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Traité Shevuot

14a

Étude de Shevuot 14a

Étude de la Mishna & Guémara 14a

pour leur profanation du Temple ou de ses aliments sacrés. Par quel moyen obtiennent-ils donc l'expiation pour cela ? Par le bouc intérieur ou par le taureau d'Aaron ? Il vaut mieux dire qu'ils obtiennent l'expiation par le taureau d'Aaron, car en tout état de cause, en ce qui concerne sa maisonnée, une exception a été faite à la règle selon laquelle il n'expie que pour Aaron. Et il ne faut pas dire qu'ils obtiennent l'expiation par le bouc intérieur, car on ne trouve pas, en ce qui concerne la maisonnée d'Aaron, qu'une exception ait été faite à la règle selon laquelle il expie pour le peuple.
בְּטוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו. בַּמָּה הֵם מִתְכַּפְּרִין? מוּטָב שֶׁיִּתְכַּפְּרוּ בְּפָרוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, שֶׁהֲרֵי הוּתַּר מִכְּלָלוֹ אֵצֶל בֵּיתוֹ; וְאַל יִתְכַּפְּרוּ בְּשָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בִּפְנִים, שֶׁהֲרֵי לֹא הוּתַּר מִכְּלָלוֹ.
Et si vous souhaitez objecter que ce raisonnement peut être réfuté, on peut citer une autre preuve, car le verset dit : « Maison d'Aaron, bénissez l'Éternel » (Tehillim 135, 19), ce qui vise tous les Cohanim et non seulement la maisonnée immédiate d'Aaron ; il est donc raisonnable que le taureau d'Aaron expie pour eux.
וְאִם נַפְשְׁךָ לוֹמַר – הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״בֵּית אַהֲרֹן בָּרְכוּ אֶת ה׳ וְגוֹ׳״.
La Guemara clarifie la dernière partie de la baraïta : et quelle objection possible la baraïta envisage-t-elle lorsqu'elle dit : si vous souhaitez objecter que ce raisonnement peut être réfuté ? La Guemara explique : et si vous disiez, à propos de la preuve précédente, qu'il est incorrect de suggérer que tous les Cohanim obtiennent l'expiation par le taureau d'Aaron, car à son sujet il est écrit : « sa maisonnée » (Vayikra 16, 6), ce qui suggère qu'il n'expie que pour sa famille immédiate — cela peut être réfuté, car tous les Cohanim sont collectivement appelés sa maisonnée, comme il est dit : « Maison d'Aaron, bénissez l'Éternel ; maison de Lévi, bénissez l'Éternel ; vous qui craignez l'Éternel, bénissez l'Éternel » (Tehillim 135, 19-20).
וּמַאי ״אִם נַפְשְׁךָ לוֹמַר״? וְכִי תֵּימָא ״בֵּיתוֹ״ כְּתִיב – כּוּלָּן קְרוּיִין ״בֵּיתוֹ״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בֵּית אַהֲרֹן בָּרְכוּ אֶת ה׳, יִרְאֵי ה׳ בָּרְכוּ אֶת ה׳״.
La Guemara conteste certaines expositions de la baraïta : et quant à cette expression : « bouc du peuple » (Vayikra 16, 15), vient-elle enseigner ce que la baraïta enseigne, à savoir que les Cohanim n'obtiennent pas l'expiation par lui ? Mais cette expression est nécessaire pour enseigner que le Miséricordieux exige que le bouc soit acheté avec des fonds prélevés sur le peuple. La Guemara réfute cela : cette exigence se déduit du verset : « Et de l'assemblée des enfants d'Israël il prendra deux boucs » (Vayikra 16, 5).
וְהַאי ״אֲשֶׁר לָעָם״ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא?! הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ דְּקָאָמַר רַחֲמָנָא: מִדְּעַם לֶיהֱוֵי! הָהוּא מִ״וּמֵאֵת עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״ נָפְקָא.
La Guemara demande encore : et quant à cette expression : « son propre taureau expiatoire » (Vayikra 16, 6), vient-elle enseigner ce que la baraïta enseigne, à savoir qu'il n'expie que pour les transgressions d'Aaron et non pour celles d'autrui ? Mais cette expression est nécessaire pour ce qui est enseigné dans une baraïta : le Grand Cohen apporte, c'est-à-dire achète, le taureau avec ses propres fonds, et non avec des fonds prélevés sur le public.
וְהַאי ״אֲשֶׁר לוֹ״ – לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא?! הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: מִשֶּׁלּוֹ הוּא מֵבִיא, וְאֵינוֹ מֵבִיא מִשֶּׁל צִבּוּר.
On pourrait penser qu'il ne l'apporte pas avec des fonds prélevés sur le public parce que le public n'obtient pas l'expiation par lui, mais qu'il peut l'apporter avec des fonds appartenant à ses frères les Cohanim, parce que ses frères les Cohanim obtiennent l'expiation par lui. Pour contredire cela, le verset dit : « son propre taureau expiatoire », pour indiquer qu'il doit l'acheter uniquement avec ses propres fonds. On pourrait penser qu'il ne doit pas l'apporter avec les fonds d'autrui, mais que néanmoins, s'il l'a fait, ce serait encore valide. Pour contredire cela, le verset dit encore « son propre ». Le verset répète l'expression pour en faire une exigence essentielle.
יָכוֹל לֹא יָבִיא מִשֶּׁל צִבּוּר, שֶׁאֵין הַצִּבּוּר מִתְכַּפְּרִין בּוֹ; אֲבָל יָבִיא מִשֶּׁל אֶחָיו הַכֹּהֲנִים, שֶׁאֶחָיו הַכֹּהֲנִים מִתְכַּפְּרִין בּוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲשֶׁר לוֹ״. יָכוֹל לֹא יָבִיא, וְאִם הֵבִיא כָּשֵׁר? תַּלְמוּד לוֹמַר שׁוּב ״אֲשֶׁר לוֹ״ – הַכָּתוּב שָׁנָה עָלָיו לְעַכֵּב.
Si les deux mentions de l'expression « son propre » sont nécessaires pour enseigner la propriété du taureau, comment la baraïta ci-dessus peut-elle suggérer que l'expression indique que le taureau n'expie que pour les transgressions du Grand Cohen ? La Guemara explique : voici ce qui est difficile pour le tanna de la baraïta : qu'est-ce qui distingue le bouc du peuple, expliquant pourquoi il n'expie pas pour les Cohanim ? La différence est que les Cohanim n'ont perdu aucun argent pour son achat ; c'est pourquoi il n'expie pas pour les Cohanim, mais seulement pour les Israélites, car il est écrit à propos du bouc intérieur : « du peuple ». En ce qui concerne le taureau d'Aaron aussi, les Cohanim n'ont perdu aucun argent pour son achat ; il s'ensuit qu'ils ne devraient pas obtenir l'expiation par lui. C'est pourquoi, pour expliquer pourquoi ils obtiennent l'expiation, la baraïta dit que tous les Cohanim sont collectivement appelés : sa maisonnée.
תַּנָּא הָכִי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ: מַאי שְׁנָא בִּדְעַם – דְּלָא מִכַּפְּרִי, דְּלָא קָא חָסְרִי בֵּיהּ מָמוֹנָא, דִּכְתִיב ״אֲשֶׁר לָעָם״; בִּדְאַהֲרֹן נָמֵי לָא קָא חָסְרִי בֵּיהּ מָמוֹנָא! וְקָאָמַר: כּוּלָּן קְרוּיִין ״בֵּיתוֹ״.
§ La Guemara reprend son analyse de la dispute entre Rabbi Yehouda et Rabbi Shimon. La Guemara demande : il est vrai, selon Rabbi Shimon, qui considère que les Cohanim n'obtiennent pas l'expiation par le bouc émissaire, c'est pourquoi il est écrit dans la Torah que deux confessions doivent être récitées sur le taureau et que le sang du taureau doit être présenté à l'intérieur du Sanctuaire : de ces trois formes d'expiation, l'une correspond à l'expiation produite par le bouc intérieur, l'une à celle produite par le bouc extérieur, et l'une à celle produite par le bouc émissaire.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, הַיְינוּ דִּכְתִיב תְּרֵי וִידּוּיִן וְדַם הַפָּר, חַד כְּנֶגֶד שָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בִּפְנִים, וְחַד כְּנֶגֶד שָׂעִיר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ, וְחַד כְּנֶגֶד שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ;
Mais selon Rabbi Yehouda, qui considère que les Cohanim obtiennent l'expiation par le bouc émissaire, pourquoi ai-je besoin des deux confessions récitées sur le taureau et de la présentation du sang du taureau à l'intérieur du Sanctuaire ? Une confession sur le taureau et la présentation de son sang à l'intérieur du Sanctuaire suffiraient.
אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה, תְּרֵי וִידּוּיִן וְדַם הַפָּר לְמָה לִי? בְּחַד וִידּוּי וְדָמוֹ סַגְיָא!
La Guemara répond : deux confessions sont nécessaires, l'une pour le Grand Cohen lui-même, et l'une pour sa maisonnée, c'est-à-dire les Cohanim, car l'école de Rabbi Yishmaël a enseigné : le Grand Cohen doit d'abord confesser ses propres transgressions et seulement ensuite celles des Cohanim, car voici comment fonctionne l'attribut de justice : il vaut mieux que l'innocent vienne expier pour le coupable, que le coupable vienne expier pour le coupable. Lorsque le Grand Cohen confesse les transgressions de ceux de sa maison, il vaut mieux qu'il soit déjà considéré comme innocent, ayant confessé et été absous de ses propres transgressions.
אֶחָד לוֹ, וְאֶחָד לְבֵיתוֹ. כִּדְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כָּךְ הִיא מִדַּת הַדִּין נוֹהֶגֶת: מוּטָב יָבוֹא זַכַּאי וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב, וְאַל יָבוֹא חַיָּיב וִיכַפֵּר עַל הַחַיָּיב.
Nous avons achevé le chapitre « Shevuot shetayim » [Les deux serments] (Hadran alakh Shevuot shetayim).
הֲדַרַן עֲלָךְ שְׁבוּעוֹת שְׁתַּיִם
Mishna 1
MICHNA : En ce qui concerne les cas de prise de conscience de la profanation du Temple — y entrer en état d'impureté rituelle — ou de la profanation de ses aliments sacrés — en en consommer en état d'impureté rituelle —, il y a deux types qui en sont en réalité quatre. Comment ? Si l'on est devenu rituellement impur et que l'on savait qu'on l'était, mais qu'ensuite son impureté lui a été cachée, bien qu'il se souvienne qu'il consommait de la nourriture sacrée, interdite à celui qui est en état d'impureté rituelle — c'est l'un des quatre types de prise de conscience de l'impureté.
מַתְנִי׳ יְדִיעוֹת הַטּוּמְאָה שְׁתַּיִם שֶׁהֵן אַרְבַּע: נִטְמָא וְיָדַע, וְנֶעֶלְמָה מִמֶּנּוּ הַטּוּמְאָה וְזָכוּר אֶת הַקֹּדֶשׁ;(משנה)
Shevuot 14a
100%
שבועות י״ד אמַסֶּכֶת שְׁבוּעוֹת