionné en premier est manger seul, sans inclure boire.
אֶלָּא לְעוֹלָם כִּדְקָתָנֵי; וְשָׁאנֵי הָכָא, כֵּיוָן דְּאָמַר ״שֶׁלֹּא אוֹכַל״ וַהֲדַר אָמַר ״שֶׁלֹּא אֶשְׁתֶּה״ – גַּלִּי אַדַּעְתֵּיהּ דְּהָךְ אֲכִילָה דְּאָמַר, אֲכִילָה גְּרֵידְתָּא הִיא.
Shevuot 23a
100%
שבועות כ״ג אמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת