GUEMARA : même dans le premier cas, où il a emprunté les deux chemins sans se purifier entre les deux ? C'est difficile — de toute manière, il est impur, puisqu'il a certainement contracté l'impureté sur l'un des deux chemins. Rava dit : de quel cas traitons-nous ? D'un cas où il a emprunté le premier chemin, puis, en empruntant le second, il a oublié qu'il avait déjà emprunté le premier — de sorte que son oubli de conscience en entrant dans le Temple n'était qu'un oubli partiel. C'est-à-dire qu'en entrant dans le Temple, il avait seulement oublié qu'il avait emprunté le premier chemin — et pour cet oubli isolé, il n'est pas passible d'une hatat, car il n'est pas certain qu'il y ait contracté l'impureté.
וַאֲפִילּוּ בְּקַמַּיְיתָא?! מִמָּה נַפְשָׁךְ טָמֵא הוּא! אָמַר רָבָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁהָלַךְ בָּרִאשׁוֹן, וּבְשָׁעָה שֶׁהָלַךְ בַּשֵּׁנִי שָׁכַח שֶׁהָלַךְ בָּרִאשׁוֹן; דְּהָוְיָא לֵיהּ מִקְצָת יְדִיעָה.
Rava poursuit : et les tannaïm divergent sur ce point — le premier tanna, qui enseigne que Rabbi Shimon déclare la personne exempte seulement lorsqu'il y a eu purification entre les deux entrées, mais pas dans le premier cas, estime que nous disons qu'une conscience partielle d'impureté certaine compte comme une conscience complète. Et Rabbi Shimon ben Yehouda, qui enseigne que Rabbi Shimon déclare la personne exempte même dans le premier cas, sans purification entre les deux entrées, estime que nous ne disons pas qu'une conscience partielle d'impureté certaine compte comme une conscience complète.
וּבְהָא קָא מִיפַּלְגִי – תַּנָּא קַמָּא סָבַר: אָמְרִינַן מִקְצָת יְדִיעָה כְּכׇל יְדִיעָה; וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: לָא אָמְרִינַן מִקְצָת יְדִיעָה כְּכׇל יְדִיעָה.
§ La baraita enseigne : s'il a emprunté le premier chemin et est entré dans le Temple, qu'au troisième jour on l'a aspergé, qu'au septième jour on l'a de nouveau aspergé, qu'il s'est immergé dans un mikvé, puis qu'il a emprunté le second chemin et est entré dans le Temple — il est passible d'une hatat ; et Rabbi Shimon le déclare exempt d'apporter une offrande. La Guemara demande : mais pourquoi est-il passible selon le premier tanna ? Chaque fois qu'il est entré dans le Temple, ce n'était qu'avec un oubli de conscience d'impureté incertaine — la première fois parce qu'il n'était peut-être pas encore devenu impur, la seconde parce qu'il s'était peut-être déjà purifié.
הָלַךְ בָּרִאשׁוֹן וְנִכְנַס, הִזָּה וְשָׁנָה וְטָבַל, חָזַר וְהָלַךְ בַּשֵּׁנִי וְנִכְנַס – חַיָּיב, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר. וְאַמַּאי חַיָּיב? סְפֵק יְדִיעָה הוּא!
Rabbi Yo'anan dit : ici, puisqu'il a certainement contracté l'impureté sur l'un des chemins et qu'il est entré dans le Temple en état d'impureté, ils ont fait de la conscience d'impureté incertaine une conscience d'impureté certaine. Et Reish Lakish dit : conformément à l'avis de qui est cette baraita ? Conformément à l'avis de Rabbi Yishmael, qui dit : nous n'exigeons aucune conscience d'impureté au début, avant l'entrée dans le Temple — il suffit qu'il lui soit connu à la fin qu'il était impur au moment de son entrée.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּאן עָשׂוּ סְפֵק יְדִיעָה כִּידִיעָה. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: הָא מַנִּי – רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הִיא, דְּאָמַר: לָא בָּעֵינַן יְדִיעָה בַּתְּחִלָּה.
Et la Guemara soulève une contradiction entre cette déclaration de Rabbi Yo'anan et une autre déclaration de Rabbi Yo'anan ; et une contradiction entre cette déclaration de Reish Lakish et une autre déclaration de Reish Lakish. Car il est enseigné dans une baraita : si l'on a mangé un aliment concernant lequel il y avait une incertitude quant à savoir s'il s'agissait de graisse interdite, et qu'on en a pris conscience plus tard, puis qu'on a mangé un autre aliment concernant lequel il y avait la même incertitude, et qu'on en a pris conscience plus tard — Rabbi Yehouda HaNassi dit : de même qu'on apporterait une hatat pour chacune de ses consommations si l'on apprenait que c'était bien de l'helev, de même on apporte un asham taloui pour chacune si, après chaque consommation, on a pris conscience qu'on avait peut-être mangé de l'helev.
וּרְמִי דְּרַבִּי יוֹחָנָן אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן, וּרְמִי דְּרֵישׁ לָקִישׁ אַדְּרֵישׁ לָקִישׁ. דְּתַנְיָא: אָכַל סְפֵק חֵלֶב וְנוֹדַע, סְפֵק חֵלֶב וְנוֹדַע – רַבִּי אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁמֵּבִיא חַטָּאת עַל כׇּל אֶחָד וְאֶחָד, כָּךְ מֵבִיא אָשָׁם תָּלוּי עַל כׇּל אֶחָד וְאֶחָד.
Rabbi Shimon ben Yehouda et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, disent au nom de Rabbi Shimon : il n'apporte qu'un seul asham taloui — car il est dit à propos de l'asham taloui : « Il apportera… pour sa faute involontaire par laquelle il a fauté involontairement sans le savoir » (Vayikra 5, 18). Cette formulation enseigne que la Torah a inclus de nombreuses fautes involontaires dans un seul asham taloui. On n'apporte qu'un asham taloui même si l'on a commis de nombreuses transgressions involontaires.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אָמְרוּ מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: אֵינוֹ מֵבִיא אֶלָּא אָשָׁם תָּלוּי אֶחָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל שִׁגְגָתוֹ אֲשֶׁר שָׁגָג״ – הַתּוֹרָה רִיבְּתָה שְׁגָגוֹת הַרְבֵּה וְאָשָׁם תָּלוּי אֶחָד.
Reish Lakish et Rabbi Yo'anan divergent sur la manière de comprendre l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi : dans quel cas a-t-il dit qu'on apporte une hatat distincte pour chaque consommation ? Reish Lakish dit : ici Rabbi Yehouda HaNassi a enseigné que la conscience du statut incertain sépare les actes quant aux hatat — si l'on apprend ensuite avec certitude qu'on avait bien mangé de l'helev les deux fois, on serait passible de deux hatat pour les deux consommations, bien que les deux actes ne soient séparés que par une conscience de statut incertain, car une telle conscience suffit à séparer les actes.
וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כָּאן שָׁנָה רַבִּי, יְדִיעוֹת סְפֵיקוֹת מִתְחַלְּקוֹת לְחַטָּאוֹת.
Et Rabbi Yo'anan dit : Rabbi Yehouda HaNassi ne veut pas dire que la conscience du statut incertain sépare les actes quant aux hatat. Il établit seulement le principe : de même que la conscience certaine en général sépare les actes quant aux hatat — par exemple, lorsqu'on a mangé de l'helev puis a pris conscience que c'était bien de l'helev, puis a oublié et a de nouveau mangé de l'helev —, de même la conscience du statut incertain sépare les actes quant aux asham taloui. Mais la conscience du statut incertain ne sépare pas les actes quant aux hatat. Si la conscience entre les actes n'était qu'une conscience de statut incertain, on n'apporte pas de hatat pour chaque acte lorsqu'on apprend ensuite avec certitude qu'il s'agissait d'helev. Rabbi Yo'anan estime donc que la conscience du statut incertain n'est pas comme une conscience certaine — et Reish Lakish estime qu'elle l'est. Cela contredit ce qu'ils ont dit plus haut.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כְּשֵׁם שֶׁיְּדִיעוֹת וַדַּאי בְּעָלְמָא מִתְחַלְּקוֹת לְחַטָּאוֹת, כָּךְ יְדִיעוֹת סָפֵק מִתְחַלְּקוֹת לַאֲשָׁמוֹת.
La Guemara commente : il est vrai, la contradiction apparente entre une déclaration de Rabbi Yo'anan et l'autre n'est pas difficile — on peut expliquer que Rabbi Yo'anan est précis dans sa formulation : ici, concernant l'impureté dans le Temple, ils ont fait de la conscience du statut incertain une conscience certaine ; mais ils ne l'ont pas fait partout dans toute la Torah. Il y a une base à cette distinction : ici, concernant l'impureté dans le Temple, la conscience au début n'est pas écrite explicitement dans la Torah, mais dérivée de : « Et que cela lui soit caché » (Vayikra 5, 2), ce qui indique qu'il doit y avoir une conscience qui lui a été cachée — et pour cela, une conscience de statut incertain suffit. Mais, par contraste, ils n'ont pas fait de la conscience du statut incertain une conscience certaine partout dans la Torah — car il est écrit : « Ou si son péché, qu'il a commis, lui est connu » (Vayikra 4, 28), ce qui indique qu'en général nous exigeons une conscience pleinement établie au début.
בִּשְׁלָמָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא קַשְׁיָא – כָּאן עָשׂוּ, וְלֹא בְּכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ עָשׂוּ. הָכָא הוּא דְּלָא כְּתִיבָא יְדִיעָה בְּהֶדְיָא, מִ״וְּנֶעְלַם״ הוּא דְּקָא אָתֵי; וְלֹא בְּכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ עָשׂוּ, דִּכְתִיב: ״אוֹ הוֹדַע אֵלָיו״ – יְדִיעָה מְעַלַּיְיתָא בָּעֵינַן.
Mais pour Reish Lakish — plutôt que d'interpréter cette baraita concernant les deux chemins conformément à l'avis de Rabbi Yishmael, qui n'exige aucune conscience au début — pourquoi ne pas l'interpréter conformément à l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi, qui estime que la conscience du statut incertain est comme une conscience certaine ? La Guemara explique : Reish Lakish nous enseigne ceci : concernant l'impureté dans le Temple, Rabbi Yishmael n'exige aucune conscience au début.
אֶלָּא לְרֵישׁ לָקִישׁ – אַדְּמוֹקֵים לֵיהּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, נוֹקְמַהּ כְּרַבִּי! הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל לָא בָּעֵי יְדִיעָה בַּתְּחִלָּה.
La Guemara conteste : il est évident que Rabbi Yishmael n'exige pas de conscience au début, puisqu'il n'a pas de versets superflus dont en déduire une telle exigence. Rabbi Akiva apprend du terme superflu « Et que cela lui soit caché » (Vayikra 5, 4) qu'une conscience au début est nécessaire — mais Rabbi Yishmael dit que le verset sert à enseigner une autre halakha : qu'on est passible d'apporter une offrande pour un oubli de conscience d'être entré dans le Temple. La Guemara rejette cette contestation : de peur que l'on dise : lorsque Rabbi Yishmael n'accepte pas cette halakha exigeant une conscience au début, cela signifie qu'il ne la déduit pas d'un verset, mais qu'il l'accepte comme tradition — Reish Lakish nous enseigne que, selon Rabbi Yishmael, il n'y a aucune exigence de conscience au début.
פְּשִׁיטָא דְּלָא בָּעֵי – מִדְּלָא מְיַיתְּרִי לֵיהּ קְרָאֵי; ״וְנֶעְלַם״ – דְּמִיחַיַּיב עַל הֶעְלֵם מִקְדָּשׁ! מַהוּ דְּתֵימָא: כִּי לֵית לֵיהּ – מִקְּרָאֵי, אֲבָל מִגְּמָרָא אִית לֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן.
Hadran alakh — nous reviendrons sur toi, Yedi'ot ha-touma [connaissances de la souillure].
הֲדַרַן עֲלָךְ יְדִיעוֹת הַטּוּמְאָה